« L’impromptu de Berlin », madrigal géopolitique

par Luc Rosenzweig (Causeur.fr)

© rfi
 
 La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents d ‘un quatuor de Joseph Haydn.

 

Nicolas :
Madame, l’heure est grave: alors que Berlin danse
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l’Estrémadoure
Entendez les Romains: ils appellent au secours !
Ils scrutent l’horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m’ont fait l’interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu’on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider…
Angela :
Taisez-vous Nicolas! Je crois qu’il y a méprise
Mais je dois déchanter, et comme c’est humiliant
Je m’attendais, c’est sûr, à bien d’autres hommages !
Folle étais-je de croire à une douce surprise
En vous suivant ici seule et sans équipage
De n’être courtisée que pour son seul argent !
Nicolas :
Vous n’y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Vos attraits sont troublants, mais il n’est point décent
Qu’on les châtie un peu, mais votre main de fer
Nous sommes aujourd’hui tout au bord de l’abîme
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Les Grecs ont trop triché? Alors la belle affaire !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
La soigner, la guérir et, qui sait? La sauver !
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d’effroi !
D’entrer en badinage quand notre maison brûle !
Angela :
Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
L’ouvrier mécontent, le patron en colère.
L’or du Rhin, c’est leur sueur et leur habileté.
J’entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
Et vous me demandez, avec fougue et passion
De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
Ce serait trop facile et ma réponse est non !
Nicolas :
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Desserrez, je vous prie, le nœud de l’escarcelle !
D’être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Angela :
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle…
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l’Allemande !
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
(Ils s’éloignent, chacun de son côté …)


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J’écoute Joseph Haydn !!!!

Faber

tandis qu’Europe et finance partent en quenouille,
je prends ma douche et me caresse les couilles,
Ponthieu est de retour, son blog ne date pas d’hier,
Nous voila à nouveau lecteurs, il peut être fier.

BION

Mais comment faites vous,
pâmé sur écran, esbaudi,
A vous tremper en douce
sans tromper la souris ?

Gérard ment à grands mots
Et demain il fera bien beau

Dominique Dréan

Ponthieu évaporé depuis plus de trois mois Ses fidèles groupies perdus en conjectures Se trainent avec ennui de lecture en lecture Au hasard de la toile ou de n’importe quoi. Ils se disent, navrés : « ça y est, il est malade », Imaginent le pire, « il nous couve un cancer », Puis minorent un peu : « il a chopé un ver »… En guise de vaccin reprennent une rasade. Et puis, sans crier gare, le voila qui revient Sur fond d’actualité aux images assassines Nous raconter en rose « Nico et Békassine » Un faux conte d’amour avorté outre-Rhin. Enfin, il se réveille, on en est bien… Lire la suite

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