On n'est pas des moutons

Mot-clé: Jean Giono

Présidentielles. Pour Elzéard Bouffier, l’homme et ses arbres

L’Ange blanc, le Bourreau de Béthune et Roger Couderc en monsieur Loyal… Image plus que jaunie de la télé en noir & blanc. En couleur, sur écran plat et dans l’apparat des studios pompeux des grands moments vides, très peu pour moi. Devant l’affligeante partie de catch, j’ai tenu un quart d’heure, question de santé. De plus courageux m’ont résumé l’affaire, et ce matin, avec ma dose de radio, j’ai compris que j’en savais assez pour me dire que je n’avais rien perdu, surtout pas mon temps.

J’ai aussi cru comprendre que, sur le ring politico-télévisuel, l’une pratiquait en effet le catch – coups bas et appels à la vindicte de la salle (le Peuple !) ; tandis que l’autre s’essayait plutôt à la boxe, dite française en l’occurrence, donc sans exclure les coups de tatane. En gros, le combat était pipé, comme prévisible. D’un côté, un dogue qui jouait son va-tout dans la provoc, la hargne et les litanies mensongères ; de l’autre, un présidentiable se devant de la jouer plus fin. Ce ne lui fut pas bien difficile, au vu de la grossière charge opposée. De ce seul point de vue on ne peut déclarer le match nul, encore moins archinul. Car la forme aura parlé, l’emportant sur le fond. C’est presque toujours le propre des combats télévisés, portés à renforcer la binarité des comportements et des idées (quand il y en a) et, finalement, à sacrer le manichéisme comme seule mode de pensée.

canard-ni-ni

Un ni-ni non ambigu…

Partant de là, sans besoin d’en rajouter sur le spectacle lui-même, il semble qu’« on » ne soit pas plus avancé après qu’avant. Et aussi que le ni-ni ne représente en rien un troisième plateau à la balance binaire. L’enjeu demeure, sauf à considérer que « les jeux » sont faits. Il en fut ainsi, il y a peu, entre une naïve arrivée et un fada dangereux qui, depuis, sème le souk sur toute la planète. Car la démagogie peut « payer », surtout en monnaie de singe (en dollars comme en « nouveaux » francs).

Mais enfin : même si, hier soir, je me suis abstenu en fuyant l’affligeante joute démagogique, je me retrouve bien rattrapé le matin-même par l’évidence : faire l’autruche n’a jamais écarté le danger.

Mon vieux pote Elzéard Bouffier 1, dormait hier soir du sommeil du juste ; il n’a d’ailleurs pas la télé. Il s’est levé au petit matin, pour arpenter son pays, avec son sac de glands, sa barre de fer… Tandis que la veille, des postulants à gouverner la France, sinon le monde, n’ont pas même eu une parole pour évoquer le désastre écologique qui bouleverse la planète, menace l’humanité entière ! Elzéard, ce matin, comme hier et demain, plante ses chênes, ses hêtres et bouleaux. J’ai écrit ici que je voterai pour lui. Pour lui, en effet, je voterai. Au nom de l’Anarchie généreuse et comme disait un autre grand viveur, l’écrivain roumain Panaït Istrati : Pour avoir aimé la terre.

> Cadeau de Giono, le plus beau message à l’humanité (pdf) : Giono-L_Homme_qui_plantait_des_arbres

Notes:

  1. Lire ici, et .

Mélenchon, l’homme qui ne plantait rien (ou qui plantait tout)

Jean-Luc-Melenchon

[Ph. Gerhard Valck, 2015, domaine public]

De la mélasse présidentielle, que pourrait-il sortir de bon ? Qu’ajouter à cette triste question ? « C’est pour dire » n’avait donc rien à dire sur ce chapitre. Sauf  à le considérer sous la plume inspirée d’Eugène Pottier écrivant L’Internationale : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes / Ni Dieu, ni César, ni Tribun ». L’air est aujourd’hui plutôt éventé, mais le message reste d’une navrante actualité. Ainsi m’est-il revenu l’autre soir (23/2/17) à la télé en regardant le spectacle monté autour de Jean-Luc Mélenchon. 1

Mélenchon, ce soir-là, n’a pas craint de se présenter comme « un tribun » et même comme « le tribun du peuple ». Oui : « Je suis le tribun du peuple », a-t-il renchéri, modeste… On sait l’homme porté à l’admiration de lui-même, qu’il clone à l’occasion par hologramme interposé, réussissant ainsi l’admirable synthèse du Spectacle à la fois politicien & technologique. « Miroir, mon beau miroir… », cette si vieille fascination égocentrique… De nos jours – à l’ère du tout médiatique – la conquête et l’exercice du pouvoir passent par la mise en spectacle du geste et de la parole, surtout de la parole. Il est significatif et cocasse que cette émission de France 2 s’intitule Des Paroles et des Actes

Tandis que la politique se résume au Verbe, à l’effet de tribune (pour tribuns…), un gouvernement peut se restreindre à un seul ministère, celui de la Parole. Cette pratique est, elle aussi, vieille comme le monde politique ; elle remonte même à la rhétorique des Anciens, qui l’avaient élevée au rang du discours philosophique. Disons qu’aujourd’hui, seul le discours a subsisté. Enfin, surtout le discours, parfois quelques idées. Aucun politicien n’y échappe, surtout pas les candidats à la présidence. Il peut être intéressant, voire distrayant, de lire entre les lignes des verbiages électoraux, d’en décrypter aussi les non-dits, à l’occasion exprimés par le corps – attitudes, gestes, tonalités.

