Un vendredi de noir malheur

Leur vrai dieu, c’est la mort. Ils l’aiment, la servent, la sèment. Venus des arrière-mondes, leurs incursions dans celui des vivants n’a d’autre but que de tuer, détruire, semer la désolation, la souffrance, le malheur partout. Humains ils ne sont pas. Ou inachevés ; infirmes de la pensée, indignes d’être, en dehors de l’humanité. Détruire Palmyre ne leur suffit pas ; la pierre ne saigne pas, ne hurle pas, ne souffre pas. Ils veulent la grande jouissance du mal absolu, du désastre, de la haine qui tue.

Je souffre du grand malheur de ce vendredi noir. Le noir de l’obscurité morbide. « Nous » qui aspirons aux lumières, multiples, multicolores, joyeuses et jouissives ; « nous » dont l’Histoire – bien convulsive – se veut une lutte pour la vie ; la vie vivante, celle qui agrandit le monde. Et le voilà, ce monde, qui se rabougrit sous la terreur assassine ; mais aussi sous l’avidité des possédants, insatiables prédateurs, méprisants de l’Autre, vils profiteurs, en fin de compte aussi mortifères que les terroristes. Ce monde des murs et des barbelés, ce monde de la séparation et de l’injustice galopante, cause du grand dérèglement. Dénoncer ceux-là ne saurait pour autant absoudre la sauvagerie nihiliste. Mais que faire face à une telle négation de la vie ? Quelle espérance nourrir ?

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D’autant qu’à ce désastre vient s’ajouter un autre ; quand nos gouvernants disent qu’il faut “ne pas reculer devant la barbarie” cela signifie simplement qu’ils vont mettre plus de police encore et réduire davantage nos libertés, ne nous y trompons pas ! Déjà, un général d’armée parle que le citoyen devra “faire des concessions sur les libertés fondamentales” : en fait, ‘nos’ gouvernants son en train de produire, eux, ce que ces terroristes veulent réaliser chez nous ! C’est un peu ça qui est désespérant : ce complot contre la liberté.

Il fallait, hélas, s’y attendre…

cher Gérard, juste pour te dire que j’ai fait suivre sur facebook (sur ma page) ton texte.
Des bises

claire

“Quelle espérance”? Aucune, mon vieux pote. C’est foutu!

Espérance ? C’est-y pas un tantinet judéo-chrétien, ça ? “L’espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas, mais qui permettent de souffrir plus longtemps” (Marcel Achard). “L’espoir est une vertu d’esclave” (Cioran). A quoi j’ajoute que l’antithèse, ce n’est pas le désespoir, mais l’action. Qui, vu les circonstances, reste assez individuelle, et compte tenu de l’état de guerre, secret défense. Ce qu’on peut en dire, toutefois, au niveau du principe : ça fait un bout de temps qu’on n’est plus dans l’offensif, mais dans le défensif-en-recul-permanent, et il reste une petite marge avant le sauve-qui-peut. Pour résumer l’instant… Lire la suite

Ce n’est pas parce que l’espérance est une réalité qui a été squattée comme une catégorie religieuse par les curés qu’elle n’en est pas moins dans ses fondements une réalité humaine fondamentale. Vous opposez tout à fait inutilement espérance et action. Un exemple : un être humain souffre l’enfer dans son enfance, mais dans son enfance même a toujours l’espérance de s’en sortir, et grâce à cette espérance qui soutient son action s’en sort vraiment ; en quoi cette espérance est-elle judéo-chrétienne, aliénée et aliénante ? Dîtes-moi, dîtes- nous.

Il s’avère, cher Gérard B., qu’en tant qu’abandonnique j’ai pas mal dégusté dans mon enfance. Ai-je espéré pour survivre ? Je crois que ce qui m’a bien aidé, ça a été ma volition active avec mes armes de l’époque, dont la curiosité insatiable et l’affabulation crédible pour adoucir mon sort et prévenir les méchancetés. Si le ressort qui m’animait et préparait ma résilience s’appelle espérance, arrêtons là la logomachie, mais je dirais plutôt intuition, sensibilité, instinct. Je reste avec “espérance” = pape François (et tous les autres), qui n’ont que ce mot à leurs lèvres sèches.

Bon, je retire Achard et Cioran, et les remplace par T. Borowski : “On ne nous a pas appris à renoncer à l’espoir, c’est pourquoi nous finissons dans une chambre à gaz”, et son collègue de crématoire I. Kertész : “J’ai pu observer le fonctionnement d’une dictature (…) j’ai vu les débuts de l’adaptation, les gestes prudents, j’ai compris que l’espoir était un instrument du mal”.

Putain de dieu ! quelle tristesse….

Cela relève de la psychiatrie et on en fait un mouvement politique : répression bien évidemment s’en suit… et qui ne sert à rien. Catastrophique en démence. Que de larmes !!!

“Quelle espérance nourrir ?” demandez vous. Celle de savoir que le ressentiment, la “peste émotionnelle” ne sont pas premiers dans la nature humaine, dans le cœur de l’homme, mais qu’ils sont des faits découlant de la répression de la Vie et qui à leur tour répriment et massacrent la Vie. Cela, notre grand Wilhelm Reich l’a montré, et c’est pour cela que l’espoir de jours meilleurs existe et existera toujours.

Compense, mon cher Gé, l’indispensable lucidité (et non le pessimisme) par l’hédonisme et l’amitié : ton blog devrait pourvoir de ce côté-là, du moins pour partie…

Je voulais “seulement” dire qu’il n’y a pas de “pulsion de mort” inhérente à la nature humaine, et cela il me semble que Wilhelm Reich l’a montré magnifiquement, et que cette démonstration, par exemples cliniques, est au cœur de son enseignement, et de tout ce qu’il a apporté ensuite au Monde. Pour moi cela n’a rien à voir avec une croyance ou non, Wilhelm Reich a raison ou il a tort. La “peste émotionnelle” dont il parle, équivalente à peu de chose près au ressentiment mis à jour et génialement analysé par Nietzsche, ne touche pas l’ensemble de l’humanité. Il… Lire la suite

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