snowden-amnestyLan­ceur d’alerte, ça devrait être une dis­ci­pline olym­pique ! En ligne directe avec la démo­cra­tie athé­nienne. Cette année, la médaille d’or revien­drait évi­dem­ment à Edward Snow­den. D’autres jeux auraient sacré un Julian Assange ou Daniel Ells­berg, l’ancien ana­lyste qui a sor­ti des docu­ments du Penta­gone en 1971. Snow­den bat cepen­dant tous les records du genre avec ses révé­la­tions, dont cette der­nière : chaque jour, la NSA col­lecte des cen­taines de mil­lions de SMS !

Edward Snow­den, on le sait, a révé­lé au monde entier le sys­tème de sur­veillance extrême exer­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain sur l’ensemble de la pla­nète et, poten­tiel­le­ment, sur cha­cun de ses habi­tants. L’ex-consultant de l’agence de ren­sei­gne­ment NSA risque trente ans de pri­son, l’infamie et l’isolement à vie si les agents amé­ri­cains l’arrêtent. Il se trouve blo­qué en Rus­sie depuis juillet 2013 avec un visa d’un an qui ne sera sans doute pas renou­ve­lé. À défaut d’avoir obte­nu l’asile au « pays des droits de l’homme » (la France 😳 *) , il sera peut-être accueilli au Bré­sil dont la pré­si­dente Dil­ma Rous­seff, très remon­tée contre ces pra­tiques d’espionnage géné­ra­li­sé, pour­rait bra­ver les menaces de rétor­sion états-uniennes.

Pourquoi pas ?

Pour­quoi pas ?

Aux Etats-Unis mêmes, des sou­tiens se font de plus en plus jour. Et Oba­ma a été ame­né, ce 17 jan­vier, à annon­cer une réforme de la NSA. Ou du moins à faire sem­blant : la col­lecte des don­nées conti­nue­ra, mais… sous super­vi­sion de la jus­tice… Là aus­si, pen­dant la crise les affaires conti­nuent. Mais c’est tout de même un signe que le plus grand lan­ceur d’alerte de l’Histoire a mar­qué des points dans son propre pays. Il n’y est plus tout à fait le paria, le « traître ». On a même vu appa­raître un  » Mer­ci Edward Snow­den  » sur les bus de Washing­ton sous la forme d’un pan­neau publi­ci­taire payé par des juristes de Part­ner­ship for Civil Jus­tice… On dis­cute désor­mais de la clé­mence qui pour­rait lui être accor­dée. Mais au prix d’un mar­chan­dage, tel celui envi­sa­gé en décembre par Rick Led­gett, chef de l’unité mise en place par la NSA pour répondre aux fuites : une amnis­tie contre un arrêt des révé­la­tions… Washing­ton a cou­pé court. Mais le New York Times s’y est mon­tré favo­rable :  » Consi­dé­rant l’énorme valeur des infor­ma­tions qu’il a révé­lées et les abus qu’il a expo­sés, M. Snow­den mérite mieux qu’une vie d’exil per­ma­nent, de peur et de fuite. Il a peut-être com­mis un crime mais il a ren­du à ce pays un grand ser­vice. «   Et ce com­men­taire d’un lec­teur : « Ce n’est pas un par­don qu’il mérite, c’est une récom­pense. Et les diri­geants qui ont affir­mé qu’ils ne nous espion­naient pas méritent d’être des­ti­tués ». L’opinion états-unienne demeure cepen­dant pour le moins par­ta­gée. Selon un son­dage ABC/ Washing­ton Post, 57 % des plus de 30 ans estiment que Snow­den devrait être pour­sui­vi. ce qui limite la pers­pec­tive d’un « pardon ».

Avaaz a lan­cé une péti­tion à envoyer à Dil­ma Rous­seff pour qu’elle décide de sou­te­nir Edward Snow­den en lui accor­dant l’asile. Plus de 800.000 signa­tures enre­gis­trées à ce jour. Le mil­lion est espé­ré. On peut signer la péti­tion ici.

[Sources : Wiki­pe­dia, Corine Lesnes (Le Monde, Washing­ton), Avaaz.]

Le , le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce avoir reje­té la demande d’asile d’Edward Snow­den : « La France a reçu, comme beau­coup d’autres pays, par l’intermédiaire de son ambas­sade à Mos­cou, une demande d’asile de Edward Snow­den. Compte tenu des élé­ments d’analyse juri­dique et de la situa­tion de l’intéressé, il n’y sera pas don­né suite ». Plus pré­ci­sé­ment, ce n’est pas l’asile, au sens usuel du terme (dont l’attribution est de la com­pé­tence de l’Office fran­çais de pro­tec­tion des réfu­giés et apa­trides - OFPRA -), mais l’entrée sur le ter­ri­toire fran­çais qui lui a été refu­sée par les auto­ri­tés. [Wiki­pe­dia]

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