Deuxième chronique de la peste couronnée

Certes, nous n’étions pas partis pour tel un marathon ! Avec sa centaine de contributions, cette chronique étouffait dans son premier espace devenu trop fourni, décourageant l’accès aux commentaires. D’où ce second souffle avec passages réguliers au ravitaillement, pour y remplir des musettes moins pesantes. Soit donc cette suite de Chronique, qui se propose une limite à dix articles à la fois, pas plus. Avec facilités accrues pour commenter, surtout en prenant soin d’indiquer le numéro (II#–) de référence.Merci à la bonne centaine de lecteurs quotidiens ! Les contributions sont plus que jamais bienvenues. Nous avons besoin de partage, générateur d’idées et peut-être aussi de propositions pour une humanité et un monde meilleurs.

 Fin de la saison II de la série Peste couronnée. Rendez-vous à la saison III… 

 

II #10  13/04/20 – De Soazig Quéméner (« Marianne ») : Le macronisme sur le point de s’écrouler  

«Toute la spécificité de la période est qu’elle prend Emmanuel Macron à revers sur l’ensemble de sa doctrine. Il prônait l’émancipation individuelle et glorifiait les premiers de cordées, voilà qu’il n’est plus question que des soignants, des caissières, des postiers, les premiers de corvées, comme on les nomme parfois.

« Pendant ce temps-là, toute la France accepte de se confiner, solidaire avec les plus fragiles. Le président défendait un renouveau européen. Au début de la crise, les égoïsmes nationaux ont tout emporté avant une timide prise de conscience de l’UE, menacée de dislocation.

« Je ne parle même pas de la maîtrise des dépenses publiques, aujourd’hui bien entendu abandonnée, tout comme l’espoir d’une baisse durable du chômage.

« L’acte II du quinquennat devait aussi porter la question régalienne. Le demi-confinement instauré et les consignes peu claires énoncées par le gouvernement, avec encore un revirement sur la question des ouvertures de marchés hier, donne l’impression que la main d’Emmanuel Macron ne cesse de trembler.

• Est-ce que le macronisme peut se réinventer ?
« Cela va être compliqué. Je vous rappelle que le chef de l’Etat avait déjà promis après la crise des “gilets jaunes” que nous ne reprendrions pas le “cours de nos vies”.

« Au départ, le macronisme était pensé comme une réponse rapide aux manquements des quinquennats passés. Il ne contenait pas d’éléments de projection à long terme, vers la crise climatique par exemple. Et il montre aujourd’hui à quel point son logiciel est incompatible avec une crise sanitaire qui s’annonce très longue.

« Comme si, dans le macronisme, brûlaient non pas les premiers feux du monde d’après, mais plutôt les dernières lueurs du monde d’avant… »

Soazig Quéméner, journaliste politique au journal Marianne, sur France Inter, ce 13/04/20.

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II #9 12/04/20 – De GP – Un homme à la mer !   

Naufrage en pleine tempête. Me voilà à la mer, secoué comme un bouchon, moins son autonomie de flottaison… Du bateau en train de couler, un moussaillon agité me propose une bouée de secours.
– Elle est bonne ? que je lui lance, les mains en porte-voix.
– J’en suis pas sûr…
– Alors ?
– Alors, j’en aurais bien une autre, aussi peu sûre peut-être, mais elle est à l’étude, entre les mains savantes d’un comité d’experts… C’est à vous de voir ! Mais faites vite ! qu’il ajoute avec un certain agacement.

Je le comprenais, le pôvre. Et je me demandais pourquoi je le taquinais ainsi alors que j’allais perdre ma suffisance respiratoire.
– Allez, envoyez ! Et merci. Votre nom, que je me souvienne !
– Didier !
– Comme Raoult ?
– Oui, pareil. Allez, bonne chance ! Faut que je me sauve.

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II #8 12/04/20 – De Gian Laurens – La goutte d’eau qui fait déborder le vase de la surpopulation mondiale ?  

Après grosso modo trois mois, la pandémie Covid-19 a fait 100 000 morts. On est très loin des 50 000 000 de morts de la Grippe espagnole d’il y a quasi un siècle, après un délai comparable. La population mondiale était alors de 1,8 Md d’habitants, 7,5 Mds en 2020. Rapporté à ces nombres, la mortalité à ce jour n’est que des… 2/1000 d’il y a 100 ans ! Cette énorme disproportion devrait à tout le moins poser la question : le confinement est-il énormément efficace ? Nos aïeuls de 1919 ne le pratiquaient pas, ils se mélangeaient allègrement dans la liesse d’avoir réchappé à la charcuterie (terme que je préfère à l’habituel « boucherie », car c’est plus haché) de 4 ans 1⁄2 de guerre mondiale. Dans les deux cas il faut aussi prendre en compte l’effet d’usure de l’éreintement émotionnel : massacres réels en 14-18 ou massacrés virtuels depuis 40 ans (compétition, burn out, exploitation des ressources jusqu’à leur inepte épuisement, etc.).

