Et Jaurès parlait occitan ? Non, « patois »…

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Par Christian Le Meut

Entendu ce samedi matin sur France Culture, pendant l’émission d’Alain Finkielkraut, Réplique : deux spécialistes de Jaurès, Jean-Pierre Rioux, rédacteur en chef de la revue d’histoire Vingtième Siècle, et Gilles Candar, spécialiste de l’histoire des gauches françaises, y étaient invités. L’un d’entre eux explique que Jaurès, dans sa région d’origine (Carmaux, le Tarn, Toulouse…) commençait presque systématiquement ses discours en occitan et les finissait en français. Et Alain Finkielkraut de s’étonner : "Il commençait ses discours en occitan ?"

Comment ça, un homme politique, écrivain et philosophe français de l’étoffe de Jaurès connaissait l’occitan et le parlait publiquement, en plus ?… Sans doute pour être compris, au début du XXe siècle, par une partie de son auditoire qui devait parler uniquement l’occitan. Mais ça, M. Finkielkraut en a t-il conscience ? Rassurons-nous, un des historiens a cru bon de préciser que Jaurès devait ne pas dire "occitan" mais "patois". Ouf!, Jaurès parlait "patois". Enfin, ça a eu l’air de rassurer M. Finkielkraut.

La France aurait-elle des racines multiculturelles et multilinguistiques cachées ? Que non!, il y a le français d’un côté, et les "patois" de l’autre. Ce terme de "patois", hautement scientifique…, revient d’ailleurs souvent sur les ondes de France culture… Où l’on a du mal, semble-t-il, à voir qu’il y a d’autres cutures et d’autres langues que la seule française à l’intérieur de l’Hexagone. Non, ce ne sont pas des cultures ni des langues : des "parlers", "dialectes", "patois"…

Mais bon, l’émission a eu le mérite de nous rappeler que Jaurès parlait occitan et semblait l’assumer très bien. En plus, il était partisan de l’enseignement des langues régionales à l’école, si j’ai bien entendu l’un des historiens. De plus en plus intéressant, ce Jaurès.

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Bonjour,

Jaurès a écrit en son temps à propos de sa langue qu’il appelait languedocien et non patois. Il le préconisait dans l’ensignement comme un pont vers les autres langues latines. Il savait donc que ce qu’il parlait était bien une langue et non un « patois », et elle représentait plus pour lui qu’un simple moyen de se faire comprendre dans les campagnes encore largement occitanophones à l’époques (eh oui… on parle uniformément français depuis si peu de temps…)

Lutz, qui tient un blog en patois

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