On n'est pas des moutons

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« SwissLeaks ». Des milliards d’euros, des milliers de fraudeurs – dont 3.000 Français

HSBC (Hong Kong & Shan­ghai Ban­king Cor­po­ra­tion) est un groupe ban­caire inter­na­tio­nal bri­tan­nique pré­sent dans 84 pays et ter­ri­toires et ras­sem­blant 60 mil­lions de clients. Son siège social est à Londres.

Elle a été fon­dée à Hong Kong par l’Écossais Tho­mas Suther­land pour finan­cer le com­merce dans l’Extrême-Orient en 1865 et, à l’origine, le tra­fic d’opium. Avant de démé­na­ger son siège social à Londres au début des années 1990, elle était basée à Hong Kong. Elle fut un temps le qua­trième groupe ban­caire dans le monde après Citi­group, Bank of Ame­ri­ca et la Banque indus­trielle et com­mer­ciale de Chine.

Mon­trer la face cachée du secret ban­caire en Suisse, un défi a prio­ri autre­ment plus coton que d’aller voir der­rière la lune ! Le Monde et plu­sieurs médias inter­na­tio­naux viennent pour­tant de dévoi­ler cet uni­vers de la fraude et de la richesse plan­quée après avoir eu accès aux don­nées col­lec­tées par un infor­ma­ti­cien, Her­vé Fal­cia­ni, ex-employé de la banque bri­tan­nique HSBC à Genève.

Ces révé­la­tions ébranlent les milieux ban­caires inter­na­tio­naux et mettent en cause de nom­breuses célé­bri­tés des affaires et du show­biz, de l’humoriste fran­çais Gad Elma­leh (celui de la pub télé où il ima­gine « la banque idéale »…) au roi du Maroc Moha­med VI et au roi Abdal­lah II de Jor­da­nie, en pas­sant par l’acteur amé­ri­cain John Mal­ko­vich, le coif­feur Des­sange, le foot­bal­leur Chris­tophe Dugar­ry, le peintre Chris­tian Bol­tans­ki, Arlette Ric­ci, héri­tière de Nina Ric­ci, Ayme­ri de Mon­tes­quiou, séna­teur (UDI) du Gers, Jean-Charles Mar­chia­ni, condam­né dans l’Angolagate, etc.

Bap­ti­sée « Swiss­Leaks », l’opération pro­pose un voyage au cœur de l’évasion fis­cale, met­tant en lumière les ruses uti­li­sées pour dis­si­mu­ler de l’argent non décla­ré. Petite vidéo édu­ca­tive :


Com­prendre la fraude fis­cale de HSBC en 3 min par lemon­de­fr

Pen­dant de nom­breuses années, les infor­ma­tions copiées par Her­vé Fal­cia­ni n’étaient connues que de la jus­tice et de quelques admi­nis­tra­tions fis­cales, même si cer­tains élé­ments avaient fil­tré dans la presse.

Le Monde a eu accès aux don­nées ban­caires de plus de 100 000 clients et a mis les infor­ma­tions à la dis­po­si­tion du Consor­tium des jour­na­listes d’investigation (ICIJ) à Washing­ton, qui les a par­ta­gées avec plus de 50 autres médias inter­na­tio­naux, dont le Guar­dian, au Royaume-Uni, ou la Süd­deutsche Zei­tung, en Alle­magne.

Les don­nées, ana­ly­sées par quelque 154 jour­na­listes, portent sur la période allant de 2005 et 2007. 180,6 mil­liards d’euros auraient ain­si tran­si­té, à Genève, par les comptes HSBC de plus de 100 000 clients et de 20 000 socié­tés off­shore, très pré­ci­sé­ment entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007. Plus de 5,7 mil­liards d’euros auraient été dis­si­mu­lés par HSBC Pri­vate Bank dans des para­dis fis­caux pour le compte de ses seuls clients fran­çais, envi­ron 3 000…


La crise comme un (mauvais) roman. « Leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! »

« Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise ». C’était sur France 2 mar­di soir. Cin­quante ans de dérives libé­rales ramas­sés en une heure et demie, une gageure plu­tôt réus­sie, y com­pris avec ses lacunes inévi­tables (entre autres, l’optimisme béat d’Orsenna à la fin…). Même si, trans­po­sée dans la finance mon­dia­li­sée, la réfé­rence à « Règle­ment de comptes à OK-Coral » ne sau­rait tout expli­quer de la Crise, elle en illustre tout de même bien la démence irra­tion­nelle.

L’ex-boss de Leh­man Bro­thers, sur­nom­mé « le gorille »…

Quelques pas­sages de l’émission télé valaient leurs pesants de cota­tions bour­sières. En par­ti­cu­lier celui qui montre le pré­sident de Leh­man Bro­thers, Dick Fuld, avec son pro­fil de car­nas­sier, la cari­ca­ture du capi­ta­liste psy­cho­pathe qui voit le péril en la demeure et menace : « On va ser­rer très fort ! Com­pre­nez-moi bien [c’est une vidéo interne, il s’adresse à ses col­la­bo­ra­teurs, qui ricanent en choeur], on va coin­cer tous ceux qui ne peuvent plus rem­bour­ser, et on va ser­rer très fort ! Ce n’est pas que je veux leur faire du mal… Non, je ne suis pas comme ça… je suis quelqu’un de doux et d’aimable… Non, ce que je veux, c’est les attra­per, leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crèvent ! » Ça fait froid dans le dos. Et on pense à ces mil­liers, mil­lions même, d’Américains jetés de leurs loge­ments. Sans par­ler des consé­quences subies dans le monde entier.

