Ce matin et jusqu’à quand ? France Inter se remet de la « cataracte médiatique »

Ouf, le soufflet retombe un peu sous celui d’un filet de raison qui a commencé à poindre sur les ondes en délire ! Hélas, quand de tels événements ont le tort de tomber un week-end – mais c’est exprès ma parole ! –, les rédactions sont souvent laissées, voire délaissées, aux moins expérimentés, moins aptes à faire face à une actualité qui les enveloppe, les engloutit.

Paoli de retour sur Inter le lundi matin et on respire quand même un peu plus d’air frais. Surtout s’il invite en plus, ce qui était le cas, un Régis Debray qui vient enfin apporter son contrepoint salutaire – ce qu’a même reconnu un représentant de l’Église, lui aussi invité du « 7-9 ». Dominique de Villepin y est allé aussi de sa fibre républicaine, certes bienvenue mais sans doute non dénuée d’arrière-pensées en direction de son rival Sarkozy.

Une auditrice de Marseille a heureusement mis les pieds dans le plat du débordement médiatique, invoquant les principes laïques et républicains, sauvant du même coup l’honneur de l’auditoire matinal… Debray, quant à lui, a su mêler intelligence et sensibilité, réflexion et compréhension face à l’événement dont le traitement médiatique lui a fait ressentir « un certain malaise ».

« J’ai été frappé, a-t-il précisé, par le ton dévotieux, unanimiste, acritique des commentaires », en appelant à un peu de dialectique !». Pour le «médiologue», laïque et rationaliste, ce «bonapartisme télévisuel» a produit une «litanie» faisant prévaloir l’aura du messager au détriment du contenu de son message, lequel met en contradiction les paroles et faits : prendre le parti des pauvres et vouer les femmes au désespoir, dénoncer le libéralisme financier et promouvoir l’Opus dei, etc. Debray a aussi relevé qu’un tel phénomène n’est pas exclusif, qu’il touche tout autant les États, les partis et leurs chefs au détriment des militants.

Et enfin, une fois de plus, c’est Alain Rey qui a culminé avec son si précieux « mot de la fin ». Parce qu’il remonte à la genèse des mots, Rey touche au fond du fond des choses et des réalités du monde. Son mot du jour étant « hagiographie », il en a profité pour qualifier de «cataracte médiatique» le dérèglement que l’on sait. «Ce matin, ça change un peu» a-t-il tempéré en se demandant si Régis Debray n’avait pas joué le rôle, non pas d’avocat du diable, mais du diable en personne !

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Le “mot de la fin” d’A. REY le lendemain était “république”, la chose publique.

Comment les représentants de la “république” peuvent-ils à la fois demander la mise en berne des drapeaux officiels et le non port du voile à l’école et dans ses administrations.

Où est le sens républicain ? certains justifient en disant que celui que nous honorons n’est pas le représentant de l’église, mais un chef d’Etat.

Faut-il donc se cacher derrière son petit doigt ou oser se poser franchement les questions ?

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