VIII – Chronique de la peste couronnée : Littéraires et visionnaires


Suite de notre Série Peste couronnée. Soit donc cette VIIIe saison de Chronique, limitée à dix épisodes, ou moins. Pour commenter, prendre soin d’indiquer le numéro (VIII #–) de référence. Merci à la bonne centaine de lecteurs quotidiens ! Les contributions sont plus que jamais bienvenues. Nous avons besoin de partage, générateur d’idées et peut-être aussi de propositions pour une humanité et un monde meilleurs.

VIII #1  30/04/20 – De Gian Laurens – Prémonitions 

Un très prolifique auteur états-unien, Dean Koontz [photo >], a publié en 1981 un thriller, The Eyes Of Darkness (Les yeux de l’obscurité), dans lequel il décrit la perspective d’une épidémie ayant pour origine un virus belligérant baptisé Wuhan-400, car il est fabriqué dans un laboratoire à Wuhan. Et il écrit : cette arme sera utilisée en… 2020 !

On ne peut qu’être extrêmement surpris devant ce qui apparaît comme une prédiction extraordinaire. Les complotistes vont jusqu’à faire de ce roman la preuve que l’actuelle pandémie Covid-19 a bien une origine malfaisante intentionnelle, sinon accidentelle. D’autres, plus critiques – ou jaloux – font remarquer qu’il y a entre ce virus de fiction et le Sars-Cov-2 de l’actuelle réalité des différences notables, à commencer par le fait que le premier est systématiquement létal, alors que l’on guérit le plus souvent du second.

N’empêche, l’occasion est donnée grâce au talent de Koontz de revenir sur un phénomène remarquable : ce sont des littéraires qui ont anticipé avec perspicacité, plus souvent et bien mieux que d’autres moins rêveurs qu’eux. Bien mieux que des penseurs politiques qui avaient élaboré une œuvre programmatique d’une société radieuse qui n’a jamais vu le jour ou a tourné au cauchemar (Charles Fourier est un des rares à faire exception, à échelle réduite, il est vrai). Bien mieux que des prospectivistes, conseillers des gouvernants, dont la science visionnaire s’est cassé les dents sur la première embûche non prévue dans leur plan.

Dans La Peste écarlate (The Scarlet Plague), court roman d’anticipation de 1912, l’écrivain américain Jack London (1876-1916) situe l’intrigue en 2073, du côté de la baie de San Francisco. Un vieillard et un enfant marchent le long de ce qui fut jadis une voie ferrée. Soixante ans plus tôt, l’apocalypse a eu lieu : un mystérieux virus, la « Mort écarlate », s’est soudain abattu sur l’humanité, la détruisant presque entièrement. Seuls quelques individus, retournés à l’âge de pierre, survivent dans un monde d’où toute forme de civilisation a disparu. [Note de gp]

Certes, Jules Verne a décrit un voyage sur la Lune qui utilise un improbable obus et non une fusée. Mais qu’il ait pu imaginer en 1865, et avec des astronautes états-uniens, qu’on pourrait faire ce voyage force le respect. Plus près de nous, Aldous Huxley avec son Meilleur des mondes et George Orwell avec 1984 ont fait montre d’une capacité prédictive extralucide, si l’on peut dire. Les devenirs sociopolitiques qu’ils ont imaginés se sont révélés tragiquement prémonitoires en matière d’asservissement de masse. Observons enfin que les visions fictionnelles vont dans le sens de l’obscurité de Koontz plutôt que dans celui des lendemains qui chantent.

Est-ce à dire que mieux que quiconque, ces visionnaires capteraient une sorte d’inconscient collectif qui programmerait l’humanité vers un dessein inéluctablement tragique (à moins que le totalitarisme ne soit qu’un pis-aller) ? Si l’on se risque à surmonter les confusions des sondages du confinement, on en conclut que le « Monde d’après » sera pire. Est-ce que cet inconscient reflèterait le sentiment aussi collectif qu’obscur que le dérèglement du Monde est irréparable ? Et est-ce qu’il y a dans le cours actuel de l’Histoire une perte de contrôle voire une perte de volonté de contrôle ?

On reproche aux Cassandre de n’annoncer que des malheurs, aussi restons-en là : le pire n’est jamais sûr, demain est un autre jour, tel qui pleure vendredi dimanche rira.

GL, Annales de confinementologie

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VIII #2  01/05/20 –  Venue de la toile, une nouvelle épidémie  

Par temps de peste soufflent aussi des airs d’utopie. La toile s’en gonfle de ci-delà, comme avec ce texte qui entend chasser le PIB, l’OMC et même se substituer à l’OMS. Gloire donc à l’OMB !

« Une Epidémie mondiale de BONHEUR en cours!  Elle est en train de se propager à une allure vertigineuse. L’OMB (Organisation Mondiale du Bien-être) prévoit que des milliards d’individus seront contaminés dans les années à venir.

Voici les symptômes :

1 Tendance à se laisser guider par son intuition personnelle plutôt que d’agir sous la pression des peurs, idées reçues et conditionnements du passé.

2 Manque total d’intérêt pour juger les autres, se juger soi-même et s’intéresser à tout ce qui engendre des conflits.

3 Perte complète de la capacité à se faire du souci (ceci représente l’un des symptômes les plus graves).

4 Plaisir constant à apprécier les choses et les êtres tels qu’ils sont, ce qui entraîne la disparition de l’habitude de vouloir changer les autres.

5 Désir intense de se transformer soi-même pour gérer positivement ses pensées, ses émotions, son corps physique, sa vie matérielle et son environnement afin de développer sans cesse ses potentiels de santé, de créativité et d’amour.

6 Attaques répétées de sourire, ce sourire qui dit “merci” et donne un sentiment d’unité et d’harmonie avec tout ce qui vit.

7 Ouverture sans cesse croissante à l’esprit d’enfance, à la simplicité, au rire et à la gaieté.

8 Moments de plus en plus fréquents de communication consciente avec son âme, non-duelle… Être, ce qui donne un sentiment très agréable de plénitude et de bonheur.

9 Plaisir de se comporter en guérisseur qui apporte joie et lumière plutôt qu’en critique ou en indifférent.

10 Capacité à vivre seul, en couple, en famille et en société dans la fluidité et l’égalité, sans jouer ni les victimes, ni les bourreaux, ni les sauveurs.

11 Sentiment de se sentir responsable et heureux d’offrir au monde ses rêves d’un futur abondant, harmonieux et pacifique.

12 – Acceptation totale de sa présence sur terre et volonté de choisir à chaque instant, le beau, le bon, le vrai.

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 Fin de la saison VIII de la série Peste couronnée. Rendez-vous à la saison IX… 

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Jean-Francois HEROUARD
30 avril 2020 18 h 21 min
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