par Chris­tian Le Meut

Soir d’été. Après plu­sieurs jour­nées de bou­lot, direc­tion la plage, à Plou­hi­nec, près de Lorient. Une plage immense pour moi tout seul, le pied. La mer est (presque) tiède. Je suis comme seul dans l’océan. Quelques rares per­sonnes marchent au loin sur la grande plage. Puis, au retour du bain, je me cale dans un coin pour bou­qui­ner, face à l’île de Groix. 

Le ciel est superbe, un soleil cou­chant juste un peu voi­lé. Un petit vent frais. Un léger sen­ti­ment de soli­tude aus­si : com­ment se fait-il qu’un lieu si beau soit déser­té, en plein mois de juin ? Ce peut-il que tous les autres soient col­lés devant leurs télés ?... Pas tous, non, car quelques mil­lions tra­vaillent, plu­sieurs autres mil­lions dorment pro­ba­ble­ment déjà (les bou­lan­gers, les anciens dans les mai­sons de retraite ?...). Et  res­tent sans doute quelques autres mil­lions qui n’ont rien à faire de la coupe du monde de foot, comme moi, mais n’ont pas choi­si le même endroit (heu­reu­se­ment !) pour savou­rer l’instant.

Et puis trois per­sonnes sur­gissent, un peu sur­prises de me trou­ver là : deux mariés et un pho­to­graphe. Ce n’est pas la pre­mière fois que je vois des mariés venir faire des pho­tos à cet endroit. De ces pho­tos qui seront ven­dues lors du mariage, qui res­te­ront des années dans les albums de famille ou que l’on met­tra sous cadre. 

Les mariés sont en cos­tume de mariés. Ils font des pho­tos dans les dunes puis se rap­prochent de l’eau. Là, le marié quitte ses chaus­sures et prend sa mariée sur le dos pour cou­rir dans l’eau. Rigo­lo, comme idée de pho­to de mariage... Puis ils se lâchent, rou­lant sur le sable et dans l’eau, enla­cés, com­plè­te­ment mouillés, sous l’objectif du pho­to­graphe. J’espère pour eux qu’ils n’avaient plus besoin de leurs habits de noces car la note de net­toyage risque d’être... salée ! 

De loin, j’entends des rires. Nous sommes quatre témoins de cette belle scène dans le soleil cou­chant. Le vrai spec­tacle, dans la vraie vie.

»> Dans un genre tout autre, moins buco­lique et car­ré­ment pro­voc”, on peut (ré)écouter ce cher Des­proges dans « À MORT LE FOOT »

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