« Je suis Charlie ». Sophia Aram se demande…


L’hommage de Sophia Aram à Charlie Hebdo sur France Inter

“Et Dieu dans tout ça ?”, s’interroge Sophia Aram, toute dubitative après la perte de ses copains de Charlie. Notons, à propos de la célèbre interpellation,  que si  son auteur, Jacques Chancel, a été épargné par les fous d’Allah c’est parce qu’il a préféré mourir avant leurs accès de charité islamiste. Encore que, ne faisant pas partie de cette bande de mécréants désormais décimée, il aurait sans doute été épargné. Pourquoi Allah n’aurait-il pas eu des bontés envers un croisé comme lui, si médiatique et chrétien, ami des grands de ce monde, de Nicolas Sarkozy et de Carla ?

Partager

Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

8 réflexions sur “« Je suis Charlie ». Sophia Aram se demande…

  • 10 janvier 2015 à 0 h 03 min
    Permalien

    Sophia Aram : Aram comme Haram (illicite, opposé à hallal, licite) !

    Répondre
  • 10 janvier 2015 à 0 h 43 min
    Permalien

    Pour dire vrai, je commence à en avoir plein les bottes de ces commémorations. Ça n’a pas tardé. Je ne m’appelle pas Charlie. Je n’irai pas à la manif. Et je pense que même Cabu et surtout Wolinski auraient préférés baiser que s’emmerder un dimanche aprém’ dans les rues sous la pluie. Purée, je rêve, tout le monde est Charlie ? Qui le lisait ? Un million de thune tombe pour faire vivre les morts. Ça ne marche pas, c’est même vomitif.
    Si le mec (genre Coluche qui cause) il aimait Charlie, ben il avait que acheter Charlie. Y avait des dessins avec des femmes à poils, ouah la rise. J’ai eu le malheur de dire la même chose sur Médiapart.
    Je suis traité de merde et ferme ta gueule. Pourtant, moi, poli et tout. Les Tshirt Charlie, les pots de moutarde Charlie, les casquettes et porte-clés, c’est pathétique. Et surtout ça vient tard comme la thune de Fleure Péllerin et autres croquemorts. Non, non. Il faut donner la chance aux dessinateurs VIVANTS, jeunes ou vieux. IL FAUT que les journaux, papiers ou électroniques ouvrent leurs pages aux dessinateurs.
    C’est un médium spécifique le dessin, propre et même sale à la presse. Les lecteurs sautent dessus. Car expression directe. Dans un dessin, on ne peut pas changer une ligne, une virgule, une intro, une chute. Bien sûr, je parle de dessin, pas des merdes besogneuses avec des noms sur des valises, des panneaux et plein de blabla.
    On ne dessine pas à la radio comme tente de le faire croire France Inter. Les dessinateurs meurent de faim, de froid, de la médiocrité et de la trouille des patrons de presses. Les patrons de presse aiment Plantu qui fait l’instit’ et pense lui aussi que les lecteurs ont besoin d’explications. Mais les lecteurs regardent ARTE et ne lisent pas que des torchons et devant la machine à café ou ailleurs, il y a des gens géniaux qui ramènent leur tronche, des grandes gueules et cela vaut bien un dessin parfois. Les lecteurs sont intelligents
    Pourquoi Charlie ? Les mecs, les nanas (peu) les meilleurs crayons, ont dû créer leur journal pour s’exprimer et vivre. quel est le réd’ chef aujourd’hui qui recevrait un Reiser, un Gébé, un Cabu ? Regarder 5 minutes seulement ses dessins ? Modestement, je relate un truc : un réd chef (et merde à son journal) me dit qu’il adore mes dessins. Mais, rajoute t-il, les lecteurs ne comprendraient pas. Voila un exemple.
    Le réd chef pense que ses lecteurs sont des crétins. Et il continue à leur servir la soupe tiède. Et surtout il n’a jamais regardé une image, il ne sait pas parler dessin. C’est pourquoi je n’irai pas à la manif. C’est pourquoi je continuerai à dessiner.
    La grand messe des convaincus de la liberté ?
    Mais ils sont où dans le civil ces révoltés du briquet et de la flamme au bord de la fenêtre ? Oui, je suis triste et amer ce soir. Et je n’aime pas les défilés.

    Répondre
  • 10 janvier 2015 à 12 h 55 min
    Permalien

    Quand nos petits jeunes quittent leurs foyers pour rejoindre le djihad en Syrie, c’est qu’il n’ont pas trouvé leur compte chez eux : Facebook et le shopping du samedi ne les ont pas comblés.

    Le fond du drame, c’est la misère intellectuelle, la misère morale et la misère spirituelle dans laquelle notre société immerge bon nombre de nos petits gars et à côté desquels l’expérience du chômage n’est peut-être qu’un souci marginal. Les frères Kouachi ont fait quelque chose de monstrueux mais ce n’était pas des monstres, juste des paumés graves.

    Pour répondre à Sophie Aram. Face à ces carnages, dit-elle, “soit Dieu s’en contrefout, soit il n’existe pas”. Retenons une troisième hypothèse : Dieu est comme nous tous, complètement sonné par nos errements, terrassé. De chez moi, en tout cas, je l’entends murmurer : “que c’est dur d’être aimé par des cons”.

    Répondre
    • 10 janvier 2015 à 13 h 47 min
      Permalien

      Mais comment donc Dieu pourrait-il être “comme nous tous”, s’il est Dieu ?!

      Répondre
  • 10 janvier 2015 à 17 h 13 min
    Permalien

    Question : “Mais com­ment donc Dieu pourrait-il être « comme nous tous », s’il est Dieu ? !”

    Réponse : “en s’incarnant”.

