1segoshow.1222704405.jpgEn plus d’une grosse flemme blo­goïde – plus d’un mois, et per­sonne pour récla­mer… puisque Faber veillait au bon grain –, je me deman­dais qui-quoi allait me faire sor­tir du bois. Sor­tir de ma tor­peur en fait, tant les bras me tombent devant l’actuel spec­tacle du monde. Spec­tacle, jus­te­ment, tel est le mot déclen­cheur. Déto­na­teur même. Voire décon­na­teur, comme on disait jadis (en décon­nant). Tan­dis que là, c’est du sérieux dans le genre ! Pas pire que la Crise (ouah, la crise ! – j’entends Coluche d’ici), juste attris­tant dans le tra­gi-comique. Je veux par­ler du « show » de la Ségo­lène. Pas­sons sur la « pres­ta­tion » – pres­tance, jean-tunique, djeune-tonic, jeu de rôle, jeu pas drôle, breuching-l’oréal et l’attirail spectaculaire.

Pas­sons ? Jus­te­ment ça qui ne passe pas ! : ce défro­cage devant le « show », la mons­tra­tion minable, vul­gos, por­no au sens pre­mier (affaire de pros­ti­tu­tion) ; la conces­sion à la danse du ventre, ou celle de la vente – sans l’air de, mais vrai bara­tin de came­lote. L’alternative poli­tique rame­née à un échange de « show », entre celui-ci d’un fort en gueule agi­té et petits bras, et celui-là d’une exhi­bi piquée à l’héroïne du pou­voir – en fait à l’ivresse de sa mise en spec­tacle, celle qui tour­ne­boule tant le monde du show­biz, celle par lequel le petit peuple se prend à espé­rer, là où il devrait tant déses­pé­rer de cette pol­tique-là, en sa forme abâ­tar­die autant que trom­peuse. D’un bon déses­poir de fond de puits, où il n’y a plus d’illusions qui sur­nagent, où la pro­bable noyade doit céder à l’ardente néces­si­té de vivre.

Au lieu de quoi, 4.000 paires d’yeux fas­ci­nés, éber­lués. Autant de gogos au zénith de la non-poli­tique, au degré zéro de la conscience d’être au monde et pas chez Dis­ney et sa Blanche-Neige adu­lée par des nains ! Quatre mille gogos hap­pés par la machine à fumée, celle qui gou­verne désor­mais, puisque tout est deve­nu show­biz, cette alliance abo­mi­nable du spec­tacle et des affaires.

Et là des­sous, bien sûr, tra­vaillant au noir de l’ignorance naïve, poin­tons du poing ces offi­ciants d’officine de com’, ces fai­seurs-trom­peurs-bai­seurs, ces domes­tiques modernes for­geant les nou­veaux maîtres, ces sous-trai­tants de l’industrie du «tout à l’égo», selon le mot de Régis Debray.

Même d’archaïques poten­tats cèdent à ces sirènes. Ain­si cet Alexandre Lou­ka­chen­ko, maître de la pauvre Bié­lo­rus­sie – tant éprou­vée par le com­mu­nisme et par la catas­trophe de Tcher­no­byl –, vient-il de rem­por­ter ses légis­la­tives à la mode sovié­tique. Et le jour­nal m’apprend que cet ancien direc­teur de kol­khoze se trouve conseillé depuis peu par… l’agence de com­mu­ni­ca­tion Bell Pot­tin­ger, créée par Lord Tim Bell, le publi­ci­taire du Par­ti conser­va­teur bri­tan­nique à l’époque de Mar­ga­ret That­cher…  « Il veut, pré­cise Le Monde du 28/9/08, don­ner l’illusion du chan­ge­ment. » Brave homme. Comme il est de braves femmes

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