Première chronique de la peste couronnée

Confiné, tant que ce n’est pas dans les étages supérieurs, côté ciboulot… Alors j’ai repris du service de blog, enfin un peu, sous forme d’une chronique de la Peste nouvelle, que je dénomme « couronnée » pour faire plus gai. C’est une chronique ouverte, que je vous invite à occuper avec tout ce qui pourra vous traverser l’esprit. Vous l’envoyez sous n’importe quelle forme à mon @dresse [gerard@ponthieu.net] et je la glisse ci-dessous, comme ça viendra, histoire de dire qu’on est toujours là. C’est pour dire, quoi… [Cliquer sur le titre ou sur “Lire la suite”].
– Toutes les contributions sont ajoutées par ordre d’arrivée, avec effet biblique 😉 : les derniers passent en premier… Nombre de contributions :  100  

#100 08/04/20 – Deuxième chronique de la peste couronnée  

Certes, nous n’étions pas partis pour tel un marathon ! Avec sa centaine de contributions, cette chronique étouffe dans son espace devenu trop fourni, décourageant l’accès aux commentaires. D’où ce second souffle avec passages réguliers au ravitaillement, pour y remplir des musettes moins pesantes. Soit donc cette suite de Chronique, qui se propose une limite à dix articles à la fois, pas plus. Avec facilités accrues pour commenter, surtout en prenant soin d’indiquer le numéro (2#–) de référence.
Merci à la bonne centaine de lecteurs quotidiens ! Les contributions sont plus que jamais bienvenues. Nous avons besoin de partage, générateur d’idées et peut-être aussi de propositions pour une humanité et un monde meilleurs.

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#99 08/04/20 – Retour des corbeaux  

Les corbeaux sont de retour. Puisque c’est « la guerre », collabos, résistants, planqués, escrocs, profiteurs en tous genres différencient la population, normal… Voici, entre autres remarquables spécimens du genre, le « mot » qu’Alexia, pompier, et sa sœur Marie, aide soignante, ont trouvé affiché sur leur porte à leur retour de travail, dans un petit immeuble du 9e arrondissement de Marseille. [Cliquer pour agrandir].

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#98 07/04/20 – À propos du virus de la difformation  

Deux morts et cinq blessés causés par un allumé d’Allah dans la Drôme profonde, ça ne vaudra jamais un ramdam médiatique autour d’un premier ministre, pas mal allumé lui aussi, atteint du mal qu’il croyait pouvoir défier.
Tout en l’expliquant par bien des travers et nécessités du métier d’informer, le journaliste retraité et au demi-siècle d’active, s’étonne toujours de cette difformation – je pèse mes mots – par laquelle les faits sont soumis à si rude épreuve. Ni masques, ni vaccins n’auront pu venir à bout de cette pandémie-là. [gp]

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#97 07/04/20 – Réponse à Madame la Directrice Générale d’Air France sur la « situation inédite »  

Des jours comme ça où l’on se sent important… C’est du second degré. Car au premier, je viens de recevoir un courriel de Madame Air France, en la personne de sa Directrice Générale (majuscules de rigueur), Anne Rigail elle-même, belle personne ma foi si j’en juge par sa photo jointe, et qui pourrait bien faire hôtesse de l’air au besoin. Et de terminer son message par un « Bien chaleureusement » qui me va droit au cœur, vous pensez… Dommage, chère DG, que vous ayez gâché votre fin de missive par son trivial début, un pluriel et générique : « Chère clientes, chers clients ». Au moins avez-vous prévenu d’emblée : pas d’ambiguïté entre nous et les vaches seront toujours bien gardées. Tandis que vous vous lamentez de « la situation  inédite », que vous nous assurez de jours meilleurs et plus planants, très au-dessus de ce lamentable plancher desdites vaches, à ces hauteurs d’altimètre qui font la joie de vos « chères clientes et chers clients », altitudes grâce auxquelles vous nous réchauffez si « chaleureusement », climat y compris ; grâce auxquelles également notre Covid 19 a ensemencé les cinq continents et la planète globalisée. (Chal)heureusement, vous assurez vos « chers clientes et clients » d’une de ces formules aussi gratuites que creuses, une sorte de vaccin social, bien agaçant à mes yeux irrités: « Plus que jamais, prenez bien soin de vous ainsi que de tous ceux que vous aimez ». Comme disait si bien cette chère Ernestine Chassebœuf*: « Dans l’attente de votre réponse, espérant que ma lettre vous trouvera de même », Gérard Ponthieu, Directeur Général et En Particulier de Lui-Même.

  • « Ernestine écrit partout », auteur masqué (et néanmoins identifié, mais gardons le mystère) présentant ainsi son héroïne : « Avant de disparaître dans des conditions encore mal élucidées, Ernestine Chassebœuf (1910-2005 ?) nous avait adressé les brouillons de ses ultimes ” lettres de rouspétance “. » Éd. Ginkgo, 2005.

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#96 30/03/20 – L’incorrect. « Deliveroo du mal ?  

J’ai déjà fait ici référence ici à ce média de droite catho, royaliste et intello – que nous disions jadis intégriste, ce qu’elle demeure –, à savoir L’incorrect, journal et web-média. Leur prose ne manque pas de panache ; ils ont le sens de la formule, ayant lu les aphorismes bibliques. Une de leurs récentes livraisons, sous l’angle et la plume de Jacques de Guillebon, ne manque pas de pertinence :

« Le monde est plein de paradoxes, Chesterton le savait, mais ce n’est pas une raison pour les organiser. Voici le dernier en date, dont on peut dire qu’il nous reste en travers de la gorge : les messes et toutes autres cérémonies religieuses ont été annulées, bannies. C’est comme si nous avions jeté nous-mêmes l’interdit sur ce doux royaume de France. Les prescripteurs ne manquent certes pas d’arguments : la foire évangélique d’Alsace qui a fortement contribué à répandre l’épidémie en France, la paix du Christ, la manducation eucharistique, la surreprésentation de ieuvs à la seum, etc.[Ndlr. Trop ignorant du latin de messe pour en saisir le sens…] Bref, impossible et de se confesser et de se marier et de se faire baptiser, confirmer, communier, sous peine d’amende pour curés et fidèles réfractaires.
« Mais en revanche, vous pouvez vous faire livrer le dernier gode à la mode ou des choses comme ça dont il paraît que le contemporain fait grand usage. Mais ne vous demandez-vous pas d’où arrivent ces étranges objets qui enjolivent votre confinement quotidien ? Le plus souvent des immenses entrepôts d’Amazon, propriété de l’humaniste Jeff Bezos, à côté de la fortune de qui la rivière Pactole peut aller se savonner. Ce doux commerçant, non content d’exploiter éhontément ses employés en temps de paix, fornique deux fois plus avec le veau d’or en temps de guerre. Dans ses entrepôts, des armées de petites fourmis humaines se croisent et s’entrecroisent sans cesse, toute la sainte journée, et pas seulement une heure le dimanche. Elles n’ont pas de masques, pas de gants, juste un peu de gel hydrotruc. Elles font tourner l’économie d’époque de crise, ces humbles petites fourmis. Mais qu’elles soient rassemblées plusieurs centaines dans un même lieu ne semble émouvoir personne.
« Jésus m’attend en vain à l’église, mais heureusement monsieur Bezos me fournit en essuie-tout. Mais heureusement, monsieur du Sushi a encore un corps d’armée en vélocipède pour m’apporter mon dîner. En plein vendredi de Carême. « Et les anges le servaient ». »

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#95 30/03/20 – De Gian Laurens. Des confusions en tous genres  

Les toubibs reprendraient-ils le pouvoir ? Ils ont été évincés depuis 20-30 ans des instances décisionnelles du domaine de la santé publique, car supplantés par des technocrates obsédés par le seul rendement financier, d’où, entre autres, la fâcheuse carence en masques, lits, respirateurs et personnels hospitaliers. Pandémie oblige, ce sont en termes ultimes les grands professeurs qui orientent les décisions des politiques.

Un double bémol, cependant. D’abord, les professeurs ne sont pas d’accord entre eux, la controverse autour de la chloroquine du Dr D. Raoult étant de ce point de vue emblématique. Ensuite, leurs avis autorisés fluctuent notablement: le masque ne devrait-il pas devenir obligatoire après avoir été considéré comme inutile ? Cet embrouillamini en dit long sur les limites de la scientificité relative à la maladie…

Cette versatilité opère un effet symétrique de désordre avec les multiples modifications contradictoires émises à divers niveaux gouvernementaux. Les points de vue internationaux peuvent notablement différer (pas de confinement en Corée du Sud ou Suède, par ex.), comme peuvent varier les points de vue intranationaux (confinement réduit dans le 93 ou à La Castellane (Marseille), par exemple). Ces incessantes permutations confusionnelles peuvent être regroupées dans l’« en même temps », dont sont emblématiques les mots d’ordre quasi simultanés des « restez chez vous » et « allez travailler. » Il s’agit là d’une situation bien connue en psychologie clinique, quand une figure d’autorité soumet un subordonné à une double contrainte (= injonction paradoxale, ou double bind qui, à la longue, devient schizophrénigène). L’effet peut en effet être redoutable pour des « âmes simples », autrement dit ceux qui sont incapables de trancher : elles réagissent massivement par l’anxiété et l’inhibition. Le mérite de l’opération, s’il y en a, est d’amener ceux qui exercent leur sens critique à raisonner et opter pour le comportement le plus rationnel possible.

La maladie virologique (et infectieuse en général) procède pour l’immense majorité des gens comme la religion : seuls quelques chercheurs équipés de microscopes électroniques ont vu les petites boules de 100 nanomètres de diamètre hérissées de protéines pédonculées. Du fait de leur formation pastorienne, ils ont énoncé péremptoirement qu’elles étaient l’exclusive cause, et non l’éventuel effet de la maladie. Ne disposant ni de microscopes ni de méthodologie contradictoire, l’immense majorité se comporte comme des croyants. Le corona est pour ces ouailles apeurées comme Dieu : invisible, mais menaçant. Et les toubibs obtiennent des fidèles une soumission irraisonnée avec leur réclusion volontaire dans leurs cellules monacales. Un monde de Trappistes.

Un autre aspect de la pandémie est que la préoccupation pour la santé évacue celle pour l’environnement et la biodiversité en particulier. L’écologie est devenue anecdotique, et avec l’arrêt de bien des activités polluantes, elle est en passe d’être quasi-normalité. Cependant, la pandémie souffle le vent – encore léger – de l’effondrement « civilisationnel », mais sous un autre angle, biologique, que celui des collapsologues qui visaient l’implosion mécanique.

À la télé, rien que des masques et des soignants épuisés. Heureusement quelques séries pour nous distraire, comme Dr House et Grey’s Anatomy. [GL, Annales de confinementologie, n°4].

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#94 05/04/20 – De Marie-Lou Viallat. Pour ne rien oublier 

Voici un homme pressé, les traits marqués qui sort de chez lui pour se rendre à l’hôpital, aux urgences, et tenter de sauver des vies.
Un autre, très âgé, qui avance, soutenu par un jeune homme patient, et qui veut encore choisir ses fruits et acheter son pain comme avant.
Une autre, au regard clair, derrière une poussette, un bébé dans les bras et suivie d’une petite fille, qui va promener ce petit monde bruyant au soleil.
Et un autre qui les regarde, le visage grave et ému, pour ne rien oublier…

Voici un homme qui ralentit son pas et pense à la femme qu’il aime, si loin de lui. Il ne peut la rejoindre. Il est dans le parfum de sa peau et chavire.
Un autre, l’air absent revoit son enfance et se souvient des champs de blés là-bas et de la ferme, des visages perdus.
Une autre caresse avec douceur son ventre et pense à l’enfant qui va naitre, à ses premiers sourires.
Et un autre qui les regarde, le visage grave et ému, pour ne rien oublier…

Voici un homme qui s’immobilise devant la noce rose d’un arbre de Judée. En lui frémit, malgré l’angoisse, le printemps, ses feuilles claires et les prairies. Un autre sort de chez le fleuriste, un gros bouquet de jonquilles dans les bras; pour l’offrir ou le poser sur une tombe ?
Une autre tend la main pour quelques sous, un petit blotti contre elle.
Et un autre qui les regarde, le visage grave et ému, pour ne rien oublier…

Voici un homme qui a perdu son travail et ne peut entrevoir l’avenir.
Un autre sans masque qui peine au petit jour et s’inquiète dans le sien.
Une autre qui attend son tour devant une enseigne et pense à ses enfants à la maison qu’elle élève seule.
Et un autre qui les regarde, le visage grave et ému, pour ne rien oublier…

Voici un homme qui ne porte plus de montre et a perdu le sommeil.
Un autre à sa fenêtre qui découvre la poésie, le silence des mots et la rêverie au soleil.
Une autre plonge son visage dans les fleurs et sourit d’espérance.
Et un autre qui les regarde, le visage grave et ému, pour ne rien oublier…

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#93 05/04/20 – De la repentance, selon Chérif Mouhamadoul-Moukhtar KANE  

« Tout en adhérant aux mesures préconisées par les professionnels de la santé, je reste convaincu que face au coronavirus, notre salut passe inéluctablement par la repentance et l’imploration du Seigneur qui est seul capable de lever rapidement cette pandémie.
« Je m’invite donc et j’invite mes concitoyens à une journée de jeûne (un lundi ou un jeudi de préférence, car ce sont les jours où les anges présentent nos œuvres au Seigneur), de repentance sincère et d’imploration du Seigneur pour la levée rapide de cette pandémie avant l’arrivée du mois béni du Ramadan qui avance à grandes enjambées vers nous. » Publié dans Le Quotidien (Dakar).  

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#92 05/04/20 – Et maintenant, la pénurie de slips !  

C’est fait (père & fils… euh…) :

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#91 04/04/20 – Les masques tombent, vive le tout-masqué !

« Ils » ont longtemps avancé masqué. Et les masques tombent. Voici le temps du tout-masqué. Finie, la pseudo-transparence des gouvernants, si peu habile à la gouverne, ou alors au gré des vents, entre savants et communicants, les uns jurant de l’inutilité, les autres habillant le manque en « éléments de langage » – cette mascarade. La pénurie masquait l’imprévoyance, qui ne s’arrêtait pas non plus « à la frontière ». Médiapart, toujours inquisiteur, parle de « mensonge d’État ». Si c’en est un, il devra être largement partagé entre tous ces gouvernements de bricoleurs, gens de pouvoir aux pouvoirs de faiseurs, illusionnistes de carnaval. Un procès pour « après »… GP

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#90 03/04/20 – Petit virus : Chanson écolo anti-capitaliste

Paroles et musique : Le caribou volant (Yoan & Ninon)

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#89 03/04/20 – Du sexy-bizness : kit à prix coûtant !

« Le confinement sera coquin » promet l’emil du sexy-bizness qui ne perd pas le nord. Il n’a pas osé ajouter à sa prophétie « ou ne sera pas ! »…

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#88 03/04/20 – De Gian Laurens :  le négatif à l’affût du positif 
Après deux semaines de confinement apparaissent des effets qu’on peut qualifier de « néfastes » ou plus pudiquement de « contradictoires » car ils s’opposent manifestement à ce pour quoi le confinement était prévu, à savoir la préservation de la santé publique. À titre d’exemples, l’un de ces effets concerne l’augmentation de la violence domestique, un autre les morbidité et mortalité accrues dans les EHPAD du fait partiel du délaissement familial.

Il est encore trop tôt pour s’alarmer au point de devoir considérer le confinement comme globalement plus nocif qu’utile. Mais cette perspective pose la question de son évolution possible. Et renvoie automatiquement à des modèles évolutifs analogiques, dont le basique « avantages/inconvénients » (A/I) :

Au fur et à mesure que l’on cherche à améliorer un système, à le rendre plus avantageux, on risque de le fragiliser, car il devient plus complexe et plus dépendant d’assistance extérieure : c’est le cas typique de l’automobile moderne dont la maintenance échappe à son conducteur et même au mécanicien non spécialisé, ou de toute organisation professionnelle qui s’ankylose à cause de la multiplication des astreintes normatives (inflation législative).

Il advient qu’à force de complexification on atteigne un point B de basculement à partir duquel le négatif l’emporte sur le positif. On conçoit qu’avant cette faillite en forme de non-retour on doive se maintenir dans un équilibre qui se situe dans une zone optimale ZO, alors que les Avantages ne croissent plus que lentement et que les Inconvénients commencent à accélérer.

