ActualitéCoup de gueule

Rebsamem et les fraudeurs. Lettre ouverte d’un père de chômeur à un ministre qui devrait la fermer

Vous savez, ministre Machin-Rebsamem, petit ministrion dit du Travail, je vous emmerde carrément, au nom du droit et devoir de grossièreté, qui est celui de répliquer en proportion de l'injure.

rebsamem

Car vous m’injuriez, ministrion de passage, par vos révoltantes paroles sur les chômeurs censés frauder. Vous m’insultez à travers mon fils chômeur – à qui Pôle Emploi refuse même un tiers temps ! – Ou, pour vous le répéter autrement, vous insultez le père d’un chômeur, et les deux en fait, et les millions de fils, de filles, de pères et de mères de chômeurs que votre politique d’incapables voudrait encore justifier, alors qu’elle le sait que reproduire « du même » : de la misère et de l’injustice.

C’en est à devenir violent et c’est ce qui vous menace, qui vous tombera dessus lorsque les mots, comme ici, ne serviront plus de défouloir, qu’ils se seront épuisés d’inanité. Lorsque les miséreux causés par votre incapacité passeront à l’acte et attaqueront vos palais et autres planques ministérielles et bureaucratiques.

Rebsamem, voyons, celui qui a cumulé tant et tant – le cumul, cette fraude à la décence politique, cette insulte à l’éthique : maire de Dijon, président de la Communauté d'agglomération du Grand Dijon (jusqu’aux dernières municipales et au remaniement de 2014), sénateur de Côte-d'Or et président du groupe socialiste au Sénat. Le 2 avril 2014, il est donc nommé au poste de ministre du Travail, de l'emploi et même… du dialogue social !

Rebsamem : combien chaque mois ? Combien en banque ? Parlons-en !

rebs

Cet ancien trotskyste, militant de la Ligue communiste révolutionnaire de 70 à 74, est aussi, depuis 89, franc-maçon de la loge Solidarité et progrès – ben oui, une vocation, la solidarité ! – du Grand Orient de France à Dijon.

Mais parlons plutôt banque. En 2007 et 2008, il se retrouve administrateur de la banque Dexia-Crédit Local de France  [Article de Wikipedia qui vaut le détour] et démissionne quelques jours avant la faillite de cette banque qui aura nécessité un apport de 3 milliards d'euros de l'État. D'après l'Express, François Rebsamen aurait démissionné de son siège d'administrateur de la banque soutenue par l'argent public quand Le Canard enchaîné eut révélé le montant de ses jetons de présence, 20 000 euros en 2007.

Rappelons en passant que « L'affaire Dexia » reste considérée comme « la plus grande catastrophe de l'histoire de la banque en France » (Le Monde, 8 mai 2012) et « le fiasco le plus cher de l’histoire des banques en Europe » (La Tribune, 19 juillet 2007). Selon la Cour des comptes, la faillite de Dexia, a coûté au moins 6,6 milliards d'euros à l'État français et au moins autant à l'État belge. Qui et où sont les fraudeurs ?

Un passage en banque semble désormais de bon aloi pour venir au secours pitoyable de l"’homme qui n’aimait pas la finance" et dont la seule espérance politicienne se résume à l’invocation du miracle par la sainte Croissance !

Toutes catégories confondues et outre-mer inclus, la France comptait 5 386 600 chômeurs à fin juillet. L’inverseur contrarié des courbes a donc embauché au poste de ministre du Chômage, un chasseur de fraudeurs. Un des ces affreux politiciens pas futés, un adepte de la radiation à tout va, le meilleur des leviers pour forcer la réalité. Casser le thermomètre pour nier la fièvre, une vieille pratique de droite, somme toute en phase avec sa nature.

Ne parlons plus de la gauche, pas de celle-là du moins. Au secours, Jaurès, ils sont devenus fous !

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

13 réflexions sur “Rebsamem et les fraudeurs. Lettre ouverte d’un père de chômeur à un ministre qui devrait la fermer

  • R.Luc

    Oui, ta gueule Rebsamem ! Bravo pour ce beau cri du coeur et de révolte. Celui la chez Dexia, l’autre Rothschild, et le Sapin : » Michel Sapin a fait l’ob­jet d’une enquête pour « com­pli­ci­té de répar­ti­tion de divi­dendes fic­tifs » par les magis­trats Jean-Pierre Zanoto et Philippe Courroye, char­gés de l’ins­truc­tion sur le volet finan­cier de l’af­faire du Crédit Lyonnais, banque publique alors sous sa tutelle quand il était Ministre de l’Économie. Ces juges sai­sirent la Cour de Justice de la République. (Libé repris par Wiki)
    Ta gueule ! c’est ce qu’on doit leur dire à la manière du « dégage » de nos amis tuni­siens ! Ça fini­ra aus­si par leur péter à la gueule !!!!!!

