par André Faber

Jules Mou­gin le poète vient de nous quit­ter à 98 ans, le poing levé. Ce brave Jules, très dis­cret jusque là, crée le buzz, un mot qu’il ne devait pas connaître. Nous autres, amis de la Julé­sie, un bon mot inven­té par son ami poète Claude Billon, lui avons ren­du hom­mage. Quelques blogs dont celui-ci ont donc évo­qué le révol­té du coeur que nous aimons.

Le télé­phone a chauf­fé à blanc entre les amis de Jules. L’AFP s’est empa­rée de la chose. Caro­line Car­tier lui a même ren­du la parole dans son espace sur France Inter le mer­cre­di à 6h45 [voir et entendre ici].

Pour l’AFP, du moins avant rec­ti­fi­ca­tif, Jules Mou­gin vivait dans une grotte. Un sacré rac­cour­ci pour indi­quer que Jules vivait au pays des tro­glo­dytes du Maine-et-Loire. Pour lui avoir ren­du sou­vent visite, je peux vous dire qu’il ne por­tait pas une peau de bête et que sa grotte res­sem­blait étran­ge­ment à une mai­son, presque banale. Mai­son où on venait boire le canon, par­fois à 11 heures du soir, écou­ter Jules alors qu’il flir­tait déjà avec les 95 ans.

A droite de la patte d’éléphant, Jules avait « tagué » son Mur vivant des Assas­si­nés.© ph. Laurent Triolet

Sa grotte [pho­tos] était un site tro­glo à 50 mètres de la mai­son, un espace très aus­tère ou il ne ferait pas bon vivre ni même mou­rir, sur­tout au mois de novembre. Quelques fêtes s’y sont tenues devant le mur gra­vé par Jules – son Mur vivant  des Assas­si­nés – mais fal­lait être nom­breux pour se chauf­fer les cotes.

Mais, tu parles Charles, l’AFP a vite fait de Jules Mou­gin, un ermite, mi poète mi ours, vivant dans sa grotte. C’était plus ven­deur, coco. Du coup, les jour­naux sui­vistes se sont empa­rés du binz, recra­chant sans com­plexe l’histoire du  « fac­teur-poète tro­glo­dyte », cli­ché repris par la plu­part des médias.

Ben c’est faux, voi­là. La seule grotte que Jules habite, c’est sa tombe. Il y est à côté de sa femme, Jeanne, depuis ce mer­cre­di 9 novembre et bas­ta.

© ph. Laurent Triolet

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