Guerre et guéguerres

« Démolir, disent-ils ». Et ils le font, et comment ! Cette Terre va mal ; trop de monde dans ses flancs à tirer profit du chaos, à faire commerce de la haine et surtout de ses outils mortifères. Organiser la pénurie de paix et d’amour, d’eau et de pain, d’air et de pétrole – surtout le pétrole, le reste, bah,, c’est pour l’argent de poche. Avec l’or noir, on engrange à pleines pelletées, et le reste suit.

Retour à l’ordinaire, pas super. Cette guerre juste assoupie. Et déboulent aussitôt des «reconstructeurs» qui ont flairé les milliards. Faire, défaire, refaire, tel est la complainte du bizness sonnant, jamais trébuchant. Mettre la trêve à profit. Une trêve c’est étudié pour… Rien à voir avec la paix, étouffée dans les cœurs malades.

Une guerre en été d’occident, pas terrible. Le papier marchand s’en ressent. Ah qu’elle eut été autrement belle au printemps, juste avant Cannes ! Avec ça que ses enjeux sont complexes, tiraillés entre raison et intérêts divers. Bien et Mal peu évidents, masqués. Les grands hebdos paraissent donc avec le nez en l’air – il y a d’autres urgences – à l’exception de Marianne toutefois.

Hebdos_1 M’enfin, cette guerre estivale, alors que les rédactions sont rendues aux stagiaires, pas sérieux. On aura donc dû rappeler quelques réservistes pour, à peu près, tenir la barre. Mais il y a des creux. Tiens, tel celui traversé par France Inter, ce 13 ou 14 août sur le coup de midi, par là. Ils ont dû racler ferme les fonds de tiroir pour meubler la « tranche ». A tel point qu’on crut entendre un Maxime Gremetz et un Pierre Juquin tirer des plans sur le renouveau de la politique française ! Si ce n’était eux, ce devait être leurs marionnettes. Mais non.

Les plumitifs, comme dit le Canard, ont aussi droit à la bronzette. L’un des leurs avaient sans doute déjà chaussé ses tongs lorsqu’il laissa à la une du 9 août, ce qu’on appelle un flop journalistique. « Réactions en chaîne », c’est le titre. Ça part d’un sérieux incident surgi le 25 juillet dans une centrale nucléaire suédoise. Et ça rebondit à la mode démago sur une révélation du Canard de mars… 1986 – et, semble-t-il jamais démentie – selon laquelle un incident semblable se serait produit en France, département de l’Ain, dans « le réacteur n°5 de la centrale de Bugey ». Laquelle centrale ne comportant que quatre réacteurs ! D’ailleurs, de tout le parc nucléaire français, seule la centrale de Gravelines, dans le Nord, compte plus de quatre réacteurs (six).

Canard

Le Canard semble donc avoir été victime d’une intox. Hypothèse : le « rapport confidentiel » avancé par l’hebdo satirique ne serait en fait que de banals documents issus d’un exercice de communication de crise. En atteste le scénario de l’ « incident », classique du genre (panne d’une pompe de refroidissement) et surtout le fameux «n° 5» (pas de chez Chanel) par défaut attribué à un réacteur fictif pour incident simulé. De tels documents ne sont nullement confidentiels pour EDF et l’autorité nucléaire, même si leur circulation est normalement restreinte. A vouloir trop prouver… Espérons un gros Pan sur le bec! d’un canard en l’occurrence bien boiteux.

À propos de bronzette, Closer et VSD se sont lancés dans le pipolitique en maillot de bain. Que cette guéguerre est autrement jolie. Rien à voir avec le journalisme, mais puisque ça se vend. Comme les armes.

Vsd
Closer

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anne

concernant l’article du canard, ce n’est qu’une preuve de plus de la fiabilité de ses sources. Certes, à Bugey ne fonctionnement que 4 réacteurs, mais il y en a 5 car le premier est en démentellement. Donc les réacteurs 2,3,4 et 5 tournent toujours. Peut-être qu’avant de remettre en cause le professionnalisme des journalistes, il faut vérifier plusieurs ses sources

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