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  • Vincent

    Rebsamen est un irres­pon­sable qui ne connait abso­lu­ment rien aux pro­blèmes du cho­mage ni aux for­ma­tions pro­fes­sion­nelles ni aux dys­fonc­tion­ne­ments de PE. A Dijon (où j’ha­bite) ville dont il a été le maire pen­dant 11 ans, il a été inca­pable de résoudre la mon­tée du cho­mage (9% de la popu­la­tion urbaine), main­te­nant deve­nu (enfin) Ministre, il veut ren­for­cer les controles des cho­meurs à PE inci­tant les conseillers PE à radier encore davan­tage si les gens ne recherchent pas « acti­ve­ment « un emploi ; mais com­ment cher­cher des emplois qui n’existent pas ? Il faut arrê­ter de prendre les cho­meurs pour des fai­néants, des frau­deurs, on est ni des délin­quants ni sous controle judi­ciaire ! La fraude Assedic à PE ne concerne que 0, 2% des deman­deurs d’emploi soit 39 Millions, loin der­rière la fraude fis­cale (3, 66 mil­liards détec­tés, pour un total de 60 à 80 mil­liards, selon le syn­di­cat Solidaires Finances Publiques). La fraude à la douane : 367 mil­lions et la fraude à la CPAM : 562 mil­lions. Alors arrê­tez de stig­ma­ti­ser les cho­meurs et cher­chez plu­tot des solu­tions utiles, pérennes et valides pour sor­tir les cho­meurs de la pré­ca­ri­té sociale !
    pour rap­pel : PE c’est 45000 radia­tions de cho­meurs tous les mois (dont 90% sont injustifiées)

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  • En poli­tique il est ter­rible ce manque d’humanité…
    On est là uni­que­ment pour une « car­rière » (ce terme m’est de plus en plus insup­por­table et frôle la gros­siè­re­té), un pou­voir et cer­tai­ne­ment une paye outra­geu­se­ment avan­ta­geuse par rap­port aux les résul­tats obtenus !
    Puis il y aura la confor­table retraite…
    Pendant ce temps, ceux qui, par leurs incom­pé­tences, auront été réduit à la misère dis­pa­raî­trons dans le dénuement.
    Doit-on rap­pe­ler, au bour­bier poli­tique, qu’il y eut les lumières ?

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  • Gian

    Averti en son temps que les contrôles allaient s’ag­gra­ver, l’ex-chô­meur que j’é­tais en avait pro­fi­té pour affi­ner ses « docu­ments » attes­tant d’une volon­té fré­né­tique de trou­ver du bou­lot : ça, c’é­tait pour le quo­ti­dien ascé­tique. A côté de la quête d’un job épa­nouis­sant (oxy­more !), il y avait les temps morts que je met­tais à pro­fit pour pré­pa­rer le grand soir. Tiens, rede­vien­drait-il au goût du jour, quand gronde ci et là la colère ?

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  • Liberté

    Là, Gérard, tu m’as épaté !

    Moi qui suis res­té pré­ca­ri­sé 19 ans… Lorsque j’en­tends des c. pareils, je com­prends pour­quoi le FN a un bel avenir !

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  • Gian

    Eric Rebsamen, le père de François, était recher­ché par la jus­tice fran­çaise pour col­la­bo­ra­tion active à Dijon durant l’Occupation, avant qu’il ne s’exile en Suisse pour se faire oublier. La Bourgogne Républicaine publie le 9 août 1945 un avis de recherche où une pho­to de l’Eric (né Erich à Stuttgart) le montre en offi­cier de la Gestapo. Oui, je sais, son fils François n’est nul­le­ment res­pon­sable des idées de son géni­teur… mais pour­quoi ment-il effron­té­ment en disant de lui qu’il était un Résistant qui est pas­sé en Suisqse pour ne pas être enrô­lé dansx la Wehrmacht ?

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  • Gian

    Décidemment, il n’y a que Jaurès qui – jus­qu’i­ci – a été épargné…

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    • T’es bien pla­cé : fouille dans les archives de La Dépêche, sur­tout du temps de Bousquet !

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