« Pourquoi la France se laisse défigurer » par Ivan Rioufol, Le Figaro

Temps de lecture ± 6 mn

Ce « post » va en étonner plus d’un, et même en révulser davantage encore… Publier ici l’article d’un éditorialiste du Figaro ! Oui, et je l’assume, en tant qu’homme de gauche historique et au nom de mes engagements de toujours. Tandis que je me désole du vide abyssal creusé par les fossoyeurs de cette gauche désormais fantomatique, vidée de sa substance depuis les années Mitterrand et la conversion dévote au libéralisme mondialisé – incluant évidemment cette Europe pareillement échouée sur la même pente fatale, en un puzzle éclaté, doublement atteinte : et par la pandémie, et par son inconsistance maladive. Dans son dernier Bloc-notes 1, Ivan Rioufol s’en prend frontalement aux « belles âmes [qui] entretiennent une compromission diabolique avec ceux qui mènent l’assaut contre notre démocratie. » Il vise la vague « multiculturaliste » et différentialiste qui défait l’identité d’une nation tout en prônant un hypocrite et tarte-à-la-crème « vivre ensemble » 2.Plus directement encore, il place l’immigration comme question centrale du devenir de la France, pointant le déni qui l’entoure : « Plus la substitution de population devient visible dans les « quartiers populaires », plus les gardiens du politiquement correct interdisent de la décrire. » 3 Autant de questions fondamentales, balayées par cette « gauche » à guillemets, aveuglée par ce qui lui reste d’idéologie et, de ce fait, insensibilisée aux réalités vécues par leurs concitoyens désormais tournés vers les extrêmes – Le Pen et Mélenchon, s’acharnant pour leurs chapelles à combler le vide qui les englobe. 4 Je retrouve là, précisément, les affres de ce vide dogmatique propre aux idéologies – qui font primer les représentations du réel sur les réalités mêmes – conduisant aux aveuglements extrémistes. Un vide que j’ai maintes fois qualifié, ici et ailleurs, par cette formule : « La peur à gauche de paraître à droite ». Pour rappeler aujourd’hui que, pour ma part, je ne la crains pas.

 

Pourquoi la France se laisse défigurer, par Ivan Rioufol, Le Figaro

L’extrême droite est la menace, ânonne le chœur médiatique. Le moindre crétin débusqué, pourvu qu’il soit blanc, étriqué et facho, suffit à la démonstration. Celle-ci s’épargne de regarder vers l’extrême gauche. C’est ainsi que le saccage de l’Arc de triomphe, le 1er décembre 2018 en marge d’une manifestation de « gilets jaunes », avait été attribué à l’ennemi nazifié, au vu d’une signature (« sanglier ») sur la façade. L’auteur présumé comparaît cette semaine devant la justice avec neuf autres acteurs secondaires. Mais où sont les casseurs, les pilleurs ? L’agent de surveillance, Smaïn, avait expliqué à l’époque avoir vu des jeunes Allemands et Espagnols, heureux de détruire, ainsi que des « Français d’origine maghrébine, des Blancs et des Noirs ». Sur le toit de l’Arc, « c’était plutôt des individus type cités ». La gauche haineuse (antifas, black blocs, voyous, etc.) s’était acharnée à défigurer la France. Pourquoi l’avoir tu ?

Ce déni pudique tient à l’indulgence des « progressistes » à l’égard de l’anti-France, violente et raciste. Les belles âmes entretiennent une compromission diabolique avec ceux qui mènent l’assaut contre notre démocratie. La franchise de la présidente de l’Unef, Mélanie Luce, avouant sur Europe 1 l’existence de réunions étudiantes interdites aux Blancs (dire : « réunions non mixtes racisées ») a scandalisé la gauche hypocrite. Celle-ci a feint de découvrir la monstruosité qu’elle a enfantée. La ségrégation de l’association universitaire n’est pas une découverte. Cette discrimination est le fruit vénéneux du différentialisme promu par les multiculturalistes, ces démolisseurs de la nation « ouverte ». Ils ont instillé la guerre des sexes, des races, des religions et les apartheids qui vont avec. Jean Baudrillard avait vu juste en comparant SOS Baleines et SOS Racisme : il voyait dans ce dernier mouvement « un appel subliminal à sauver le racisme »…

