On n'est pas des moutons

Archive for février, 2009


Sarkozysme. Plus de riches qui paient moins

Un bon schéma vaut tous les bara­tins. D’un seul coup d’œil, voici l’image sèche, bru­tale de la poli­tique sarkozyenne.

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Tra­duc­tion : il y a tou­jours plus de riches, qui paient moins. Le minis­tère du bud­get l’annonce : en 2008, 565 966 foyers ont payé l’impôt de soli­da­rité sur la for­tune (ISF), soit une hausse de 7,2 % par rap­port à 2007. Tan­dis que le pro­duit de l’impôt a baissé, pas­sant de 4,03 mil­liards en 2007 à 3,81 mil­liards d’euros en 2008.

C’est de la faute à « Tepa » – t’es pas le der­nier à t’en foutre plein les fouilles. Il s’agit de la loi dite en faveur du tra­vail, de l’emploi et du pou­voir d’achat. Cette mesure est plus connue sous sa forme vul­gaire de « paquet fis­cal », lequel atteint sa dou­zaine de mil­liards d’euros par an, car il ne se limite pas à l’ISF. Cette loi (du plus fort, au plus riche) per­met aux foyers d’imputer sur leur ISF 75 % du mon­tant qu’ils ont investi direc­te­ment ou via un hol­ding dans le capi­tal de PME, jusqu’à 50 000 euros. 73 249 foyers ont recouru au dis­po­si­tif, cor­res­pon­dant à un manque à gagner de 660 mil­lions d’euros pour le Tré­sor public. De son côté Bercy « se féli­cite » : Tepa aurait per­mis de drai­ner 1,1 mil­liard d’euros vers les PME. D’où, sans doute, la pous­sée du chômage…


Avignon. Dehors les artistes ! Bienvenue aux marchands !

Se révol­ter dix fois par jour, il y a de quoi. Et com­ment ! Exemple tout chaud : la muni­ci­pa­lité d’Avignon éjecte une école publique au pro­fit – c’est le mot, l’abominable mot – d’une entre­prise pri­vée qua­li­fiée de « col­lec­tion d’art ». L’école aussi est « d’art », donc plus artis­tique que la bou­tique sus-​nommée puisque se situant en amont de ce que l’autre récu­père en aval du biz­ness. Seule­ment voilà, le tenan­cier et pro­prio de ladite bou­tique n’est autre que le fameux gale­riste pari­sien Yvon Lam­bert, sis sous sa ver­rière, rue Vieille-​du-​Temple. Dans les années 90, celui-​ci a ouvert sa suc­cur­sale – fort belle il est vrai, quand on aime on compte pas… – « en Avi­gnon ». Avec la bien­veillante com­pli­cité de Marie-​Josée Roig, maire UMP de l’antique cité des papes, allouant l’Hôtel de Cau­mont à la Col­lec­tion Lam­bert qui ouvre ainsi ses portes en juillet 2000.

L’été der­nier, Yvon Lam­bert annonce qu’il envi­sage de faire une dation à l’État fran­çais de 300 œuvres de sa col­lec­tion, pour une valeur esti­mée à, miam-​miam, envi­ron 60 mil­lions d’euros, dans le cadre de la créa­tion à Avi­gnon d’un centre d’art contem­po­rain per­ma­nent. Une exten­sion des locaux actuels s’imposerait alors, par exemple cet hôtel de Mont­fau­con voi­sin, occupé depuis 1998 par une école muni­ci­pale d’art. Ni une ni deux, les deux com­pères Yvon et Marie-​José topent là. Et exit l’école d’art dont le direc­teur apprend la nou­velle dans La Pro­vence, à l’heure du petit noir. Pas de concer­ta­tion, pas même d’information. Il est des urgences et des inté­rêts qu’on ne com­mande pas. La maire d’Avignon n’allait tout de même pas ris­quer de voir Mon­sieur Lam­bert délo­ca­li­ser son bar­num on ne sait trop où. Dans le quar­tier de Chel­sea à New York où il a déjà un pied-​à-​terre. Ou encore à Venise, hor­reur !, dans le sillage de Mon­sieur Pinault.