Voyez ce grand moment illus­trant la névrose liée à l’avidité du fric. En com­pa­rai­son, Dra­cu­la fait… pâle figure. Extrait vidéo : 4 mn


La crise, un roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer »


Retraites. La grande entourloupe des financiers qui disent nous gouverner

La casse annon­cée, et pro­gram­mée, du sys­tème des retraites masque l’urgent désir des tenants de l’économie finan­cière néo­li­bé­rale d’éviter un fias­co : celui de voir s’échapper les très juteux pro­fits conte­nus dans une réforme « bien com­prise ». D’où l’empressement bruyam­ment mani­fes­té ces der­niers jours, sur la ques­tion, par tout le ban et l’arrière-ban gou­ver­ne­men­tal et Umpiste. L’article ci-des­sous, en révé­lant un « oubli » dans un cer­tain cal­cul – au double sens du mot – démonte bien la manœuvre et ses « nobles » inten­tions. La manif de ce jeu­di n’en prend que plus de sens encore.

Dans son article « Finan­ce­ment des retraites : l’enjeu des coti­sa­tions patro­nales », Ber­nard Friot, pro­fes­seur d’économie et socio­lo­gie à l’université de Paris Ouest Nan­terre, écri­vait : « On oublie tou­jours, quand on rai­sonne sur l’avenir des retraites, que le PIB pro­gresse d’environ 1,6 % par an, en volume, et donc qu’il double, à mon­naie constante, en 40 ans. C’est pour­quoi nous avons pu mul­ti­plier par 4,5 les dépenses de pen­sion depuis 1960 ».

Pour­quoi une infor­ma­tion aus­si déter­mi­nante est-elle cen­su­rée ? Parce que tout sim­ple­ment un petit cal­cul facile, mon­tre­rait que ceux qui nous gou­vernent, nous prennent pour des demeu­rés.

En effet : si aujourd’hui 10 actifs pro­duisent un gâteau de 100 et qu’ils ont à charge 4 retrai­tés. C’est 14 per­sonnes qui se par­tagent un gâteau de 100. Ain­si la part de chaque per­sonne est de (100 : 14) soit 7,14. Si dans qua­rante ans, 10 actifs pro­duisent un gâteau de 200 et qu’ils ont à charge 8 retrai­tés. Ce seront 18 per­sonnes qui se par­ta­ge­ront un gâteau de 200. Ain­si la part de chaque per­sonne sera de (200 : 18) soit 11,1.

C’est lim­pide ! Il sera donc pos­sible de finan­cer des retraites au même niveau qu’avant leurs réformes à remon­ter le temps. De plus, la part de gâteau res­tante pour l’investissement et l’élévation du niveau de vie sera bien plus impor­tante en 2040 (en mon­naie constante).

Alors, où est donc le pro­blème ? Pour­quoi cet achar­ne­ment à détruire un sys­tème qui fonc­tionne bien ? Parce que le sys­tème social fran­çais, mis en place par le Conseil natio­nal de la résis­tance (CNR) en 1945, met en rage les hommes d’affaires et les finan­ciers pour des rai­sons évi­dentes  Par exemple, il leur est impos­sible de réa­li­ser des plus values « bour­sières » sur 40% de notre part sala­riale (les fameuses coti­sa­tions sociales patro­nales) qui payent notre retraite et notre san­té, en toute digni­té et res­pon­sa­bi­li­té. N’oublions pas que ces coti­sa­tions sociales repré­sentent notre salaire dif­fé­ré qui est le fruit de notre tra­vail. Il ne s’agit ni d’assistanat ni de cha­ri­té patro­nale comme le laisse entendre une mau­vaise pro­pa­gande.

Et c’est bien là que se situe tout l’enjeu de leurs réformes : les classes diri­geantes rêvent de faire main basse sur notre salaire dif­fé­ré. Pour s’emparer de cette « galette », leur stra­té­gie consiste à réduire nos droits pour nous contraindre, de plus en plus, à finan­cer notre san­té et notre retraite par des assu­rances pri­vées. Ils ont d’ailleurs déjà com­men­cé : les réduc­tions de coti­sa­tions patro­nales se mul­ti­plient depuis 2002 et atteignent déjà près de 30 mil­liards chaque année. Com­bien de ces 30 mil­liards sont allés aux inves­tis­se­ments pro­duc­tifs ? Com­bien d’emplois créés ? Quelle effi­ca­ci­té au regard des sommes englou­ties ? Quelle éva­lua­tion ? De plus, le fait que notre sys­tème fonc­tionne bien sans aller faire un tour sur les tapis verts des casi­nos bour­siers met en évi­dence l’inutilité et le rôle pré­da­teur des acteurs de la sphère finan­cière.

»> A consul­ter : le site d’Attac « retraites-2010.fr : Réus­sis­sons vrai­ment une réforme juste ».



  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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