    Répondre
    • 11 janvier 2015 à 10 h 00 min
      Permalien

      Le genre d’argument – si c’en est un – qui tue la raison et toute envie de discuter. Et quand je dis “l’argument qui tue”, je parle bien de cette violence qu’on dénonce tant aujourd’hui. “Je suis Bossuet”, ce bigot érudit : “Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes”… Dieu se marre, moi avec : je ris jaune tout de même. Pour moi, les religions sont une des causes premières des affrontements entre humains, notamment parce qu’elle valident des croyances fratricides, ou plutôt homicides et génocides ; lesquelles génèrent les injustices et les dérèglements sociaux qui alimentent l’autre série des “causes premières” de la violence intra espèce humaine. Je t’ai souvent dit que je considérais aussi comme religions le nazisme et le stalinisme. Je maintiens !
      Je réponds en même temps à mon cher pote Langlois quand il parle de “violence prétendument religieuse” : si les frères Kouachi ont atteint l’abomination c’est bien au nom d’Allah et de leurs croyances assassines ! L’Histoire ne les a peut-être pas favorisés (admettons, et alors ? il y a d’autre moyens de s’élever au rang d’homme que de prosterner, refuser de serrer la main des femmes, etc. De plus l’un des Kouachi, a été employé à la Ville de Paris et viré en raison de ses comportements de musulman dévot ! (Lire ici) Bonnot aussi, celui de la Bande, CROYAIT à la rédemption par l’héroïsme anarchiste, une autre religion : laïque celle-là, mais tout autant imbécile, menant de toutes façons au mêmes résultats dévastateurs. Sans cette croyance, Bonnot aurait pu être un anar “normal”, un brave mec, pacifiste sûrement… Les Kouachi, des mahométans “normaux” s’ils n’avaient été rattrapés par les extrêmes de leur religion, certes salement ravivés par les conditions géopolitiques, en Palestine comme on sait – situation elle-même conséquence – pas unique mais en grande partie– des affrontements historiques entre les trois monothéismes ! Ça ressemble beaucoup à une boucle infernale !…

      Répondre
  • 11 janvier 2015 à 8 h 02 min
    Permalien

    Les postures métaphysiques (“Dieu n’existe pas”, “il s’en fiche”, “il souffre”, etc..) sont certainement à prendre en considération dans toute cette actualité “Charlie” mais il importe d’être rigoureux.

    1) La bande de Charlie ne s’est jamais positionnée sur la question de Dieu mais seulement sur le cul-bénisme (toutes religions confondues) et – bien plus largement – sur l’hypocrisie généralisée, qu’elle émane des milieux religieux ou politiques. Ce qui était notamment régulièrement dénoncé, c’était le décalage chronique entre les discours généreux (“les valeurs”, “la république”…) et les pratiques (la puissance de de la finance avec la “bénédiction” des états…).

    2) Le système actuel (marchand, productiviste, focalisé sur les “technologies”… bref : étroitement matérialiste) est un système qui ne peut fonctionner qu’en étant a-moral (et non “immoral”, comme s’obstinent encore à le penser les héritiers du marxisme et les adeptes des bons sentiments.

    3) Le problème fondamental, ce n’est pas la “crise économique” (si on le croit, on reste enferré dans le matérialisme !) mais un malaise spirituel et moral profond et durable.

    4) Pour un certain nombre de nos jeunes acculturés, ce malaise n’étant pas conscientisé (“la courbe du chômage” et celle du pouvoir d’achat occupant toute la scène du débat), la quête de sens passe par des engagements irrationnels et extrémistes : ils sentent qu’ils n’ont “plus rien à perdre” à s’engager dans ces voies, à commencer par la vie.

    5) Les motifs invoqués (Dieu, l’image du prophète…) ne sont que des prétextes, comme on pouvait en trouver dans les engagements ultra-gauchistes des années 1970.

    6) Dieu n’a donc rien à voir avec toute cette tragédie mais “les cons qui l’aiment” (Cabu), la misère spirituelle morale et tout simplement intellectuelle. Quand on vient de commettre un attentat et qu’on laisse traîner sa carte d’identité, je sens moins la présence de Dieu que l’absence de neurones.

    7) Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly étaient avant tout trois “pauvres cons”, au sens premier de ces termes : “pauvreté” = “misère” ; “connerie” = “incapacité à discerner quoi que ce soit autour de soi et en soi”.

    8) L’occident (j’assume ce mot) ayant généré un système monstrueux de cynisme… et donc de “connerie” (absurdité), il ne peut générer, par réaction, compensation, que de la violence.

    9) En tant que fauteur de troubles, l’occident doit prendre une part particulièrement active dans la réparation des dommages, l’élaboration d’une éthique nouvelle (puis, seulement ensuite) d’un projet politique et de sa concrétisation (sortie indispensable de l’hypocrisie).

    10) Les seules réponses aux terrorismes (en particulier le religieux, parce qu’il est par nature le plus extrémiste que les autres) sont :
    – le travail de chacun sur soi,
    – le dialogue et l’écoute (par exemple sur ce blog, mais c’est mieux quand ça se passe dans la vraie vie…)
    – l’éducation, la transmission de ceux qui y voient un peu plus clair vers les autres.

    Pierre

    Répondre
  • 11 janvier 2015 à 10 h 34 min
    Permalien

    “Le genre d’argument – si c’en est un – qui tue la rai­son et toute envie de discuter.”

    1) Ce n’est pas un argument.
    2) Ca ne tue pas la raison : ça la regarde et l’irrigue.
    3) Ca ne tue pas l’envie de discuter, ça valorise le silence dans une société du bavardage et du bruit : “trop d’infos tuent l’info”.

    Comprend qui peut. 🙁

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Translate »