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[/wpmem_logged_in]« ASN » veut dire « Auto­ri­té de Sureté Nucléaire », enfin vou­lait dire. En vali­dant une cuve de réac­teur – pièce mai­tresse d’une ins­tal­la­tion nucléaire – non conforme aux exi­gences de sûre­té, cette ins­ti­tu­tion dénie tout sens à son « auto­ri­té » et, du même coup, à la notion de « sûre­té nucléaire » qui lui est consti­tu­tive. Ain­si, la cuve de la cen­trale nucléaire « EPR » de Fla­man­ville n’est pas conforme aux exi­gences de l’« art » nucléaire ; mais elle est tout de même vali­dée ! Du moins pour sept ans… Pour­quoi sept ? Chiffre magique peut-être ? – sept jours, sept pla­nètes, sept pétales de la rose… Au-delà de 2024, bah, on ver­ra bien ! 

La déci­sion n’est tou­te­fois pas encore défi­ni­tive ; il s’agit d’un pre­mier avis – son avis final sera ren­du d’ici fin octobre après « consul­ta­tion publique ». Quelle consul­ta­tion ? Mys­tère. À moins qu’il s’agisse d’une éven­tuelle prise de posi­tion de Nico­las Hulot, le nou­veau ministre de la chose « tran­si­toire » ; car le nucléaire se trouve bien à un croi­se­ment de route, dou­blé qu’il est désor­mais par les éner­gies renou­ve­lables dont les coûts sont deve­nus moindres que ceux de l’électricité nucléaire ; dou­blé aus­si par l’abandon pro­gres­sif de cette éner­gie si dan­ge­reuse, ain­si la Suisse qui vient de tran­cher la ques­tion par référendum.

Donc, le « gen­darme de l’atome » a renon­cé à sa mis­sion, dou­blé éga­le­ment par EDF et Are­va. En effet, les défauts de fabri­ca­tion de cette fameuse cuve avaient été poin­tés et signa­lés dès 2005 chez Creu­sot-Loire 1. Mais l’enjeu étaient tel pour EDF et Are­va, dans la panade finan­cière, que la com­mande a été main­te­nue et, sur­tout, la cuve ins­tal­lée, pla­çant l’ASN devant le fait accom­pli. Ce qui explique tout l’ambiguïté de sa posi­tion. Inva­li­der cette cuve – déjà ins­tal­lée, der­rière le dôme de béton – retar­de­rait la mise en route de l’EPR de plu­sieurs années, en l’alourdissant de plu­sieurs mil­liards dus aux tra­vaux de démo­li­tion et de recons­truc­tion par­tielles ain­si qu’à la perte d’exploitation. 2 L’enjeu est donc tel que la sûre­té a été sacri­fiée au nom des inté­rêts éco­no­miques. Ain­si en est-il des indus­tries du tout-libé­ral, et du nucléaire tout par­ti­cu­liè­re­ment, y com­pris là où il a gra­ve­ment « péché » : en Ukraine, en Rus­sie, au Japon et aux Etats-Unis – sans par­ler des nom­breux inci­dents et acci­dents, en France, mino­rés par leurs responsables.

À Fla­man­ville, l’ASN a donc dû pac­ti­ser avec « son » diable : va pour cette fois, mais EDF devra sur­veiller la « bête » malade et l’opérer fin 2024, en chan­geant le cou­vercle liti­gieux – d’ailleurs déjà com­man­dé au Japon : un aveu !

Jouer avec l’atome, quoi qu’en pré­tende les nucléo­crates et autres ado­ra­teurs des dogmes tech­no­lo­giques, est autre­ment plus incon­sé­quent que tout man­que­ment indus­triel hors nucléaire. Les acci­dents, on ne le sait que trop, sont sans appel, expo­sant des popu­la­tions entières à la mala­die, condam­nant à jamais des régions entières. Mais les Doc­teur Fola­mour demeurent inébran­lables, sauf en cas d’accident, et pour un temps seule­ment, ce temps du rejet puis de la méfiance qui passe si vite en vidant les mémoires col­lec­tives – le sys­tème média­tique s’y emploie.

La France est cham­pionne du monde dans la caté­go­rie de ces néo-néga­tion­nistes – l’histoire poli­tique, mili­taire, indus­trielle, finan­cière et tech­no­cra­tique se trouve tota­le­ment figée et imbri­quée dans cette sorte de reli­gio­si­té. Il fau­dra brû­ler beau­coup beau­coup de cierges pour la cin­quan­taine de réac­teurs hexa­go­naux tiennent bon, à com­men­cer par le cou­vercle de Flamanville.

 

Contre les apprentis-sorciers

L’AFFRANCHI JARDINIER

Cest dans les années 70 que Yves Gil­len et Annick Ber­trand posent leur rou­lotte sur un ter­rain en lisière de marais. Leur rêve : vivre en autar­cie et dépendre le moins pos­sible de la socié­té de consom­ma­tion. Plus de 40 ans plus tard, l’affranchi jar­di­nier fait tou­jours avec les moyens du bord pour sub­ve­nir à ses besoins fon­da­men­taux avec le sou­ci de pré­ser­ver l’environnement et d’embellir son cadre de vie. Jar­din pota­ger, pan­neaux pho­to­vol­taïques, mini-éolienne, cui­seur solaire, récu­pé­ra­tion d’eau de pluie, éolienne de pom­page, « douche du futur », machine à laver recy­clée et cus­to­mi­sée... À plus de 70 ans, Yves ne manque pas d’énergie et d’imagination pour conti­nuer à vivre comme il l’entend ! Un révo­lu­tion­naire rare, dans les actes.

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Notes:

  1. Entre­prise tom­bée dans l’escarcelle de Bol­lo­ré, adepte du tout pro­fit – éga­le­ment pro­prié­taire de Canal +, qui rechigne à payer les auteurs…
  2. En cause éga­le­ment, l’EPR en construc­tion inter­mi­nable en Fin­lande, deux autres en Chine, et enfin les deux pré­vus à Hink­ley Point, en Angle­terre.