Cause toujours

Cause toujours, c’est de la pub




Bonnes pubs et bonnes causes, possible ? En tout cas, bien joué de la part du Collectif Urgence Darfour qui a bien profité de l’élection de qui vous savez. La veille, l’image-choc d’une page pleine du Monde. L’autre image le lendemain interpelle la candidate et les citoyens-électeurs. Du coup, si on a vu la première pub, on réalise qu’elle a fonctionné sur le mode « teasing ». La seconde, si on a vu que celle-là, peut paraître décalée, voire lourdement accusatrice et donneuse de mauvaise conscience. Bref on est toujours dans les ressorts de la pub (signé Havas) et dans ce qu’elle a de couillonnant. Et qu’en pensez-vous?

Partager

Une réflexion sur “Cause toujours

  • 20 novembre 2006 à 10 h 42 min
    Permalien

    Le travail d’un journaliste est d’ouvrir les yeux de ses concitoyens sur la réalité pour qu’ils puissent déterminer leur conduite en toute liberté de choix ; son domaine d’activité, c’est la chose publique, la res publica. Le travail d’un publicitaire, c’est tout le contraire, est de restreindre leur choix pour leur faire accepter une option les yeux fermés ; son domaine, c’est celui, privé, de la consommation.
    Les moyens du journaliste sont l’honnêteté et une certaine neutralité : la présentation des articles est uniformisée, il ne dispose que d’une poignée de codes visuels pour indiquer l’importance qu’il donne à chaque article et à la hiérarchie entre eux : titraille, longueur du texte, multiplication des angles par les encadrés, les photos… laissant du champ à l’intelligence du lecteur.
    Les moyens du publicitaire sont la couillonnade, comme dit Gérard, la manipulation diraient les psys (la manipulation n’est pas condamnable en elle-même : maniée avec éthique, elle peut être un procédé thérapeutique). Mais en publicité, ne parlons pas d’éthique : tous les moyens sont bons.
    Le travail d’une ONG de venir en aide aux populations dans le malheur et, pour cela, commencer par ouvrir les yeux de ses concitoyens. Si elle estime que les moyens des journalistes ont été insuffisants, pourquoi n’emploierait-elle pas ceux du publicitaire ? (Je ne réponds pas à la question).
    Restent les intentions, et les résultats. Nul doute que le Collectif Urgence Darfour s’adresse au citoyen, pas au consommateur.
    Et qu’il a gagné : j’ai mauvaise conscience.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Translate »