Cela fait des années que la France reçoit, en s’excusant, les crachats et les injures des minorités revanchardes, rendues intouchables par le parrainage de l’idéologie « antiraciste ». Hafsa Askar, vice-présidente de l’Unef, avait déclaré le 15 avril 2019, tandis que Notre-Dame de Paris était ravagée par le feu : « Je m’en fiche, car je m’en fiche de l’Histoire de France. Wallah, on s’en balek (on s’en bat les c…, NDLR), objectivement, c’est votre délire de petits blancs. » En 2005, la militante d’origine algérienne Houria Bouteldja, s’adressant aux Français de souche (qualifiés de « Souchiens ») avait lancé : « Si vous voulez sauver vos peaux, c’est maintenant (…) Demain, il n’est pas dit que la génération qui suit acceptera la présence des Blancs ». Au début des années 2000, les associations antiracistes avaient fermé les yeux devant l’antisémitisme des cités islamisées, qui allait pousser les Juifs à quitter les lieux. L’impunité des néoracistes est obscène.

Or l’humiliation de la France est un exercice toléré par les plus hautes sphères. Certes, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, a dénoncé la pente « fasciste » de l’Unef, défendue par la gauche radicale. Mais l’organisation ne sera évidemment pas dissoute, contrairement à Génération identitaire qui milite contre l’immigration de masse. Le chef de l’État se garde, lui, de rappeler que ce n’est pas la colonisation qui a provoqué la catastrophe africaine, mais la décolonisation, comme le rappelle le « mal pensant » Bernard Lugan 5. Des musées nationaux (le Louvre, Musée Carnavalet) ont renoncé en partie aux chiffres romains pour leur préférer les chiffres arabes (Louis 14), jugés plus accessibles. Ce recul est plus généralement celui de la culture occidentale sur ses terres plantées de minarets. Dans le New York Times, l’auteur d’une tribune estime que Napoléon n’est pas « un héros à célébrer » car il est « une icône de la suprématie blanche ». L’offensive est générale.

Reculs ordinaires

Le grand remplacement, ainsi nommé par Renaud Camus, est en marche. Il est périlleux de le nommer – sauf pour s’en réjouir – sans être accusé par des pandores d’être un identitaire fanatisé comparable aux islamistes. La Belgique subit cette pression idéologique, qui passe par des reculs ordinaires : un tunnel de Bruxelles portant le nom de Léopold II a été débaptisé, parce que le roi fut colonisateur du Congo. Mais le nom d’Annie Cordy, choisi pour lui succéder, a lui-même été contesté car la chanteuse populaire avait interprété : Chaud cacao !. Plus la substitution de population devient visible dans les « quartiers populaires », plus les gardiens du politiquement correct interdisent de la décrire. Didier Lemaire, professeur à Trappes, n’a pas été écouté quand il a témoigné : « Mes élèves, de façon générale, ne se sentent plus français du tout ! Ils ont d’autres mœurs, une idéologie qui les sépare de la liberté, de l’égalité. » L’enseignant a quitté son poste. L’oubli a fait le reste.

Si rien ne vient remplir le creux du discours dominant, la France continuera de s’affaisser devant ceux qui la veulent soumise. L’infantilisation des gens par la politique signe l’incapacité des dirigeants à penser clairement. Le délire bureaucratique qui a accompagné, samedi, les ubuesques formulaires de sorties anti-Covid ont été l’œuvre de hauts fonctionnaires dénués de bon sens. Lire le niaiseux catéchisme hygiéniste, publié lundi par Jean Castex, fait toucher du doigt le mépris dans lequel le peuple est tenu : « Je ne reçois pas chez moi. Je ne me rends pas chez les autres, etc. » Cicéron avait noté : « Plus l’effondrement d’un empire est proche, plus ses lois sont folles. » Les normes et les interdits que produit la Macronie dévoilent un monde épuisé. Il ne voit rien des assauts menés contre la nation, au point de ne plus parler que de la République. Est-ce honteux d’inviter à aimer la France ?

