allah charlie

Jusqu’à La Mecque… 😉

Pour dire vrai, je com­mence à en avoir plein les bottes de ces com­mé­mo­ra­tions. Ça n’a pas tar­dé. Je ne m’appelle pas Char­lie. Je n’irai pas à la manif. Et je pense que même Cabu et sur­tout Wolins­ki auraient pré­fé­ré bai­ser que s’emmerder un dimanche aprém” dans les rues sous la pluie. Purée, je rêve, tout le monde est Char­lie ? Qui le lisait ? Un mil­lion de thune tombe pour faire vivre les morts. Ça ne marche pas, c’est même vomitif.

Si le mec (genre Coluche qui cause) il aimait Char­lie, ben il avait que ache­ter Char­lie. Y avait des des­sins avec des femmes à poils, ouah la rise. J’ai eu le mal­heur de dire la même chose sur Médiapart.

Je suis trai­té de merde et ferme ta gueule. Pour­tant, moi, poli et tout. Les Tshirt Char­lie, les pots de mou­tarde Char­lie, les cas­quettes et porte-clés, c’est pathé­tique. Et sur­tout ça vient tard comme la thune de Fleure Pel­le­rin et autres cro­que­morts. Non, non. Il faut don­ner la chance aux des­si­na­teurs VIVANTS, jeunes ou vieux. IL FAUT que les jour­naux, papiers ou élec­tro­niques ouvrent leurs pages aux dessinateurs.

C’est un médium spé­ci­fique le des­sin, propre et même sale à la presse. Les lec­teurs sautent des­sus. Car expres­sion directe. Dans un des­sin, on ne peut pas chan­ger une ligne, une vir­gule, une intro, une chute. Bien sûr, je parle de des­sin, pas des merdes beso­gneuses avec des noms sur des valises, des pan­neaux et plein de blabla.

On ne des­sine pas à la radio comme tente de le faire croire France Inter. Les des­si­na­teurs meurent de faim, de froid, de la médio­cri­té et de la trouille des patrons de presses. Les patrons de presse aiment Plan­tu qui fait l’instit” et pense lui aus­si que les lec­teurs ont besoin d’explications. Mais les lec­teurs regardent ARTE et ne lisent pas que des tor­chons et devant la machine à café ou ailleurs, il y a des gens géniaux qui ramènent leur tronche, des grandes gueules et cela vaut bien un des­sin par­fois. Les lec­teurs sont intelligents

Pour­quoi Char­lie ? Les mecs, les nanas (peu) les meilleurs crayons, ont dû créer leur jour­nal pour s’exprimer et vivre. quel est le réd” chef aujourd’hui qui rece­vrait un Rei­ser, un Gébé, un Cabu ? Regar­der cinq minutes seule­ment ses des­sins ? Modes­te­ment, je relate un truc : un réd chef (et merde à son jour­nal) me dit qu’il adore mes des­sins. Mais, rajoute t-il, les lec­teurs ne com­pren­draient pas. Voi­la un exemple.

Le réd chef pense que ses lec­teurs sont des cré­tins. Et il conti­nue à leur ser­vir la soupe tiède. Et sur­tout il n’a jamais regar­dé une image, il ne sait pas par­ler des­sin. C’est pour­quoi je n’irai pas à la manif. C’est pour­quoi je conti­nue­rai à dessiner.

La grand messe des convain­cus de la liberté ?

Mais ils sont où dans le civil ces révol­tés du bri­quet et de la flamme au bord de la fenêtre ? Oui, je suis triste et amer ce soir. Et je n’aime pas les défilés.

André Faber

cabu charlie canard enchaine

Le der­nier des­sin de Cabu paru dans le Canard, le jour-même de son exé­cu­tion. On en était au fils du beauf. Entré dans les dic­tion­naires, le beauf res­te­ra aus­si dans l’Histoire comme « per­son­nage concep­tuel », selon l’expression de Deleuze, reprise par Onfray. [Cli­quer pour agrandir]

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