À cet égard, la parlure de Hollande ponctuée, et même truffée de « euh… », s’avère tout à fait révélatrice de sa gouvernance à base d’hésitations, de doutes peut-être et de renoncements. 2 Celle de Mélenchon, elle, si elle ne manque pas de souffle, respire peu et ne s’autorise aucun silence. Pas de place pour le doute ou le questionnement dans cette parole péremptoire, définitive. Un propos souvent abrupt, cassant, dont son auteur prend parfois conscience ; alors, il tente de se reprendre par une pirouette, comme dans l’émission de jeudi : « Eh, on peut plaisanter, je suis méridional… il y a du Pagnol en moi ! » Ouais… Et du Giono aussi ?

Car Mélenchon doit se prouver en humaniste  3, ce qui ne lui semble donc pas si naturel… Voilà qu’arrive l’« invité surprise » – toujours dans la même émission –, le comédien Philippe Torreton  4 Or, il a apporté, pour l’offrir à Mélenchon, le livre de Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres. « [Un livre] fondamentalement immoral ! », lance tout aussitôt Mélenchon. Étonnement du comédien, qui s’explique néanmoins sur le sens de ce choix lié à l’urgence écologique, en lit un passage et se lève pour l’offrir au politicien du jour, que l’on relance : alors, quelle immoralité ? « L’immoralité, lance Mélenchon, vient du fait que cette histoire est écrite pendant la guerre, et que quand on lutte contre le nazisme on plante pas des arbres, on prend une arme et on va se battre ! »

L’ancien militaire – non : militant trotskyste, dirigeant de l’OCI (Organisation communiste internationaliste) de Besançon (197279 selon Wikipédia), a lâché sa leçon de morale, celle du politicien professionnel qu’il n’a cessé d’être – puisque c’est un « métier ». Et ainsi de reprendre, en les sous-entendant, les accusations vichystes et collaborationnistes à l’encontre de Giono. Lequel avait pris le fusil à baïonnette, enfin celui qu’on lui avait mis d’office dans les mains, dès janvier 1915, pour ses vingt ans, direction la Somme, Verdun, le Chemin des dames, où il n’est « que » gazé alors qu’il y perd son meilleur ami et tant d’autres. Choqué par l’horreur de la guerre, les massacres, la barbarie, l’atrocité de ce qu’il a vécu dans cet enfer, il devient un pacifiste convaincu. Jusques et y compris la seconde grande barbarie. En 1939, s’étant présenté au centre de mobilisation, il est arrêté et détenu deux mois pour cause de pacifisme (Il avait signé le tract « Paix immédiate » lancé par l’anarchiste Louis Lecoin). Durant la guerre, il continue à écrire et publie des articles dans des journaux liés au régime de Vichy. A la Libération, il est arrêté, mais relâché cinq mois plus tard sans avoir été inculpé. 5

J’en reviens à notre sujet, sans m’en être vraiment éloigné, je crois. En refusant de considérer pour ce qu’il est, le message profond – écologiste avant la lettre, humaniste et universel – de L’Homme qui plantait des arbres, pour placer sa parole moralisatrice, le patron de La France insoumise s’érige en Fouquier-Tinville du Tribunal révolutionnaire. Il tranche. Il se pose en garant du « pur et dur », lui que les guerres ont heureusement épargné, qui n’a pas eu à résister – l’arme à la main –, ni même à s’insoumettre. Lui qui, certes, connut les tranchées du Parti socialiste durant 32 ans (19762008) et, tour à tour, les affres du conseiller général de Massy (19982004), du sénateur de l’Essonne (20042010), du ministre sous Chirac-Jospin (20002002), du président du Parti de gauche (20092014), du député européen depuis 2009. Que de combats héroïques, à mains nues cette fois ! (Quelle belle retraite en perspective aussi, non ?)

Il en a usé de la dialectique, de la stratégie, de la tactique ! Il en a mâché de la parole verbale ! Tout ça pour rabaisser le débat politique à un calcul politicien minable. Pourtant, il l’assure :

– « À mon âge, je fais pas une carrière ; je veux pas gâcher, détruire ; j’ai de la haine pour personne ; il faut convaincre ! J’ai jamais été mélenchoniste ! [sic]

– Alors vous seriez prêt à vous retirer devant Benoît Hamon ?

