croco.1195493974.jpg« Pas de démo­cra­tie sans liber­té de la presse » : presque un cli­ché. Mais alors, pour­quoi ce besoin de le res­sor­tir ? À cause des périls, bien sûr. Plus agis­sants que jamais. D’où cette péti­tion lan­cée par l’Intersyndicale des Jour­na­listes, la pre­mière depuis quinze ans. Les cinq syn­di­cats de jour­na­listes (SNJ, SNJ-CGT, SJ-CFTC, USJ-CFDT, FO) lancent un appel pour pro­po­ser une loi garan­tis­sant l’indépendance des rédac­tions. Elles en ont bien besoin, « à l’heure où les dérives déon­to­lo­giques, les rachats de médias et les pres­sions sur le conte­nu de l’information se mul­ti­plient, remet­tant en cause le droit de cha­cun à une infor­ma­tion hon­nête, indé­pen­dante et fiable. »

Les syn­di­cats avancent notam­ment les pro­po­si­tions de modi­fi­ca­tions légis­la­tives suivantes :

> CHAQUE TITRE (écrit, audiovisuel,multimédia) devra dis­po­ser d’une équipe rédac­tion­nelle per­ma­nente et auto­nome com­po­sée de jour­na­listes professionnels […].

> LA LOI FERA OBLIGATION à l’éditeur de remettre chaque année aux ins­ti­tu­tions repré­sen­ta­tives du per­son­nel, en même temps que ses comptes annuels, la com­po­sI­tion de cette équipe rédac­tion­nelle en y fai­sant appa­raître le nombre de jour­na­listes pré­caires et de cor­res­pon­dants locaux de presse. En cas de non-res­pect de tout ou par­tie de ces dis­po­si­tions, les diverses aides publiques dont béné­fi­cie l’entreprise de presse fau­tive seront suspendues.

> QUELLE QUE SOIT la forme juri­dique du titre, quelle que soit la forme juri­dique de l’équipe rédac­tion­nelle, cette der­nière sera obli­ga­toi­re­ment consul­tée par la direc­tion sur tout chan­ge­ment de poli­tique édi­to­riale ou rédactionnelle.

> CETTE ÉQUIPE RÉDACTIONNELLE sera éga­le­ment obli­ga­toi­re­ment consul­tée par l’employeur avant et lors de la nomi­na­tion du res­pon­sable de la rédac­tion, quel que soit l’intitulé de sa fonc­tion (direc­teur de l’information, direc­teur de la rédac­tion, rédac­teur en chef…). Celui-ci devra pré­sen­ter son pro­jet édi­to­rial à l’équipe rédac­tion­nelle, qui pour­ra s’opposer à sa nomi­na­tion ou à son projet.

> PAR LA SUITE, si la gra­vi­té de la situa­tion l’exige, l’équipe rédac­tion­nelle pour­ra prendre l’initiative d’un scru­tin de défiance. La rédac­tion aura la facul­té de sai­sir le comi­té d’entreprise. Celui-ci pour­ra agir dans le cadre d’un droit d’alerte amé­na­gé et spé­ci­fique. Là encore, en cas de non-res­pect de tout ou par­tie de ces dis­po­si­tions, les diverses aides publiques dont béné­fi­cie l’entreprise de presse fau­tive seront sus­pen­dues jusqu’à ce que cesse ce man­que­ment. Cette sanc­tion sera publiée et dif­fu­sée par l’entreprise de presse. […]

Cli­quer pour signer la péti­tion en ligne

[Des­sin de Plantu]

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