En situation de confinement, on peut appliquer ce modèle de diverses façons. Par exemple, pour reprendre les effets précédemment cités, on s’apprête à sortir d’une zone optimale acceptable quand se multiplient exagérément les homicides, les suicides et les agressions de voisinage. Quand l’assassinat tue plus que le virus, I > A, on a passé le point B.

Autre exemple, à la fois individuel et collectif, qui concerne le système immunitaire (au sens global, pas uniquement médical). Le confinement protège certes des attaques virales qui ont lieu à l’extérieur, mais d’une certaine façon contribue à l’affaiblir par « défaut d’entraînement » (entraînement qui a essentiellement lieu à l’extérieur de chez soi). Si les risques exopathogènes sont supprimés sinon fortement réduits, les endopathogènes peuvent fortement augmenter (ennui, dépression, alcoolisme, obésité,…). La situation confinatoire actuelle étant originale, il restera à conduire des études épidémiologiques après qu’elle aura pris fin pour déterminer la dimension de proportionnalité inversée qui aura existé entre système immunitaire et anxiété, pour prendre une grandeur qui pourrait englober bien des facteurs pathogènes internes.

Il est humain de faire en sorte que A > I. Mais quels sont les facteurs sur lesquels jouer qui ont le plus d’incidence sur A et pour lesquels on dispose de grandes capacités d’action ? Entretenir un réseau amical bienveillant et si possible joyeux semble une des meilleures garanties pour contrer les risques anxiogènes.
GL

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#87 02/04/20 – Du secrétaire général de l’ONU : que le feu cesse !… 

Une pétition circule pour appuyer l’étrange appel d’António Guterres, secrétaire général de l’ONU. Lequel, après s’être lamenté sur l’actuelle pandémie,, en arrive à cette « conclusion » :

[…] « Les professionnels de santé, qui étaient déjà peu nombreux, ont souvent été pris pour cibles. Les réfugiés et toutes les personnes déplacées par des conflits violents sont doublement vulnérables. La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie.

C’est la raison pour laquelle j’appelle aujourd’hui à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde. »

Avant, tout allait si bien ! Vite, que les affaires reprennent !

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#86 02/04/20 – De Frank Lovisolo-Guillard – Composition sur fond de coronavirus 

Pour un confinement tapageusement sonore où une clarinette basse, une autre en si bémol, un saxophone soprano et un bugle conversent sur un étal de percussions choisies et un soupçon de musique abstraite, concrètement bruitée par les mécaniques d’un instrument réel (le bugle).
C’est un peu en mode Hussard sur le toit que j’ai composé, joué et mixé cette composition ! Hussard en mode confiné, qui a abandonné depuis longtemps son sabre au râtelier pour n’avoir plus que pour armes une guitare et de quoi faire de la musique. La Boétie, si tu nous voyais… Toi, à l’époque où la faculté tuait plus qu’elle ne guérissait, que penserais-tu de nos tyrans?

Suite là : Le Photographe Confiné

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#85 01/04/20 – Le Canard se fait la toile
Ne voulant pas se laisser plumer par le virus, le journal palmipède et réfractaire au oueb, vient pourtant de se mettre en vente par internet. À un euro les quatre pages.

https://abonnement.lecanardenchaine.fr/

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#84 01/04/20 – Macron rétablit l’ISF

POISSON D’AVRIL !

 

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#83 31/03/20 – Le virus pourrait se propager par voie aérienne  

« La France produira d’ici fin avril «15 millions de masques par semaine», promet Macron » [France Info]. Pourquoi tant de masques « promis » pour fin avril ? Questionnons ce futur, qui nous projette dans un mois. Qu’en déduire ? Que d’ici là, on continuera à gérer la pénurie… Que la crise va donc durer bien au delà d’avril… Que ces masques, alors, serviront… à quoi ? Peut-être à affronter une réalité encore mise sous le boisseau : à savoir l’hypothèse déjà émise par un membre du comité scientifique qui conseille Macron, selon laquelle le virus pourrait se propager par voie aérienne.

Le Service européen de surveillance atmosphérique Copernicus mène effectivement une étude pour étudier une possible transmission par les particules en suspension. « Cela signifierait qu’il pourrait être transporté par la pollution et contaminer sur une longue distance », expliquait Vincent- Henri Peuch, le directeur de l’organisme, à Libération le 24 mars. Mais « tout cela n’est encore qu’hypothèses», rappelle-t-il, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.

Cette étude porte sur la possible contamination par les pollens et les particules fines sur lesquels se fixerait le virus (sur 1mm rentrent 10 000 virus). Cela expliquerait la forte propagation à laquelle nous assistons, au-delà du manu-porté, des surfaces et du contact proche.

Un médecin : « J’ai tendance, depuis la conférence du 1er ministre et du ministre Véran qui y ont annoncé à mots voilés le port du masque systématique (1 milliard en commande), à m’interroger à ce sujet de plus en plus. En résumé, la pollution est-elle le principal vecteur de contamination ? (étant entendu qu’elle se concentre là où vit le plus de monde). Double peine de l’hyper urbanisation. » [GP]

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#82 31/03/20 – Confinés mais en chansons 

Deux potes du Lot, Roméo et Anto, ont décidé de chanter leur confinement avec une de leurs chansons chaque jour, avec les moyens du bord. La sixième, par exemple, s’intitule « Les philosophes. Parce que ça fait cogiter le Corona ». On la trouve là : Les philosophes , ainsi que le texte correspondant, bonne idée car, côté son…

 

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#81 31/03/20 – « Corona est le remède, les humains sont la maladie » 
En Angleterre, un groupe dissident d’Extinction Rebellion a suscité une polémique sur les réseaux sociaux après avoir tweeté des photos d’autocollants dans l’espace public sur lesquels est écrit : « Corona est le remède, les humains sont la maladie ».
XR est le groupe écologiste radical qui milite contre les gouvernements à travers le globe, les accusant d’« inaction climatique ». Principalement financé par des multimillionnaires américains, il associe sa lutte contre le réchauffement de la planète à celle contre le suprématisme blanc, le patriarcat et la norme hétérosexuelle. De nombreux actes de vandalisme ont été recensés lors de ses actes de « désobéissance civile » à Paris en octobre dernier.

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#80 31/03/20 – Pire : le « connardovirus » 

Un post Facebook complotiste accusant Emmanuel Macron d’avoir monté un plan “machiavélique” grâce au coronavirus pour “casser le code du travail” est attribué à Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne, alors qu’elle n’en a pas écrit une seule ligne. [Source : AFP]

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#79 31/03/20 – Virus recherchent hôtes pour affinité… et plus
Les espèces animales sauvages souffrant de la raréfaction de leur habitat, leur population diminue ou elles disparaissent tout simplement, et les virus aussi. En perdant leurs hôtes naturels, ils en cherchent un nouveau à infecter, et l’Homme est un hôte de choix. Une fois que le virus a franchi la barrière des espèces et s’est adapté à l’organisme humain, nos sociétés modernes, denses et ultra-concentrées, sont idéales pour la propagation d’un virus. Le Covid-19 ne sera sûrement pas la dernière zoonose à menacer la santé humaine. [Source : Futura Science].

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#78 31/03/20 – De Gian Laurens : Pourquoi maintenant ?
« S’il est une question qui devrait intriguer au plus haut point et qui pourtant n’est pratiquement jamais posée, c’est celle du phénomène extrêmement soudain que fut la survenue de la pandémie : au regard de l’histoire humaine, c’est une quasi-instantanéité. C’est d’ailleurs pour cela que tout le monde (à part peut-être quelques rares survivalistes) a été pris au dépourvu, des chefs d’État au vulgum pecus dévaliseur de PQ, les uns et les autres très contradictoires.

« Pourquoi ce virus a-t-il surgi maintenant ? On pourrait accorder du crédit à cette idée que s’est mis en marche un processus autorégulateur de la mondialisation effrénée. Un automatisme qui échappe à toute volonté humaine. En chimie, la loi de Le Chatelier explique qu’un système fermé soumis à une élévation de température (ou de pression) voit la réaction inverse favorisée, c’est-à-dire une baisse de température (ou de pression). Analogie.. »

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#77 31/03/20 – Onfray dans « Marianne » : l’empire maastrichtien, tigre de papier
« Le coronavirus est le premier adversaire sérieux de l’Etat maastrichtien. Et que découvre-t-on ? Que cet État est un tigre de papier… Il s’agissait de créer un monstre économique, or un virus arrive et le monstre économique n’est même pas capable de fournir les personnels soignants en masques, en tests de dépistage afin de protéger ses peuples.
« Dans l’empire maastrichtien, la santé publique en France en est à ce point que les médecins trient les vieux à l’entrée des hôpitaux pour les laisser à leur sort afin de s’occuper de sauver les personnes rentables. Qui aurait pu penser que l’idéologie libérale trouverait ainsi sa réfutation ? »

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#76 31/03/20 – Cohn-Bendit la ramène encore : Raoult prié de “fermer sa gueule”, Merkel “protectrice en tant que femme”
Dimanche sur LCI, Cohn-Bendit tempêtait contre le “docteur chloroquine” : “C’est comme quand Raoult, le 28 février, va à la télévision et dit : ‘Arrêter de me casser les pieds avec le coronavirus, ce n’est qu’une grippe, ce n’est rien, c’est pas parce qu’il y a trois Chinois qui éternuent que tout le monde doit se mettre au garde-à-vous’”. « Y’en a marre, y’en a marre de ce genre de mec … » “Donc qu’il arrête, qu’il ferme sa gueule, et qu’il soit médecin. Mais qu’il arrête de dire partout qu’il est un génie. S’il est un génie, on le dira une fois que ça a été prouvé. Il y en a marre. Y’en a marre de ce genre de mec.” Charité bien ordonnée…
Lundi sur France Inter, Cohn-Bendit, remettait Angela Merkel à sa place… lui allouant “en tant que femme”, une “communication protectrice” sur le Covid-19.

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#75 31/03/20 – Pour Jésus : un Falcon plutôt qu’un âne 

Jesse Duplantis, prédicateur évangéliste de Louisiane, demande 54 millions de dollars à ses fans pour s’acheter un jet privé. Dans une vidéo publiée lundi sur son site, il lance un appel aux dons. Le prédicateur explique avoir reçu un message de Jésus, qui lui demandait d’acheter un jet privé – à noter que le “Ministère” de Jesse Duplantis en possède déjà trois. « Je crois vraiment que si Jésus était physiquement sur Terre en ce moment, il ne monterait pas un âne, explique-t-il. Il serait dans un jet, prêchant le Gospel dans le monde entier. » Fin connaisseur en aviation par ailleurs, Jésus exigerait un modèle en particulier : le Dassault Falcon 7X à 54 millions de dollars.

Au Brésil, une Église évangélique  a annoncé une cérémonie lors de laquelle elle promettait d’« immuniser contre toute épidémie, virus ou maladie » « Le pouvoir de Dieu contre le coronavirus. Venez parce qu’il y aura une onction avec de l’huile consacrée pendant le jeûne pour immuniser contre toute épidémie, virus ou maladie », a écrit sur les réseaux sociaux la Cathédrale globale de l’Esprit saint de Porto Alegre, au sud du Brésil.

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#74 30/03/20 – De Pascal (Blaise). Pensée 131 : Ennui 

Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir.

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#73 30/03/20 – Renversant ! Manifestations au Mexique pour la fermeture de la frontière avec les USA 

Le mur de Trump pourrait protéger le Mexique d’une épidémie « à l’américaine » : Avec moins de 1000 cas, le Mexique a réussi à beaucoup mieux freiner l’épidémie que leurs voisins des USA, où plus de 100 000 cas et de nombreux morts sont déjà recensés. Renversement inattendu ; ce sont maintenant les Mexicains qui demandent la fermeture totale de la frontière avec les Etats-Unis par crainte d’une arrivée massive de contaminés.

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#72 30/03/20 – En attendant les cerises… 

Notre cerisier et ses promesses… [Cliquer dessus, c’est mieux encore !]

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#71 30/03/20 – On s’ marre ! 

De Charlie à L’Incorrect.

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#71 30/03/20 – Le médicament, industrie à profit, à rentabilité, à délocalisation 

• Le dernier site de production de la chloroquine est à Saint-Genis-Laval dans le département du Rhône. Il s’agit de l’entreprise Famar, anciennement filiale de Rhône-Poulenc, placée en redressement judiciaire en juin 2019 sans aucune réaction de la ministre de la Santé saisie par les salariés, qui développaient déjà l’argument de la nécessaire autonomie du pays en médicaments. L’actualité a amené le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à s’intéresser au site, sans plus de précisions pour le moment.

• 80% des principes actifs des médicaments proviennent de Chine selon l’Académie nationale de pharmacie de France, qui alerte depuis une dizaine d’années les gouvernements successifs en demandant d’urgence de “relocaliser” la production des matières premières pharmaceutiques. Une demande que l’Académie a encore formulée en février dernier, sans aucune réaction d’ampleur des pouvoirs publics.

• En 2017, une pénurie du principal antibiotique utilisé sur la planète. Cette année-là, pour réduire une pollution atmosphérique record, la Chine décide de stopper la production de zones industrielles entières autour de Pékin… entraînant une pénurie d’amoxicilline, l’un des principaux antibiotiques prescrits dans le monde. Les pénuries de médicaments étaient très rares il y a dix ans. Près de 900 ont été signalées en France en 2018, concernant toutes les catégories de médicaments.
[Source : Revue L’Écologiste.]

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#70 March 2020, Sunday 29th – Du Pr D. Ragoult, à l’hôpital de la Simone 

Nous vous tiendrons informés du dernier essai  très prometteur à l’hôpital de la Simone du Pr D. Ragoult à base d’hydroxywhysquine associée à un antibioéthique, le sulfate d’azymutinowodkine. La charge vitale a considérablement pas bougé chez les patients, sauf aucun.
Pour l’heure, un seul patient est traité avec lui-même.

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#69 29/03/20 – De Trazibule : Produire nous-mêmes notre activité et non consommer des occupations 

Cette crise nous impose aussi de savoir produire nous-mêmes notre activité et non de consommer des occupations suivant les modes actuelles des sports, des spectacles, des loisirs ou des sorties diverses. Des gens s’inquiètent de sécurité, de télétravail, d’illectronisme, de démocratie mais pour chacun de ces sujets la solution, n’est pas d’ajouter des techniques ou des moyens mais d’ajouter de l’éthique et de l’humain.

Question sécurité, plutôt que surveiller ne serait-il pas plus utile de faire preuve de solidarité, je ne crois pas qu’un enfant naisse délinquant mais qu’il le devient après une succession d’erreurs dans son parcourt familiale, scolaire ou professionnel. C’est souvent l’abandon ou l’ignorance qui le conduit à ces actes, alors surveiller ou punir ? Non c’est trop tard c’est avant qu’il fallait agir !

Question illectronisme, elle ne se résoudra que par la transmission de connaissance entre ceux qui savent et ceux qui apprennent, à condition de ne pas en faire un commerce qui induira des inégalités, mais une solidarité qui induira des liens, et la question matérielle n’existe plus, des milliers d’ordinateurs tout à fait opérationnels dorment dans les placards.

Question télétravail, il ne fonctionnera que s’il existe une confiance réciproque entre le salarié et son entreprise, car il rompt la présence hiérarchique. Mais comme il ne s’applique qu’au travail intellectuel il génère une différence de statut entre les différents métiers. Et par manque de contacts, je crains qu’apparaisse vite une rivalité entre ceux qui produisent vraiment et ceux qui apparaitront parasiter cette production concrète : commerciaux, publicistes, gestionnaires, coordonateurs, etc.

Téléconsultation : Son origine est d’abord issue du manque de médecins, et de l’apparition de déserts médicaux, or des études sociologiques ont démontré par exemple qu’un diagnostic de l’infirmier en contact permanent avec son malade était souvent plus juste que celui du médecin qui ne le voit que le temps d’une visite. C’est le contact humain qui conduit à trouver la bonne thérapie et contrôler son application. Je pense que la téléconsultation est un pis-aller, la solution est de former des médecins et d’organiser des lieux de soins partout à l’opposé de la gestion comptable de la santé dont les carences sautent aux yeux avec cette épidémie. Je pense que la téléconsultation n’est positive que si un médecin en présence de son patient consulte son confrère ou un spécialiste pour une assistance précise.

