Réflexions cosmiques sur les événements d’Égypte et autres révolutions

par John MacGregor

À propos de révolutions et aussi des événements d’Égypte, je viens de retrouver parmi des papiers jaunis cette perle étrange à l’éclat toujours vif. Un texte de seulement vingt ans il est vrai. On le doit  à l’astrophysicien canadien John MacGregor. Extrait de “Cosmos and revolution” (MIT-Press, 1990).

« Les révolutions se succèdent sans jamais se répliquer. Une révolution complète repasse par son point de départ. Une révolution réussie ne tourne pas en rond ; elle est spiralée et centrifuge. La distance entre le point de départ et le point de transition en mesure la force de changement, donc la portée. Le point d’arrivée signifiant la fin de la révolution n’existe pas. Celle-ci ressemble à la mort après une agonie aussi lente qu’insensible. Comme s’éteindrait un feu de Bengale filmé en un ralenti extrême. La chute du Mur de Berlin ne signe pas la mort de la révolution d’Octobre. Elle signifie la retombée de ses cendres. La fin d’une révolution commence dès le jour suivant son incandescence extrême. L’acmé révolutionnaire se concentre en un point seulement perceptible du dedans. L’énergie révolutionnaire s’amasse puis se dissipe. Le noir et le blanc inventent le gris. Le chaud et le froid créent le tiède. Jusqu’à prochaine désintégration chaotique. Les lois des hommes sont plus complexes encore que les lois de la matière. Elles en découlent et pourtant s’en échappent. Comme un fluide qui s’appellerait Liberté, avant de s’épancher dans un insondable océan.

« Si une niche d’ordre émerge quelque part dans l’univers, c’est toujours au prix d’un supplément de désordre ailleurs. La quantité de désordre croît sans cesse dans l’univers. L’univers s’accroît de son désordre. La lutte de l’homme se résume à celle sans fin de Sisyphe roulant son rocher. L’Histoire matérialise le recueil pathétique de la vanité de l’homme devant la loi physique qu’il se dissimule derrière le théâtre de ses divinités et croyances. »

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Raymond
28 avril 2011 16 h 58 min

Purée, la limpidité trouble du propos…

Paul O.
2 février 2011 17 h 47 min

Çæ veut dire que, tout étant relatif, surtout par rapport au cosmos, il est bon de mesurer nos révolutions autant avec entrain qu’avec modestie… Si j’ai bien tout compris…

Binoit
2 février 2011 10 h 37 min

Génial !
Ça vaut tous les commentaires !

1 février 2011 10 h 24 min

Très beau texte…

Jean Louis
1 février 2011 9 h 33 min

Il est parent avec John MacGregor, essayiste américain ? Mais je ne reçois pas tes archives cinq sur cinq.

Gérard Ponthieu
2 février 2011 11 h 13 min
Répondre à  Jean Louis

Ouais, c’est d’ la famille 😉 Quant à CINQsurCINQ, ses archives ont péri lors du déménagement de C pour dire. Là, on est carrément entre initiés…

Jean Louis
3 février 2011 0 h 34 min
Répondre à  Gérard Ponthieu

Entre vieux, tu veux dire ?

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