Gilets jaunes. Le ruissellement des pauvres contre la surdité comptable

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Je ne veux rien trop ajouter à ces flots de commentaires qui entourent les émeutes de ce samedi « gilets jaunes », à Paris, sur « la plus belle avenue du… etc. » Je me questionne toutefois, à partir des écrans de BFM et CNews, et plus particulièrement de leurs bandeaux défilants, je m’interroge donc sur la comptabilité à laquelle s’astreint le ministre de l’Intérieur. Ses services, aussi zélés que méticuleux, ont ainsi totalisé 80.976 gilets jaunes, pas un de plus ni de moins. Remarquable.

Et c’est ainsi que Christophe Castaner se veut auto-rassuré (apparemment) en opposant ces chiffres à ceux du samedi précédent, soit 220.000 – nombre cette fois arrondi. D’où il déduit que le mouvement est en perte de vitesse. Étonnant comportement de comptable qui renvoie au silence assourdissant du pouvoir, plus très jupitérien en l’occurrence. Étrange comportement des gens de pouvoir réfugiés dans le déni, incapables dirait-on de mesurer la profondeur du mécontentement populaire dont ils sont, pour le coup, très comptables…

C’est ainsi, selon le même aveuglement, qu’ils se rassurent en s’appuyant sur les débordements qui détournent l’attention en appelant à la réprobation. Marcellin, le Castaner de Mai 68, n’avait pas été moins grossièrement manipulateur – en fait manipulé de l’intérieur, c’est le cas de le dire, à partir de données orientées, sinon pipées du dedans. Quels qu’ils soient, les casseurs servent le pouvoir, qui en fait ses alliés objectifs. Du moins pour un temps – le temps que peut durer la manœuvre politicienne.

Une vaste équation Cliquer pour voir 

L’attitude comptable est celle qui prédomine de nos jours dans l’exercice des politiques libéralistes consistant à gouverner selon les principes marchands. Les gens de pouvoir ne sont que des gérants – et fiers de l’être. Ils gèrent les pays comme des boutiquiers derrière leurs tiroirs-caisse, soucieux de leurs clients – ce mot affreux prononcé à tout-va, qui a désormais infesté les patrons, y compris ceux des services publics : nous ne sommes plus, à leurs yeux d’ahuris, des usagers, des abonnés, des voyageurs, bientôt plus des malades – ringardises que tout ça ! –, nous sommes des acheteurs, des consommateurs – des clients. Autrement dit des machines à PIB, des producteurs de plus-value dont on va orienter les comportements pour les meilleurs rendements, bénéfices, profits.

Mais tant va la cruche à l’eau… Les taxes sur le carburant ont provoqué une prise de conscience qui a désormais dépassé le stade des premières revendications et porté au grand jour l’ampleur des inégalités sociales. Les ressentis, d’abord individuels, ont convergé et même, pour le coup, ont ruisselé en un torrent impétueux.

Que les émeutes d’hier à Paris aient relativisé, du moins pour un temps – celui que Castaner va tenter d’exploiter – la portée de cette révolte, il n’en demeure pas moins que ce régime de sourdingues a perdu de sa « superbe » et en sortira gravement atteint.

Quant à l’écologie dans tout ça, quant à « la planète » ! Il est vrai : la fin du mois avant la fin du monde, comme dit M. Hulot.

Images depuis ma fenêtre… (sans légendes)
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Gian

Incapable de comprendre, le pouvoir : une gelée jaune.

Claude

Les Gilets Jaunes… le ruissellement des égoïsmes contre la politique sociale à la Française ! Les chiffres sont têtus, mais chacun peut leur faire dire ce qu’il souhaite. Il en va ainsi des statistiques relatives à la pauvreté. De nombreuses données sont jetées en pâture, sans vraiment être questionnées, analysées ou mises en perspective. Ce qui n’aide pas à comprendre un phénomène complexe aux racines multiples, souligne l’Observatoire des inégalités dans un rapport publié en octobre 2018. Ce document rebat assez radicalement les éléments du débat sur la pauvreté. Il remet en discussion de nombreuses statistiques, à commencer par celle concernant le nombre de pauvres.… Lire la suite

gary

Oui ! Merci pour cette mise au point qui remet les pendules à l’heure – du moins qui devrait, car la démagogie est à l’oeuvre, comme toujours. peut-être que démocratie et démagogie ne peuvent qu’aller de pair ?

graille bernadette

Bravo , je suis bien d’accord…
Mais qu’en est il de ces riches de plus en plus riches?
Et de ce pauvre peuple qui veut de plus en plus consommer?
Les impots sont ils prélevés de façon juste et égalitaire?

Gérard Bérilley

A Claude. Je vous trouve extrêmement méprisant envers vos concitoyens, d’un mépris similaire à celui dont fait preuve l’Etat et toute la macronie. Les gens sont loin d’être aussi idiots que vous le prétendez. Et quant à moi, je trouve admirable que des gens du peuple se mettent à défendre leurs intérêts (et cela même dans le cas où je ne serais pas d’accord avec leurs positions, ce n’est pas à moi de déterminer quelle lutte doit mener ou pas autrui) alors que depuis des années on les conditionne à croire qu’il y a qu’une seule politique possible, qu’il faut… Lire la suite

Bernard_H

Depuis le temps que nous savons ce que les Français veulent : moins d’impôts, moins de taxes, une retraite meilleure et plus tôt, plus de moyens pour les services publiques, des augmentations de salaires, des produits moins chers, de meilleures remboursements de soins et des transports gratuits, qu’est-ce qu’on attend pour les satisfaire et éviter un mouvement comme celui des gilets jaunes ? Malheureusement (mais pas pour moi,… !) ceux qui ont des solutions pour satisfaire ces demandes se trouvent de chaque côté du parlement et ne s’entendent pas. Cela étant dit il serait parfois intéressant d’avoir de véritables débats sur notre société,… Lire la suite

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