Question démocratie via les réseaux ou le vote électronique : J’affirme avec mon expérience informatique qu’il n’existe aucune solution pour fiabiliser une représentation sincère de l’expression citoyenne. Le vote électronique peut être faussé avec une déconcertante facilité. Les réseaux sociaux, on le voit avec Facebook sont facilement détournés de leur but « social » pour en faire un instrument de manipulation politique. Reste qu’ils sont de formidables lieux de débat qu’il faudrait totalement séparer de l’appétit commercial des entreprises privées pour en faire des services publics.

À voir : le 150e numéro du journal « Points de vue de Trazibule »  >>>
http://www.trazibule.fr/journal/journal-150.pdf

et d’autres numéros ici http://www.trazibule.fr/journal-trazibule.php

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#68 29/03/20 – La « prophétie » de Bill Gates en 2018 

« Il y a deux ans, dans une interview qui paraît aujourd’hui prophétique, Bill Gates pressait le président Trump d’investir dans des technologies pour répondre à une éventuelle pandémie », se remémore Statnews, un site d’information américain spécialisé dans la santé.
Lors d’un entretien vidéo accordé au média en avril 2018, le fondateur de Microsoft évoquait le manque de préparation des États-Unis face au risque de pandémie. « Il est étrange que le monde ne fasse pas plus pour contrer ce risque”, déplorait le milliardaire il y a deux ans. “On parle d’en faire plus à propos d’épidémies plus circonscrites comme Ebola ou Zika, mais en réalité, le suivi reste très modeste. On se convainc que l’on peut se contenter de dépenser une infime part du budget nécessaire pour se préparer à une pandémie. » La prévention aurait évité les décisions dans l’urgence.
La fondation Bill & Melinda Gates s’est engagée en février à débourser jusqu’à 100 millions de dollars pour soutenir la lutte contre le coronavirus, rappelle le site spécialisé.
Lors de son interview Bill Gates prévenait : « Quand une épidémie survient, les gouvernements qui se sont préparés et ont fait des simulations sont mieux outillés pour prendre les décisions qui leur incombent. » En raison d’une pénurie de matériel, de personnel et de lits, nombre de pays, parmi lesquels la France, font aujourd’hui face à une grave crise sanitaire les poussant à prendre des décisions dans l’urgence.

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#67 29/03/20 – De Daniel Chaize. Une bucolique par temps de peste… 

Les cendres et la rose

Les camions militaires traversant Bergame (Italie) sont arrivés précisément sur Twitter un mercredi à 16h00. Du cimetière central de Vienne (Autriche) où elle se trouvait, elle entendait sonner les quatre coups du bourdon de 20 tonnes de la cathédrale Stephansdom. Anna cherchait sur Wikipédia si l’emplacement de la tombe de l’enfant prodige était indiqué. Pour l’amour de sa grand-mère, justement de Bergame, elle avait promis de fleurir la tombe du grand-maître. Elle ne pouvait imaginer qu’au même moment des véhicules emplis de cercueils de cadavres morts par le coronavirus stationneraient dans les lueurs blafardes de la capitale de Lombardie. Italie, Autriche, les morts n’ont pas de frontières.
Sa grand-mère adorait le grand-maître, sa flûte enchantée surtout. Pour son premier voyage à l’étranger, la jeune adolescente portait une rose rouge pour honorer sa promesse. Elle avait du mal à comprendre les indications de l’encyclopédie numérique. Wolfgang semblait honoré dans deux cimetières, celui de Saint-Marx en banlieue de la capitale et le cimetière central qu’elle avait choisi. Il n’était pas loin de l’hôtel où elle était confinée. Elle avait le droit de s’y promener une demi-heure par jour. Une chance ! Elle cherchait la tombe en battant le pavé pour se réchauffer d’un vent frisquet. Les « breaking news » sur Bergame se multipliaient avec cette photo qui l’angoissait. La légende rédigée par l’agence de presse précisait : « Les véhicules doivent attendre sur les boulevards car les crématoriums sont débordés par le nombre de victimes du Covid-19 ».
Au moins grand-mère a-t-elle échappé à cela se disait Anna. Crématorium… et pourquoi pas une fosse commune pensait-elle avec tristesse.
Elle ne trouvait toujours pas la sépulture de Mozart alors qu’elle passait et repassait devant d’immenses statues dont elle ne lisait pas les noms. Elle ne connaissait pas le mot cénotaphe. Elle n’avait pas vu le film Amadeus de Milos. Mais l’amour de sa Nonna était immense et sincère.
Elle marchait la tête courbée. Elle ne savait pas que les cendres des hommes portent leur esprit et qu’il ne se trouve pas dans la glaise des terres ou sous un monument de marbre, mais illumine le ciel. Celui, peut-être, où était sa grand-mère à l’écoute du prodige.
Mais comment offrir une rose au ciel ?

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#66 29/03/20 – De Michel Bianco… et Nazim Hikmet. Elles ou ils ne feront jamais la une d’un JT à 20h… 

…et pourtant elles sont indispensables au bon fonctionnement de l’hôpital !

La grande humanité voyage sur le pont des navires
Dans les trains en troisième classe
Sur les routes à pied
La grande humanité
La grande humanité va au travail à huit ans
Elle se marie à vingt
Meurt à quarante
La grande humanité
Le pain suffit à tous sauf à la grande humanité
Le riz aussi
Le sucre aussi
Le tissu aussi
Le livre aussi
Cela suffit à tous sauf à la grande humanité
Il n’y a pas d’ombre sur la terre de la grande humanité
Pas de lanternes dans ses rues
Pas de vitres à ses fenêtres
Mais elle a son espoir la grande humanité
On ne peut vivre sans espoir.
Nazim Hikmet, poète turc (1902-1963)

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#65 29/03/20 – De Geneviève, une vidéo : « Eux, ils soignent »… 

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#64 29/03/20 – La transmission dans l’air, question… en suspens 

L’hypothèse selon laquelle le SARS-CoV-2 pourrait se transmettre par aérosol a été relancée hier par un membre du « comité scientifique » qui entoure Macron. Cette question importante intrigue les scientifiques et a été relancée par une étude cette semaine, mais sans pouvoir être tranchée à ce stade. « Nos résultats indiquent que la transmission du virus par aérosol (…) est plausible », ont conclu les auteurs d’une étude publiée mardi 17 mars par la revue médicale américaine NEJM. Mais, et ce point est crucial, on ne peut absolument pas en déduire que le coronavirus contamine des gens en restant suspendu dans l’air après qu’un malade a toussé, les gouttelettes alors projetées retombant assez vite au sol, contrairement aux aérosols.

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#63 28/03/20 – D’une éducatrice spécialisée. « On continue ! Mais dans quelles conditions ? » 

« Nous, les éducateurs spécialisés, nous sommes des soignants ! »  C’est par ces mots que commence le long témoignage d’une « éduc spé » qui entend faire reconnaître sa profession, sans doute mal connue, dont elle détaille les fonctions et leur importance dans la chaîne de soins – et tout spécialement sous cette épidémie ravageuse. C’est quoi, donc, être éduc ?

« Aujourd’hui, pourquoi vous écrire tout ça ? Parce que à l’heure du COVID-19, on parle de toutes ces professions reconnues et visibles qui se battent pour continuer à bosser, pour permettre à la population de garder une vie digne et confortable. Merci à elles, évidemment !! Mais qui s’occupe de toutes ces personnes qui sont placées ? Qui s’occupe de toutes ces femmes violées, battues, qui ne peuvent pas rester chez elles ? Qui s’occupe des personnes âgées quand les visites sont interdites ? Cette semaine, on a dû expliquer à des enfants âgés de 6 à 11 ans qu’ils ne verraient plus leurs proches pendant 1 mois… 1 mois !! Pour des petits bouts, c’est énorme ! Et pour nous, impensable que le travail s’arrête, impensable ! On continue ! Mais dans quelles conditions ?

Avec la peur au ventre, avec le stress généré par la société, avec l’anxiété véhiculée par tous ceux autour de nous, avec la crainte d’être contaminés, d’être porteur sain et de transmettre ce virus à nos proches, ou de développer les symptômes. On continue, en essayant de protéger nos bénéficiaires pour amortir le choc, adoucir un peu les choses et que ce qu’ils vivent soit deux fois moins traumatisant que ce qu’ils ont déjà vécu dans leur vie. On continue, sans forcément avoir les moyens de se protéger du virus. Pas de masques, pas de gants. Des locaux désinfectés, mais les jeunes sont là. Un gamin de 6 ans à qui on dit « pas de bisous, pas de câlins, pas de contacts » alors qu’avant c’était possible, comment peut-il comprendre ça ? On le fait, pour respecter les règles de social distancing, mais bon sang que j’aimerais que là-haut, dans les hautes instances, ils viennent, même en combinaison, voir les conséquences de toutes ces mesures. Elles sont essentielles, certes, mais pas réalistes à 100% dans notre métier.

Je sais que dans beaucoup d’institutions, la question même du gel hydroalcoolique n’est pas garantie. Alors on fait ce qu’on peut, on suit les procédures, on adapte notre travail, qualité tellement essentielle de l’éduc, et on rattrapera les dommages collatéraux de tout ça une fois la crise passée. Mais quel impact aura tout ça sur nous ? Je ne sais pas, et ça m’inquiète… Va-t-on continuer à faire l’autruche et à réduire les budgets du social ? Va-t-on mettre l’argent ailleurs que dans les soins ? Oui une institution, un hôpital, c’est cher, et ça ne rapporte pas. Mais dites-moi : Où ALLEZ-VOUS mettre ces jeunes si ce n’est pas chez nous ?? Comment allez-vous les aider s’il n’y a plus d’aide adaptée ? Comment allez-vous prendre soin de toutes ces personnes si les professionnels qui s’en occupent ne peuvent plus le faire ?? Comment allons-nous rester dignes en tant qu’intervenants sociaux, éducateurs, soignants de l’état psychique de personnes fragilisées ? Comment ?

Alors oui, nous sommes des soignants ! On est des soignants de ce qui ne se voit pas, mais on soigne l’autre pour qu’il puisse, un jour, retrouver une place dans la société. Alors, s’il vous plaît, faites passer ce texte au plus grand nombre. Faites entendre notre existence, faites lire notre métier, pour que l’on puisse exister et être reconnu dans cette société où le social doit être rentable ! »
Une éducatrice
La totalité de ce témoignage ici >>> Nous éduc-spé

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#62 28/03/20 – Pétition #JeNeSuisPasUnHeros 

« Nous sommes personnels du service hospitalier, enseignants, chercheurs, salariés du secteur privé, militants associatifs, entrepreneurs, mais aussi parents, proches de personnes malades, et, toutes et tous citoyennes et citoyens inquiets et en colère.  Nous voulons que les personnels hospitaliers puissent sauver nos vies sans sacrifier la leur.
Nous voulons qu’ils puissent dire #JeNeSuisPasUnHéros.
Nous voulons de toute urgence des mesures concrètes pour l’hôpital public. 

« Tous les soirs, à 20h, nous ouvrons nos fenêtres pour applaudir les personnels hospitaliers. Nous chantons, nous crions et nous tapons dans des casseroles pour rendre hommage à leur dévouement et à leur courage.
Parce qu’il en faut du courage pour travailler jour et nuit au contact des malades au risque de mettre sa vie et celle de ses proches en danger.
On les appelle des héros, mais ils n’ont pas de superpouvoirs. Cela fait même des mois qu’ils nous alertent sur le manque cruel de moyens et de personnel à l’hôpital.
Pendant des mois, ils ont fait grève tout en allant travailler, ils ont manifesté, pétitionné, fait des vidéos, signé des tribunes, pour réclamer les moyens de soigner dignement les Français. Ils ne luttaient pas pour eux-mêmes mais pour nous tous.
Ce qu’ils nous disaient, alors même que personne ne parlait du coronavirus, c’est que l’hôpital allait craquer.

« Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes ». Citation apocryphe attribuée à Bossuet.

 

Alors, petit à petit, pendant que nous applaudissions, alors que tout le monde, les présentateurs à la télé, les ministres et même le Président, saluaient leur héroïsme nous avons commencé à éprouver un certain malaise. Nous avons attendu mais aucune mesure concrète n’a été annoncée.
L’héroïsme ne servirait-il pas à cacher le manque de moyens ? Voire pire, à le justifier. Si l’hôpital doit son salut à des héros, c’est qu’il ne fonctionne plus.
Le risque, c’est que l’hôpital public, déjà fragilisé avant la crise, en sorte détruit et qu’on nous impose un hôpital réduit, largement privatisé et une santé à deux vitesses.
Nous voulons que les personnels hospitaliers puissent sauver nos vies sans sacrifier la leur.
Nous voulons qu’ils puissent dire #JeNeSuisPasUnHeros.
Nous voulons de toute urgence des mesures concrètes pour l’hôpital public.
1. Du matériel de protection complet contre le COVID-19, en quantité suffisante, pour tous les personnels hospitaliers.
2. Pendant cette période de crise, continuité de la prise en charge des autres patients, en particulier en psychiatrie, secteur qui sera très sollicité.
3. Augmentation immédiate du salaire de tous les personnels hospitaliers à hauteur de 500 euros net mensuels.
4. Embauche massive, immédiate et pérenne, de personnels soignants aux salaires revalorisés.
5. Arrêt de la fermeture de lits et réouverture de lits partout où cela est nécessaire sur l’ensemble du territoire, avec les personnels suffisants pour permettre cette ouverture.
6. Fin immédiate de la tarification à l’acte (T2A) qui ne répond ni aux besoins des hôpitaux ni aux besoins des patients.
7. Retrait du plan d’économie de 4 milliards d’euros dans le secteur de la santé qui était prévu à partir de 2020.
suivez notre actualité sur https://twitter.com/MobilisesFrance

Signer la pétition ici : https://confinesmobilises.wesign.it/fr

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#61 28/03/20 – De Camus encore. Ne pas donner trop d’importances « aux belles actions » 

« Dès le lendemain, Tarrou se mit au travail et réunit une première équipe qui devait être suivie de beaucoup d’autres.
« L’intention du narrateur n’est cependant pas de donner à ces formations sanitaires plus d’importance qu’elles n’en eurent. À sa place, il est vrai que beaucoup de nos concitoyens céderaient aujourd’hui à la tentation d’en exagérer le rôle. Mais le narrateur est plutôt tenté de croire qu’en donnant trop d’importance aux belles actions, on rend finalement un hommage indirect et puissant au mal. Car on laisse supposer alors que ces belles actions n’ont tant de prix que parce qu’elles sont rares et que la méchanceté et l’indifférence sont des moteurs bien plus fréquents dans les actions des hommes. C’est là une idée que le narrateur ne partage pas. Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n’est pas éclairée. Les hommes sont plutôt bons que mauvais, et en vérité ce n’est pas la question. Mais ils ignorent plus ou moins, et c’est ce qu’on appelle vertu ou vice, le vice le plus désespérant étant celui de l’ignorance qui croit tout savoir et qui s’autorise alors à tuer. L’âme du meurtrier est aveugle et il n’y a pas de vraie bonté ni de bel amour sans toute la clairvoyance possible.
« C’est pourquoi nos formations sanitaires qui se réalisèrent grâce à Tarrou doivent être jugées avec une satisfaction objective. C’est pourquoi le narrateur ne se fera pas le chantre trop éloquent de la volonté et d’un héroïsme auquel il n’attache qu’une importance raisonnable. Mais il continuera d’être l’historien des cœurs déchirés et exigeants que la peste fit alors à tous nos concitoyens.
« Ceux qui se dévouèrent aux formations sanitaires n’eurent pas si grand mérite à le faire, en effet, car ils savaient que c’était la seule chose à faire et c’est de ne pas s’y décider qui alors eût été incroyable. Ces formations aidèrent nos concitoyens à entrer plus avant dans la peste et les persuadèrent en partie que, puisque la maladie était là, il fallait faire ce qu’il fallait pour lutter contre elle. Parce que la peste devenait ainsi le devoir de quelques-uns, elle apparut réellement pour ce qu’elle était, c’est-à-dire l’affaire de tous.
« Cela est bien. Mais on ne félicite pas un instituteur d’enseigner que deux et deux font quatre. On le félicitera peut-être d’avoir choisi ce beau métier. Disons donc qu’il était louable que Tarrou et d’autres eussent choisi de démontrer que deux et deux faisaient quatre plutôt que le contraire, mais disons aussi que cette bonne volonté leur était commune avec l’instituteur, avec tous ceux qui ont le même cœur que l’instituteur et qui, pour l’honneur de l’homme, sont plus nombreux qu’on ne pense, c’est du moins la conviction du narrateur. Celui-ci aperçoit très bien d’ailleurs l’objection qu’on pourrait lui faire et qui est que ces hommes risquaient leur vie. Mais il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. L’instituteur le sait bien. Et la question n’est pas de savoir quelle est la récompense ou la punition qui attend ce raisonnement. La question est de savoir si deux et deux, oui ou non, font quatre. Pour ceux de nos concitoyens qui risquaient alors leur vie, ils avaient à décider si, oui ou non, ils étaient dans la peste et si, oui ou non, il fallait lutter contre elle.
« Beaucoup de nouveaux moralistes dans notre ville allaient alors, disant que rien ne servait à rien et qu’il fallait se mettre à genoux. Et Tarrou, et Rieux, et leurs amis pouvaient répondre ceci ou cela, mais la conclusion était toujours ce qu’ils savaient : il fallait lutter de telle ou telle façon et ne pas se mettre à genoux. Toute la question était d’empêcher le plus d’hommes possible de mourir et de connaître la séparation définitive. Il n’y avait pour cela qu’un seul moyen qui était de combattre la peste. Cette vérité n’était pas admirable, elle n’était que conséquente. »
Albert Camus, La Peste, Gallimard, 1947.