Et l’école d’art ? Bah, il suf­fira de la délo­ca­li­ser – c’est à la mode, mais tout de même mal vu… Certes, ce ne sera que hors les rem­parts. Mais encore ? Eh bien dans une cité HLM où crou­pit un vieux col­lège désaf­fecté qu’il suf­fi­rait de repeindre à la chaux, ce dépouille­ment qui sied tel­le­ment aux artistes – « la bohè­meu »… Le plus gon­flant pour l’école, ainsi que le rap­pelle son direc­teur, Jean-​Marc Fer­rari, c’est qu’elle a été « tota­le­ment impli­quée dans la genèse de la col­lec­tion ». Le pro­jet ini­tial, en effet, asso­ciait le centre d’art à l’école de for­ma­tion et de recherche – ce qui a bel bien fonc­tionné jusqu’à pré­sent. C’est-à-dire jusqu’à ce que ce foutu pro­fit ne rap­plique sous sa vraie nature, celle du pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette. L’expansion, la crois­sance conti­nue, les bulles écla­tées. Et tout le tou­tim, s’il faut mettre les points sur les i.


« J’ai mal au travail » – Film et colloque, 21 et 22 février à Vitrolles (13)

Ce 2 août 2006, Jérôme Bianco, 32 ans, tra­vaillait, sans for­ma­tion préa­lable, sans casque, sur une plate-​forme aux garde-​corps non adap­tés. Il est tombé d’une hau­teur de huit mètres et a été tué sur le coup. Un drame comme il s’en pro­duit dans les 500 chaque année, rien qu’en France. Celui-​là, c’est le drame de Michel Bianco, le père de Jérôme, un ami de Venelles (Bouches-​du-​Rhône) qui, depuis, jour après jour, bataille contre la machine broyeuse aux mul­tiples visages : machine de l’exploitation au nom du Ren­de­ment, machine judi­ciaire, machine des médias et de leur quasi indif­fé­rence devant cette guerre sans nom – donc inexistante.

Selon l’assurance-maladie, en 2005, 482 sala­riés sont morts au tra­vail. Sec­teurs les plus tou­chés : le bâti­ment et les tra­vaux publics, les ser­vices, la métal­lur­gie, les trans­ports, l’énergie. C’est aussi dans le bâti­ment que l’on compte le plus grand nombre d’accidents ayant entraîné une inca­pa­cité per­ma­nente : 51.938 en 2005.

Un col­loque orga­nisé par le PCF va se tenir à Vitrolles (13) ce samedi 21 février sur le thème de la santé et de la sécu­rité au tra­vail. La veille, à 18 h 30 au cinéma Les Lumières sera pro­jeté le film de Michel Carré « J’ai mal au tra­vail ». Pro­jec­tion sui­vie d’un débat avec le cinéaste et Annie Thébaud-​Mony, auteur du livre « Tra­vailler peut nuire gra­ve­ment à la santé ».

« Ris­quer sa santé et sa vie au tra­vail : une fata­lité? » sera le thème du col­loque du len­de­main (dès 9 heures à la mai­son de quar­tier du Rou­cas). Témoi­gnages et débat, notam­ment avec Gérard Filoche, ins­pec­teur du tra­vail, mili­tant syn­di­cal et poli­tique, et bête noire dans ce secteur.

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Truismes (de gauche), par Stéphane Sirot

Dans sa rubrique « L’invité de la semaine », L’Humanité a publié la semaine der­nière un texte savou­reux autant que judi­cieux, donc à lire sans tar­der. Il est repro­duit ici sans l’accord de l’auteur, au nom du prin­cipe d’intérêt géné­ral. Sté­phane Sirot, est his­to­rien, spé­cia­liste des mou­ve­ments sociaux et du syndicalisme (*).

Vous vou­lez convaincre un voi­sin ou un proche, attiré par les sirènes misé­ra­bi­listes des dis­cours de faux bon sens ambiants, qu’un autre monde est pos­sible et qu’il doit for­cé­ment pen­cher vers la gauche ? Alors revenez-​en à quelques saines évi­dences. Posez quelques ques­tions simples.

On vous dit que des éco­no­mies sont néces­saires, que dans un uni­vers de com­pé­ti­tion mon­dia­li­sée l’État ne peut plus se per­mettre d’être social ? Deman­dez pour­quoi après la Seconde Guerre mon­diale, dans un pays exsangue, il a été pos­sible de créer la Sécu­rité sociale, de natio­na­li­ser les grands sec­teurs éco­no­miques, de mul­ti­plier les droits sociaux. Dans une France plu­sieurs cen­taines de fois plus riche qu’il y a soixante ans, on serait donc obli­gés de tout brader ?

