Les vœux, ça m’emmerde… Mais je vous la souhaite !

[dropcap]Les[/dropcap] vœux, ça m’emmerde. Je dois le dire. Ça y est, je l’ai dit. Maintenant, qu’est-ce que je peux bien souhaiter, sinon des mantras du genre « du-bo, du-bon, du-meilleur » ? Et que chacun se débrouille au mieux avec ça, qui vaut bien toutes les incantations du genre. Gamin, j’entendais « Boêne ennée, boêne santé, et des sous din tin porte-moné ». C’est du picard, et on n’a encore pas mieux dit. Ainsi Macron, qui a oublié d’être picard, a-t-il tenté de nous embrouiller lors de sa parlotte élyséenne. Pas trop pour lui, moins encore pour quelques millions d’autres, mais pour quelques-uns, 2019 aura été une bonne, une excellente année :

Année record aussi pour « la planète », si l’on en croit sa banquise, au plus bas :

Alors, pour la suite, le mieux serait d’arrêter :

© Faber, 2020

Et si Faber a encore une fois raison, resterait à tirer l’échelle en se préparant à un autre monde :

 

Ce petit assemblage, histoire de plus s’en laisser conter sur le « progrès » et ses techno-sornettes. Comparons donc avec les vraies richesses, selon un homme de l’art en ce domaine :

« Qui, dans la société moderne, peut avoir assez de liberté pour connaître le monde ? Des hommes existent qui ne savent pas ce qu’est un arbre, une feuille, une herbe, le vent de printemps, le galop d’un cheval, le pas des bœufs, l’illumination du ciel. Les plus libres même dédaignent la véritable science et passent leur vie à jouer avec des spéculations métaphysiques ». Jean Giono, Les vraies richesses, 1937. 1

Mais, une fois dit, on n’est pas plus avancés… Alors, bonne année quand même !

Notes:

  1. Ah, Jean Giono… « L’écrivain de la Provence », l’auteur patrimonial par excellence, que l’on imagine volontiers dans son bureau manosquin enveloppé de son plaid, la pipe à la bouche, et le parler chantant… Et s’il était temps de casser cette image d’Épinal ? C’est justement ce que s’attache à faire la rétrospective actuellement présentée au Mucem à Marseille : suivant le trajet de son œuvre écrite et filmée, celle-ci lui rend toute sa noirceur, son nerf et son universalité. Du 16 au 19 janvier 2020, le Mucem propose une programmation cinéma autour de l’œuvre de Jean Giono : « Giono, artisan d’images ». Jusqu’au 17 février 2020, Mucem J4.
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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

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