Pour une affaire d’escarpins, Éric Fot­to­ri­no reçoit de quelques lec­teurs du Monde [12/01/06] une avoi­née qui n’est pas sans rap­pe­ler les pan­toufles du pal­ma­rès de «c’est pour dire». Il est vrai que le billet­tiste ne donne pas dans la grande finesse en écri­vant : « Au Chi­li, donc, Ségo­lène Royal a jugé «indé­cent» d’évoquer les son­dages sur sa popu­la­ri­té. Mais elle n’a pas trou­vé indé­cent d’aérer ses escar­pins dans les quar­tiers pauvres de Puente Alto. Ni de s’approprier en public le sym­bole de Sal­va­dor Allende. Gauche, c’est sûr. Mais de gauche, vrai­ment, Ségo­lène Royal ? » C’est titré dans la même veine: « L” »indé­cence » façon Royal ».

Pour une saillie poli­tique – j’ose ain­si dire, le ton ayant été don­né –, ça oui c’en est une ! Voi­là qui change des « mon­daines » atten­tions pro­to-sar­ko­ziennes et, en leur temps, des ronds de jambe bal­la­du­riens. En rom­pant ain­si avec le poli­ti­que­ment corect, le « jour­nal de réfé­rence » tranche enfin dans le vif d’un jour­na­lisme… de nou­velle for­mule. Ou plu­tôt d’assassine for­mule, à l’arrière-goût de guillo­tine et d’Ancien régime. Après tout, il s’agit bien de dame Royal, une Marie-Antoinette. 

Par­mi les réac­tions du peuple des lec­teurs, j’ai rete­nu pour son imper­ti­nence aci­du­lée celle de Daniel R.: « Voi­là un billet très gauche...Vous por­tez des sabots, M. Fot­to­ri­no ? ».

Share Button