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#60 28/03/20 – De Gian – « ANNALES DE CONFINEMENTOLOGIE » Corps innocents ou intoxiqués ?
Au milieu du XIXe siècle, deux théories s’affrontent, avec pour chefs de file Pasteur et Béchamp. Pour le premier, toujours encensé, les AP viennent de l’extérieur et ensemencent des corps innocents. Pour le second, oublié depuis, ils sont produits par la dégénérescence des cellules d’un organisme soumis à des agressions diverses (stress, trauma, malbouffe, intoxications), sans que cela évacue pour autant le processus de contagion mécanique. La vision pastorienne triomphe aujourd’hui, le Covid-19 surgi du néant – une thèse franchement science-fictionnelle – attaque des humains qui pourtant depuis des décennies ne faisaient que pourrir la planète – et eux-mêmes – en dépit du bon sens. Béchamp renvoyait à l’idée que nous sommes responsables de ce qui nous arrive : à manger de la merde, on finira étron. [Voir #57]

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#59 27/03/20 – De Jérôme Fourquet, politologue à l’Ifop. Révélateur ou antidote ?
[…] Un élément m’a notamment marqué, ce sont ces images d’exode vers les résidences secondaires des littoraux de l’ouest de la France… Des dizaines de milliers de personnes, appartenant souvent aux couches les plus favorisées de la société, ont chargé en urgence leur berline ou se sont précipitées dans les trains, pour la plupart à partir des grandes métropoles, vers des territoires qui étaient jusqu’à présent assez épargnés. Par confort, par crainte ou par hédonisme, une partie de la population a pris le risque d’accélérer la propagation du virus et de saturer des hôpitaux locaux qui ne sont pas adaptés à un tel volume de population.

Ce virus et les mesures de confinement révèlent les tiraillements de la société: une partie de la population part se mettre au vert, pendant qu’une autre craint pour ses conditions de travail. La ligne de fracture entre ceux qui vont au charbon et ceux qui peuvent physiquement se retirer du monde grâce au télétravail n’a jamais été aussi forte.

On voit par ailleurs des populations qui ont pris l’habitude de vivre en marge de l’ordre républicain continuer à se soustraire à la loi commune. Certains individus dans ce que l’on désigne comme les territoires perdus de la République refusent d’appliquer la loi du confinement. On voit aussi que, dans les campagnes, le confinement est une notion à géométrie variable… Dans cette crise s’exacerbent les fractures entre urbain et rural, entre centres-villes et banlieues, mais aussi des questions comme le consentement à l’autorité ou des notions comme la discipline et la responsabilité, notions sur lesquelles a insisté le président de la République.
Sur tous ces enjeux le coronavirus agira comme un révélateur ou un antidote.

[Entretien dans Le Point 25/03/2020].

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#58 27/03/20 – Oh, pôvres ! Les très riches… ont les moyens : Jets privés, « concierges médicaux », gels hydro-alcooliques «notes florales de poire et bergamote» à 35 euros… 

Le virus oblige les Américains les plus riches à revoir leur train de vie. Certains ont ainsi décidé de ne plus voler qu’en jet privé. Une aubaine pour Southern Jet, une entreprise californienne et son nouveau slogan: «Évitez d’attraper le coronavirus, volez privé! Demandez un devis dès aujourd’hui!» Le nombre de vols de jets privés entre Hong Kong et l’Australie ou l’Amérique du Nord a bondi de 214% en janvier 2020. Affréter un aéronef de douze à quatorze personnes pour un aller-retour entre New York et l’enclave chinoise coûterait, selon un spécialiste, entre 220 000 et 265 000 euros. Une «affaire», note le site, qui base ses calculs sur les 28 000 euros d’un aller-retour individuel en première classe sur un vol commercial.

Les gels hydro-alcooliques deviennent aussi un luxe. Chez Byredo, la version «notes florales de poire et bergamote», vendue à 35 euros, est en rupture de stock. Les très riches espèrent aussi échapper aux urgences en se tournant vers des services de «concierges médicaux» offrant des salles VIP, un service de spécialistes 24h/24 et l’accès à des stocks de traitements antiviraux, comme le Tamiflu et le Xofluza, ou respiratoires, comme l’Alubertol et le Sudafed – lesquels, s’ils ne les guériront sans doute pas du coronavirus, calmeront au moins leur anxiété. [Source : korii.slate.fr]

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#57 27/03/20 – De Gian – Vient de paraître 😉 « ANNALES DE CONFINEMENTOLOGIE »
Organe de liaison vraisemblablement provisoire des observatoires indépendants du Covid-19.
Le comité de rédaction a choisi « Annales » pour titre de la revue, eu égard au phénomène d’achat massif de papier toilette en début d’épidémie. L’appellation de « confinementologie » s’imposait par ailleurs d’elle-même pour nommer notre nouvelle discipline scientifique.

Premier article : OPTIONS D’APRÈS-COUP
Comment peut varier notre point de vue – notre humeur ? – en fonction du temps de confinement qui passe ? Une fois l’alerte virale passée, trois options possibles :
– SQA, statu quo ante, retour à la « normale », business as usual
– PLS : plus, pire, avec mesures dictatoriales de contrôle et d’IA, Big Brother
– MNS : moins, des leçons sont tirées, on devient plus cool, on ne consomme plus comme des dingues, peace and love.
Faites vos pronostics une fois par semaine et enregistrez les éventuelles variations évolutives. Si vous restez bloqués sur une option, introspectez vos rigidités caractérielles.

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#56 26/03/20 – De Philippe Camus : Résumons la situation !
Les problèmes des boulangers sont croissants,
alors que les bouchers veulent défendre leur beefsteak,
les éleveurs de volailles se font plumer,
les pêcheurs haussent le ton !
Tandis que les céréaliers sont sur la paille,
par ailleurs, alors que les brasseurs sont sous pression,
les viticulteurs trinquent.
Mais pour les couvreurs, c’est la tuile. Certains plombiers prennent carrément la fuite.
Dans l’industrie automobile, les salariés débrayent dans l’espoir que la direction fasse marche arrière.
Chez EDF, les syndicats sont sous tension mais la direction fait mine de ne pas être au courant.
Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare.
Alors que les veilleurs de nuits, eux, vivent au jour le jour.
Pendant que les pédicures travaillent d’arrache-pied,
les croupiers jouent le tout pour le tout,
les dessinateurs font grise mine,
les militaires battent en retraite,
les imprimeurs dépriment.
Et les météorologistes sont en dépression.
Les prostituées se retrouvent à la rue, même les banquiers y perdent au change…
Les curés sont en sinécure… bref nous vivons une période difficile !

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#55 26/03/20 – Macron à Mulhouse : l’hôpital qui se fout de la charité
La politique, cet art du semblant, de la dissimulation – de la com’, pour résumer. Macron hier à Mulhouse, au sommet de l’exercice, sous la forme piteuse d’un inventaire d’autosatisfaction, puisque « le gouvernement est au travail ». Soit, mais quels ouvriers ? De leurs petites mains tremblantes (l’avenir menace), ils bricolent, improvisent, « gèrent » leurs incohérences. Macron, lui, ne manque pas d’air : il promet « un plan massif » pour les hôpitaux après la crise du Covid-19 ! Il aura fallu cette pandémie pour qu’il entende la détresse des hôpitaux français ! Lui qui n’a eu de cesse (même s’il ne fut pas le premier dans le genre) d’imposer des « mesures d’économies » selon le dogme libéraliste du rendement et de la productivité ! Lui qui aura poussé le personnel soignant à une grève de plus d’un an, qui aura conduit à la démission de quelque 1600 chefs de service des hôpitaux refusant la « logique de chef d’entreprise »qui leur était imposée ! Depuis Mulhouse et son hôpital militaire de campagne, voudrait-il nous faire croire, feu Jupiter, qu’il aurait connu là son chemin de Damas ? Et que, urgence oblige, il serait prêt à se convertir à une autre religion, à aborder sur les rives du social (isme?), à risquer l’apostasie ? Quand l’hôpital se fout de la charité, il serait  mieux de se taire.
Je rejoins ici Daniel Schneidermann dans sa chronique du jour, sur le même sujet et à propos de nos gouvernants :

« Tous les deux jours en moyenne, apparaissent les deux dirigeants suprêmes. Ils mentent tous deux, nous le savons, pour cacher la misère scandaleuse de nos stocks,  misère qu’ils ont organisée, eux et tous leurs prédécesseurs, en soumettant l’hôpital aux lois du management. Mais ils ne mentent pas pareil. Le n° 2 du régime ment solide, concret, appliqué, crédible. Il ment comme la droite a toujours menti au peuple. Il ment familier, rassurant. Il fait la part des choses : c’est Pompidou réouvrant la Sorbonne en 68. La surprise, c’est le dirigeant suprême, qui lui n’ose pas nous regarder en face. Il se perd en promesses incompréhensibles. Il court derrière un texte qui fracasse tout son catéchisme antérieur. Il s’épuise en répétitions infructueuses, mais rien à faire, il est toujours à côté. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. En 68, on connait la suite de l’histoire. »

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#54 26/03/20 – Fabriquer son masque
Plutôt que se lamenter sur nos gouvernants : se fabriquer un masque de confinement. On a déjà vu la suggestion de Gian, modèle du pauvre mais imaginatif avec filtre à café et élastique (voir #13). L ’hôpital de Grenoble propose un modèle en tissu, à usage des soignants. Mais rien n’empêche chacun de s’en inspirer. Fiche pratique à télécharger ici : fiche masque

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#53 26/03/20 – D’Épictète – Sur l’isolement
« L’isolement est un état où l’on est privé de secours. Un homme, en effet, par le fait qu’il est seul, n’est pas pour cela isolé, pas plus, du reste, qu’il n’est délivré de l’isolement par le fait qu’il se trouve au milieu d’une foule. »
Épictète, philosophe stoïcien, 50-135 ap. J.-C.

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#52 25/03/20 – Du Canard enchaîné. Confinement allégé pour les banlieues
Voir également ci-dessous #44 : Onfray et les territoires perdus de la République. Et aussi, sur Mediapart, cet article en forme de déni idéologique : « Coronavirus: l’extrême droite cible les quartiers populaires ».

Cliquer pour agrandir.

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#51 25/03/20 – De Gaston Bachelard. Tant pis pour les sans-abris
« Si l’on nous demandait le bienfait le plus précieux de la maison, nous dirions : la maison abrite la rêverie, la maison protège le rêveur, la maison nous permet de rêver en paix. »
G. Bachelard, La Poétique de l’espace (1957)

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#50 25/03/20 – De Jean-François Hérouard. Aux confins des grands auteurs
Imaginez le confinement raconté par les grands auteurs :

Flaubert : raconte l’ennui d’une jeune femme confinée avec son mari.
Balzac : raconte l’histoire de la fabrication du canapé où son héros est assis.
Proust : Son héros tond pendant le confinement. L’odeur de l’herbe coupée lui remémore son passé.
Beckett : Deux hommes attendent la fin du confinement qui n’arrivera jamais.
Ionesco : Le confinement attend la fin de l’homme.
Zola : Raconte avec précision le quotidien d’un ouvrier d’Amazon contraint de travailler.
Maupassant : Son héros confiné, a des hallucinations et devient fou.
Feydeau : Un mari, sa femme et l’amant de celle-ci sont confinés ensemble, des quiproquos en perspective.
Musso : Deux personnes que tout oppose sont confinées dans la même maison. Ils tombent amoureux.
Marguerite Duras : confinée. Se confiner. Je crois que ça va durer 14 jours. Ou peut-être plus. Promener mon chien. Absence de chien. L’attestation était pourtant prête sur la table.
Stephen King: un alcoolique repenti, confiné, est torturé par le fantôme de son frère jumeau mort à 8 ans qui le pousse à tuer sa femme obèse et fanatique religieuse.
Pascal : confiné, l’humain lance une appli de paris en ligne à propos de la date de fin du confinement ou de la date de fin du monde
Kafka : un homme confiné s’ennuie, regarde une mouche courir sur son plafond… À la fin, c’est la mouche qui le regarde, courir sur les murs…
Bukowski : se lève à midi et boit une bière au petit dej avant d’écrire le plus beau poème jamais écrit en se grattant les couilles.
Camus: le confinement ne fait qu’accentuer l’esprit étroit de l’homme et enferme ses questions dans des bocaux sans réponses
Lamartine : « Un seul cas de coronavirus et tout est dépeuplé. »
Pennac : l’adulte confiné retrouve son âme d’enfant et plonge dans des aventures imaginaires.
Houellebecq : Un universitaire se soumet au confinement islamique.
Louis-René des Forêts : On doit confiner un Bavard pour mettre fin à sa logorrhée.
Conrad : Lord Jim confiné à bord d’une épave
Malcolm Lowry : Un vice-consul au Mexique confiné au-dessous du volcan
Dostoïevski : un fou confiné dans un souterrain
Stendhal : un amoureux préfère la cristallisation au confinement
Cervantès : Don Quichotte confiné dans un moulin à vent
Pascal : confiné dans sa chambre
Soljenitsyne : Goulag
Hérouard : fait le con finement

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#49 25/03/20 – De Daniel Schneidermann. Le virus aura-t-il la peau du micro-trottoir?
« Pendant le confinement, le 20 Heures s’accroche à son drapeau, son oriflamme : ses micro-trottoirs aussi vides que les avenues parisiennes. Déjà toxiques pour le téléspectateur en temps ordinaire, les micro-trottoirs – outre qu’ils volent du temps d’antenne aux enquêtes qui seraient nécessaires, sur la pénurie de masques ou l’hécatombe des EHPAD – mettent aujourd’hui en danger les journalistes qui y sont assignés. Mais France 2 désire apparemment nous faire croire que France 2 continue, indemne, avec tout son appareil de micro-trottoirs et de maquilleuses, planant au-dessus de la planète confinée, pour accomplir hors de toute contrainte sa sacro-sainte mission d’informer. » [Arrêt sur images].

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#48 25/03/20 – Le petit machin de Moustapha Dahleb, écrivain tchadien 
Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.
Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, …ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…).
Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak a pris fin).
Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales…).
Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).
Ce que les gilets jaunes et les syndicats  n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).
Soudain, on observe dans le monde occidental : le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.
Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité. […]

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#47 25/03/20 – De Daniel Chaize – L’avenir radieux des drones de virus 
Le 21 mars, jour du printemps naissant, j’écrivais : « Je sens venir le temps où un drone bien équipé se rendra, hélices-volantes, sur le lieu de rendez-vous transmis par smartphone aux rédactions et aux journalistes. ». C’était dans mon article (ici page de publicité, merci Gérard !) « QUAND LES MILITANTS FONT LE (MICRO) TROTTOIR » publié sur danielchaize-infodebat.me. Si j’y reviens, c’est parce qu’il est fort possible que cette image me soit venue suite à la vue, sur Twitter, d’un chien en promenade tenu en laisse… par un drone.