Pourquoi pas lui ? J’ai 65 ans, je veux pas dilapider ! [re-sic]»

Alors Torreton, devenu pâle, semble jeter l’éponge. Non pas tant qu’il se soit dégonflé, comme il a été dit, de lui poser LA question pour laquelle il avait été l’« invité surprise ». Non, on dirait plutôt qu’il comprend alors que c’est cuit, que Mélenchon ne démordra pas, que sa « vocation », son « métier » c’est de s’opposer, de baigner dans ce marigot où il se complaît, où son égo enfle avec délice. Un demi-siècle de « métier » n’empêche pas, à l’évidence, de s’agripper à une puérile dialectique de cour d’école.

Et dès le lendemain de l’émission, il prétendait sans ambages ne pas se souvenir d’avoir parlé de rapprochement avec le candidat socialiste. « J’ai dit ça hier soir ? Je ne m’en rappelle pas ! » a-t-il assuré. À la sortie d’un déjeuner avec le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, il a rejeté l’idée d’un rassemblement : « Ça n’a pas de sens aujourd’hui. De quoi parle-t-on ? Benoît Hamon dit qu’il propose sa candidature. Moi aussi. Si vous voulez que le programme s’applique, la meilleure des garanties, c’est moi ! » Ainsi, pour lui, la question d’un ralliement ne se pose même pas. « Non, faut pas rêver, ça n’aura pas lieu. D’ailleurs, personne ne le proposait », a-t-il asséné.

Le trotskyste est revenu au galop : « Faut pas compter sur nous pour aller faire l’appoint d’une force politique qui a du mal à remonter sur le cheval ». Aurait-il donc choisi « objectivement » l’option Marine Le Pen ? 6 Ira-t-il ainsi jusqu’à refuser toute collaboration avec ce qui reste de la social-démocratie, sous entendu avec Benoît Hamon, puisqu’investi par le Parti socialiste ? Ou encore, estime-t-il que Macron va l’emporter, que l’affaire est pliée et que sa planche de salut, par conséquent, réside encore et toujours dans les délices de l’éternelle opposition, dans un hors-sol en quelque sorte, à l’abri de toute impureté, de tout compromis.

Comme si la démocratie ce n’était pas l’art subtil des arrangements acceptables par le plus grand nombre – jamais par tous, évidemment. Comme si la vie même ne relevait pas en permanence de ses combinaisons complexes, ni blanches ni noires. La première – la démocratie – se compte en siècles, parfois seulement en années ; quelques semaines peuvent suffire à l’anéantir. La vie, elle, remonte à des millions d’années ; elle reste à la merci de la bêtise des humains.

Si je vote, ce sera pour Elzéard Bouffier, qui plantait des arbres.


En prime, le très beau film d’animation d’après le récit de Jean Giono, dit par Philippe Noiret, réalisé par Frédéric Back (19242013), Canada 1987. L’Homme qui plantait des arbres a remporté l’Oscar du meilleur court métrage décerné par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences de Los Angeles, aux États-Unis, le 11 avril 1988.

Notes:

  1. Je dis bien spectacle, au sens de Guy Debord et sa Société du spectacle (1967); c’est-à-dire au sens de la séparation entre réalité et idéologie, entre la vie et sa représentation. Dans ce sens la société est devenue « une immense accumulation de spectacles », prolongement de l’« immense accumulation de marchandises » énoncée par Marx dans Le Capital. Au « fétichisme de la marchandise » (et des finances), puis à celui du Spectacle, il y aurait lieu aujourd’hui d’ajouter, à la façon d’un Jacques Ellul, le fétichisme technologique.
  2. Sur cette adéquation idéale « paroles/actes », voir ici mon article de 2014 sur Jaurès.
  3. «Droit-de-l’hommiste», il est sans doute, car cela relève encore de la parole politique, différente du sens de l’humain. Je me garde d’aborder ici le chapitre de ses tropismes latinos envers Chavez et les Castro – sans parler de Poutine.
  4. De gauche, écologiste, il tient actuellement le rôle-titre dans La résistible Ascension d’Arturo Ui, de Brecht – que j’ai vue et appréciée il y a peu à Marseille ; pièce ô combien actuelle sur le fascisme présenté en l’occurrence comme « résistible »… espérons !
  5. Dès 1934, Giono avait affirmé un pacifisme intégral ancré en profondeur dans ses souvenirs d’atrocités de la Grande Guerre. Le titre de son article pacifiste publié dans la revue Europe en novembre 1934 « Je ne peux pas oublier » atteste de cette empreinte indélébile de la guerre dont il refuse toute légitimation, même au nom de l’antifascisme. Il affirme dans « Refus d’obéissance », en 1937, que si un conflit éclate, il n’obéira pas à l’ordre de mobilisation.
  6. Rappel : Jusqu’à l’avènement d’Hitler, l’objectif principal du Parti communiste allemand demeurait la destruction du Parti social-démocrate. Voir à ce sujet Sans patrie ni frontières, de Jan Valtin, implacable témoignage d’un marin allemand sur le stalinisme en action. Ed. J-C Lattès, 1975.

  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
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      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

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