Nicaragua. La fin de l’illusion révolutionnaire

Par Robert Blondin

Il était une fois un Nicaragua, le pays le plus pauvre de l’Amérique centrale. Inspiré par un idéal de gauche, un rebelle nommé Daniel Ortega dirige une guérilla qui donnera le pouvoir à son parti idéaliste. Les décennies s’égrènent et l’idéal d’Ortega aussi. Il profite grassement du pouvoir, mais pas le peuple qui croupit dans la misère encore et toujours. Ces jours-ci, la population descend dans la rue pour inviter l’Ortega à faire de l’air. Assez, c’est assez.

Avec ma compagne, nous y séjournions encore il y a quelques jours. Un climat de violence aussi compréhensible que menaçant. Nous sommes sur l’île d’Ometepe, située sur le grand lac Nicaragua. Une jolie auberge désertée de visiteurs inquiets de la colère sociale qui gronde comme les éventuelles éruptions des deux volcans qui nous entourent.

La Casa sandinista saccagée. Même le « Che » n’aura pas résisté. (© Ph. Sylvie Guertin)

Nous allons faire des courses. Sylvie prend une photo de la Casa Sandinista (la toute dernière), un café à la gloire des héros de la gauche sud-américaine. Une gauche tellement décevante que, quelques heures plus tard, les villageois l’attaquent avec hargne. On voudrait y brûler les déceptions des promesses révolutionnaires non tenues. Trois images qui crient haut et fort le ras-le-bol des Nicaraguéens. Nous avons quitté le territoire,  mais la population flouée reste aux prises avec son dénuement.

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Gian

!Hasta la miseria, siempre !

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