On n'est pas des moutons

Archive for septembre, 2006

Qu’est-ce que secte que ça dans « Le Monde » ?

« UU », mon excellent voi­sin de palier dans l’immeuble du monde.fr, vient de s’alarmer et d’alerter le lan­der­neau média­tique au sujet d’une pub parue dans l’honorable Monde domi­ni­cal de ce 18 septembre.

Voici le texte qu’il a adressé au média­teur du jour­nal :

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« Je sai­sis mon cla­vier afin d’attirer votre atten­tion sur une publi­cité que je trouve fort dou­teuse dans le Monde, dans son édi­tion datée du dimanche 17 sep­tembre / lundi, en page 25 pré­ci­sé­ment.
Il y est ques­tion d’une photo, occu­pant le quart de la page, pour la « SUPREME MASTER TELEVISION ». Laquelle s’enorgueillit d’être la seule chaîne de télé­vi­sion en Europe à dif­fu­ser des « émis­sions posi­tives qui apportent une nou­velle dimen­sion de spi­ri­tua­lité et d’épanouissement à nos vies ». Plus loin, on lit qu’on pourra écou­ter des « confé­rences éclai­rées de Maître Suprême Ching Hai ».

« En outre, cette publi­cité donne un lien Inter­net au contenu sur­pre­nant: www.godsdirectcontact.org/links.
[Le lien qu’on trouve sur ce site en fran­çais est : http://www.contactdirectavecdieu.org/]

« Je sou­haite ainsi que vous puis­siez m’éclairer sur trois points:
1/ Avez-vous véri­fié si cette publi­cité n’est pas une tri­bune pour une secte quel­conque ?
2/ Si oui, pour quelle rai­son cette publi­cité a-t-elle été publiée ? Quelle action immé­diate prend le Monde à ce sujet ?
Si non, avez-vous contacté les ser­vices com­pé­tents char­gés de la sur­veillance des sectes en France, notam­ment la mis­sion inter­mi­nis­té­rielles Mivi­ludes [miviludes@miviludes.pm.gouv.fr], que je me suis per­mis de mettre en copie de ce cour­riel ?
3/ Enfin, au delà des réponses que vous appor­te­rez aux deux points ci-dessus, je suis cho­qué par le choix d’une telle publi­cité par un jour­nal de réfé­rence tel que Le Monde. Existe-t-il une poli­tique quant au choix des annon­ceurs ? Et quelle est-elle ?
Je sou­haite vive­ment que vous puis­siez appor­ter des réponses satis­fai­santes à ces questions.

« Pour votre infor­ma­tion, une recherche rapide sur Inter­net semble indi­quer qu’il s’agit d’une secte.
Note : Je sou­haite dif­fu­ser ce cour­riel sur mon blog per­son­nel d’ici quelques jours. Si tou­te­fois vous sou­hai­tez vous y oppo­ser, je vous remer­cie de m’en faire part dans les plus brefs délais, ainsi que des motifs jus­ti­fiant votre refus.
Sin­cères salu­ta­tions, UU, agis­sant en qua­lité de simple citoyen. Abonné au jour­nal Le Monde depuis plu­sieurs années. Blog per­son­nel: huuan.blog.lemonde.fr

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La « guerrémondo » frappe à Bobo-Dioulasso

Bobo-Dioulasso. Deuxième ville du Bur­kina Faso,  à cinq heures au sud-ouest de Oua­ga­dou­gou, route à moi­tié défon­cée, avec bouts de pistes, détrem­pées par la mous­son. Un déluge toute la nuit der­nière. Les tôles de l’hôtel ensor­ce­lées comme des djembé — Bobo en est une des capi­tales, ainsi que du balafon.

« Bobo » et « Dioula » sont deux tri­bus réunies ici sous le même toit, « so » en dioula. L’Afrique pro­fonde, aux confins du Mali et de la Côte d’ivoire, dont la guerre civile a tout cham­boulé, jusqu’ici même. Reflux forcé de mil­liers de Bur­ki­nabé, ren­voyés « chez eux » pour cause de dan­ger mor­tel et au nom de l’ « ivoi­rité ». Alors qu’Ivoiriens ils sont deve­nus géné­ra­tion après géné­ra­tion, les uns et les autres par­lant une même langue, vivant une même culture. Vic­times « post-colatérales » des fron­tières coloniales.