Et si, sur notre planète Covid-19, nous étions à l’aube d’une prolifération dronesque ? En effet, nous pouvons aisément imaginer nos Médor autrement harnachés pour nous aider. Sous le drone, un smartphone en état de marche avec son suivi GPS connecté sur notre ordinateur. Direction chez le marchand de primeur. Fini l’autorisation de déplacement dérogatoire. Arrivée sur place, on téléphone à M. Poireau de chez soi. – Bonjour, c’est moi, M. Suffisant. Regardez l’écran. Le bouledogue là, oui celui avec le nœud papillon, c’est mon Médor. Dans son petit panier, merci de placer deux oranges et des figues sèches. – Vous voulez dire, le petit panier d’osier attaché au collier ? – Exactement ! – Pour le kilo d’Amandine, c’est dans le sac qu’il porte sur le dos. – D’accord. – Bon, je vous paie, maintenant. Regardez, l’application PayPal est en haut à droite de l’écran. Appuyez ! Et comme je vous fais confiance, faîtes le 0007. J’ai pensé à James Bond pour le mot de passe. Cliquez, c’est payé ! – Ah, oui ! Je vous donne le reçu ? Non, surtout pas ! Touchez le moins possible du papier… Au revoir ! – Oui, au revoir… Et Médor revient plus bas du ventre que jamais. Au passage, chez le libraire, il prend le journal (il est habitué) et M. Suffisant, comme d’habitude, lira ses nouvelles toutes fraiches grâce aux babines de son molosse.

Autre avantage du dispositif : saluer le voisinage plus rapidement sans être attardé à tailler le bout de gras. Sans se faire repérer aussi, comme avec la jeune Anglaise en Airbnb forcé qui me demandait la direction du RER. Ç’avait été le caquetage du jour de la mère Tapdur. D’ailleurs, celle-là, grâce au drone bien piloté, elle bénéficie désormais, et systématiquement, de l’arrosage – et plus – de Médor. Là, juste à l’endroit où elle ouvre sa porte. Le bouledogue est petit, oui. Mais je vous assure qu’en matière de vessie et de transit intestinal il peut en remontrer.

Il se peut toutefois qu’à terme, des problèmes apparaissent. Les drones n’ont pas que des hélices, ils ont de l’IA et l’IA, sentant bien que l’intelligence humaine est en berne, se sent pousser des ailes. Et le drone de se dire : « À quoi sert Médor ? À rien, je peux porter le panier tout seul ! » Sale temps pour la gente canine, car le drone ne sait pas où est la SPA. Mais il peut monter très haut les caniches à mémère et les lâcher pour leur dernier grand saut ! Et enfin, le parcours répété mille fois sur le même trottoir pour se farcir une face de Poireau, à force ça devient lassant. Le drone va ressentir sous peu un besoin d’espace plus grand pour échapper au confinement. Bref, ça lui pompe sérieusement les batteries au drone. Alors, bientôt, un petit – non un franc et grand – coup d’hélices bien aiguisées sur la carotide du mâle Satisfaisant… et hop, vive la liberté ! On verra bien comment les médecins feront le lien entre cette blessure saignante et le Covid-19. Et la gueule du reporter qui ne manquera pas le fait divers ! Un gisant allongé sur le lit de sa chambre… jaune.

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#46 23/03/20 – « Les Vilaines Filles » ont noté que même à la Maison blanche, les coiffeurs étant confinés, « …on se débrouille »  

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#45 23/03/20 – Didier Raoult et la peur de la mort 
Dans un livre à paraître cette semaine, le controversé professeur Didier Raoult qui dirige le pôle Infection de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille, à la Timone, développe sont point de vue sur la pandémie en cours. Il détaille son approche en évoquant aussi d’autres maladies dangereuses et à fort potentiel anxiogène, comme le choléra ou le typhus. Les comportements de l’humain face la mort n’ont cessé d’alimenter les réflexions des philosophes autant que des « communs des mortels ». Et bien sûr aussi des médecins comme Didier Raoult. Extraits de son livre :

« La situation des épidémies et pseudo-épidémies actuelles reflète des comportements très profonds chez l’Homme. L’histoire est pleine de peurs de catastrophes naturelles et d’épidémies, et la Bible en donne de nombreux exemples. Devant l’inexplicable, devant la brutalité des phénomènes, les hypothèses étaient à l’époque plutôt religieuses ou basées sur le comportement coupable des Hommes. Plus récemment, Baudrillard, en 1970, nous a très utilement permis de comprendre qu’une part de l’oisiveté se nourrit de la peur de la mort et des catastrophes, tandis que la météorologie (comme renouvellement du culte du Soleil) occupe l’autre partie de notre information passive reçue des médias. La pérennité des comportements religieux et des peurs religieuses, ainsi que de la magie, a été bien rapportée par Mircea Eliade dans son Traité d’histoire des religions qui montre que, sous des formes différentes, les grands thèmes des peurs et des comportements religieux n’ont pas changé. »

Épidémies, vrais dangers et fausses alertes, Didier Raoult, chez Michel Lafon et sur ebook

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#44 23/03/20 – Non-respect du confinement : Michel Onfray s’en prend violemment aux territoires perdus de la République et à l’inaction du gouvernement 

Que le confinement soit purement et simplement violé, méprisé, moqué, ridiculisé dans la centaine des territoires perdus de la République, voilà qui ne pose aucun problème au chef de l’État accessoirement aussi chef des Armées! Il est plus facile de faire verbaliser mon vieil ami qui fait sa balade autour de son pâté de maison avec son épouse d’une amende de deux fois 135 euros que d’appréhender ceux qui, dans certaines banlieues, font des barbecues dans la rue, brisent les pare-brises pour voler les caducées dans les voitures de soignants, organisent ensuite le trafic de matériel médical volé, se font photographier vêtus de combinaison de protection en faisant les doigts d’honneur qui plaisent tant au Président, continuent le business de la drogue, crachent sur la police en disant que le coronavirus est une maladie de blancs et qu’Allah les en protège, tout en interdisant à cette police débordée de porter des masques sous prétexte que ce serait anxiogène alors que la véritable raison est que l’État n’en a pas à distribuer ! Et les territoires perdus de la République, est-ce que ce ne serait pas un peu anxiogène aussi? Pas au point que ce soit un problème si j’ai bien compris…
Or, j’ai bien compris: car Sibeth Ndiaye, jamais en retard d’une saillie politiquement correcte, fait savoir, martiale elle-aussi, concernant cette impossibilité de faire respecter la loi dans les territoires perdus: « je vois bien à quoi ça peut vite mener » (19 mars, RMC/BFMTV)… [Ndlr : voir ci-dessous #37]

Ah bon? A quoi donc? A l’embrasement des quartiers? A un énervement qui pourrait décider certains de ses habitants à descendre dans les arrondissements chics pour y répandre la terreur ? Non non, pas du tout, vous n’y êtes pas. Le risque dans tout ça, c’est… le racisme, bien sûr ! Lisons: « Évidemment (sic) c’est vrai (sic) que dans certains quartiers, il n’y a pas de respects des règles (sic). Mais (sic !) attention, je ne veux pas (sic) qu’on commence à dire que c’est parce que ce sont des banlieues, avec des populations de telle ou telle origine que les gens ne respectent pas les règles ». Ah bon? mais alors pourquoi? On aimerait connaître les véritables raisons. Car si. Evidemment. Si. C’est vrai. Si. Dans certains quartiers. Si. On ne respecte pas les règles. Alors pourquoi? Nous serions nombreux à vouloir savoir ! Car on ne peut se contenter de constater un fait tout en interdisant son commentaire !
[…]
Car, si nous sommes en guerre, et Emmanuel Macron l’a dit, c’est contre le virus et seulement contre lui ! Éventuellement contre un sexagénaire et sa femme qui marchent autour de leur maison aussi, s’il le faut, jugulaire jugulaire. Mais nous ne sommes pas en guerre contre d’autres façons de se rendre dangereux pour le pays. Pas du tout…
Or il en existe une autre : il suffit qu’une centaine de tribus de ces zones perdues refuse le confinement pour que la totalité du confinement ne serve plus à rien pour le reste des Français. Les territoires perdus de la République qui refusent le confinement perdent la République toute entière: ils le savent bien, ils le veulent bien, puisque c’est leur projet…
[…]
Repérer l’ennemi, le dépister, le cibler, le circonscrire, le confiner, l’isoler afin d’épargner les personnes saines: qui dira qu’il n’en va pas là d’une saine méthode pour mener à bien la petite guerre, toutes les petites guerres ?
Michel Onfray

[La totalité de l’article ici.]

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#43 23/03/20 – De Marie Lou Viallat. Ecoute dans l’arbre de la nuit…

Ecoute dans l’arbre de la nuit
le silence du monde
cette « grande cité endormie ».

Un vent étrange a bousculé la terre
devenue trou noir
où dévissent les continents.

Là-bas corps blancs sous le drap nu
l’« odeur de pourriture »
« au petit jour » presque irréelle…

Le temps replie ses ailes et se pose
sur le miroir des eaux
la parole fleurie des arbres.

Chaque jour immobile
dans l’éveil des oiseaux
s’éclaire en nous un lointain intérieur

Et de cette bulle hors du temps
privés des grands espaces
nous inventons la source…
et l’envol.

Marie Lou Viallat, 23 mars 2020 (citations P. Jaccottet)

 

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#42 23/03/20 – La chloroquine. On ne parle que d’elle, on y croit fort 
Angoisse et peur engendrent les croyances, les renforcent, les multiplient. Besoin d’espoir, puis d’espérance, cette forme mystique du désespoir. Chamfort :  « L’espérance n’est qu’un charlatan qui nous trompe sans cesse; et, pour moi, le bonheur n’a commencé que lorsque je l’ai eu perdue (…). (Maximes et pensées.) Et Hugo, dans Quatre-vingt-treize : « ([…] l’espérance […] serait la plus grande des forces humaines si le désespoir n’existait pas. »

Et pourquoi ne pas y croire, à ce médicament, quand rôde le terrible virus ? Pourquoi donc ne pas le prescrire quand on n’a pas d’autre voie possible ? Dans ces interstices d’incertitudes se faufile l’irrationnel, les fantasmes et rumeurs. La chloroquine , ce remède miracle qu’« on » veut nous interdire, tout au moins retarder alors qu’on en est, en France, à près de 1000 morts et plus de 2000 malades en réanimation,.
Une fois de plus le complot pointe son groin et se répand, pire que le virus qui l’inspire. Didier Raoult, ce médecin de Marseille promoteur du traitement à la chloroquine, se voit affublé de l’auréole du martyr, victime du Mal en ses multiples facettes : politiques, pharmaceutiques, médiatiques… Et voilà que Libé publie sa photo en noir et blanc, qui renforce l’allure de mage du professeur incompris.
Il est une autre peste, ordinaire, qui rôde en permanence, avec ou sans virus, depuis la nuit des temps obscurs. Elle propage des insanités les plus malfaisantes. (Exemple avec le hashtag, relent de Gilets jaunes, #IlsSavaient.) Wilhelm Reich en avait isolé la pire variante qu’il dénommait peste émotionnelle, celle qui perturbe, jusqu’à la bloquer, la libre circulation de la vie dans les corps, les têtes, les esprits et génère sa cohorte de femmes et d’hommes cuirassés, interdits d’émotions, d’élans, de générosité. Celle qui ne se dissout pas forcément en conjurant le mauvais sort depuis les balcons avec des salves d’applaudissements.

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#41 23/03/20 – Des médecins de la Timone ( Marseille) – « Nous avons décidé… »  

La file d’attente pour dépistage devant la Timone à Marseille.

Les médecins de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de la Timone, à Marseille, ont publié ce dimanche un communiqué laconique mais ferme :
« Dans le contexte actuel de la propagation de l’épidémie à coronavirus Covid-19 sur le territoire français et dans le monde, conformément au serment d’Hippocrate que nous avons prêté, nous obéissons à notre devoir de médecin. Nous faisons bénéficier à nos patients de la meilleure prise en charge pour le diagnostic et le traitement d’une maladie. Nous respectons les règles de l’art et les données les plus récemment acquises de la science médicale.
« Nous avons décidé :
• Pour les tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d’infection à Covid 19 ;
• Pour tous les patients infectés, dont un grand nombre peu symptomatiques ont des lésions pulmonaires au scanner, de proposer au plus tôt de la maladie, dès le diagnostic un traitement par l’association hydroxychloroquine (200 mg x 3 par jour pour 10 jours) +azithromycine (500 mg le 1er jour puis 250 mg par jour pour 5 jours de plus), dans le cadre des précautions d’usage de cette association (avec notamment un électrocardiogramme à J0 et J2), et hors autorisation de mise sur le marché (AMM). Dans les cas de pneumonie sévère, un antibiotique à large spectre est également associé. »

Avant de conclure, sèchement : « Nous pensons qu’il n’est pas moral que cette association ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection à Covid19 en France. »

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#40 23/03/20 – De Laurent Joffrin, Libération – De l’utilité commune 
« […] Allons plus loin : on oublie d’applaudir aussi certains «derniers de cordée» qui continuent, à leurs risques et périls et pour un maigre salaire, d’assurer les besoins élémentaires de la population : caissières de supermarchés, manutentionnaires et chauffeurs qui acheminent la nourriture, salariés des réseaux d’énergie et de communication qui se rendent au travail pour continuer de fournir lumière, chauffage ou moyens de communication et de transport à la population, policiers qui assurent, souvent sans masques, le respect des règles de confinement, etc., tandis que des traders surpayés continuent de faire fonctionner des bourses de valeurs dont les soubresauts ajoutent au désordre général.
« Qui sont, dans cette circonstance, les premiers de cordée et qui sont les derniers ? L’Evangile, avec une certaine sagesse, avait prévu ce cas de figure dans un aphorisme célèbre : «Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers.» Mais c’est dans le royaume des cieux…
« On peut rapprocher cette réflexion d’un autre texte canonique, la Déclaration des droits de l’homme de 1789, citée explicitement dans le préambule de notre Constitution, notamment dans son article premier : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.»On s’arrête souvent à la première phrase de l’article. La seconde a aussi son importance. A l’époque, il s’agissait de mettre fin à la société à ordres et d’ouvrir à tous les emplois, sans distinction de naissance. Mais on peut aussi la généraliser : si «l’utilité commune» fonde «les distinctions sociales», il faut la définir. En ce moment, cette utilité désigne de toute évidence ceux qu’on vient de citer, soignants ou salariés des «secteurs essentiels». Renversement des valeurs.

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#39 23/03/20 – Marseille. Candidats contaminés   
Plus d’une dizaine de personnes contaminées au Covid-19 dans l’équipe de campagne de Martine Vassal (adoubée par Gaudin) dont la candidate elle-même. Yvon Berland (LREM) est aussi testé positif. Les politiques en campagne ont été surexposés et ont exposé ceux qu’ils rencontraient. De vrais agents de contamination. De quoi faire naître bien des regrets chez les intéressés et de questions a posteriori sur le maintien du premier tour.

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#38 23/03/20 – Les hommes et le pangolin [Fable]

Monseigneur Pangolin des confins de la Chine
Finit par avoir vent des projets des humains.
Les uns vivaient en rois, d’autres courbaient l’échine
Et beaucoup repoussaient les urgences à demain.

On abattait ici les forêts pour de l’huile
Partout les argentiers promenaient leur argent
Aux toits percés de trous on ne changeait de tuile
En cas la gent casquée soignait les divergents.

« Ceux-là n’ont peur de rien » pensait le fourmilier
Les regardant d’abord de loin perdre raison.
Faudra-t-il pour qu’ils voient qu’ils brûlent ma maison
Et la leur et le monde et que nous sommes liés
Les forcer à quelques funèbres oraisons ?
Feindre un fléau furieux qui les tue par milliers ?

Un peu fâché mais très bonhomme
L’animal circonspect ne s’y résolvait pas.
Triste, affamé, défait, en quête d’un repas,
La faim le conduisit à quelques belles pommes
Dont un chasseur malin avait fait ses appâts.

La suite n’est pas de son fait.

