1_oui_et_non_jpeg
Des­sin de Faber ©

La ques­tion : Qu’est-ce donc qui est déré­glé dans la machi­ne­rie média­ti­que ? Elle est mala­de, cer­tes – et les cau­ses en sont mul­ti­ples–, mais de plus elle aggra­ve son état dans la pire incons­cien­ce. C’est soma­to-psy­chi­que, oui, dans cet ordre-là en ce moment : le corps souf­fre (déré­gle­men­ta­tion des mar­chés et des struc­tu­res de pro­duc­tion) et le men­tal (ce qu’informer veut dire) est atteint, ce qui est le plus gra­ve.

Pour­quoi, en effet, accor­der quel­que cré­dit aux médias ? Pour­quoi, de plus, payer en ache­tant des jour­naux qui mépri­sent à ce point leurs « clients » ? Et je dis bien clients exprès, jus­te­ment par oppo­si­tion à lec­teurs, ou audi­teurs, télé­spec­ta­teurs. Je le dis pour qua­li­fier ce mépris des édi­teurs-com­mer­çants pour leurs publics aux­quels ils devraient être rede­va­bles d’un véri­ta­ble ser­vi­ce public – celui de l’information due aux citoyens, au nom du droit du public à l’information, droit basi­que, fon­da­men­tal, un des « droits de l’Homme » et des démo­cra­ties.

Quel mépris donc ? Celui qui nie le libre-arbi­tre de l’individu. Qu’il s’agisse du « tsu­na­mi » papo­lâ­tre qui a englou­ti les rédac­tions dans une absen­ce qua­si tota­le de recul cri­ti­que et de sens de la mesu­re. Qu’il s’agisse, bien sûr, du pro­jet de trai­té euro­péen pour lequel les médias de mas­se ont aus­si per­du tout sens civi­que et cri­ti­que en optant – de maniè­re, hélas sou­vent ou par­fois incons­cien­te –, pour le « oui » au réfé­ren­dum.

1politis210405_

Dans les deux cas, le citoyen sou­cieux de son libre juge­ment est nié en tant que tel. Il doit alors en rabat­tre à cha­que émis­sion ou pour cha­que page de jour­nal ; y subir les assauts pro­pa­gan­dis­tes de par­ti­sans-jour­na­lis­tes qui, cepen­dant, se vou­draient enco­re « neu­tres », « objec­tifs », « pro­fes­sion­nels » ou quoi enco­re ?

Un déni de jour­na­lis­me d’information (car le jour­na­lis­me d’opinion a sa rai­son d’être, dès lors qu’il se pré­sen­te com­me tel : un jour­na­lis­me de com­bat, d’engagement), un déni d’autant plus gra­ve qu’il affec­te les médias des ser­vi­ces publics – les seuls sur les­quels nous pou­vons pré­ten­dre à de légi­ti­mes exi­gen­ces d’équité puis­que ces médias publics nous appar­tien­nent, à nous col­lec­ti­vi­té de la Répu­bli­que, en tant que bien com­mun.

Lire tout l’article.

Share Button