Donc, à Bobo, ce n’est pas la joie – sauf celle assez spon­ta­née des Bobo­lais. Le mal se nomme pau­vreté, hurle au long de rues qu’on peut encore ima­gi­ner pim­pantes, jadis, en des temps plus fastes. Des rues à la fran­çaise, tra­cées au cor­deau mili­taire, tatouées de nos plaques bleu-émaillées où alternent le « gou­ver­neur Faid­herbe », « Mamou­rou Konaté », « Révé­rend Père Nadal », l’ « ave­nue de la Révo­lu­tion »… Car le Bur­ki­nabé est géné­ra­le­ment de bonne com­po­si­tion, sou­riant et drôle sou­vent, pas revan­chard pour deux rond. Il pour­rait l’être,  lui dont les ancêtres ont nourri des bataillons de tra­vailleurs for­cés, bêtes de somme à pous­ser le che­min de fer depuis Abid­jan jusqu’à Ouaga , com­bat­tant de « nos » guerres, les grandes et aussi l’Indo et l’Algérie, tous clas­sés « tirailleurs séné­ga­lais » puisque nègres, à quoi bon nuancer.

Des temps colo­niaux, outre les cica­trices sociales, morales, cultu­relles, poli­tiques, il demeure quelques aspects… « posi­tifs » — je mets les pin­cettes, son­geant aux der­niers déboires d’Alain Rey, tan­dis que des locaux éclai­rés s’encombrent moins pour recon­naître cer­tains « bien­faits ». Et de citer les parcs natu­rels sans les­quels les forêts seraient déjà par­ties en fumées – c’est le cas tout autour de Ouaga –, avec lions, élé­phants et gazelles ; ou encore ces ave­nues de Bobo, si heu­reu­se­ment ombra­gées par la grâce de man­guiers et kapo­kiers, magnifiques.

Bref, avec son côté pro­vin­cial, Bobo-Dioulasso serait un pos­sible et pai­sible havre. Oui mais : ses men­diants, enfants ou plus vieux (de vieillards, point ou bien peu, tous déjà morts, espé­rance de vie  47 ans), ses désoeu­vrés innom­brables qui har­ponnent le Blanc jusqu’à l’exaspérer… Par­cou­rir une rue comme une variante de Hans-l’enchanteur, en terre de misère. Se réfu­gier à l’abri d’un vigile, repar­tir jusqu’au suivant.

La guerre ivoi­rienne a per­verti jusqu’au com­merce des gens, comme il en est des mar­chan­dises. On croise ainsi des jeunes à la mode abid­ja­naise, allure de rap­peurs US ou rasta , tee-shirts à l’effigie du Che ou de Bob Mar­ley, tout dans la dégaine, écou­teurs, CD, col­liers à vendre. Ils inter­pellent le tou­bab – le Blanc – par­lant un argot des ban­lieues pari­siennes comme si, désor­mais dans leurs têtes, ils habi­taient « là-haut ».

La crise, c’est peu dire, ajou­tée à celle du pétrole et de la « guer­ré­mondo », comme chante Zao, le Congo­lais. Cette mon­dia­li­sa­tion à tout va comme je te pousse, qui frappe toute la petite éco­no­mie d’Afrique, à com­men­cer par les trans­ports. Même le deux-roues – modèle domi­nant, quasi unique, bour­ri­cot moderne – voit s’accomplir une révo­lu­tion : les Chi­nois, invi­sibles pour­tant, ont débar­qué, déver­sant des hordes de « jakarta », ces moto­cy­clettes clin­quantes, qui en jettent, chrome et cou­leurs fluo, qu’on dirait des « filles d’amour » — et sur­tout trois, voire quatre fois moins chères que les fran­çaises (Peu­geot) et japo­naises (Yamaha) mon­tées ici, à Bobo même, dans sa presque seule usine (une cen­taine de sala­riés, plus les bou­lots induits), mena­cée de faillite et de fermeture.

