Je vous invite à un détour vers mon site pro­fes­sion­nel, Cinqsurcinq.net, où vient d’être mis en ligne un article des plus inté­res­sants sur le métier d’informer. Sous le titre «Il n’est de bons lec­teurs qu’en réponse à de bons conte­nus», ce texte est en fait le récit d’une expé­rience, celle menée par Alain Rol­lat à la direc­tion de Centre Presse, à Rodez.

Ancien et répu­té jour­na­liste du Monde, pre­nant en l’an 2000 les rênes du petit et fier quo­ti­dien avey­ron­nais, Alain Rol­lat se garde bien d’importer quelque recette miracle. Davan­tage héri­tier de Beuve-Méry que de la nou­velle garde du quo­ti­dien «de réfé­rence», il met en appli­ca­tion quelques prin­cipes forts du jour­na­lisme et du management. 

Selon lui, par exemple, la réus­site d’une entre­prise est liée à l’excellence de sa poli­tique sociale, et les ventes pro­gressent quand on res­pon­sa­bi­lise une rédac­tion dans le res­pect des lec­teurs. Ce qui se pas­se­ra en effet à Centre Presse qui, en deux ans, ver­ra ses ventes pro­gres­ser de 1,5 % (de 1000 exem­plaires en kiosque). Le chiffre paraî­trait ridi­cule à un indus­triel conven­tion­nel. Un Eldo­ra­do aux gens de presse, qui voient depuis vingt ans la PQR perdre chaque mois des lecteurs.

Alain Rol­lat ne détient pas la pana­cée. Comme tout un cha­cun, il sait que la crise de la presse relève de causes mul­tiples et com­plexes appe­lant à une réflexion d’ordre sys­té­mique, aus­si fine que pous­sée. Son article apporte une pierre impor­tante à une telle réflexion. 

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