Vide spirituel

Le culte rendu à la laïcité, nouvelle religion d’État, ne remplira jamais le vide spirituel créé par la société déculturée. Pâques va devoir subir les interdits des « enfermistes ». La peur alimentée par l’Ordre sanitaire tient à l’incapacité contemporaine à penser le « beau mourir » (Ronsard). Il n’est pas trop tard pour renouer avec les racines chrétiennes. À l’évidence, le « cléricalisme républicain » 6. ne sait faire obstacle aux vrais ennemis.

I.R. Bloc-notes du 26 mars 2021

Notes:

  1. Le Figaro – vendredi 26 mars 2021
  2. La dernière « sortie » d’Audrey Pulvar porte à son comble ce néo-racialisme anti-Blancs.
  3. Dans le n°4 de la revue de Michel Onfray, Front populaire, justement consacrée aux immigrations, l’écrivain algérien Boualem Sansal parle des « BFL », Banlieues françaises libres comme lieux de recrue des islamistes.
  4. Comme dit mon ami Joël Decarsin, « quand son épicerie de toujours baisse le rideau, on va se ravitailler à celle d’en face… »
  5. « Pour répondre aux « décoloniaux », aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance » (Benard Lugan Éditeur)
  6. Jean-François Chemain, « Non, la France n’est pas seulement la République », (Artège)
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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

11 réflexions sur “« Pourquoi la France se laisse défigurer » <span class="pt_splitter pt_splitter-1">par Ivan Rioufol, Le Figaro</span>

  • 28 mars 2021 à 16 h 39 min
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    Bonjour ! en effet quel texte injurieux ! Ne peut on pas débattre sans insulte ???
    Le texte sur l’Etoile était signé par 2 lettres arabes typiques ( voir la photo et l’explication sur le site http://www.voirsavoir.com) rien de nazi dans l’écriture donc … Pour le reste on est au courant.
    Calmez-vous ! Le problème est ailleurs, bien haut au-dessus de nos têtes à tous !

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  • 28 mars 2021 à 21 h 22 min
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    Cher Gérard, évidemment tu as le droit de choisir qui tu veux pour traiter du sujet que tu estimes important dans ton blog; tu as également le droit de donner la parole à d’éventuels chroniqueurs ou éditorialistes qui n’appartiennent pas à ta famille politique. C’est aussi cela être démocrate. Mais de grâce, il faut faire oeuvre de pondération et de justesse. Là en l’occurrence, les deux n’y sont pas. Je n’aurai pas choisi d’abord cette personne pour tenir les mêmes propos ou des propos similaires, si tu souhaitais qu’ils soient tenus. Pour traiter ces sujets certes d’actualité ,donc sensibles, mais surtout profondément clivants, il faut d’autres plumes, d’autres lunettes d’observation, d’autres compétences que celles de ce monsieur (selon moi) ! Beaucoup trop de manichéisme, trop d’amalgames, et donc beaucoup de confusion, ce qui n’aide pas à se faire une opinion la plus objective et équilibrée possible. Je ” botte en touche” et je quitte ce terrain-là. Pas ton blog bien entendu.

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  • 29 mars 2021 à 7 h 12 min
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    Mon “Gé”,

    Je rejoins l’avis de Bosquart et J’ajoute à ce qu’il dit que faire preuve de pondération et de justesse, ce n’est pas parler politiquement correct, ce n’est nullement être démago, c’est simplement ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Tu vis à Marseille, sans aucun doute dans la ville la plus clivée de France ; qui plus est, dans un quartier populaire : tu es “sur le front”, quand les cadres du Front national, eux, vivent en quartiers chics. Ta colère et ton exaspération, nous en avons maintes fois discuté, sont plus que légitimes.

    Et je tiens à attester auprès tes lecteurs qui ne te connaissent pas ou mal non seulement ta sensibilité “de gauche” (maudits guillemets…) mais le fait que tu es un type “viscéralement doux” et que c’est pour cela que, depuis des années, je te fais partager mon intimité et mes doutes.

    Comme toi, je suis exécré par la langue de bois pratiquée depuis par la classe politique dite de gauche, du seul fait qu’elle ne “pratique” pas ses idées, elle les trahit continuellement et ceci remonte bien avant du machiavélisme mitterrandien et et bien au delà : par son mode de vie même, que ce soit place des Vosges, dans les ryads marocains ou ailleurs.