Bobodioulassogp110906

Voilà, en pas­sant, cette carte pos­tale, avec ins­tan­tané pris ce dimanche à la gare rou­tière de Bobo. Et à pro­pos d’images : ici, nulle effi­gie visible de Ben Laden (comme j’en ai vu sur d’autres tee-shirts à Nia­mey, au Niger), un islam à l’africaine, bordé d’animisme et de chré­tienté – mélange sem­blant tenir face à la néces­sité de sur­vivre. Le seul vrai culte, chaque jour imposé.

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Le Gri-Gri interdit d’hommage à Gaston Monnerville

Le Gri-Gri, inno­cent, idéa­liste et rêvant d’une France apai­sée, récon­ci­liée avec elle-même et ses enfants, se fai­sait une joie d’aller assis­ter, le mardi 5 sep­tembre 2006, à l’inauguration de l’esplanade Gas­ton Mon­ner­ville, dans les jar­dins de lOb­ser­va­toire, dans le VI° arron­dis­se­ment de Paris. 

  Pour mémoire, rap­pe­lons que le Guya­nais Gas­ton Mon­ner­ville fut pré­sident du Sénat français. 

  Un Noir à la tête d’une ins­ti­tu­tion, c’est déjá pas souvent. 

  Un Noir honoré après quon lui eut confié les clés de cette ins­ti­tu­tion, c’est du jamais vu. 

  La Répu­blique, le petit doigt sur la cou­ture, Mar­seillaise et tout le tou­tim, hommes et femmes poli­tiques de pre­mier plan en goguette et sur leur 31, allait tous nous réconcilier. 

   Seule­ment voilà … 

  A 11 heures 15, le match de Boxe Gri-Gri vs CRS a commencé. 

  Lorsque je me suis pré­senté á l’entrée, on ma refusé  le pas­sage. Pire : on ma bous­culé, agrippé par les vête­ments, repoussé vio­lem­ment. Comme le pre­mier Malien « char­te­ri­sable » venu ! Jai crié à l’aide ! Le CRS a reculé lorsque j’en ai appelé aux témoins de ce déni démo­cra­tique, de cette entrave carac­té­ri­sée à la liberté de la presse. 

  J’ai fait le tour des jar­dins de l’Observatoire, bien décidé à  entrer coûte que coûte. J’ai des lec­teurs à  infor­mer, moi. Là, après les CRS, les Men in black à  oreillettes !!! 

  Ber­trand Dela­noë, le maire de Paris, qui assis­tait à l’inauguration, n’a pas eu un geste, lorsqu’il m’a vu, empoi­gné par les CRS. Il est vrai que c’était pour lui, pour sa sécu­rité que tous ces CRS étaient là. Pour­quoi on ne ma pas laissé entrer ? 

  PARCE QUE JE N’AVAIS PAS DE CARTON DINVITATION !!! 

  Ils ne sont pas nom­breux, les Noirs que la Répu­blique fran­çaise honore. Mais si lorsqu »“on se décide à en célé­brer un, c’est entre Blancs de la Répu­blique que ça doit se pas­ser… Et si, en plus, la presse sati­rique est enfer­mée dehors… Quid de la liberté de la presse ? Quid de l’hommage de la nation dans ces conditions ? 

 

Gré­gory Protche, rédac­teur en chef du Gri-Gri Inter­na­tio­nal.

www.legrigri.info <http://www.legrigri.info>

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Un mal rampant frappe l’Afrique : la pandémie colloquienne

Oua­ga­dou­gou. Qui dira un jour le nombre de sémi­naires, congrès et autres col­loques que l’Afrique, en sa cin­quan­taine d’États, aura pu ins­crire dans la lutte sans fin contre la pau­vreté? C’en est une indus­trie, une des rares flo­ris­santes sur le conti­nent noir. En vivent, et sou­vent fort bien, toute une flo­pée d’organisateurs, orga­nismes, orga­ni­sa­tions… S’en nour­rissent, plus chi­che­ment, un cor­tège de « sémi­na­ristes », sou­vent les mêmes, col­lec­tion­nant sty­los, bloc-notes et porte-documents à l’effigie de telle ou telle ONG.

