Dessin de presse. Faber 1er couronné à Metz

faber.1212419868.jpgLong, éprouvant reportage : retour de Lorraine, cette enclave dans la laïcité républicaine. D’ailleurs, est-ce bien une République que ce territoire qui salarie une tripotée (d’où l’expression desprogienne « Dieu m’ tripote ») d’ecclésiastes sur le dos d’un peuple voisin ? Passons sur ce triste fait, dédaigné ces jours-ci par l’Histoire, elle-même accaparée par le couronnement d’un artiste du cru qui, sans contrepéterie aucune, à largement franchi par la notoriété les limites concordataires. J’ai nommé André Faber, dit Faber, que sa terre natale, reconnaissante de son vivant, a canonisé par le biais d’une Exposition en la médiathèque dite de Pontiffroy, inaugurée samedi en grandes pompes.

3fab.1212420003.JPGPasseport en règle, j’ai pu gagner Metz et en franchir les octrois sans autre épreuve que deux parcours tégévesques. Un tel Roi se mérite. Surtout s’il s’agit d’un prince, voire d’un tout normal Monsieur l’Homme, un comme vous et moi, pataugeant dans le quotidien et l’absurde, jetant sur le monde et ses habitants son regard de distance et de compassion.

Voici donc notre Faber en passe de reconnaissance ; il n’aura attendu qu’une trentaine d’années de taffe, à tirer la souris par la queue du crayon, à soutirer trois euros six pence par crobard, à martyriser sa smala pour cause de fièvre caractérielle, à se bouffer les génitoires pour nourrir sa créativité – j’en passe. D’ailleurs les blogo-pénitents de « c’est pour dire » savent tout ça depuis longtemps. Une vieille complicité d’avant blogosphère, trempée dans l’encre de presse et surtout tissée par l’amitié.

Ainsi a-t-il fallu repousser les murs de l’expo pour accrocher des dizaines de planches extraites d’un millier d’autres, crobards de presse, d’illustration, de BD. Et même des bouquins « rhabillés pour l’hiver » avec des couvertures fabériennes en diable. L’expo s’appelle « La Bande à Faber » – laquelle bande n’étant pas une chimère : je l’ai rencontrée avec la nuit, au Palais même du Roi, en ses jardins versaillais, avec plein de belles femmes [photo] et des hommes itou, et son Louis XIV de Claude Billon : le blond facteur bouclé par qui tout arriva, « beau décrocheur d’étoiles, chevaucheur de rayons » (Tristan Corbières), poète de la tournée générale, facteur sans ligue ni cheval, homme de l’Être et, bien sûr, de la Fête. Ciel d’Élysée (le vrai) sur les têtes, folie blues-merguez, Dédé à l’harmonica, attention l’éternité !

>>> Expo jusqu’au 15 octobre : Médiathèque de Pontiffroy, Metz. (tél : 03 87 55 53 33)

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Hommage au « mécréant envers le convenu », par Claude Billon

Ce qu’il rêve, il le fait. Ce qu’il a aimé faire, il le donne.

Faber un homme qui dessine avec de la musique qui se voit ! Quoi, ça t’étonne ? Son détonateur, c’est la réalité quand elle trouve ses marques dans rien qui puisse manquer d’audace et nom de dieu ce dessin-là, il tombe pile poil pour éloigner le bafouillage, toute la brouillassite aiguë qu’on attrape à écouter ceux qui joutent, qui jactent, qui en rajoutent avec leur bien le plus précieux : emmerder l’autre ! Pour quand on en aura fini avec la compétition, oui méritants de la tendresse humaine, quand nous aurons enfin cessé d’honorer la bêtise, André Faber dessinera pour nous un ou deux manuels d’après-guerre. Pour l’heure, mécréant envers le convenu, homme de main de l’étonnement, qu’il dessine, grave, qu’il rêve ou ne fasse rien, à chaque coup ça donne des choses dont la beauté profite !

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Attends! Y en a pas un pour laisser un comm ici et dire à Faber tout le bien qu’on pense de lui? Merdalor! Les amis tant que tu payes pas ton coup tu peux les attendre les félicitationçameféplaisires et les yalongtanquejatendéça ou alors les p’tain-siyenahunquileméricébientois.
Non, tous muets. Preuve en est qu’homme assoiffé a la langue sèche.

amications bravottes
dB

Ps qu’a rien à voir: St Laurent c’est pas ce gusse qui s’est noyé dans le Maroni?

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