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Iran. Une femme entre en danse et met la mollahcratie en transe (sans danse)*

Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale. Charles Fourier

[dropcap]Maedeh[/dropcap] Hojabri, Iranienne de 18 ans, a été interpellée le 6 juillet pour avoir posté des vidéos d’elle dansant sans voile dans sa chambre, sur son compte Instagram. Ce réseau social pourrait être censuré dans la République islamique. L'arrestation provoque un mouvement d'indignation dans une partie de l'Iran et prend une dimension internationale en se propageant sur Internet.[ref]Selon les informations de la station iranienne privée Radio Farda, relayées par Courrier International, la jeune femme aurait depuis été relâchée sous caution.[/ref]

Maedeh Hojabri a été contrainte à exprimer des « aveux » sur la télévision publique. Ses larmes ont suscité une telle indignation que certains internautes ont commencé à publier à leur tour des vidéos de danse, accompagnées du hashtag #Beraghs_ta_beraghsim, « Danse pour que nous continuions de danser ».

« Voici ma danse dans l’atelier, en pensant aux danseurs détenus. Libérez-les, laissez les gens vivre avec ces petites raisons de bonheur », a par exemple tweeté l’ancien journaliste politique Milad Fadai Asl.

Une internaute a publié une vidéo de sa mère, comme le relate Le Monde, accompagnée d’un commentaire : « Ma mère m’a dit : je danse pour votre adolescence et jeunesse volées, pour la liberté et la joie que vous méritez. »

Amnesty international n'est pas en reste, publiant une série de vidéos, comme celle ci-dessous, montrant des scènes de protestations publiques menées par des Iraniennes.

En Iran, les femmes doivent se couvrir tout le corps, sauf le visage et les mains. Depuis plusieurs jours, la cyberpolice iranienne a renforcé sa surveillance sur les contenus publiés sur Instagram. En 2016, des mannequins iraniennes qui publiaient leurs photos sur Instagram, parfois sans voile, avaient été arrêtées et certaines avaient été forcées de faire des aveux devant les caméras de la télévision. En 2014, l’arrestation de six jeunes qui avaient dansé sur le tube de Pharell Williams "Happy" avait déjà provoqué un tollé en Iran.

* Clin d'œil à Jacques Prévert : "Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autres qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la Transcendance et dans nos régions il est fort apprécié." Spectacle (1951)

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

5 réflexions sur “Iran. Une femme entre en danse et met la mollahcratie en transe (sans danse)*

  • Ernot

    Oui, comme le disait si bien Fourier, je pense que les chan­ge­ments pro­fonds dans les pays les plus répres­sifs vien­dront par les femmes. Leurs prises de conscience rejoignent si j’ose dire la « parole de leurs corps » oppri­més et des dési­rs trop refou­lés. On les a vues notam­ment lors des « prin­temps arabes » et déjà en Iran lors des grandes révoltes popu­laires d’il y a quelques années.

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  • Bernard_H

    Le para­doxe est qu’en Iran, à Tehran, les femmes se laissent volon­tiers pho­to­gra­phier, mais avec leur fou­lard et s’expriment mal­gré un sys­tème répres­sif, sans avoir l’air de se sen­tir inquié­tées. On ne peut pas en dire autant de l’é­vo­lu­tion des pays qui ont vécu le prin­temps arabe où la ten­dance serait plu­tôt à l’augmentation du nombre de femmes voi­lées, per­mis par ces liber­tés nou­velles, mais est-ce vrai­ment un progrès ?

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  • Je recon­nais le cou­rage de cette femme mais c’est une atti­tude un peu sui­ci­daire dans un pays gou­ver­nés par des psy­cho­pathes. Là il vont la détruire c’est la seule chose qui les fait bander…

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  • Gian

    Au pays des mol­lards, on ne devrait pas cra­cher sur une si cha­lou­pante bayadère…

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