En vivent aussi les peintres sur cali­cot à qui l’on confie le soin de clai­ron­ner aux popu­la­tions misé­reuses la fin loin­taine de leurs tracas.

Corol­laire immuable : les tar­tines d’étouffe-lecteurs éta­lées à pleines pages dans les gazettes bour­ra­tives, les pom­peux dis­cours retrans­mis en long et en large sur les ondes radio et télé. Les soldats-journalistes du déve­lop­pe­ment – désor­mais durable –  ont répondu à l’ordre de mobi­li­sa­tion. Car les ONG n’auront pas man­qué de payer les­dits « jour­nal­listes » alors conviés, sinon convo­qués, à ces agapes de pen­sée molle, à ces messes auto-congratulantes.

« Sid­waya » (la vérité), quo­ti­dien d’État de Oua­ga­dou­gou (Bur­kina Faso), en sa livrai­son du mardi 5 sep­tembre livre son échan­tillon du jour. Un pur spé­ci­men inti­tulé « Cadre stra­té­gique de lutte contre la pau­vreté. Rendre opé­ra­tion­nel le dis­po­si­tif de suivi-évaluation ». Beau comme l’antique avec son cha­peau de temple corin­thien gra­vant dans le marbre une « étude sur l’opérationnalisation dudit dis­po­si­tif ».

Il est tout de même ras­su­rant d’apprendre que « les dif­fé­rents acteurs sont repar­tis nan­tis de capa­cité à même d’élaborer et de pro­duire des rap­ports de suivi-évaluation répon­dant aux exi­gences des stra­té­gies de lutte contre la pau­vreté et aux attentes des bailleurs de fonds. » Et que les scep­tiques s’écrasent – sous le poids de « trois rap­ports consi­gnant les résul­tats de ladite étude ».

Avec deux pho­tos à l’avenant, ça vous cale une page d’intérêt plus que nul, qui finira dans le press-book glo­ri­fiant l’ONG éra­di­queuse de pau­vreté et le minis­tère atte­nant. Jusqu’à la revoyure pro­chaine. Cer­née par une telle pan­dé­mie col­lo­quienne, c’est sûr, la misère n’a qu’à bien se tenir.

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Ouagadougou. Le casque obligatoire déclenche une émeute

Oua­ga­dou­gou, Burkina-Faso. Quelle affaire que cette his­toire de casques ! La ville mise qua­si­ment à feu et à sang : bagarres entre mani­fes­tants et CRS – ils ont la même appel­la­tion et savent aussi user et abu­ser de la matraque et du lacry­mo­gène – un auto­bus atta­qué, des bles­sés, des inter­pel­la­tions mus­clées à tout va, quelque 150 deux-roues saisis.

L’explosion s’est pro­duite ce ven­dredi 1er sep­tembre, jour de mise en appli­ca­tion d’un décret de 2003, réac­tivé sans effet en avril der­nier. Cette fois, pour de bon, il s’agissait d’obliger les uti­li­sa­teurs de deux-roues à por­ter le casque. Or, à Ouaga comme dans l’ensemble du « Pays de l’homme intègre », vélos, vélo­mo­teurs et moto­cy­clettes en tous genres consti­tuent le pre­mier mode de dépla­ce­ment. On doit en dénom­brer des cen­taines de mil­liers qui vibrionnent en tous sens et en essaims empes­tant l’atmosphère. Tou­cher au deux-roues, c’est atten­ter à l’ordre (appa­rent) du monde bur­ki­nabé. Ce qui s’est produit.

Lundi donc, tan­dis que je débar­quais à Oua­ga­dou­gou, on ne par­lait encore que de « ça ». Mais de casque sur le têtes des vélo­mo­to­ristes, point !

Ne parais­sant pas le week-end, les quo­ti­diens, se rat­tra­paient à pleines pages. « La révolte des sans-casque » titrait en une Le Pays. « Les émeutes du casque », cla­mait L’Observateur, qui consa­crait six pages à l’événement, dont une de com­men­taires par­ti­cu­liè­re­ment fins et viru­lents, venant appuyer repor­tages et débats.

