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Un vendredi de noir malheur

Leur vrai dieu, c’est la mort. Ils l’aiment, la servent, la sèment. Venus des arrière-mondes, leurs incursions dans celui des vivants n’a d’autre but que de tuer, détruire, semer la désolation, la souffrance, le malheur partout. Humains ils ne sont pas. Ou inachevés ; infirmes de la pensée, indignes d’être, en dehors de l’humanité. Détruire Palmyre ne leur suffit pas ; la pierre ne saigne pas, ne hurle pas, ne souffre pas. Ils veulent la grande jouissance du mal absolu, du désastre, de la haine qui tue.

Je souffre du grand malheur de ce vendredi noir. Le noir de l’obscurité morbide. « Nous » qui aspirons aux lumières, multiples, multicolores, joyeuses et jouissives ; « nous » dont l’Histoire – bien convulsive – se veut une lutte pour la vie ; la vie vivante, celle qui agrandit le monde. Et le voilà, ce monde, qui se rabougrit sous la terreur assassine ; mais aussi sous l’avidité des possédants, insatiables prédateurs, méprisants de l’Autre, vils profiteurs, en fin de compte aussi mortifères que les terroristes. Ce monde des murs et des barbelés, ce monde de la séparation et de l’injustice galopante, cause du grand dérèglement. Dénoncer ceux-là ne saurait pour autant absoudre la sauvagerie nihiliste. Mais que faire face à une telle négation de la vie ? Quelle espérance nourrir ?

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

19 réflexions sur “Un vendredi de noir malheur

  • Gérard Bérilley

    « Quelle espé­rance nour­rir ? » deman­dez vous. Celle de savoir que le res­sen­ti­ment, la « peste émo­tion­nelle » ne sont pas pre­miers dans la nature humaine, dans le cœur de l’homme, mais qu’ils sont des faits décou­lant de la répres­sion de la Vie et qui à leur tour répriment et mas­sacrent la Vie. Cela, notre grand Wilhelm Reich l’a mon­tré, et c’est pour cela que l’es­poir de jours meilleurs existe et exis­te­ra toujours.

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    • J’aimerais le croire, en croyant… que je ne suis pas. Moulinant plu­tôt faits et idées, je deviens pessimiste.
      Avant Reich, Rousseau, qu’il cite dans Le Meurtre du Christ ; plus avant encore Darwin qui, dans La Filiation de l’Homme, montre que l’é­du­ca­tion, l’al­truisme et la soli­da­ri­té consti­tuent des avan­tages évo­lu­tifs et sélec­tifs chez l’être humain – et chez cer­tains ani­maux aus­si. Kropotkine, l’a­nar­chiste russe, a aus­si déve­lop­pé cet argu­ment en termes sociaux. On est à l’op­po­sé avec les fana­tiques assassins.

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      • Gian

        Compense, mon cher Gé, l’in­dis­pen­sable luci­di­té (et non le pes­si­misme) par l’hé­do­nisme et l’a­mi­tié : ton blog devrait pour­voir de ce côté-là, du moins pour partie…

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        • Tout ensemble, je crois bien, en ce qui me concerne : aucune incom­pa­ti­bi­li­té, hélas.

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      • Gérard Bérilley

        Je vou­lais « seule­ment » dire qu’il n’y a pas de « pul­sion de mort » inhé­rente à la nature humaine, et cela il me semble que Wilhelm Reich l’a mon­tré magni­fi­que­ment, et que cette démons­tra­tion, par exemples cli­niques, est au cœur de son ensei­gne­ment, et de tout ce qu’il a appor­té ensuite au Monde. Pour moi cela n’a rien à voir avec une croyance ou non, Wilhelm Reich a rai­son ou il a tort. La « peste émo­tion­nelle » dont il parle, équi­va­lente à peu de chose près au res­sen­ti­ment mis à jour et génia­le­ment ana­ly­sé par Nietzsche, ne touche pas l’en­semble de l’hu­ma­ni­té. Il faut voir en ce moment tra­gique toutes les expres­sions de soli­da­ri­té envers Paris venant du Monde entier. Tout cela n’est pas rien !
        Huit fana­tiques, ou plus, ne peuvent nous faire déses­pé­rer de l’es­pèce humaine, de toute cette soli­da­ri­té quo­ti­dienne, non tapa­geuse, déve­lop­pée natu­rel­le­ment par l’hu­ma­ni­té. Le nihi­lisme c’est le refus de l’af­fir­ma­tion de la Vie comme Vie, comme Vie affir­ma­tive. Même si je sais que l’a­ve­nir de la Planète n’est en rien assu­ré (toute la ques­tion éco­lo­gique, de la Paix dans le Monde, etc.), qu’est-ce qui m’empêche moi d’af­fir­mer la Vie ? Autrement dit, il nous faut essayer de ne plus por­ter en nous le nihi­lisme, et cela n’est pos­sible que lorsque l’on a com­pris à quel point il est des­truc­teur de Vie. Vous par­lez de Kropotkine, que j’aime énor­mé­ment, j’y revien­drai peut-être un jour, pas aujourd’­hui, ce n’est pas le moment, pour en mon­trer les limites dans son ana­lyse de la morale (il n’a pas com­pris l’in­té­rio­ri­sa­tion de l’a­lié­na­tion reli­gieuse comme fon­de­ment d’une cer­taine morale), et pour dire tout le bien de son mer­veilleux livre sur L’Entr’aide.

