Football. La foi au secours de l’Olympique de Marseille – et de La Provence

Les journalistes sportifs sont admirables. Si ! Et en particulier ceux de La Provence, en ces temps de nouvelle apothéose footballistique. Voilà des semaines qu’ils ne vivent plus normalement, que chaque jour ils doivent renouveler les stocks de qualificatifs, sur le fil tendu entre super et hyperlatifs, risquer la chute molle dans les clichetons, aller et venir de l’Enfer au Paradis selon « la dure loi du ballon rond ». Un exploit dans le genre. Pour le quotidien de Marseille, il s’agit à la fois d’entretenir une mystique et son fonds de commerce.

Pour la « cité phocéenne », le foot tient lieu de mastic social selon un rituel plus romain que grec – Panem et circenses, « Du pain et des jeux ». Tandis qu’ils gravissent l’Olympe, les Marseillais fichent la paix à leurs édiles, Gaudin en tête. Lesquels n’ont jamais lésiné sur la question : voyez ce stade Vélodrome, ses 67 000 places, son coût total de rénovation réévalué par la Cour des comptes à 551 millions d’euros… Une telle politique relève bien des pratiques, cette fois, de la Grèce antique. Paul Veynes, spécialiste du monde gréco-romain, l’a précisément décrit, s’agissant en particulier de l’évergétisme, consistant, pour un riche notable, un souverain, citoyen ou étranger, à faire un don à la cité, sous forme d’une participation financière à un édifice, à des fêtes et des jeux, ou par la distribution de nourriture ou d’argent. 1 Bien sûr, c’était dans l’Ancien temps.

Ci-dessous un petit florilège des envolées de La Provence à base de foi et de croyances [cliquer sur les images]. Qu’en sera-t-il le lendemain du 16 mai, Enfer ou Paradis ?

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Notes:

  1. Le Pain et le cirque. Sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, Seuil, 1976.

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Gian

Sur la psychonévrose footbalistique, on lira aussi : Jean-Marie BROHM & Marc PERELMAN, Le football, une peste émotionnelle (2006) et Paul YONNET, Systèmes des sports (1998). De belles analyses qui, comme bien d’autres par ailleurs, n’ont pas autant de lecteurs que La Provence, ce qui explique que la situation n’évolue pas beaucoup…

Bruno

C est moins pire que la guerre, mais ça ne l exclut pas non plus.

Ernot

Comme ça, c’est la Gay Pride chez les tatoués de Marseille ?

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