Signé « la rédac­tion » et sous le titre « Ques­tion d’opportunité », l’article pra­tique une belle mise en pers­pec­tive. Cela part de la rumeur selon laquelle « un proche du pré­sident Com­paoré en per­sonne aurait des contai­ners de casques qui n’attendraient que des têtes por­teuses pour être écoulées »…

Sans fon­de­ment avéré, par défi­ni­tion, le ragot, ajoute l’auteur, « tra­duit à tout le moins la haute estime dans laquelle les Bur­ki­na­bés tiennent leurs diri­geants ». Et de rap­pe­ler l’autre affaire du  genre, celle du « casque Mariam », au Mali. Là, c’est le pré­sident Moussa Traoré qui en son temps décida aussi, « pour pro­té­ger les citoyens » d’imposer le port du casque – mais pas n’importe lequel, non : seule­ment le modèle « Pin­gouin » dont son épouse, Mariam, déte­nait le mono­pole de l’importation…

L’article, reje­tant la vio­lence en elle-même, pose mécham­ment sur la table poli­tique  la ques­tion de la pau­vreté: « Depuis quand se préoccupent-ils de notre sécu­rité, ces gens [les poli­ti­ciens] ? Autant qu’on sache, ils n’en ont pas fini avec le grand ban­di­tisme, la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes et tous ces fléaux qui nous pour­rissent la vie. Bien sûr, ils auront vite fait de bana­li­ser les manifs de ven­dredi […], de pré­tendre que ces émeutes du casque étaient l’œuvre de van­dales exci­tés et mani­pu­lés par des poli­ti­ciens en perte de vitesse ». […] « On ne ces­sera jamais de le dire, cette armée de Jean Val­jean dont les rangs ne font que gros­sir au fur et à mesure que les popu­la­tions sont délais­sées sur les bas-côtés du « déve­lop­pe­ment soli­daire » et du « pro­grès continu » n’est cer­tai­ne­ment pas les pré­mices de cette « société d’espérance » qu’on cherche à voir. Quand Blaise Com­paoré va-t-il enfin des­cendre, et sans casque, de sa tour d’ivoire pour voir ce qui se passe dans le pays réel ? »

1lobservateurouaga
On ne sait trop qui, ce fameux ven­dredi, s’est piqué de mon­ter une telle rafle…
Dans toute la ville, des flics ont arrêté les contre­ve­nants, sai­sis­sant et envoyant à la four­rière moby­lettes et motos. Pour récu­pé­rer son engin, rap­porte un repor­ter de
L’Observateur, Adama Oué­draogo habi­tant su sec­teur 9, devra se pré­sen­ter aux pan­dores avec le fameux casque et… cas­quer en plus une amende de 3.000 francs CFA (4,5 euros).

Tout ça alors que viennent de grim­per les prix de l’essence, de l’électricité et tout juste à la veille de la ren­trée sco­laire. « Ils nous ont flat­tés, nous les avons votés et en retour voilà ce qu’ils nous font », s’insurge une femme interrogée.

Et en plus, le casque s’est aussi mis à flam­ber ! De 4.000 francs CFA le jeudi, il est passé à 8.000 (12 euros). Certes, encore dix fois moins cher qu’en Europe… Ben oui, ce sont des modèles chi­nois… La ven­deuse (chi­noise aussi) est ravie : son stock a été déva­li­sée en quelques heures. Pro­chain arri­vage dans deux mois… Les casques de chan­tier feront l’affaire – comme dit un ven­deur oppor­tu­niste : « Casque c’est casque ! »

Et ce n’est pas tout : voilà que des milices « anti­casques » se sont for­mées. « Leurs membres voient rouge quand ils aper­çoivent un por­teur de ce gad­get », qu’ils obligent à aban­don­ner. Casque ou pas casque, tel est à Ouaga le casse-tête de l’homme, ou de la femme, à deux-roues.

Photo L’Observateur Paalga

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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