Histoire de basse-cour

L’hypocrite: “Allez savoir ce qui, aujourd’hui, m’a fait penser à La Fontaine”… Mais c’est une fable…

La Perdrix et les Coqs

La Fontaine, Livre X – Fable 7

Photo gp 2011

Parmi de certains coqs incivils, peu galants,
Toujours en noise, et turbulents,
Une perdrix était nourrie.
Son sexe et l’hospitalité,
De la part de ces coqs, peuple à l’amour porté,
Lui faisaient espérer beaucoup d’honnêteté:
Ils feraient les honneurs de la ménagerie.
Ce peuple cependant, fort souvent en furie,
Pour la dame étrangère ayant peu de respect,
Lui donnait fort souvent d’horribles coups de bec.
D’abord elle en fut affligée ;
Mais, sitôt qu’elle eût vu cette troupe enragée
S’entre-battre elle même et se percer les flancs ;
Elle se consola. « Ce sont leurs moeurs, dit-elle ;
Ne les accusons point, plaignons plutôt ces gens :
Jupiter sur un seul modèle
N’a pas formé tous les esprits ;
Il est des naturels de coqs et de perdrix.
S’il dépendait de moi, je passerais ma vie
En plus honnête compagnie.
Le maître de ces lieux en ordonne autrement ;
Il nous prend avec des tonnelles,
Nous loge avec des coqs, et nous coupe les ailes :
C’est de l’homme qu’il faut se plaindre seulement. »

–––

Parmi de certains coqs : parmi certains coqs. Il n’est plus possible aujourd’hui d’employer le « de » devant un adjectif indéfini.

Incivils : qui manquent de courtoisie.

Noise : bagarre, querelle. Ne s’emploie plus guère que dans les expressions « chercher noise à quelqu’un » ou « chercher des noises à quelqu ’un ».

Honnêteté : respect, avantages.

Tonnelles: Les chasseurs roulaient devant eux de grands tonneaux munis de filets dans lesquels venaient se prendre les perdrix.

[Notes de http://www.lafontaine.net ]
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16 Commentaires sur "Histoire de basse-cour"

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Excellente idée !

Une poule peut bien ne pas être la dernière perdrix de l’année et néanmoins se faire tomber dessus par le gros dominant qui donne tout son sens au mot “basse-cour”. Lui est au-dessus, il règne, mate et devise en promesses de libido, le cerveau pointé au bout de sa bite, ne voyant pas plus loin que le bout de son gland. Sinon il n’aurait pas côtoyé l’abîme, il n’en serait pas là, tombé du tas de fumier, lamentable.

J’ai du mal à distribuer les rôles d’actualité dans cette intéressante fable…et j’en suis ravi. Cela me conforte dans l’idée qu’il est urgent de ne rien dire.
Il est quand même captivant d’observer “les observateurs”: Acrimed (au premier rang de tes liens) débute – trois jours après le début de l’affaire – une série très édifiante sur le comportement des médias.
En contrepoint, un autre blog qui fait partie de tes recommandations patauge dans une incroyable vulgarité et publie des commentaires et des images qui me semblent défier la légalité en plus d’outrager le bon goût.

Il s’agit de “Panouille” qui offrait ce matin à nos regards esbaudis une image carrément pornographique avec un commentaire du genre “les couilles ont été gardées en otage”.
Je viens de voir que l’image et le commentaire ont été retirés depuis sans explication du “taulier” sur la façon dont ils avaient pu échapper à son extrême vigilance ou obtenir son visa.

La vulgarité du dessin de Plantu, Le Monde du 18 mai, n’est pas brillante.

Aurélie, une “basse-cour” est une cour basse par rapport à la ferme et non par rapport au coq dominant… D’ailleurs il faut aussi se méfier du mot “dominant”: j’ai vu un coq “dominant” (galinacé) se faire massacrer à coups de bec par toutes les poules réunies. A tel point qu’il ne pouvait plus rentrer au poulailler la nuit venue et qu’il a fini sous la dent du renard. Je ne sais pas ce que ce coq avait fait à ses poules, mais ce devait être grave…

@ Vincent, ma basse-cour, tu permets que je la vois comme je la vis. C’est pas toi qui te fais sauter dessus ! Enfin, j’ai l’impression…

Le dessin sur les prix Nobel. Pas brillant, n’est-ce pas ?

Ben non.

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