    Mais “le bébé qu’il ne faut pas jeter” – surtout pas ! – c’est l’intégration. Toi-même fustiges suffisamment la pratique de l’entre-soi sur ton blog pour en être convaincu. La rencontre avec “l’Étranger” est hautement problématique, sans aucun doute, mais si, pour la traiter, il te faut convoquer un Camus, vise plutôt Albert que Renaud… lequel – pour ma part – je ne pourrais jamais citer, même comme mentionné par un tiers.

    Oui, la gauche est une traitresse et oui, sa partie extrême est extrémiste, en raison de son idolâtrie de l’État. Mais combien infecte et répugnante est leur “répondante”, dans sa manipulation des humeurs, dans son génie à mettre de l’huile sur le feu sur les souffrances qui ne l’affecte pas, elle.

    La colère est mauvaise conseillère et tu viens de te retrouver soudainement mal conseillé mais tant qu’elle est comme la fièvre, passagère, un moyen utilisé par le corps pour se protéger lui-même, tant quelle reste une bouffée, elle est “humaine, trop humaine”. La colère n’est diabolique que si l’on y persévère, pour parler comme le vieux Sénèque.

    Tu viens de relayer un article du Figaro, un journal éloigné, dis-tu, de ta famille politique. Je le comprends d’autant mieux que je lis volontiers moi-même ce média, et qu’il m’arrive d’établir des contacts avec un ou deux de ses journalistes tandis que, par ailleurs, je ne me prive pas de fustiger la presse bien-pensante, comme récemment sur ton blog (https://c-pour-dire.com/2021/01/26/lettre-ouverte-a-liberation-lart-de-reinventer-leau-tiede-de-la-solidarite/).

    Mais conviens-en sans trop tarder, tout en prenant quand même le temps d’y réfléchir : l’article que tu relaies, c’est juste de la grosse merde. Et tu t’es fait blouser comme un bleu pâle.

    Tout çà, c’est (juste) pour dire : à bientôt sur ton blog, compagnon de route, en vadrouille au Pilon du Roi et partout ailleurs.

    Avec toute mon affection.

    “Ton Jo”

