Pantoufles d’or. Le vendredi matin, France Inter c’est « plus pire »

Finter_1Inter m’a foutu en pétard ce matin. C’est souvent le cas le vendredi, je sais bien, c’est jour sans Paoli – m’enfin, qu’est pas le messie non plus, mais qu’a le métier quoi. Faudrait que je tourne un peu le bouton, me faufiler entre les pubs, jusqu’à France-Culture par exemple, parfois aussi tellement bavasseux, prétentieux… Mais le France Inter du vendredi matin, c’est quand même «plus pire». Y a de la pantoufle dans l’air.

Je ne voudrais pas agir envers Pierre Veil comme il a voulu le faire ce matin, pesamment, à propos de Gaymard… Mais tout de même… Comment il fonctionne ce type ? À l’induction. C’est tellement gros chez lui que même François Bayrou, l’invité du jour, n’a pas pu se retenir de le retoquer : « Ne posez pas de question alors que vous avez la réponse ! ».

Le Veil était parti d’une idée aussi fixe que stupide : faire dire à Bayrou que Gaymard doit démissionner ! Quel intérêt ? Bayrou voulait parler du Darfour d’où il revient – et où, en effet, les problèmes de survie de deux millions de réfugiés, à côté des embarras de logement de nos ministres…

Eh ben non !, le vaillant Veil, y est allé de ses gros sabots avec ses interventions imbéciles : – Oh, vous bottez en touche, là ! – Quelle décision pressentez-vous de la part d’Hervé Gaymard ? – Donc, si je vous comprends bien, Gaymard est discrédité ? – Pas un peu étonnant cet argument… sur les 600 m2, on peut imaginer… ? – On va parler du Darfour, mais quand vous étiez ministre de l’éducation, vous n’avez pas souhaité des changements !… – Supposons qu’Hervé Gaymard vous écoute, quel conseil lui donneriez-vous ?

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Veil – d’ailleurs récidiviste – ou la vraie caricature du journaleux pénible, lourd et roquet. Pantoufle à vie !

Tiens, et puis une en or aussi à Yves Decaens, contaminé ce matin à son tour. Gaffe à la contagion, les gars du vendredi !

La revue de presse, ou l’art du patchwork. Je t’empoigne les gazettes, je te retrousse les manches pour te trousser une grosse démo à coups de surligneur déchaîné. À bien y regarder, c’est le type même de l’exercice biseauté. Puisque ça part de plats déjà cuisinés, voire réchauffés ou même rallongés à la sauce édito. Et qu’est-ce que l’édito, sinon déjà une re-mouture, un retricotage plus ou moins moraliste autour de bribes d’actu. Un raboutage d’équilibriste qui, à la fin, te laisse comme la fameuse truie qui doute de Claude Duneton.Pantoufledor_17

Pas étonnant donc qu’un Yves Decaens, à force de se taper des plats tout prêts (à penser) au petit matin, finissent par dégurgiter du macdo. Ainsi ce matin tombe-t-il en arrêt sur un papier de France Soir venant de décréter l’époque « dionysiaque » ! « C’est l’ère de la France coquine ! », qu’il claironne le Decaens. Ouais. Le cul comme grande valeur commerciale de la presse de merde, surtout à l’agonie comme l’est France Soir. Lequel ne fait jamais que reprendre un récent « Ça se discute » consacré aussi au libertinage. On baigne dans le pipol crapoteux, exhibi pour voyeurs [ouais, j’ai même regardé !]. On exploite les recettes convenues et les lieux communs autour de fantasmes somme toute ordinaires. Soit.

Mais voilà que notre passeur de presse en revue dégringole dans le pire panneau de la généralisation – cette plaie du journalisme. Le voici porte-parole « des Français », oui, en leur nom à tous, ainsi tous devenus libertins et échangistes puisque le pays entier est atteint… Et de citer les trois exemples pris dans le France Soir, montrant que même chez les pédezouilles du Morbihan, de l’Yonne et de l’Ain « vous avez des établissements spécialisés, sur la place de l’église, entre le café du commerce et le boulanger », preuve (hé !) que « les Français ont besoin de s’amuser », d’ailleurs « on » a recensé « 500.000 amateurs » ! [chiffre magique… venu d’on ne sait où].

Putain, quel concentré de clichetons lamentables ! Quelle décadence que ce journalisme-là, négation honteuse de l’autre, toujours et plus que jamais nécessaire en démocratie à la dérive.

Merde, on dirait une chute d’édito – ou de revue de presse. «Allez, bonne journée!»

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viaud

il m’est réellement difficile de dire à quel point je trouve mr pierre veil odieux envers les invités quelqu’ils soient.Je m’étonne du silence de la direction meme si celle ci prone la liberté de parole et de chronique de leurs journalistes mais mr veil loin d’interroger ,lui juge et arbitre tel un inquisiteur des temps que l’on voudrait révolus

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