Paru dans lundimatin #235, le 23 mars 2020

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#37 22/03/20 – De Sibeth Ndiaye – Casser le thermomètre pour cacher le virus… « Je préfère mettre le holà tout de suite ! », a prévenu ce vendredi matin sur RMC/BFMTV. La porte-parole du gouvernement a fustigé les propos de certains commentateurs face à la difficulté des forces de l’ordre à faire respecter le confinement dans certaines zones sensibles. «Evidemment, c’est vrai que dans certains quartiers, il n’y a pas de respect des règles», a-t-elle reconnu. «Mais attention, je ne veux pas qu’on commence à dire que c’est parce que ce sont des banlieues, avec des populations de telle ou telle origine, que les gens ne respectent pas les règles», a-t-elle martelé. «Je vois bien le relent qui va très, très vite arriver. J’entends les dérapages de certains. Je vois bien à quoi cela peut vite mener», a-t-elle affirmé.
La secrétaire d’État a assuré qu’il n’y avait «pas de moindre respect dans certains endroits que dans certains autres, en fonction de la catégorie sociale ou de l’origine de nos compatriotes». Non, aucun problème de civisme, ni sur le marché de la rue Myrrha, Paris 18e, où les télés nous ont montré les difficultés de la police à faire respecter les consignes… Ni en Seine-Saint-Denis, où ça caillasse la police. Ni à Marseille, quartier Noailles – photos ci-contre, qui ont subrepticement disparu de Facebook. Surtout, ne pas stigmatiser !

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#36 22/03/20 – Cliniques. Pourquoi s’en priver ? Lamine Gharbi, président de la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France, exhorte le gouvernement à réquisitionner les établissements. « Depuis que le gouvernement a activé le stade 3, déclare-t-il, nous sommes en première ligne au même titre que les hôpitaux publics. Aujourd’hui malheureusement, alors que les capacités publiques sont dépassées, les établissements privés restent sous-utilisés. Un grand nombre de nos lits qui ont été libérés restent vides. »

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#35 22/03/20 – De Martial Maurette, photographe Sur son blog, ce Venellois (13770) tient aussi sa chronique du « Con Finement ». Bonnes photos en noir et blanc – c’est sa marque, on ne peut plus appropriée –, notations piquantes. Entre autres >>>

En légende : « Restez chez vous » ou gardez vos distances !

« Putain, Claire Bretecher est morte trop tôt. J’imagine ce qu’elle aurait résumé de l’humain Covid 19.

« Paradoxe : Tant de photographes ont fait leur blé sur le malheur. Là, ils sont dedans, comme chacun. Et interdits de flâner de droite à gauche, sans papiers autorisés. Quoique les expérimentés de guerre sauront s’y débrouiller.

« Bref, je cherche quelle est la liste des “achats de première nécessité”, décidé selon le décret de confinement sanitaire. Y’a un manque, dans les textes !  C’est quoi, les besoins de première nécessité ? Par exemple, j’ai trouvé :
kits de première nécessité (Dans un colis alimentaire pour 5 personnes, manque nombre de jours rationnés) :2x paquets de céréales / 2x paquets de gâteaux secs / 1 kg de Lait en poudre pour bébé / 3 kg de lait sucré concentré /2 kg de sucre / 2 kg de pâtes/ 2 kg de riz / 2kg de semoule / 1kg de légumes sec / 2 kg de farine / 3 conserves de légumes / 4 conserves de viandes / 8 conserves de poissons / 2x 1L d’huile.

« Ave, morituri te salutant  (Je ne sais pas non plus pourquoi ça vient là ?) »

• Je commente la citation latine « venue là » avec ses causes… Sans doute qu’une odeur de mort flotte dans l’air comme dans nos inconscients… Nous serions de ces gladiateurs « innocents », tournés vers l’inconnu du lendemain. C’est à cet inconnu qu’ils s’adressent, non plus à César. « …Ceux qui vont mourir te saluent … »

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#34 22/03/20 – Vers une atomatisation généralisée  « La gestion de la crise du coronavirus révèle des projets de restructuration économique, de réorganisation sociétale, élaborés de longue date. Se dévoilent les alternatives programmées, les robotisations fantasmées, les remodelages des services publics, les virtualisations abstractives, la dislocation des sociabilités dans l’atomatisation généralisée. Les écoles se dissolvent subrepticement dans les plateformes en ligne. Le président : « Je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance. Nous avons beaucoup développé le télétravail. Il faut l’intensifier au maximum ». Un vieux rêve technocratique. Le télétravail […] est perçu par le gouvernement français, dès les années soixante-dix, comme une méthode d’aménagement du territoire. Le juste-à-temps, ou flux tendu, issu du toyotisme, promu par le rapport Martin Bangemann (1994) et la Commission européenne, utilise l’ordinateur personnel comme outil d’externalisation, de délocalisation, de précarisation de l’emploi. L’ordonnance du 24 septembre 2017, dont la paternité revient au président, définit comme télétravail « toute forme d’organisation dans laquelle un travail, qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur, est effectué par un salarié hors de ces locaux, de façon volontaire, en utilisant les technologies de l’information et de la communication ». Un simple accord épistolaire ou verbal suffit. Aucun avenant au contrat de travail n’est exigé. L’accord de l’employé n’est pas requis dans les circonstances exceptionnelles d’épidémie et de force majeure. L’inviolable « continuité de l’activité de l’entreprise » permet toutes les dérogations. Le tiers des salariés français du privé ont été placés en télétravail pendant les mouvements sociaux contre la réforme des retraites. Ainsi se réalise l’intangible désirabilité patronale dans la flexibilisation des ressources humaines, l’augmentation de la productivité, la réduction des investissements, des coûts et des frais généraux, l’optimisation des profits. La logistique s’y prête. Trente millions des foyers français sont pourvus d’un Internet fixe haut débit (ADSL) ou très haut débit (fibre ou 4G). Le paradigme néolibéral instrumentalise la révolution numérique, les technologies de l’information et de la communication, pour cognitiver la machine et déshumaniser l’humain. Le brouillage du temps personnel et du temps professionnel se traduit par des pratiques internétiques addictives et des comportements autistes. Des mutualisations anciennes disparaissent. Des pathologies psychiques inédites apparaissent. » Mustapha Saha, sociologue, poète, artiste peintre.

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#33 21/03/20 – Maintenant ou jamais, de Fred Vargas Vidéo de 2008, et ça s’est aggravé depuis ! « Franchement, on se sera bien marré ! »…

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#32 21/03/20 – De Binoit. Ils avancent masqués…  Edouard Philippe a indiqué ce samedi que « 40 prototypes » de masques étaient actuellement « en cours de test » afin d’augmenter les capacités de production, en pleine polémique sur les stocks et approvisionnements de ces protections contre le coronavirus.
Hallucinant ! On en est encore aux tests alors qu’on en était fabricants… « autrefois ! jadis ! »
Comme pour les médicaments prometteurs, les puristes que ça chagrine vont vouloir nous faire attendre … le temps que leur truc soit au point et ne leur fasse pas trop d’ombre.
Ça me rappelle cette histoire de la 2CV en Afrique, « autrefois »  aussi … :
Des types voyageant en brousse en 2CV s’étaient trouvés en panne de lubrifiant pour le moteur. Heureusement, ils avaient des bananes. Bien malaxées et réduites en mélasse, elles leur ont permis de faire le long trajet restant. Mais il est vrai que c’était encore la 2CV, une voiture dont on pouvait « s’approprier » un peu de technologie.
Moralité, dans l’urgence, on fait avec les moyens du bord, n’en déplaise aux spécialistes qui s’appuient sur un académisme mortifère («  le patient est mort mais le protocole – l’opération – a été sauve » ). Mais pas de panique ! Le ministre de la Santé a annoncé, lors d’un point presse ce samedi 21 mars, la commande de « 250 millions de masques », livrés « progressivement », pour faire face à la pénurie actuelle. Pour la livraison, on va étudier des prototypes genre Delivero, avec pizzas incorporées.

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Question « subsidiaire » et très actuelle : L’individu vaut-il plus que la société ? – et vice versa  

#31 20/03/20 – De Gérard Ponthieu  Boris Johnson, le premier ministre britannique, est revenu sur ses positions face à la pandémie, décrétant désormais des mesures de confinement. Sans doute pour deux raisons essentielles : les probables ravages que le virus va provoquer en Grande-Bretagne et, en même temps, ce que ces ravages vont révéler quant au délabrement de tout le système de santé britannique (remontant notamment à la gouvernance Thatcher déchaînant le « tout libéral ».)

Relevons cependant que le pari, a priori aussi farfelu que dramatique, misant sur l’« immunité collective » des Britanniques n’était pas sans fondement. Il s’agissait en effet de s’en remettre à l’« immunité du troupeau » [« herd immunity »]. D’une certaine manière, Johnson pouvait se référer à son illustre compatriote, Charles Darwin qui, en effet, dans ses travaux sur l’évolution des espèces avait décrit le processus de sélection naturelle opérant à la faveur des plus aptes à s’adapter aux conditions de vie. L’interprétation restrictive et orientée de cette « théorie » avait conduit le contemporain de Darwin – et au corps défendant de celui-ci –, Herbert Spencer à tirer ses conclusions sur le « darwinisme social » qui, à son tour, inspira tout le courant libéral et ultra-libéral, modèle aujourd’hui dominant largement les idéologies mondialistes, dont nous avons aussi hérité par la « grâce » de nos modernes politiciens de droite comme de gauche. « À toute chose malheur étant bon », comme prétend le proverbe, il n’est pas exclu – ni assuré ! – que ces dogmes libéralistes soient revus provisoirement à la baisse à l’issue de la pandémie, et en attendant la suivante.

Si Darwin avait bien mis en lumière les processus de sélection naturelle – c’est-à-dire sans cause humaine et sociale, ce fut aussi, par la suite de ses travaux, pour en démontrer le bien fondé et la nécessité dans l’évolution « politique » – ces guillemets pour éviter tout anachronisme, Darwin n’utilisant ni le terme ni même la chose… Mais ce ne fut que pour mieux mettre en évidence le processus d’entraide qu’il dégagea de ses observations du monde animal pour les projeter dans la société des hommes : tel est bien, en effet, le propos de l’ouvrage de Darwin, moins connu que L’Origine des espèces (1859) : La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe (1871). Comme le montre le très darwinien Patrick Tort, il s’agit, pour Darwin, « d’expliquer, par la seule dynamique d’avantages sélectionnés et transmis, l’accession de l’Homme à sa position d’éminence évolutive, représentée par l’état de « civilisation », lequel manifestement contrarie en son sein le mouvement d’élimination des moins aptes impliqué dans la sélection naturelle, pour y substituer des institutions protectrices, une éducation altruiste et une morale de la bienveillance, du secours et de la sympathie. »  Ce qui, en effet, nous éloigne des considérations de Boris Johnson et de son « troupeau ».

Cependant… Cependant, oui, j’ai été pour le moins surpris lors de la rediffusion il y a quelques jours d’un entretien radiophonique avec l’anthropologue Francoise Héritier égrenant ses souvenirs, et celui-ci en particulier :

« Une grande famine frappait l’Afrique de l’ouest. On [Ndlr : le groupe d’ethnologues dont elle faisait partie.] essayait d’envoyer de l’argent dans certains villages qu’on connaissait pour qu’ils puissent s’acheter du riz, du mil… On faisait des collectes. Michel Izard était allé demander à Claude Lévi-Strauss sa participation. Il avait refusé en lui disant : “L’important n’est pas de sauver cet homme-là ou cette femme-là, l’important, c’est de décrire leur culture.” On avait pris ça, vraiment, très très mal. Il avait sans doute raison de dire que la société vaut plus que l’individu. C’est une discussion toujours en question. Claude Lévi-Strauss faisait primer la société – l’individu n’a pas d’importance. Là, on était quand même dans une extrémité, car il y avait mort d’hommes. » [France Inter, Boomerang, 23 octobre 2017. Françoise Héritier est morte 15 novembre suivant…. ]

« C’est une discussion toujours en question », disait donc Françoise Héritier, nous ramenant à cette actualité qu’elle n’aura pas connue, illustrée dramatiquement à l’occasion de cette pandémie du coronavirus. Devant l’impéritie des moyens hospitaliers face aux ravages de l’épidémie, le personnel soignant se voit en effet contraint de prendre des décisions relevant, en quelque sorte, de celle décrite pas Françoise Héritier sur la famine en Afrique et la position radicale de Claude Lévi-Strauss. À savoir : laisser mourir des malades âgés pour se consacrer aux plus jeunes qui ont de meilleures chances de survie. C’est-à-dire de préserver, non seulement la société, mais l’espèce, en l’occurrence l’espèce humaine. Dura lex, sed lex !

Je ne peux m’empêcher d’établir ici un parallèle entre cette situation nouvelle relevant de la maladie et de la santé avec la crise écologique, climatique et d’abord anthropologique, non encore ressentie par l’ensemble des Terriens comme une autre forme de pandémie menaçant, non pas « la planète » comme nous le ressassent en bêlant les imprécateurs en vogue, mais bien l’humanité entière.

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#30 20/03/20 – Costa débarque 640 croisiéristes à Marseille dont des cas symptômatiques au covid-19  La compagnie de croisière Costa débarque depuis jeudi des passagers de son paquebot Costa Luminosa à Marseille. Progressivement, près de 640 croisiéristes mettront pied à terre, après avoir patienté dans la rade. Certains, qui présentent les symptômes du coronavirus, doivent être testés avant leur descente du bateau. L’un des passagers a déjà été transféré à la Timone. Des membres de l’équipage et des passagers de ce navire ont déjà été diagnostiqués positifs au virus. Ils ont quitté le navire lors d’escales précédentes.
La durée de l’opération à Marseille n’est pas encore connue. Le Costa luminosa compte à son bord 1420 personnes. Un autre bateau de la compagnie est actuellement amarré à Marseille avec des passagers.

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#29 20/03/20 – Comme en 14 (ou en 40)  Tous aux abris ! avec Charlie Hebdo entré en résistance papier (papier-journal, pas PQ).

Vous ne trouvez pas Charlie chez votre marchand de journaux ou celui-ci est fermé, vous pouvez acheter l’édition numérique sur notre boutique en ligne abo.charliehebdo.fr

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#28 20/03/20 – Revenons aux fondamentaux  « Les partisans de la décroissance n’ont pas de sympathie particulière pour les virus mais ils trouvent dans le Covid-19 un parfait repoussoir de la mondialisation. » : « En prospérant sur tous les continents, le minuscule coronavirus sort le débat de la sphère strictement technique. Comme le grain de sable capable de gripper toute la machine, il invite à repenser les politiques de production, notamment dans le textile. De même qu’on scrute le virus au microscope, il est temps de mesurer les absurdités de la consommation à outrance, bien trop favorable aux objets superflus et aux biens inutiles. »
Dominique Jung, éditorialiste des Dernières Nouvelles d’Alsace, 6 mars 2020.

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#27 20/03/20 – Retour de l’obscurité. L’Église pardonne les péchés des croyants touchés par le coronavirus  L’Église catholique a décidé d’accorder vendredi, sous certaines conditions, «l’indulgence plénière», ou pardon des péchés, aux croyants frappés par la pandémie du coronavirus, qu’ils soient à l’hôpital ou à leur domicile.
Selon un décret rendu public vendredi 20 mars par l’un des tribunaux du Vatican, le pardon concerne aussi d’autres fidèles catholiques: les professionnels de la santé et les proches soignant les malades infectés par le nouveau coronavirus et s’exposant ainsi au risque de contagion, ainsi que les personnes priant suffisamment pour les patients et la fin de la pandémie.
Pour bénéficier de ces indulgences, les malades devront participer à un certain nombre de célébrations retransmises à distance ou d’autres formes de dévotion, en ayant aussi «un esprit détaché de tout péché», stipule la pénitencerie apostolique. Enfin, l’Église accorde le pardon aux fidèles catholiques sur le point de mourir, à condition qu’ils y soient disposés et qu’ils aient récité «régulièrement quelques prières durant leur vie».
Dans une note supplémentaire, le Saint-Siège a par ailleurs indiqué que l’absolution des péchés pourra être faite de manière «collective» et «sans confession individuelle préalable», dans les territoires actuellement les plus sévèrement touchés par la pandémie de maladie liée au nouveau coronavirus.
L’Eglise donne pour cela quelques conseils pratiques. Une absolution collective se fera par exemple à l’entrée des services hospitaliers où se trouvent des patients en danger de mort, en utilisant un haut-parleur pour se faire entendre. Et si le prêtre doit s’approcher de plusieurs fidèles, il devra choisir un endroit aéré et se munir de masques de protection.
Avec Le Figaro, l’AFP et D. Chaize, envoyé spécial permanent auprès du Saint-Siège.

