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Clichés et platitudes en Rafales sur France(s) 2, inter, soir

Trop de journaleux, pas assez de journalistes ! Je mets dans un même tas d'incultes tous ceux qui ont collaboré (les collabos) à ce sujet de France 2 lors de son « 13 heures » présenté la bouche en cœur par Élise Lucet. Il s’agissait de célébrer le 20e anniversaire de… la mort de Dassault Marcel. Clou du spectacle : le passage de quatre avions Rafale au-dessus des Invalides. Ça fait de « belles » images de/pour gogos en tous genres. A défaut d’images, ça donne aussi du « beau » son pour la radio. Si bien qu’au même moment – ou presque, car j’ai pu subir les deux –, France inter, en son autre-même « 13 heures » présenté dans un même chœur de bouches en cœur, faisait entendre le même son en rafales.

Va pour l’illustration visuelle et sonore. Mais pas la moindre prise de recul, pas la moindre mise en perspective dans cette info tout de même très politique et platement distillée au rang du spectacle anecdotique, genre sujet qui vous égaie un journal tout en flattant le pékin moyen. Lequel sera resté comme deux ronds de flanc devant tant de beauté à la gloire du Grand Marcel. Le fameux marchand de canons qui aimait tant avions et journaux – surtout les siens. Tout comme son Serge de fiston qui perpétue la flamme militaro-médiatique. Tout comme les Lagardère père et fils.

Des lignées devant lesquelles s’extasient les vulgaires lignées de journaleux tel celui de France 2 chutant son commentaire par une ode à la beauté du Rafale ! Une « beauté » qui a un prix – qu’on n’apprendra pas, ce n’était pas le sujet ! – et aussi une morale politique : il est si beau et si cher, le m échant joujou, que seules au monde l’armée et la république françaises veulent bien se le payer.

Autre célébration médiatique et moutonnière (pléonasme ?), sur le mode corporatiste qui plus est : les gerbes de faux-culs déposés sur la tombe de Pierre Lazareff en invocation à l’esprit de France Soir et de la « Résistance ».! Tu parles ! Ces collaborateurs refusent d’être repris à moitié (en nombre) par un promoteur et un beauf, tandis qu’il préféraient l’être en totalité par un milliardaire trafiquant d’armes. Une vraie question d’honneur ! Que France soir achève sa fausse agonie (il est mort depuis belle lurette) et qu’on parle plutôt de l’information nécessaire en démocratie.

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Une réflexion sur “Clichés et platitudes en Rafales sur France(s) 2, inter, soir

  • Jacques

    Envoyé Spécial France 2 ce jeudi.

    Doivent être à cours de sujets à Envoyé Spécial pour mettre, après un repor­tage sur le sport en chambre pen­dant la coupe du Monde de foot en Allemagne, un sujet sans rap­port avec l’ac­tua­li­té sur les montres de luxe.
    On y voit entre autres un fabri­cant mul­ti­mi­lion­naire rou­lant en bolide de sport (il doit pas­ser sur les routes à une vitesse dépas­sant pos­si­bi­li­tés d’en­re­gis­tre­ment des radars, ou alors qu’est-ce qu’est-ce qu’il doit s’emmerder au volant !), un repré­sen­tant allant voir un client à domi­cile avec un cof­fret conte­nant quelques Rollex ines­ti­mables en ban­dou­lière (on nous l’a bien mon­tré, ain­si que sa rue et sa bou­tique, comme cela ceux qui auraient l’i­dée de l’a­gres­ser lors de l’une de ses pro­chaines sor­ties ont bien pu le repé­rer) et « l’homme le plus puis­sant de Suisse », celui qui a relan­cé l’hor­lo­ge­rie en lan­çant la marque Swatch et qui vient de rache­ter Breguet.
    Tous ces indi­vi­dus se pro­mènent (le der­nier cité en porte 3 à la fois) avec au poi­gnet un objet don­nant la même heure que votre propre montre à 40 euros, mais valant au mini­mum le prix d’une villa.

    Aucun recul dans le repor­tage, aucune allu­sion au nombre de misé­reux qui sur la pla­nète pour­raient être nour­ris et soi­gnés avec ces sommes énormes que l’on nous a bien énon­cées pen­dant 26 minutes.

    Vive le jour­na­lisme d’investigation !

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