C’est aujourd’hui mer­cre­di et demain jeu­di qu’a lieu le pro­cès de Char­lie Heb­do, pour­sui­vii devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Paris pour avoir publié des cari­ca­tures de Maho­met parues dans un jour­nal danois. Ce pro­cès est celui de la liber­té d’expression contre l’intégrisme reli­gieux, une des plaies majeures de notre monde.

Le pro­cès est en fait inten­té par M. Dalil Bou­ba­ker, rec­teur de la Mos­quée de Paris, et par l’Union des orga­ni­sa­tions isla­miques de France (UOIF).

191324.1170804157.jpgChar­lie Heb­do est accu­sé d” « injure publique à l’égard d’un groupe de per­sonnes en rai­son de leur reli­gion », en réfé­rence à une loi de 1881. Il lui est repro­ché la publi­ca­tion de cari­ca­tures de Maho­met, dans les­quelles le des­si­na­teur met en cause l’utilisation de la figure du pro­phète par des réseaux ter­ro­ristes isla­mistes qui pré­tendent jus­ti­fier par le Coran leur bar­ba­rie.

Gérard Del­fau, séna­teur PRG (Par­ti radi­cal de gauche) de l’Hérault, a lan­cé une péti­tion de sou­tien à Char­lie Heb­do dans laquelle il écrit : « Le débat nour­ri par ces cari­ca­tures est légi­time, comme le montre chaque jour l’actualité, et pas seule­ment au Proche-Orient. Il est même urgent. […] la pro­cé­dure judi­ciaire s’attaque à la liber­té de la presse, pierre angu­laire de la démo­cra­tie. Elle le fait, en outre, en vio­la­tion du prin­cipe de laï­ci­té qui, depuis la loi de Sépa­ra­tion des Églises et de l’État, en 1905, place la reli­gion dans la sphère pri­vée de la socié­té et inter­dit, en consé­quence, à tout ministre du culte de s’ériger en cen­seur du débat d’idées. Notre liber­té de conscience serait mena­cée si une reli­gion, quelle qu’elle soit, pou­vait s’autoriser d’une déci­sion de jus­tice pour faire taire les  » mal pen­sants « .

Pour signer : g.delfau@senat.fr

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