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#26 20/03/20 – De Mélenchon, qui ose tout  :  Pointant d’un doigt méchant l’absence de Marine Le Pen à l’Assemblée, l’insoumis en chef gratifie son homologue du RN de «Madame j’ai-la-trouille». Laquelle, ayant préféré se confiner «par précaution», affirme, elle, qu’elle «protège les autres» et renvoie Mélenchon à sa «haine». Ses députés n’étant pas assez nombreux pour former un groupe (le seuil étant de quinze élus), si Marine Le Pen avait siégé à l’Assemblée, elle n’aurait donc pas eu la parole… Oui mais, pour le symbole ! soulignent les Insoumis auxquels Le Pen réplique sur Twitter : «Il est malheureux que votre haine vous pousse à une telle bassesse. Je protège les autres, “les gens” comme vous dites, et quand on a été plusieurs fois en contact avec des malades du Covid 19, c’est le B-A BA lorsqu’on est responsable». Avant de conclure : «Avec vous, le pire est toujours sûr…»

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#25 20/03/20 – De Camus encore. «  Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme. »  « Le mot de « peste » venait d’être prononcé pour la première fois. A ce point du récit qui laisse Bernard Rieux derrière sa fenêtre, on permettra au narrateur de justifier l’incertitude et la surprise du docteur, puisque, avec des nuances, sa réaction fut celle de la plupart de nos concitoyens. Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus. Le docteur Rieux était dépourvu, comme l’étaient nos concitoyens, et c’est ainsi qu’il faut comprendre ses hésitations. C’est ainsi qu’il faut comprendre aussi qu’il fut partagé entre l’inquiétude et la confiance. Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c’est trop bête. » Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l’empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi. Nos concitoyens à cet égard étaient comme tout le monde, ils pensaient à eux-mêmes, autrement dit ils étaient humanistes : ils ne croyaient pas aux fléaux. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent, et les humanistes en premier lieu, parce qu’ils n’ont pas pris leurs précautions. Nos concitoyens n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes, voilà tout, et ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait que les fléaux étaient impossibles. Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux. »

La Peste, Gallimard, 1947.

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#24 19/03/20 – Fous, ces british ! Face au Covid-19, le gouvernement de Boris Johnson ne prend à l’heure actuelle aucune mesure de confinement, misant sur l’“immunité collective” des Britanniques. Bojo-le-clown préfére s’en remettre à l’« immunité du troupeau » [« herd immunity »]. Va-t-il aussi le mener à l’abattoir ?

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#23 19/03/20 – De Julian Baggini, philosophe anglais.   « Beaucoup de gens prétendent que la philosophie rend heureux, aide à surmonter les épreuves, mais vraiment, je suis très sceptique à ce sujet. Souvent, la philosophie vous déstabilise ; les livres des grands penseurs – des existentialistes français, par exemple – ébranlent vos convictions et vous jettent dans l’inconfort moral. La manière dont nous réagissons aux événements est liée à nos dispositions les plus fondamentales. Certaines personnes ont une bonne nature, d’autres sont anxieuses. Ces choses-là ne se modifient pas facilement. Cependant, la philosophie a quand même un bienfait : elle permet d’accéder à une compréhension claire de ce que nous vivons, sans se laisser emporter par des affects envahissants ni par l’irrationnel. Si je voulais être simpliste et résumer ce qui me paraît le plus important à savoir pour vivre bien, je dirais : l’essentiel est d’accepter la contingence profonde de la condition humaine et le caractère éphémère de la vie. »
Entretien avec Alexandre Lacroix dans Philosophie Magazine, Carnets de la drôle de guerre.

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#22 19/03/20 – Cuisine virucide  Excellent comestible, l’ognon (depuis la réforme de 1990) devrait revenir en force dans vos cuisines, surtout sous sa forme rouge. Il contient jusqu’à 200 mg/kg de quercétine ( ou quercétol), un puissant anti-oxydant qui contre préférentiellement les pathologies inflammatoires des poumons, suivez mon regard… Les couches extérieures du bulbe contiennent plus de principe actif que le coeur. Soupe, tarte certes (pas de cuisson trop chaude ou prolongée), mais aussi cru, car il n’est pas trop fort. Les câpres, le piment fort, le chocolat noir contiennent respectivement jusqu’à 1800, 500 et 250 mg/kg de quercétol.
Don’t forget : l’ognon fait la force ! (Merci à Alain pour le tuyau.)

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#21 19/03/20 – Les charognards à la manœuvre !  Hier soir, j’ai reçu ce courriel particulièrement infâme. [cliquer dessus].



Qu’on tente de nous arnaquer avec un smartphone de compétition en appât, bon… Mais là, on atteint des sommets d’ignominie. Le pire est que, pariant sur l’incrédulité statistique, ça finira par payer. Comme pour les vols de masques, le trafic de gel désinfectant. Drôle d’engeance que ces infects.

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#20 19/03/20 – Les plus virulents. Le virus du complot se porte au mieux. Une nouvelle « théorie » circule massivement, affirmant que le coronavirus a été inventé… par l’institut Pasteur. À la base, une vidéo longue de plus de 20 minutes, postée initialement sur Facebook mardi après-midi et échangée sur les réseaux dits sociaux. Un blaireau anonyme [photo] y explique que « l’heure est grave », que les pouvoirs publics mentent à propos du Covid-19, un virus créé « en laboratoire » et « breveté » en vue d’une « attaque bio-chimique », « créée par les Français et l’Institut Pasteur », en coordination avec les Chinois… Cette vidéo a été partagée et vue des dizaines de milliers de fois ! Comme quoi, confinement ou pas, de tels virus s’avèrent bien les plus virulents.

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#19 19/03/20 – De la droite pas correcte. « Parce que L’Incorrect est à son corps défendant la pointe en tungstène de la Startup-nation, parce qu’un virus pangolino-communiste n’est rien à côté du lobby LGBT, des islamistes, et des mangeurs de steaks végétaux, parce que l’âme de l’Europe c’est l’esprit d’aventure, parce que si nous étions des Montaigne vous seriez La Boétie, nous vous concocterons quotidiennement une lettre : L’Incoronavirus ! » Mais qu’ils sont fin lettrés ces néo Barrès, Bloy, Maurras ! À corps défendant veulent-ils être en décrétant qu’« un virus pangolino-communiste n’est rien »… Pourvu que leurs corps entrent bien en résistance.

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#18 18/03/20 – Mon ami Daniel, de Venelles, me demande  : « Tu ne nous dis pas comment tu organises tes journées ? Promenade autour du Vieux-Port ? ou prières à ND de la Garde ? » Ni l’un, ni l’autre moins encore… D’autant que j’ai émigré pour partie dans les quartiers nord, à Saint-Antoine (XVe)… Que je raconte un peu, donc : hier matin, avant le couvre-feu de midi…, dernière promenade avec ma compagne et le chien dans les hauteurs de La Mûre. Collines en folie printanière : iris à foison, jaunes ou violets surtout ; des narcisses et des cistes, mes préférées. [Photo offerte]. Retour dans un quasi désert. Du silence aussi. Mais pas de quoi m’ennuyer le moins du monde – de ce monde qui va si mal, mais qui va, et nous avec. Hier soir, rôdant dans la nuit, sans ausweis…, j’ai poussé jusqu’à un pont au-dessus de l’autoroute A7, probablement une des plus chargées du pays, en tout cas de Provence. Eh bien ! Là, au lieu du flux ininterrompu, un quasi désert… Juste quelques camions et bagnoles épars, dans les deux sens. [Photo – cliquer pour agrandir : au fond l’hôpital Nord et une ambulance ou une voiture de police.] Aujourd’hui, petite virée dans le centre de ce qui fut jadis un village – désormais avenue halal, hors pharmacies et banques. Un kebab est resté ouvert, avec ses clients agglutinés sur le trottoir… Des concitoyens ?… Je songe à Kropotkine et à ses considérations sur l’entraide, notion qu’il tira notamment de Darwin et de ses observations sur le monde animal. Tous les politiques, et même politiciens, s’y sont rangés. Mobilisation générale. Sauf que les déserteurs du moment – bravaches ou négationnistes – ne le sont que par connerie ou inconscience, ce qui revient au même. Ça sera tout pour aujourd’hui ; on a du temps devant nous.

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#16 18/03/20 – Du philosophe Marcel Gauchet. L’auteur du Désenchantement du monde et de L’Avènement de la démocratie, analyste de l’évolution des démocraties, voit dans le confinement un « moment de vérité » et de « réveil politique » qui révèle l’intrication de nos vies individuelles avec celle du collectif. Mais il est aussi très remonté contre la manière dont le gouvernement a géré cette crise, s’abritant derrière l’autorité de la science sans livrer aux citoyens les données scientifiques qui ont fondé les choix stratégiques qui ont été faits. Enfin, devant l’ampleur des conséquences sur l’économie mondiale, il n’hésite pas à affirmer : « C’est la fin de la mondialisation libérale ». Entretien dans Philosophie magazine.

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#15 18/03/20 – De « Libération »  « Le journalisme est aussi un devoir civique. L’épreuve que nous traversons est inédite : le besoin d’information, d’analyses et de points de vue se fait sentir d’autant plus. Respectant les consignes sanitaires données par les pouvoirs publics, toute la rédaction de Libération est mobilisée pour suivre le développement de la crise sanitaire et vous accompagner au quotidien.Dans ce contexte, nous avons décidé de donner, à toutes et à tous, un libre accès aux principaux articles que nous consacrons au coronavirus. »

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#14 18/03/20 – De 30 millions d’amis  Les refuges qui recueillent les animaux de compagnie en France craignent une recrudescence d’abandons de chiens et de chats, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19. Les experts contactés par 30 millionsdamis.fr ainsi que le ministère des Solidarités et de la Santé se veulent pourtant rassurants : à ce jour, il n’y a aucune preuve de transmission du virus de l’animal de compagnie vers l’humain.

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#13 18/03/20 – De Gian – Brico-filtre  Si les rouleaux de PQ ont été pillés en prévision des cacas nerveux dus à l’angoisse, il reste en rayon des paquets de filtres à café N° 4 ; il y a aussi des filtres en lin réutilisables après un bain javellisé.
Un filtre/3 heures, plaqué sur le museau avec un grand bracelet élastique (réalisable avec plusieurs petits ajoutés bout à bout en cercle) : de quoi pallier les défauts d’approvisionnement et d’avoir, sans user de compétences couturières, un dispositif de protection de qualité filtrante respectueuse des normes AFNOR (et même supérieure, eu égard à ce que la souplesse du filtre amène à le plaquer sur les joues, évitant de choquantes entrées pathogènes aléatoires par les ouïes latérales qui se forment avec des filtres ordinaires…).
Entraînement conseillé pour doser la tension de l’élastique : ni trop, ni trop peu, il faut pouvoir respirer normalement.
Après usage respiratoire, le filtre possiblement contaminé peut être recyclé pour faire du café, le covid-19 ne résistant pas à t > 60°. Et d’ailleurs, une fois débarrassé du marc et séché, il peut servir une nouvelle fois comme masque puisqu’il aura été désinfecté grâce à l’eau bouillante. On fait pas plus économique ou écolo.
Quant à la “judiciosité” de l’emploi du masque, en général, je vous laisse juge : le Pr X dit que c’est utile, le Pr Y que ça sert à rien (sauf si vous êtes malade). Il est vrai que la médecine n’est pas une science exacte, mais un art…
Breathe! Breathe ! Breathe ! comme le dit le message d’urgence/détresse sur Raynair…

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#12  18/03/20 – De Daniel Chaize.Vos papiers ! Jamais le sonore « Vos papiers ! » ne sonnera avec autant de justesse venant d’un représentant des Forces de l’Ordre (FDO)… car c’est comme ça qu’on dit maintenant. Bref. Donc, le ministère de l’Intérieur nous ayant donné son imprimatur, j’ai « renseigné » (car c’est comme ça qu’on dit aussi désormais) les champs du formulaire téléchargeable un peu partout. Sur le site du ministère bien sûr et sur de nombreux sites de presse.
J’ai tout bien fait, y compris en ajoutant l’image de ma signature dûment scannée. Parfait ? Et bien, non ! Car je n’ai pas d’imprimante (marre d’avoir de l’encre séchée et chère), d’autant que j’ai tout prêt de chez moi un très sympathique commerçant qui a de nombreuses machines professionnelles en ligne prêtes à affronter tous les fronts où l’attaque de porteurs de clé USB comme moi est absorbée et digérée en quelques secondes. Moyennant de bien modestes centimes d’euros. Mais voilà, ce commerce, contrairement au vocabulaire que j’ai choisi, n’est pas de bouche. Fermé le gars ! Ses Canon, pourtant si bien nommées, sont en rade…
Vous l’avez compris, je suis passé en mode ancien. Papier et écriture en gros pour que mon passe-marché soit lu de loin (plus de deux mètres) par la maréchaussée. Il faut toujours garder ses distances avec les autorités. Par politesse et protection. Outillage classique : feutre noir Pentel, modèle Sign Pen (je l’utilise depuis plus de quarante ans) avec de grands espaces entre les lignes. Comme quand je lisais mes papiers à la radio, des lignes bien espacées et de gros caractères. Un gros caractère, ça ne fait jamais de mal.
Je crois que je suis paré.
Pour ma marche de l’après-midi au Bois de Vincennes, je ferai de nouveau mon gratte-papier. J’ai bien imprimé que le geste, c’est pas fini demain la veille.

À MOINS QUE ! En effet, puisque l’on peut, on l’a vu plus haut, placer sa signature dans le pdf de Beauvau, je me le suis envoyé sur mon smartphone. Parfaitement « renseigné ». On ne peut pas mieux faire pour satisfaire Castaner. Et j’ai bien l’intention, même s’ils ne s’adressent pas à moi, de m’adresser aux policiers que j’espère bien rencontrer. Pour leur demander, puisque j’ai bien sûr mes papiers en règle, si ce pdf honnête ne pourrait pas faire office de laisser-passer.

Je ne garantis pas le succès de l’opération, mais elle m’éviterait d’épuiser rapidos ma rame de papier déjà bien entamée. Là j’ai manqué d’anticipation. Je vous tiendrai au courant.

Nihil obstat ! qu’il disait le supérieur canonique après rapport favorable aux permissions d’imprimer. Vous avez bien noté « canonique ». En guerre, déjà !

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#11 18/03/20 – De Nadou.Réponse à Gian Je suis bien d’accord avec ton analyse et les questions qu’elle pose.
La condition humaine et sa précarité.
La mort programmée en ayant vu le jour.
Pour ma part, j’ai bien vécu, la vie m’a plu.
Je la trouve magnifique .
Pour ceux qui sont en pleine vie (c’est si court) je souhaite après ce bouleversement un appel de la forêt, de la vraie nature, un réel feu de joie des billets de banque et peut-être aussi des ultra riches.
Un appel à l’amour notre seul dieu et paradis.
Mais c’est encore de l’utopie .
Beaucoup de gens vont mourir de ce virus. Vais-je en mourir moi-même ou ceux que nous aimons vont-ils mourir aussi ?
Les liens que nous tissons, nos pensées volant plus vite que la lumière, faisant fi des distances, vont-ils disparaître aussi ?
Mon cher Gian , j’espère que tu te confines aussi, car ton esprit intelligent et curieux nous est précieux.
Et d’après tout ce qu’on dit nous sommes les plus vulnérables…
Bises.

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#10 18/03/20 – De Gian.Exogène ? Changement de paradigme ? Fin du “combien ça coûte” et début du “coûte que coûte” ? Plutôt la santé que le profit ? Mobilisation générale et confinement pour tous, qu’a dit le Macron.
Que parier ? Que ça va changer ou que, la pandémie passée, ce sera le retour au statu quo ante, comme après le krach de 2008 ?
Et que penser du déluge médiatique qui ne conçoit que la thèse “exogène” de la contagion mécanique – le méchant virus vient ensemencer des corps innocents – et ne dit rien de l’hypothèse “endogène” de ces mêmes corps salement pollués et hautement stressés, dont des cellules dégénèreraient en agents pathogènes ?
Vos avis ?