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  • 29 mars 2021 à 15 h 06 min
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    Pour commencer, je puis témoigner que l’ami de tant d’années Gérard (Le Gé) est bien un être “viscéralement doux” et un humaniste comme on n’en croise pas tous les jours. J’ajoute que j’ai des avis qui ne recoupent pas toujours les siens, notamment sur la place que doit encore prendre l’énergie nucléaire ou sur les méfaits du libéralisme mondialisé qui n’est pas, selon moi, une idéologie s’imposant comme un bloc uniforme. Il en va de même concernant Emmanuel Macron et plus encore sur l’importance de son élection, positive selon moi.
    Ici, Gérard aborde des sujets éminemment politiques et sociaux. De ceux qui bouleversent les esprits nourris par les idées de gauche et qui ont espéré en elle. En conséquence, il peut y avoir jusqu’à des déchirements personnels à voir crûment de nouvelles réalités. Nous savons d’expérience que le calcaire des pensées non secouées par le débat peut boucher les artères de nombreux cerveaux.
    On peut résumer le propos en cours en deux questions : 1/ y’a-t-il ou non échec de l’intégration républicaine ? Ma réponse est oui puisque ses résultats traduisent un échec (mauvais principe, ou, ce que je crois, mauvaise méthode), c’est à discuter pour avancer. À l’évidence il faut en revivifier le principe, notamment avec la laïcité comme guide important. Elle est un des remparts aux attaques organisées stratégiquement et de manière très opérationnelle par ceux qui veulent détruire nos fondements démocratiques. 2/ La question de l’immigration, surtout en la projetant dans les évolutions de la démographie des décennies à venir, peut-elle être abordée avec notre point de vue actuel. À mon avis, c’est non. Mais, ici et maintenant, ce n’est pas l’occasion d’avancer plus avant.
    En revanche, lire Gérard qui cite Roufiol piqué dans Le Figaro, mérite à mon avis de privilégier les faits plutôt que les signatures. Laurent Fabius, premier ministre de gauche (certes pour certain, une gauche très libérale) n’avait-il pas dit de Jean-Marie Le Pen et du FN : “Ils posent les bonnes questions mais apportent de mauvaises réponses” ? Et puis ne devons-nous pas en toute raison examiner d’abord et avant tout les faits et les idées ?
    Je crois que c’est essentiel. Je ne vois nullement un coup de colère dans le propos de Gérard. Ni une sorte d’égarement consécutif à un “vécu” particulier. Son parcours, ses écrits sur son blog montrent à l’inverse qu’il privilégie la prise de distance pour aborder les sujet au plus près. Ce qui en l’espèce est essentiel.
    Je ne lui demande surtout pas de “convenir sans trop tarder” de son “erreur”. Il réagira s’il le juge nécessaire, sans injonction particulière.
    Certes l’article d’Yvan Rioufol est, comme à son habitude et par une habilité savamment utilisée, porteur d’ambiguïtés, de raccourcis et de formules provocatrices. Et alors ?
    Même s’il délirait, tout ce qu’il craint, c’est-à-dire une perte d’identité mortelle pour notre société, n’est-il pas ressenti par de nombreux Français ? Gilets jaunes en tête qui se considèrent isolés dans leurs déserts géographiques et encerclés par des “étrangers” (le plus souvent français comme eux) qui seraient davantage considérés qu’eux par les élites et les médias. Certains qualifie Yvan Rioufol de néo-conservateur catholique de droite-extrême. Je le sais, Gérard également. Je me souviens que mes amis militants comme moi de gauche s’étonnaient que je lise quotidiennement trois ou quatre quotidiens : Libération, Le Monde, Le Figaro et les Échos). Je leur adressais cette réponse simpliste : “Il faut savoir ce que dit l’adversaire”. Il faut vivre sa jeunesse et conserver sa souplesse d’esprit.
    Quant au “droit” accordé à Gérard de publier ce qu’il veut, je ne vois pas ce qu’apporte de l’évoquer tant c’est évident. Et considérant la famille politique… de laquelle parle-t-on ? Bien malin qui peut dire que les familles de droite comme de gauche ne sont pas – depuis des années – particulièrement désunies, dispersées façon puzzle.
    À cause d’ambitions personnelles concurrentes ? Oui, bien que cela soit depuis toujours partie intégrante de la politique. Je crois plutôt, l’élection d’Emmanuel Macron en est une conséquence, que le “vide abyssal” évoqué par Gérard remonte à loin. On a depuis longtemps oublié que 1789 fut une révolution libérale et que les combattants de la nécessaire révolution sociale pour la compléter et la faire tenir sur ses deux jambes se sont accrochés à l’idéal égalitariste de Rousseau. Mais leurs descendants de gauche, arrivés au pouvoir, n’ont produit que des pouvoirs dictatoriaux et meurtriers de masse (URSS, Chine, Cambodge, et d’autres). Les défilés aux banderoles du communisme et du socialisme se sont fourvoyés dans de multiples impasses quels que soient les nouveaux trajets imaginés. La droite elle-même est déchirée entre ses doctrines, libéralisme assumée ou interventionnisme d’État façon radical-socialiste, conservatisme social ou ouverture sur les mouvements de la société…
    Les familles sont nombreuses et je vois mal comment être attaché par un lien fort à ces partis-familles qui firent les clivages du siècle dernier. Sauf par l’anneau de la soumission ou par la peur de perte de soi suite à l’effondrement de ses repères.
    Le temps est passé où il était, à gauche, préférable d’avoir tort avec Sartre (de la Cause du peuple) plutôt que d’avoir raison avec Aron (du Figaro).
    Les nouveaux repères, c’est-à-nous de les construire. Sans tabou, sans invective et avec discernement.
    On ne tord pas la réalité. Elle est changeante, mais elle s’impose à nous. À moins que nous soyons devenus momies. À l’heure où nous vivons, et pas seulement en France, de grands moments de transitions et soubresauts, ce que je retiens du post de Gérard est ce nécessaire débat ouvert, en toute conscience.

