Un peu de « hors peste »… avec Matzneff et Michèle Barzach

Il y eut, avant « le » confinement, un confiné forcé, fuyard, traqué : Matzneff, l’« ange Gabriel aux pieds fourchus », le pédophile démasqué, pédocriminel désormais pisté par la justice. Un livre tout à fait pertinent vient de lui être consacré, que la pandémie contraint à une quarantaine prolongée chez l’éditeur… Dans Pédophilie, de l’affaire Matzneff à une lecture sexopolitique de l’après-68 1, je remonte dans le temps des affres pédophiliques, jusqu’au Mai révolutionnaire, époque du lâcher-prise tous azimuts, fin du moralisme et début de l’a-morale. Bref, attendons la libération du bouquin… tandis que la police, ne lâchant pas le morceau, poursuit son travail d’enquête, nourri à une production littéraire riche en indices et en faits. Après le livre de Vanessa Springora – Le Consentement – qui a tout déclenché, un autre témoignage s’est invité à l’instruction de l’affaire Matzneff. Il s’agit encore d’une de ses victimes, Francesca Gee qui, dès 2004, avait également présenté un manuscrit accusateur à plusieurs éditeurs qui ne donnèrent pas suite 2. C’est le cas notamment d’Albin-Michel où deux amis proches de Matzneff siégeaient au comité de lecture. Le milieu germanopratin faisait corps… Le manuscrit détaillait sa relation avec Matzneff, abordant certains des mêmes thèmes et avec le même vocabulaire que celui employé dans Le Consentement.

Francesca Gee

Brisant un silence de 44 ans (elle est maintenant âgée de 62 ans), Francesca Gee a fini par contacter le New York Times après y avoir lu un article détaillant comment Matzneff avait ouvertement et pendant des décennies décrit ses relations sexuelles avec des adolescentes et des garçons prépubères. Dans l’article publié le 31 mars 2020, elle confirme ainsi des faits que Matzneff – se croyant intouchable, sous couvert de son « talent » et de son réseau de relations – n’avait pas pris la peine de dissimuler.

 

Sans rapport avec Matzneff, alors qu’on en est au 34e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, rappelons que le 6 mai 1986, soit une semaine après le passage du nuage radioactif sur la France et le Benelux, Michèle Barzach, en tant que ministre de la Santé, jugea que le nuage de Tchernobyl n’avait pas contaminé la France et qu’il n’y avait aucune précaution particulière à prendre liée à la santé publique. Elle exerçait alors sa tutelle sur le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) dirigé par le professeur Pierre Pellerin.

Michèle Barzach est en l’occurence mentionnée comme ayant été la gynécologue chez qui Matzneff emmenait ses jeunes victimes afin que la pilule leur soit prescrite, et ce alors que la loi interdisait à ce moment la prescription de contraceptifs à des mineurs sans l’accord des parents. Par ailleurs, dans Elie et Phaéton, son journal intime, Matzneff cite le nom de la gynécologue qui, selon lui, « à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de trente-sept ans et à sa maîtresse de quinze ».

L’ancienne ministre de la Santé et de la Famille dans le second gouvernement Chirac, de 1986 à 1988, a été entendue sur ces faits le 2 mars 2020 par les policiers de l’Office central pour la répression des violences aux personnes à Nanterre.

Notes:

  1. En attente donc, aux Éditions libertaires.
  2. Dont le même Grasset, éditeur du Consentement, quinze ans après. Ah! l’air du temps…
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