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Des­sin de Faber ©

La ques­tion : Qu’est-ce donc qui est déré­glé dans la machi­ne­rie média­tique ? Elle est malade, certes – et les causes en sont mul­tiples–, mais de plus elle aggrave son état dans la pire incons­cience. C’est soma­to-psy­chique, oui, dans cet ordre-là en ce moment : le corps souffre (déré­gle­men­ta­tion des mar­chés et des struc­tures de pro­duc­tion) et le men­tal (ce qu’informer veut dire) est atteint, ce qui est le plus grave.

Pour­quoi, en effet, accor­der quelque cré­dit aux médias ? Pour­quoi, de plus, payer en ache­tant des jour­naux qui méprisent à ce point leurs « clients » ? Et je dis bien clients exprès, jus­te­ment par oppo­si­tion à lec­teurs, ou audi­teurs, télé­spec­ta­teurs. Je le dis pour qua­li­fier ce mépris des édi­teurs-com­mer­çants pour leurs publics aux­quels ils devraient être rede­vables d’un véri­table ser­vice public – celui de l’information due aux citoyens, au nom du droit du public à l’information, droit basique, fon­da­men­tal, un des « droits de l’Homme » et des démo­cra­ties.

Quel mépris donc ? Celui qui nie le libre-arbitre de l’individu. Qu’il s’agisse du « tsu­na­mi » papo­lâtre qui a englou­ti les rédac­tions dans une absence qua­si totale de recul cri­tique et de sens de la mesure. Qu’il s’agisse, bien sûr, du pro­jet de trai­té euro­péen pour lequel les médias de masse ont aus­si per­du tout sens civique et cri­tique en optant – de manière, hélas sou­vent ou par­fois incons­ciente –, pour le « oui » au réfé­ren­dum.

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Dans les deux cas, le citoyen sou­cieux de son libre juge­ment est nié en tant que tel. Il doit alors en rabattre à chaque émis­sion ou pour chaque page de jour­nal ; y subir les assauts pro­pa­gan­distes de par­ti­sans-jour­na­listes qui, cepen­dant, se vou­draient encore « neutres », « objec­tifs », « pro­fes­sion­nels » ou quoi encore ? 

Un déni de jour­na­lisme d’information (car le jour­na­lisme d’opinion a sa rai­son d’être, dès lors qu’il se pré­sente comme tel : un jour­na­lisme de com­bat, d’engagement), un déni d’autant plus grave qu’il affecte les médias des ser­vices publics – les seuls sur les­quels nous pou­vons pré­tendre à de légi­times exi­gences d’équité puisque ces médias publics nous appar­tiennent, à nous col­lec­ti­vi­té de la Répu­blique, en tant que bien com­mun.

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