Par ailleurs, prend de l’ampleur la thèse du surgissement massif de l’épidémie comme processus « goutte-d’eau-qui-fait- déborder-le-vase », processus de régulation automatique de la globalité des espèces vivantes, obligeant l’une d’entre elles, l’humaine, à se calmer dans sa démesure délétère. On n’est toutefois pas prêt à acquiescer du côté du MEDEF.
[G.L. Annales de confinementologie – N° 5, t. 1]

PS – À propos de surpopulation, prenez le temps de lire cette infographie due à herodote.net [cliquer sur l’image pour l’agrandir] >>>

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II #7 10/04/20 – De Daniel Chaize – Les experts écouteras…  

«Il faut toujours écouter les experts, ils vous expliquent ce qui est irréalisable et ensuite vous conseillent de le faire. »
Robert A. Heinlein, écrivain de science-fiction (1907-1988)
Blog : https://danielchaizedotcom.wordpress.com/2020/04/11/parole-dexpert/

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II #6  10/04/20 – De Guy B., médecin – Prix d’un malade covid-19 : 3 500 euros  

«[…] Chaque malade, « grâce » à cette fameuse T2A ou Tarification à l’Activité a un prix payé de la caisse maladie à l’hôpital ou à la clinique ! Une cirrhose, un prix… une prothèse de hanche, un prix… Le covid-19 simple, c’est 3 500 euros (une cirrhose c’est moins de 2000 euros et une colite infectieuse 900 euros, un soin palliatif, 4 000 à 6 000 euros) et c’est très lucratif et c’est l’une des raisons qui expliquent peut-être que certains services de soins se destinent aux covid-19…
« C’est peut-être l’une des raisons de la fermeture de certains blocs opératoires, du non accès à l’endoscopie digestive diagnostique et thérapeutique, du report de presque toutes les opérations dont certaines étaient quand même urgentes !
« Nous n’avons pas pu nous organiser, nous ne le pouvons toujours pas, les malades le payeront cash après la crise, c’est certain ! »

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II #5   10/04/20 – Tunisie. Appel de soutien aux femmes en danger  

Un « appel urgent aux autorités publiques pour la continuité de l’accès aux services de la santé sexuelle et de la reproduction » a été lancé en Tunisie par des organisations multiples, des médecins et des particuliers. Extrait :
« L’attention de toutes les communautés est focalisée à juste titre sur la lutte contre l’épidémie Covid-19 qui met à l’épreuve tous les systèmes de santé et en révèle cruellement les failles. Dans notre pays, l’approche utilisée jusqu’ici, mobilise les moyens du ministère de la santé pour le diagnostic des cas positifs et la prise en charge des malades du Covid-19 souvent aux dépens de la continuité des soins essentiels qui doivent être assurés en toutes circonstances. Plusieurs dangers guettent la santé des femmes tels que l’augmentation de la violence conjugale, ainsi que l’augmentation du nombre de décès maternels et de la morbidité, conséquences de la non disponibilité de suivi de la grossesse, et l’identification des grossesses à risque, ainsi que le recours aux avortements à risque pour les femmes qui ne désirent pas mener à terme leur grossesse.
« Alors qu’il y a aujourd’hui plus de 210 000 naissances par an, presque un million ou plus de visites prénatales, et environ 50% des femmes utilisent la planification familiale et ont besoin de se réapprovisionner régulièrement, la situation actuelle est particulièrement alarmante. Elle survient dans un contexte marqué par un fléchissement de la performance du programme national de santé reproductive associé à :
• Des taux de d’utilisation de la contraception en régression par rapport à l’année 2011-2012 (MICS 6), et une augmentation des besoins non satisfaits en contraception.
• Des témoignages de refus d’avortement ont été rapportés dans les structures publiques et privées.
• La non disponibilité de contraceptifs sûrs et performants tels que le dispositif intra utérin durant plus de deux ans (2016 à 2019) et les ruptures de stock des pilules oestro-progestatives, de la pilule du lendemain et des produits d’avortement médicamenteux ont été documentés. »

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II #4  09/04/20 – Les plus testés : les Marseillais, selon Raoult  

Depuis ce lundi, la file d’attente a fortement diminué devant l’IHU de Marseille, où l’on pratique le dépistage pour tous du Covid-19. Si l’embouteillage est moins important, cela ne signifie pas pour autant que le nombre de tests réalisés chaque jour a diminué, corrige l’institut qui a déjà pratiqué plus de 55 000 dépistages depuis le début de l’épidémie. Dont près de 21 000 sur des habitants de Marseille, les autres venant des communes voisines. « Cela signifie que 2,5 % de la population marseillaise a été dépistée. Les Marseillais sont donc, de loin, la population qui a été la plus testée au monde », s’est réjoui vendredi sur Twitter le professeur Raoult, directeur de l’IHU. Plus testés aussi qu’ailleurs dans les laboratoires de villes, si l’on se réfère aux chiffres de Santé publique France: la semaine dernière, les labos des Bouches-du-Rhône ont ainsi réalisé 3430 tests, soit plus que Paris (2242) ou que les départements de l’Est, pourtant fortement frappés par la pandémie. [S.H. de Libération-Marseille]

