Attentats de Paris. Ni prier, ni plier

attentats_paris« Pray for Paris ». De grandes âmes, sans doute, appellent à « prier pour Paris ». Est-ce bien le moment ? Que chacun prie ou non selon ses (in)croyances, pourvu que ce soit dans l’intimité de ses convictions. Or, l’injonction se veut publique ; elle s’exprime, dans la langue de Shakespeare – émanant donc du monde anglo-saxon qui ignore la laïcité –, selon le mode graphique et récupérateur, du « Je suis Charlie » des attentats de janvier. La manœuvre empeste plutôt de ces « bonnes intentions » dont l’enfer est pavé. Plutôt que solution, l’incantation religieuse ne relève-t-elle pas précisément du problème ? Celui qui justement jette une grande partie du monde dans les illusions de l’au-delà – ce qui s’appelle l’obscurantisme, au nom duquel agissent les assassins hallucinés.

Appeler à « prier » renvoie, en symétrie, dans les arrière-mondes de ces « fous de Dieu » qui parsèment l’Histoire de leur démence de sanguinaires. Plus que jamais nous avons besoin d’allumer les lumières, avec et sans majuscule, celles qui ont besoin du grand air frais de la vie pour nous donner à respirer la liberté et ce qui s’ensuit : égalité, fraternité, laïcité et joyeuseté par conséquent et de manière indissociable.

Ni prier, ni plier. Il nous faut être debout et, au nom de l’humanité, nous élever et nous maintenir au-dessus de la sauvagerie. L’élévation, bien sûr, ne saurait exclure le recueillement et la spiritualité, formes laïques de la prière.

minute_silence_marseille
Lundi 16 novembre sous l’ombrière du Vieux port à Marseille. Recueillement lors de la minute de silence en mémoire des victimes des attentats de Paris. [Ph. gp]
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Robert Blondin

Toutes les religions se sont épanouie sur le terreau séculaire de la peur de la mort et de l’inconnu. Deux des principales armes des socionihilistes.

Gian

Prier, s’abaisser, s’humilier, cette mésestime de soi qui affaiblit dans la crainte, qui infantilise sans la joie de l’enfant, cette pensée magique de l’esprit primitif. Come for Paris (Jouir pour paris).

Cette confusion est la même que de dire que nous sommes “en guerre” alors qu’il ne s’agit “que” de criminels. Nous ne sommes pas en guerre, il y a des criminels déments, qui relèvent de la psychiatrie, qui ont la possibilité de se déployer, de déployer leur folie. Il ne s’agit que d’individus que la société a rejetés, soit par indifférence soit par punition, à quoi s’ajoute l’impossibilité de s’adapter à ce qu’on vous demande d’être. Car ce qu’on vous demande d’être est proprement imbécile : travail, boulot, dodo sans possibilité de se réaliser, de réaliser sa vie dans une… Lire la suite

Gian

La circoncision qui ôte pour moitié la jouissance en insensibilisant le gland. Un ami kurde (pourtant !) m’a dit qu’on circoncit dans tout le MO à 7 ans, quand les gamins commencent à bander, de quoi les dissuader de se tripoter…

Oh !là ! Oh ! la la ! Restons libre de prier, de plier comme le roseau qui ne rompt pas ! SVP ! Merci.

…Silence…

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