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#9 18/03/20 – De « Orange » […] Pour vous accompagner dans cette période, vous permettre de passer néanmoins de bons moments en famille et de distraire vos enfants, Orange offrira la diffusion en clair à tous les clients de la TV d’Orange via leur décodeur, du 17 au 31 mars 2020, des 4 chaînes OCS et 5 chaînes jeunesse.

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#8 18/03/20 – De Daniel Chaize -Embrassons-nous follement!

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#7 18/03/20 – De Martial Maurette (Venelles – 13).
Con Finement, 1er jour…
1er mail du matin : mon embrayage, à réparer non garanti, va me couter 1500 €, mais le garage ferme jusqu’à nouvel ordre, tout en gardant aimablement ma voiture. Galère de l’assistance, qui a écourté le prêt d’un véhicule en m’obligeant à le rendre avant terme. Du coup, je suis à pied. Mais « Chez moi ! »
Et j’apprends, grâce au taxi terriblement sympathique et bavard :
Qu’il y en a au moins pour six mois.
Que non, je n’ai pas le droit de monter à la Sainte-Victoire pour me promener, seul.
Que non, pas de dérogation pour les photographes, filmeurs ou journalistes. On « reste chez soi ». (Ça va être créatif, l’info…)
Que je suis fou, de n’avoir pas au minimum, un mois de réserves alimentaires et quotidiennes, de première nécessité.
Qu’il a engueulé sa belle-sœur, pour la même raison.
Que c’est la guerre, mais oui. Il le répète x fois, comme Macron.
Que les prix vont tripler, car les grandes surfaces (commerces autorisés) restreignent leurs débits et gardent leurs stocks.
Que les Drive qui ne fonctionnent pas, c’est fait exprès.
Que les taxis vont surtout rouler pour les personnels médicaux et les malades. Mais …sans masques.
Qu’il y a plein de films à la télé et sur internet. Et Canal + en clair.
Qu’il y aura au moins un décès par famille. Puis que 60% seront malades et 10% des 60, mourront…
Qu’il y a cinq mois que ça a commencé en Chine et que ce n’est pas fini. Alors comme les chinois savent bien mieux juguler ce genre de problèmes, nous, français, on va morfler.
Qu’on vivait au Paradis et qu’on va rien comprendre à l’enfer à venir.
– Bon, bin on est arrivé. Bonne journée, Monsieur !
– Merci. Bonne chance à vous.
Martial Maurette Photographe

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#6 De Laurence Ponthieu. 17/03/20. Ah, ça fait tellement de bien de te re-lire !!
Quelle belle initiative salutaire, d’utilité hautement publique !

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#5 17/03/20 – Vivement le Covid 20 ! En effet, si le 19 venait à muter et à se transformer en Connardovirus, nous pourrions être débarrassés, au moins en partie, de cette masse de connards qui se croient au-dessus de la pandémie. J’en voyais encore ce matin (Marseille, Saint-Antoine…) qui s’embrassaient ostensiblement en pleine rue, jouant les matamores à deux neurones. Tandis qu’au petit supermarché du coin, d’autres s’agglutinaient aux caisses sans le moindre espace de précaution ! Oui, on pourrait alors imaginer un vrai grand débarras, vu qu’un vaccin contre la connerie, ce n’est pas pour demain la veille. gp

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#4 17/03/20 – La Peste, Albert Camus, éd. Gallimard, 1947.
« Il fallut le grand duo d’Orphée et d’Eurydice au troisième acte (c’était le moment où Eurydice échappait à son amant) pour qu’une certaine surprise courût dans la salle. Et comme si le chanteur n’avait attendu que ce mouvement du public, ou, plus certainement encore, comme si la rumeur venue du parterre l’avait confirmé dans ce qu’il ressentait, il choisit ce moment pour avancer vers la rampe d’une façon grotesque, bras et jambes écartés dans son costume à l’antique, et pour s’écrouler au milieu des bergeries du décor qui n’avaient jamais cessé d’être anachroniques mais qui, aux yeux des spectateurs, le devinrent pour la première fois, et de terrible façon. Car, dans le même temps, l’orchestre se tut, les gens du parterre se levèrent et commencèrent lentement à évacuer la salle, d’abord en silence comme on sort d’une église, le service fini, ou d’une chambre mortuaire après une visite, les femmes rassemblant leurs jupes et sortant tête baissée, les hommes guidant leurs compagnes par le coude et leur évitant le heurt des strapontins. Mais, peu à peu, le mouvement se précipita, le chuchotement devint exclamation et la foule afflua vers les sorties et s’y pressa, pour finir par s’y bousculer en criant. Couard et Tarrou, qui s’étaient seulement levés, restaient seuls en face d’une des images de ce qui était leur vie d’alors : la peste sur la scène sous l’aspect d’un histrion désarticulé et, dans la salle, tout un luxe devenu inutile sous la forme d’éventails oubliés et de dentelles traînant sur le rouge des fauteuils. »

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#3 16/03/20 – Giono, Le foulard de Smyrne – Scénario, commentaire et voix de Jean Giono. Réalisateur: François Villiers. Ce court métrage de 12 mn sorti en 1958, retrace la marche du choléra en Provence. Au cours de cette pandémie qui toucha la France en 1832, un colporteur se déplace sous un parapluie et propage l’épidémie en faisant commerce de pièces de tissu en soie importées de Smyrne.
Giono reviendra sur ce thème avec Le Hussard sur le toit, également adapté au cinéma par Jean-Paul Rappeneau et sorti en 1995. L’histoire : vers 1832, Angelo Pardi, jeune aristocrate carbonaro italien, est un colonel de hussards, qui doit fuir son Piémont natal après avoir tué en duel un officier autrichien, le baron Schwartz, pour la cause de son camp. Il franchit la frontière française, et arrive en Provence alors en pleine épidémie de choléra. Chargé de retrouver Giuseppe, son ami et frère de lait, il arrive à Manosque, ravagée par l’épidémie. Accusé d’empoisonner les fontaines, il se réfugie sur les toits de la ville, où il vit de ses explorations dans les maisons désertées. Au hasard d’une de ces expéditions, il rencontre une jeune femme, Pauline de Théus, qui l’accueille sans crainte malgré la contagion. En redescendant des toits, il est enrôlé par une religieuse qui nettoie les morts. Il côtoie alors l’horreur de la maladie mais accomplit sa tâche « parfaitement inutile » par orgueil, et en souvenir du « petit Français », un jeune médecin acharné à sauver les malades qui meurent tous entre ses bras, et qu’Angelo a tenté en vain d’arracher à la mort. Pour contrer la contagion, les autorités font évacuer la ville en direction des collines avoisinantes… gp

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#2 12/03/20 – Il se dit que La Peste est redevenue un best-seller mondial… Pourquoi donc ? Camus avait su questionner l’histoire, celle qui relie le passé au présent et même au futur. Il s’était documenté sur les pestes buboniques qui avaient frappé l’Algérie : à Alger en 1944 et à Oran l’année d’après. Tandis que le propos vise le nazisme, la peste brune. gp

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#1 10/03/20 – Parole de poivrot, ou chochoterie de vedette revenant sur scène après un solennel adieu… Je reprends du service de blog (enfin, un peu seulement) après avoir annoncé la « fin de chantier ». C’est que l’heure est grave : celle de cette nouvelle peste – la peste couronnée comme je l’appelle, allusion, évidemment au coronavirus sous sa variante Covid 19 qui menace l’ordre du monde qui n’en avait pas besoin. Pas besoin ? Pas si sûr. Quel ordre, d’ailleurs ? Celui du tout marchand dans lequel les « politiques » ne sont plus que de vulgaires boutiquiers. Pire encore, ils se sont entichés du tout technique, ne jurent plus que par le numérique triomphant, ne se rêvent plus qu’en patrons de « start up ». La nouvelle peste,, après avoir sévi, remettra-t-elle en place un ordre nouveau ? Rien de moins sûr quand on considère l’état des croyances désormais dominantes, bloquant quasiment le nécessaire esprit critique lié à la connaissance autant qu’à l’idée d’un progrès autre que chiffré, mesuré, quantifié – celui de la production matérielle effrénée. Croyance au dieu-Marché et à sa main invisible et bienfaitrice – pour qui ? Croyance en la Nature, mère nourricière et bienfaitrice, celle qui soigne tous les bobos, répare tous les dégâts provoqués par ses irresponsables descendants. Même si ce credo se trouve depuis peu questionné… en fait, moins remis en cause que vraiment reconsidéré… ou relégué derrière des incantations magiques, sortes d’appels à la prière avec madones infantiles pour gogos infantilisés. Tandis qu’une nouvelle peste viendrait bousculer ces nouvelles naïvetés… pourraient rebattre les cartes… Le tout au conditionnel de rigueur, limité à la reprise au galop du cheval fou de la croissance qui n’attend que la fin de la pandémie pour se relancer dans sa course folle… Ainsi la Chine, vite auto-déclarée « guérie », et qui fouette de plus belle son attelage dément entraînant le monde vers l’abîme de la surconsommation. gp

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Mon cher Gérard, j’ai été surpris par le message que tu as laissé sur ton blog, à propos de Mme Anne Rigail, et pas surpris du commentaire laissé par BASTOS.
J’imagine que ton message était formulé compte tenu d’éléments que nous ignorons car, très franchement je ne vois rien de contrariant dans le fait que cette dame commence sa lettre par ”Chères clientes, chers clients”.
Peut-être aurais-tu dû dire ce que tu aurais aimé qu’elle dise d’autre.
Je suis intrigué
Amitié
Guy

Anne Rigail elle-même, belle personne ma foi si j’en juge sa photo jointe, et qui pourrait bien faire hôtesse de l’air au besoin.
dans la contribution 97
dommage, ce commentaire méprisant empêche toute considération pour le reste du texte et si ce fut un homme qui avait occupé cette place le commentaire en aurait-il été de même : joseph machin lui-même belle personne ma foi si j’en juge sa photo jointe et qui pourrait bien faire stewart au besoin
dommage d’écrire ainsi tel un mâle prétentieux

Je ne sais pas si c’est mieux mais pourquoi ne pas utiliser un masque dont la partie extérieure serait imbibée de dilution javellisée? C’est la seule méthode que j’ai trouvé pour tenter de me protéger: un mouchoir imbibé (par exemple de Dakin), plié en quatre, permettant de désinfecter les points de contact, les mains, pouvant également être utilisé comme masque. Peut-être utile?… Les virus n’aiment pas le savon et la javel… Quand j’ai titré “Immondialisation: peuples en solde!” le blog présentant de vieux textes je visais la pandémie…capitaliste. Elle nous apporte la virale pour parachever l’immonde… Méc-créant.

Que l’Afrique soit épargnée… Tu peux rêver, Moustapha !

Le blaireau en question est un Gilet jaune particulièrement actif et ami d’Éric Drouet, l’idole de Jean-Luc Mélenchon. Un jour, il faudra élucider qui manipule, à l’insu ou pas de leur plein gré, ces agitateurs rigolards, ces blagueurs du chaos. On sait que, une nouvelle fois, des infox venues de Russie et d’Ukraine se sont multipliées sur le Covid-19. Concernant cet abruti, l’Institut Pasteur a porté plainte. C’est déjà ça. Encore qu’il soit ahurissant qu’un tel Institut soit obligé de se préoccuper de cet énergumène !

Onfray me fait honte.
Est-ce nécessaire de diffuser ses ordures au moment où le ramassage devient problématique ?

Pourquoi “honte” ? Vous niez les faits rapportés, notamment dans “le Monde” et “le Parisien” : caillassages de pompiers et de policiers. Extraits du Monde : En Ile-de-France, les autorités redoutaient, avec l’arrivée du week-end, les regroupements de jeunes refusant le confinement. « Nos collègues nous disent que c’est catastrophique, notamment sur le 93 », assure Christophe Rouget, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, première organisation chez les officiers. A Bobigny, cité Paul-Eluard, des policiers ont été caillassés dans leur véhicule. A Sevran, Aulnay, ou au Blanc-Mesnil, les forces de l’ordre ont constaté une « situation agitée »… Lire la suite

J’appelle ça de la stigmatisation médiatique.
Mais si on a envie de l’entendre…

La troisieme révolution à condition que nous contenions la barbarie.
Au vu de ce qui se passe en Seine st Denis
Ce n’est pas encore ça.

Et c’est bien dommage en effet.
Nos petits enfants la verront peut-être …
Mais nous si nous nous y attelons, nous aurons dans la rue des gens enragés qui voudront leur part de consommation et une révolution qui ne sera pas celle souhaitée
Peu de gens sont concernés encore par la décroissance, nous ne sommes pas prêts.

Reçu ce matin un mail de Jésus : “Vu la pandémie, je ne descendrai pas sur Terre pour Pâques ; par contre, venez nombreux me rejoindre au ciel”.

Jésus est monté à Pâques non?

Difficile, pour sortir, c’est la croix et la bannière…

Fred Vargas : le retour !

Merci de nous rappeler ce beau texte de Fred Vargas … 2008, il y a 12 ans donc, et qui prend toute sa vérité aujourd’hui :

Bon, c’est pas tout, mais en ces moments de confinement intensifs, je m’en vais pratiquer une activité saine et productrice, une activité que ma trépidante vie moderne m’avait fait oublier, celle que Fred Vargas remet à l’honneur, à 3mn16 de son texte. Allez je vous laisse, il est des activités primordiales et foncièrement satisfaisantes pour le bien-être de l’homme… 3’16 !

En réponse à Binoit. Ils avancent masqués… Pour mémoire, la dite 2CV aux bananes était conduite par un certain Jacques SEGUELA et un de ses amis, il avait 20 ans … Depuis, il a fait son chemin, et s’est bien marré aussi à nous faire consommer un max…

C’est une histoire (expérimentée par d’autres aussi) qu’on racontait en Afrique à propos de la 2CV passe-partout. Je ne savais pas que Séguela l’avait aussi expérimentée.

J.S. Un mec odieux ou génial, les temporalités ou les points de vue différents… C’est déconné ce racisme anti-pianiste !

à propos de la ballade en taxi de Mr Maurette ! Quand j’ai lu votre article, j’ai eu la “chair de poule” ( due aux muscles horripilateurs ) .
C’est ce qu’on appelle couramment la taxidermie, non ?

Frank, Gérard, Maurice, …/…
Les taxis sont un excellent thermomètre pour la rumeur populaire. Tous les politiciens s’en servent.
PS : Si vous souhaitez “discuter”, mes commentaires sont ouverts, sous mes articles. Seul, confiné, je m’ennuie.

Tu penses donc que ce taxi (chauffeur) serait à empailler…

Je pense qu’il y en a un paquet à empailler, surtout ceux qui on permis qu’on en arrive là ! La mère Buzin, pour ne citer qu’elle, qui avait affirmé que le taux de contamination était quasiment nul et bien sur contre l’avis de beaucoup de virologues… Puis il y a aussi cette réunion des Adventises qui aurait permis la propagation du virus… Il serait bon, aussi, d’empailler Dieu !!!!

Hello c est bon de vous lire sans que cela confine au thuriféraire ! L encens, ça sent ,surtout renfermé ! Peut on envisager dès que l on pourra l organiser , une cérémonie Nationale en remplacement des Césars fort compromis : l élection des GAMELINS d Or du COVID 19 ? J ai déjà une nominée pour le GAMELIN D OR du Second Rôle : Genevieve C. Directrice Générale de Sante Public France ! La liste est ouverte !! Sortez peu restez couvert ! Et n oubliez pas : «  l l Arrière reste une ligne de front confortable… Lire la suite

Des amis cherchent à dissuader le hussard de rejoindre sa belle et mener à bien sa mission sacrée en sautant de toit en toit. Il leur répond, sans citer cependant Claude Bernard qui disait “le microbe n’est rien, c’est le terrain – l’immunitaire – qui est tout” : “le choléra ne passera pas par moi”. Le moral optimiste, c’est la base de l’immunitaire, ce qui n’empêche pas la lucidité, qui invite à porter un Melitta N°4 pour parler à un cholérique…

Les émotions que suscitent le mot confinement confinent aux délires.

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