On vous dit que la France ne peut plus vivre au-​dessus de ses moyens, qu’en vou­lant pré­ser­ver votre sta­tut et conti­nuer de pro­té­ger des plus expo­sés aux aléas de la vie, vous êtes déci­dé­ment un fieffé dépen­sier sans cer­velle ? Sou­li­gnez qu’à de très rares excep­tions près (comme l’année 2009…), notre pays a conti­nué de pro­duire chaque année des richesses, certes moins vite que pen­dant les « trente glo­rieuses », mais en a pro­duit quand même. Et rap­pe­lez, en cas d’oubli et contrai­re­ment à ce qu’on semble vou­loir nous faire croire par­fois, que la France ne fait pas encore par­tie du tiers-​monde…

On vous dit que la France vieillit, qu’il y a de moins en moins de jeunes actifs, que l’espérance de vie s’allonge, donc qu’il faut tra­vailler pour­quoi pas jusqu’à 70 ans ? Répon­dez que d’après le très sage Comité d’orientation des retraites, à peine 0,4 % de coti­sa­tions en plus auraient pu suf­fire à main­te­nir les 37,5 annui­tés d’antan.

On vous dit qu’avec des caisses vides, des entre­prises sou­mises à une concur­rence féroce, on ne peut pas aug­men­ter les salaires et encore moins amé­lio­rer le pou­voir d’achat ? Rétor­quez que les ser­vices de la Com­mis­sion euro­péenne, peu connus pour être un repère de gau­chistes, ont chif­fré à quelque 170 mil­liards d’euros le trans­fert annuel des richesses du tra­vail vers le capi­tal. Ajou­tez que la part des divi­dendes ver­sée aux action­naires a été mul­ti­pliée par cinq au cours de vingt der­nières années.

Pour clore le tout, ter­mi­nez en rap­pe­lant que sous nos yeux, pris la main dans le sac, les États occi­den­taux ont sorti de leur cha­peau de magi­cien des cen­taines de mil­liards et pro­cédé à des natio­na­li­sa­tions honteuses.

Et si tout était pos­sible, finalement ?

(*) A notam­ment publié : La Grève en France (Éd.Odile Jacob, 2002) et Les syn­di­cats sont-​ils conser­va­teurs ? (Éd. Larousse, 2008).



Faber, c’est pour dire que c’est aussi très drôle

Faber… C’est pas pour dire mais quand même… Si si. Eh ben voilà. Ça devait arri­ver. Car il l’a fait. Il a osé. Péan devrait s’en mêler. L’Omni aussi, du même coup. Pour résu­mer : Faber vient de lan­cer son blog. J’ai pas retenu l’intitulé, y a un jeu de mots. M’enfin, voyez Mon­sieur L’Homme qui explique ça en cro­bard pour les sourds dans mon genre. Un clic dans le cadre, et hop, vous y voilà !

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Affaire Kouchner. La Morale a un coût

Mêlons-​nous donc de ce qui nous regarde, en poli­tique comme en conduite per­son­nelle : la morale. Au delà de ses éven­tuels atten­dus judi­ciaires, l’affaire Kouch­ner se situe bien d’abord sur ce plan, celui de l’éthique et des valeurs – si on ose dire avec ce mot ambi…valent. Qu’en est-​il de ce ministre de la Répu­blique et de ses rap­ports à l’Argent ? Plus géné­ra­le­ment, com­ment l’argent peut-​il per­ver­tir le com­por­te­ment humain ?

Est-​ce la néces­sité qui pousse cer­tains vers l’appât du lucre, ou bien ce même appé­tit insa­tiable qui, comme un manque, une addic­tion, les condamne à l’accumulation com­pul­sive ? Dans le cas pré­sent, la néces­sité ne paraît guère fla­grante. Il s’agirait donc d’une variante de bou­li­mie por­tant sur l’Argent, une sorte de mala­die plus ou moins hon­teuse, selon l’état de santé même du Grand Régis­seur de la chose, le Capi­ta­lisme – très mal en point par les temps qui courent…. En consé­quence d’un tel diag­nos­tic, on ne sau­rait repro­cher son mal à un malade, et moins encore lui deman­der des… comptes. La Jus­tice recon­naît ces cas, qu’elle sait exclure de la res­pon­sa­bi­lité pénale.