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  • 29 mars 2021 à 20 h 07 min
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    Bonjour Gérard,

    « Pourquoi la France se laisse défigurer » par Ivan Rioufol, Le Figaro. En lisant ce titre, je pensais qu’il s’agissait d’un article sur la dévastation des paysages par tous ces hangars cubiques et autres mochetés aux couleurs sinistres qui peuplent depuis des lustres nos bords de routes et entrées de villes et dont la présence me semble s’intensifier. Sujet dont j’ai l’impression qu’il n’intéresse personne parce qu’il vient bien après d’autres sujets jugés plus importants. Pourtant tout est lié et la laideur qu’on laisse s’exprimer partout est bien un symptôme de quelque chose que j’aimerais avoir le temps d’analyser. Je sais qu’Annie Le brun a étudié cette question dans son ouvrage “le nouvel enlaidissement du monde” …
    Si j’avais un article à rédiger en la matière, j’emprunterais volontiers le titre d’Ivan Rioufol : « Pourquoi la France se laisse défigurer ».

    Pour revenir à l’article que vous partagez, j’aurais plutôt choisi comme titre « Pourquoi la France se laisse déculturer ». J’imagine certains commentateurs outrés estimant que cela fait petit bourgeois réac d’extrême droite… Bon, je n’ai pas le temps d’en faire une analyse étayée mais le contenu de l’article Ivan Rioufol me semble pertinent. Concernant la phrase “Le grand remplacement, ainsi nommé par Renaud Camus, est en marche.” Je pense à un autre grand remplacement, un constat que tout le monde fait, celui de toutes les cultures locales et à échelle humaine, de tous les savoir-faire artisanaux par une culture uniformisée, industrielle, des normes et des marques d’entreprise (les seules identités qui resteront), tout ceci rendu légitime par l’idée de modernisme (ce grand bluff technologique comme dirait Jacquels Elull) qu’on ne cesse de marteler.

    En tout cas merci pour le partage.
    Muriel, une fidèle lectrice.

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    • 11 avril 2021 à 18 h 30 min
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      Merci Muriel pour ces pertinentes remarques. La déculturation aussi est un enlaidissement. Merci également pour votre fidélité !

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  • 31 mars 2021 à 18 h 46 min
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    Il n’y a plus vraiment de clivage gauche-droite mais un embrouillamini dû à un productivisme et une consommation qui n’apportent pour beaucoup qu’une illusion de satisfaction passagère, et laissent un vide moral anxiogène. Pour l’heure, deux remèdes sont avancés, l’arriération crasse de l’islam et la supercherie médico-médiatique de la covid. Des deux régressions, qui va gagner ?

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    • 11 avril 2021 à 18 h 25 min
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      … et les croyances de tous ordres, préjugés, superstitions, approximations, généralisations, verbiages, charlataneries, complotismes, etc. : pas des supercheries ?

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  • 9 avril 2021 à 17 h 08 min
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    Mon vieux Gégé, citer le Figaro n’est pas un souci, bien au au contraire, mais “Le grand remplacement, ainsi nommé par Renaud Camus, est en marche. ” et ” Il n’est pas trop tard pour renouer avec les racines chrétiennes. ” pour moi c’est de la merde.
    Tu m’excuseras pour la brièveté et la simplicité brute de mon commentaire, je ne suis pas un habitué des joutes politiques…
    Amitiés sexpoliennes libertaires.

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    • 11 avril 2021 à 18 h 21 min
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      Mon cher Kiki, accorde-moi un peu d’avance (dans le temps, hélas) sur l’usage de la vie et de ses acteurs… et de la méfiance à emprunter les idées pavloviennes en usage courant. Ainsi, plutôt que de considérer ce qui est dit à tout-va sur Renaud Camus, examinons ce qu’il en est de la notion tant décriée de “grand remplacement”. Soit le “grand” peut paraître exagéré, mais s’il s’agit du remplacement réel ou en cours d’une population par une autre, on peut, avec objectivité, constater ce qu’il en est dans certaines communes, notamment dans les banlieues des villes. On ne doit pas omettre non plus la question démographique dans ces mêmes lieux. Et je peux témoigner en connaissance de cause en tant qu’habitant de Saint-Antoine, dans les fameux quartiers Nord de Marseille. Quand on se reverra, je te proposerai une visite “de visu”, pas que des idées toutes faites… Et amitiés de même !

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