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  • Putain de dieu ! quelle tristesse.…

    Cela relève de la psy­chia­trie et on en fait un mou­ve­ment poli­tique : répres­sion bien évi­dem­ment s’en suit… et qui ne sert à rien. Catastrophique en démence. Que de larmes !!!

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  • Gian

    Espérance ? C’est‑y pas un tan­ti­net judéo-chré­tien, ça ? « L’espérance est un de ces remèdes qui ne gué­rissent pas, mais qui per­mettent de souf­frir plus long­temps » (Marcel Achard). « L’espoir est une ver­tu d’es­clave » (Cioran). A quoi j’a­joute que l’an­ti­thèse, ce n’est pas le déses­poir, mais l’ac­tion. Qui, vu les cir­cons­tances, reste assez indi­vi­duelle, et compte tenu de l’é­tat de guerre, secret défense. Ce qu’on peut en dire, tou­te­fois, au niveau du prin­cipe : ça fait un bout de temps qu’on n’est plus dans l’of­fen­sif, mais dans le défen­sif-en-recul-per­ma­nent, et il reste une petite marge avant le sauve-qui-peut.
    Pour résu­mer l’ins­tant : Chaos, Acte II, Scène 1. Je pré­vois 5 actes.

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    • Gérard Bérilley

      Ce n’est pas parce que l’es­pé­rance est une réa­li­té qui a été squat­tée comme une caté­go­rie reli­gieuse par les curés qu’elle n’en est pas moins dans ses fon­de­ments une réa­li­té humaine fon­da­men­tale. Vous oppo­sez tout à fait inuti­le­ment espé­rance et action. Un exemple : un être humain souffre l’en­fer dans son enfance, mais dans son enfance même a tou­jours l’es­pé­rance de s’en sor­tir, et grâce à cette espé­rance qui sou­tient son action s’en sort vrai­ment ; en quoi cette espé­rance est-elle judéo-chré­tienne, alié­née et alié­nante ? Dîtes-moi, dîtes- nous.

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      • Gian

        Il s’a­vère, cher Gérard B., qu’en tant qu’a­ban­don­nique j’ai pas mal dégus­té dans mon enfance. Ai-je espé­ré pour sur­vivre ? Je crois que ce qui m’a bien aidé, ça a été ma voli­tion active avec mes armes de l’é­poque, dont la curio­si­té insa­tiable et l’af­fa­bu­la­tion cré­dible pour adou­cir mon sort et pré­ve­nir les méchan­ce­tés. Si le res­sort qui m’a­ni­mait et pré­pa­rait ma rési­lience s’ap­pelle espé­rance, arrê­tons là la logo­ma­chie, mais je dirais plu­tôt intui­tion, sen­si­bi­li­té, ins­tinct. Je reste avec « espé­rance » = pape François (et tous les autres), qui n’ont que ce mot à leurs lèvres sèches.

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    • Judéo-chose, c’est aus­si notre culture, non ? Elle vaut mieux que la leur, du moins selon les époques… « L’espérance, équi­va­lence socio-poli­tique du désir amou­reux » (John Mac­Gre­gor). Une cita­tion chasse l’autre, sur­tout celles de tes mora­listes… Mais peut-être n’y a‑t-il plus matière à espé­rer – que le nihi­lisme ? Je posais la ques­tion (comme pour l’a­ve­nir de l’hu­ma­ni­té en rela­tion avec le réchauf­fe­ment, etc.)

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      • Gian

        Bon, je retire Achard et Cioran, et les rem­place par T. Borowski : « On ne nous a pas appris à renon­cer à l’es­poir, c’est pour­quoi nous finis­sons dans une chambre à gaz », et son col­lègue de cré­ma­toire I. Kertész : « J’ai pu obser­ver le fonc­tion­ne­ment d’une dic­ta­ture (…) j’ai vu les débuts de l’a­dap­ta­tion, les gestes pru­dents, j’ai com­pris que l’es­poir était un ins­tru­ment du mal ».

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  • « Quelle espé­rance » ? Aucune, mon vieux pote. C’est foutu !

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    • Ma ques­tion tend vers ton réal-pes­si­misme… Du moins à notre échelle de temps (comp­té)…

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  • claire

    cher Gérard, juste pour te dire que j’ai fait suivre sur face­book (sur ma page) ton texte.
    Des bises

    claire

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  • D’autant qu’à ce désastre vient s’a­jou­ter un autre ; quand nos gou­ver­nants disent qu’il faut « ne pas recu­ler devant la bar­ba­rie » cela signi­fie sim­ple­ment qu’ils vont mettre plus de police encore et réduire davan­tage nos liber­tés, ne nous y trom­pons pas ! Déjà, un géné­ral d’ar­mée parle que le citoyen devra « faire des conces­sions sur les liber­tés fon­da­men­tales » : en fait, “nos” gou­ver­nants son en train de pro­duire, eux, ce que ces ter­ro­ristes veulent réa­li­ser chez nous ! C’est un peu ça qui est déses­pé­rant : ce com­plot contre la liberté.

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