Je ne vou­drais pas gâcher la fête. D’ailleurs je n’aurais pas cette vani­té face au tsu­na­mi média­tique. Ce défer­le­ment indé­cent, ce dégueu­li de super­la­tifs en folie. Les jour­na­leux « embed­ded » une fois de plus, cette fois shoo­tés à la colom­bienne. Tant d’hallucinations col­lec­tives – un com­men­ta­teur de télé n’a pas craint de la qua­li­fier de « sainte » – lais­se­raient pan­tois si les expli­ca­tions n’étaient pério­di­que­ment four­nies et répé­tées par les socio­logues des médias, médio­logues, médio­lo­gistes, méde­cins-légistes des meurtres jour­na­lis­tiques. Debout les Wol­ton, Char­ron, Debray, la guerre des cli­chés est repar­tie de plus belle ! Elle n’a jamais ces­sé en fait, c’est une guerre conti­nue, impla­cable, « moderne », mon­dia­li­sée, mar­chan­di­fiée, finan­cia­ri­sée et spec­ta­cu­laire d’abord. Bref, tota­le­ment poli­tique. Avec accès fié­vreux, pous­sées bubo­nesques, batailles épiques sans les­quelles les médias de masse seraient ané­miques et leurs jours comptés.

Ça c’est pour la forme. C’est-à-dire, selon le mot de Hugo, « le fond qui remonte à la sur­face ». Ques­tion de fond, entre autres, celle posée par un copain jour­na­liste en posi­tion de veille : « Je serais un FARC fati­gué de la jungle, et avant de choi­sir l’exil en France, je deman­de­rais à Mari­na Petrel­la [l’ex-brigadiste ita­lienne réfu­giée en France sepuis 86 et en attente d’extradition] ce qu’elle pense de l’engagement de Sar­ko­zy qui, je le cite, est “prêt à accueillir tous ceux qui accep­te­raient de renon­cer à la lutte armée“ ».

Share Button