par Pas­cal Heis­se­rer

Il est tou­jours pos­sible d’examiner la ques­tion de la par­ti­ci­pa­tion de la France (et des démo­cra­ties occi­den­tales) aux J.O. en Chine à par­tir de consi­dé­ra­tions telles que toute prise de posi­tion claire, nette et tran­chée passe pour inutile et vaine.


En effet, si on com­mence par mettre en balance la par­ti­ci­pa­tion aux J.O. et l’amélioration effec­tive des droits de l’homme en Chine, on peut dis­ser­ter lon­gue­ment sur l’opportunité de boy­cot­ter ou de par­ti­ci­per et se deman­der à l’infini si c’est la stra­té­gie d’ouverture ou de fer­me­ture qui est la plus à même de pro­duire des résul­tats posi­tifs.

En effet, que ce soit pour l’épineuse ques­tion du Tibet (auto­no­mie ou indé­pen­dance, auto­no­mie cultu­relle ou auto­no­mie poli­tique, liber­té reli­gieuse ou recon­nais­sance en tant que mino­ri­té), pour les atteintes à la liber­té de la presse, pour l’absence de plu­ra­lisme poli­tique, pour l’impossible alter­na­tive poli­tique (pas d’opposition libre) il est, à peu près, cer­tain que boy­cot­ter ou par­ti­ci­per n’aura pas beau­coup d’effets sur la poli­tique conduite par les auto­ri­tés chi­noises. Cer­tains mêmes pré­disent que le boy­cott serait contre-pro­duc­tif.

De plus, si on se demande encore si c’est en par­ti­ci­pant ou en boy­cot­tant que l’on va ame­ner la Chine à aban­don­ner toute volon­té de recou­vrer sa sou­ve­rai­ne­té sur Taï­wan, à ne plus faire des essais mili­taires mena­çant le Japon, à ne plus faire tra­vailler les enfants, à aug­men­ter les salaires, bref à ne plus jouer la carte du dum­ping social pour expor­ter à bas-prix, à res­pec­ter l’environnement (la liste des incri­mi­na­tions est longue), à ne plus recou­rir mas­si­ve­ment (voire du tout) à la peine de mort, etc, on risque à nou­veau de ne pas être d’accord sur la meilleure atti­tude à adop­ter.

Poser le pro­blème en ces termes, c’est se mettre dans une situa­tion où le levier (par­ti­ci­pa­tion ou boy­cott) est sans com­mune mesure avec l’objectif à atteindre (pro­ces­sus de démo­cra­ti­sa­tion glo­bale de la Chine).
C’est, qu’on le taise ou le confesse, se cacher der­rière son impuis­sance et se plier à la réa­li­té (chi­noise) telle qu’elle est. Par consé­quent, comme il y a de toute manière peu de chances ou d’espoirs que les choses changent - qu’on y aille ou pas -, autant y aller et gla­ner quelques médailles !!!

Il existe encore une seconde manière de com­pli­quer inuti­le­ment la ques­tion.

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JO de Mexi­co, 1968. Tom­mie Smith, vain­queur du 200 mètres, et John Car­los, 3e, montent sur le podium avec l’Australien Peter Nor­man. Ils lèvent le poing pen­dant l’hymne amé­ri­cain pour pro­tes­ter contre les dis­cri­mi­na­tions raciales aux USA. Ils sont exclus à vie des JO. Dom­mage, ils ne vont pas concou­rir à Pékin…

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