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II #3  09/04/20 – « Pour faire court : c’est compliqué »   

Sensible et attentif aux mots et paroles qui expriment notre réalité, ma dose matinale de radio du jour m’a injecté une rafale du mot « compliqué ». C’est en effet le mot à la mode corona. Tout est désormais « compliqué ». Et pour cause, vu que, sans doute, « on » n’y comprend plus grand-chose. On ne sait pas expliquer, c’est-à-dire déplier ce monde froissé, piétiné, raplati, replié… confiné. Du coup, l’autre formule qui fait florès, depuis un moment déjà il est vrai, c’est « pour faire court » ou « pour faire vite ». On se rabat sur la commodité « pédagogique » pour masquer (!) un embarras face à la complexité générale et désormais flagrante. Un jour c’est ainsi, hier c’était comme ça, demain ça sera comme ci. Incertitudes sur toute la ligne. Sauf pour les croyants en tous genres. Pas tant les fidèles à leur foi, qui ne trouvent aucune « raison » d’en déroger. Non, il s’agit de la pire espèce des crédules, tout particulièrement ces complotistes qui « voient » dans la pandémie la main occulte d’on ne sait quelles puissances invisibles, extra-terrestres ou du moins cachées – sauf à leurs yeux de voyants extralucides. Un autre virus, donc, qui se propage dans les « réseaux sociaux » comme le covid-19 dans l’organisme dont il emprunte les réseaux capillaires, jusqu’au fin fond des poumons. On peut le dire : l’un et l’autre nous pompent l’air. [GP]

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II #2  09/04/20 – De Jean-Marc Dupuis – « D’avoir trop sillonné le ciel »  

Le Prince Charles, le Prince Albert de Monaco, le Premier ministre anglais Boris Johnson, l’acteur Tom Hanks et sa femme, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et sa femme, l’acteur anglais Idris Elba, le producteur américain Harvey Weinstein, le chanteur d’opéra Placido Domingo, le jazzman Manu Dibango et l’ancien président de l’OM de Marseille Pape Diouf.
Le chanteur Patrick Bruel, Charlélie Couture, Cécile Bois, l’ex James-Bond girl Olga Kurylenko…
Notre ministre de la Culture Franck Riester, le Président des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian, le maire de Nice Christian Estrosi, le sénateur américain Rand Paul, le commissaire européen Michel Barnier, l’ambassadeur d’Israël en Allemagne Jeremy Issacharoff, le ministre de l’Intérieur d’Australie Peter Dutton, le vice-président iranien Massoumeh Ebtekar, la femme du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, la ministre espagnole Irene Montero, le maire de Miami Francis Suarez, le ministre polonais Michal Wos, l’attaché de presse du Président brésilien Bolsonaro, le ministre de l’intérieur du Burkina-Faso Simeon Sawadogo ainsi que trois autres ministres de son gouvernement, l’ancien Premier ministre de Somalie Nur Hassan Hussein, etc.
Tous sont atteints, et certains sont morts, du coronavirus.
Je pourrais continuer très longtemps cette liste en incluant les innombrables parlementaires, footballeurs, sportifs, producteurs, célébrités, contaminés.
Leur point commun ?
Sillonner le ciel en permanence.
Partir chaque week-end pour Marrakech, Londres, ou la Floride. Enchaîner les événements mondains, les congrès, les festivals en tout genre, avec la jet-set internationale.
On savait depuis longtemps qu’un tel mode de vie était dangereux pour tout le monde.
Aujourd’hui, on en a la confirmation concrète.

[Jean-Marc Dupuis – « Les riches, les puissants, et le coronavirus », La Lettre Santé Nature Innovation.]

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II #1 – L’Extérieur : le meilleur parc d’attraction du monde ! 

Des millions de Français, mais plus encore des milliards d’êtres humains attendent avec impatience l’ouverture du parc d’attractions le plus emblématique de l’histoire de l’humanité :L’Extérieur !

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Suite à la remarque de Daniel Chaize, reprenant celle de Heinlein : l’expert ne l’est que d’un savoir rétrospectif. Qui avait anticipé la Covid-19, sinon quelques auteurs de science-fiction ?

Eh bien, si ça peut aider. J’ai “rangé”… Et je n’en reviens pas de la facilité avec laquelle j’ai trié, choisi, jeté, sans malaise, ni regrets, même un vieux poids certain qui vient de partir en ce sombre moment. Soit une centaine de kilos de magazines, revues, journaux, dictionnaires, livres techniques et professionnel, et des classeurs et des cartons… Et… bref, non, le mot “compliqué” dont je me moquais, (jusqu’à l’énervement, puisque ça coupait court à tous les arguments), ces dernières années dans tous les discours de politiques ou de journalistes, ce “maux” détestable m’est disparu.

II#3 – Oui, le “compliqué” nous envahit. J’ouvre ma boîte mail et je tombe sur ça : “A LR, le jour d’avant le jour d’après est déjà compliqué«  (mail de Libération). Mais : comment faire simple quand “tout est compliqué” ?-)

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