Pénale, certes. Mais restons-​en à la morale. Là encore, on ne sau­rait repro­cher à une vic­time d’en man­quer – à condi­tion, là aussi, de réduire son degré de res­pon­sa­bi­lité. En quoi il ne fau­drait pas non plus exa­gé­rer à la baisse, ni faire preuve de ce laxisme si sou­vent repro­ché aux juges envers les délin­quants. D’ailleurs il n’y a pas ici de délit prouvé. Non, on s’en tient à la morale. Ce qui com­plique la donne, c’est une autre mala­die frap­pant si sou­vent aussi l’homo avi­dus : la soif du Pou­voir. Ce qui aggrave tout car avoir faim (de lucre) et, en plus, soif (de pou­voir), ça brouille le sens des valeurs. À en renier ses idéaux proclamés.

Tout cela au moment où un cer­tain et tout neuf pré­sident états-​unien, sur ce même registre de l’éthique et de la poli­tique, éjecte avec éner­gie deux futurs proches col­la­bo­ra­teurs en déli­ca­tesse avec le fisc. Au moment où le même ose réfré­ner le fameux appé­tit de lucre des grands diri­geants d’affaires (oh , à 500.000 dol­lars par an, pas de quoi lan­cer une quête). Il devrait se méfier, cet Obama, car la Pari­zot des patrons se fâche et le dit bien fort dans le Figaro. De plus, il s’expose aussi à contra­rier notre Omni qui, avec son homé­lie sur la « mora­li­sa­tion » du capi­ta­lisme passe ainsi pour un enfant de choeur.

Et Kouch­ner dans tout ça ? Il mord. Il se vic­ti­mise aussi : ce Péan n’a-t-il pas l’outrance de l’accuser de «cos­mo­po­li­tisme anglo-​saxon», ce qui pour­rait déno­ter des relents anti­sé­mites et donc d’un com­plot « nau­séa­bond » – terme employé par Bernard-​Henri Lévy dans sa viru­lente défense de son ami. Lequel BHL, rappelons-​le, tire quelques sub­stan­tiels reve­nus fami­liaux de la forêt gabo­naise (deviendrais-​je à mon tour malodorant ?)

Encore une obser­va­tion à pro­pos de cette affaire : cette remar­quable dis­cré­tion du Monde. Soit une demi-​colonne à la page 12 et rien à la une de l’édition de jeudi. Et cet édito du len­de­main titré « Le cos­mo­po­lite» et ainsi résumé par l’éditeur : « A en croire l’écrivain Pierre Péan, l’actuel ministre des affaires étran­gères serait condam­nable parce que cou­pable de « cos­mo­po­li­tisme anglo-​saxon », de « droitsdel’hommisme » et de « néo­li­bé­ra­lisme ». Ces mots ne prêtent pas à rire. Ils sont détes­tables et jettent une ombre idéo­lo­gique sur le livre de M. Péan. »

« Le livre de Péan »… Bon sang mais c’est bien sûr… N’est-ce pas cet auteur d’un autre détes­table ouvrage où il fut ques­tion de la face cachée d’un grand quo­ti­dien du soir ?

Comme aurait dit Lavoi­sier : Rien de secret, tout se tient (et se paie).

PS : Des docu­ments (fac-​simile de fax, archives de sites) sur cette affaire sont publiés sur les sites de Bak­chich et de Chal­lenges. Pour­quoi n’en est-​il pas fait état sur la place publique ? Voir :

http://​www​.bak​chich​.info/​a​r​t​i​c​l​e​6​4​2​6​.​h​tml

http://​www​.chal​lenges​.fr/​m​o​n​d​e​/​2​0​0​9​0​2​0​2​.​C​H​A​0​6​4​1​/​a​f​f​a​i​r​e​_​k​o​u​c​h​n​e​r​_​_​c​h​a​l​l​e​n​g​e​s​_​a​_​r​e​t​r​o​u​v​e​_​l​e​_​s​i​t​e​_​f​a​n​t​o​m​e​.​h​tml


Lèse-​majesté

img_0386.1233844884.JPGJe le disais bien ci-​dessous à popos de la der­nière manif” : ce pré­sident n’est plus res­pecté, car il n’est pas res­pec­table. Nou­velles preuves avec ces deux sou­ve­nirs gra­phiques. Quand on ne craint plus le lèse-​majesté, c’est que le roi est nu.

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Pho­tos X.


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