Écologie mon amour. Le « tour du monde » de Depardon ne vaut pas un pet de baudet

Voici donc l’Air du Barbier de Nosvilles : demain on va écologiser gratis et entrer dans une ère nouvelle, prout-prout ma chère comme dit ma copine Marie-Chantal. L’ère en question, l’air nouveau que voilà demain tout de suite ce sera selon la recette du pâté de cheval à l’alouette : une centrale nucléaire, un moulin à vent, dixit le Sarko nouvo.

Or, à propos de vents et de prouts, je vais vous en conter une. Si vous suivez ma prose blogueuse, vous savez donc que l’été dernier, j’ai effectué un périple fantastique exposé dans un ouvrage du même acabit bravement intitulé « Le tour d’un monde en sept jours avec un âne en Provence ». [Suivez le lien pour plus d’info et si possible le commander].
Certes, je me fais un peu de pub au passage mais, vous l’allez voir, elle se justifie pleinement, en particulier depuis les dernières européennes, avec les résultats qu’on sait.

Donc, disais-je, pour fêter à sa manière la sortie de mon bouquins [voir ci-dessus…], ma fiancée m’a offert… un autre bouquin au titre provocateur : « Le tour du monde en 14 jours, 7 escales, 1 visa ». L’auteur est un peu plus connu que celui du « Tour d’un monde, bourricot, etc. ». C’est un certain Raymond Depardon, qui clame ceci sur la 4e de couv’ : « Je reviens fatigué, mais heureux de voir que la Terre est ronde »… Beuh… Fatigué, Raymond ? On le comprend, le champagne dans les zincs de première classe ou classe bizness, ça pompe. Il a d’ailleurs la candeur, notre « photographe de réputation internationale », de nous mettre sous le nez, les fac-simile de ses billets, tous ou presque de United Airlines, comme ça on sait d’où vient le pognon.

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A l’heure de l’écologie triomphante, pour sûr, notre Depardon se sent un peu péteux rapport au kérozène qu’il a bouffé, en plus des petits fours de United Airlines. Alors, à la façon du non moins fameux et pompeux Yann Arthus-Bertrand [j’ai subi le début de son « Home » et ça m’a bien vite plus que gonflé aussi…], lequel est à François Pinault ce que Depardon est à United Airlines, notre super photographe a cherché un ou deux… pardons par anticipation.

Il l’explique à la toute dernière page de son bouquin, une idée d’éditeur on dirait même : « Raymond Depardon a souhaité compenser les émissions de CO2 liées à son voyage. Il a fait appel à la fondation suisse Myclimate,  une des entreprises de compensation de carbone les plus réputées (on compte aujourd’hui environ 170 entreprises de ce type).  Le calcul des émissions de CO2 s’effectue à partir de la consommation de kérosène des avions empruntés ainsi que de la classe dans laquelle  le passager a voyagé.  Pour son tour du monde, Raymond Depardon  a parcouru 45157 kilomètres en première classe et en business. Les émissions de carbone liées  à ce voyage sont ainsi estimées à 17246 tonnes, compensables par un don de 1234 €.  Cette somme, que Raymond Depardon a reversée à Myclimate, permet à cette fondation de financer des projets spécialisés dans la promotion  des énergies renouvelables et dans la limitation de la consommation d’énergie. » [Souligné par moi].

Pas beau ça ? Se donner bonne conscience, ça coûte pas cher quand on a les moyens. Ce bouquin est une escroquerie intellectuelle, d’ailleurs révélée par les quelques lignes malhabiles tentant à justifier cet injustifiable « tour du monde en solitaire ». Tu parles !

Tandis que bibi, avec son « Juju » de baudet provençal, a réalisé son tour d’un monde en moitié moins de temps et pour zéro émission de CO2… Zéro, vraiment ? Ah non, pas tout à fait, il faut compter nos pets – eh ! – et surtout ceux de l’âne, possiblement volumineux mais rares en vérité, si on n’évalue pas ce qui se passe lors de l’émission de crottin.

Or, ce matin, j’aborde la chose avec un spécialiste, Patrick Piro, journaliste « écologie » à Politis et vieux copain. Voici ce qu’il m’apprend presque en s’excusant : « Puis-je souligner que le pet des bourricots est neutre climatiquement, si l’on considère que l’herbe bouffée repousse (fertilisée par les déjections), fixant le carbone relâché ? D’autant que les ânes n’étant pas des herbivores polygastriques comme les bovins, leurs flatulences n’émettent que peu ou pas de méthane. »

Ainsi étais-je, en tant que grand voyageur tour-de-mondiste, totalement absout de pollution nocive !

Quant au bouquin lui-même, il n’a pas dû être trop dépensier : sorti à peu d’exemplaires (400) chez un imprimeur étiqueté « Imprim’ vert », il a seulement dû être transporté par camionneur et par la poste.

A ce propos, je peux même vous l’envoyer ! : chèque de 14 euros, et hop vous voyagerez plus qu’avec Depardon !

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1 Commentaire sur "Écologie mon amour. Le « tour du monde » de Depardon ne vaut pas un pet de baudet"

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“ma fiancée m’a offert… un autre bouquin au titre provocateur” […] “A ce propos, je peux même vous l’envoyer ! : chèque de 14 euros” […]
Hum ! Comme sur e-bay, ici on revend ses cadeaux…  😉
Enfin, si tu trouves un acheteur, je te paye en plus un agrandissement de la photo du conseil municipal rénové de Venelles. Pas rancunière !

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