On n'est pas des moutons

Archive for novembre, 2009

La Tunisie sous le règne de la répression

Si C’est pour dire était une agence de presse, il lui fau­drait, à fil continu, tis­ser le tableau dépri­mant de la clau­di­cante marche du monde. C’est pour (tout) dire par­le­rait sou­vent de la situa­tion au Magh­reb et en par­ti­cu­lier de la presse et des jour­na­listes. Par exemple, aujourd’hui, il serait en par­ti­cu­lier ques­tion de la Tuni­sie. Comme le fait de manière aussi régu­lière qu’acharnée le Comité pour le Res­pect des Liber­tés et des Droits de l’Homme en Tuni­sie (C.R.L.D.H. Tuni­sie), qui émet le mes­sage d’alerte que voici :

Mes­sage d’alerte

Une nou­velle agres­sion grave a été per­pé­trée samedi 28 novembre 2009 à Bizerte (Nord de la Tuni­sie) par la police poli­tique tuni­sienne à l’encontre d’un groupe de mili­tants asso­cia­tifs et de défen­seurs des droits humains, pour la plu­part membres  de la LTDH (Ligue tuni­sienne des droits de l’homme) et se récla­mant de plu­sieurs com­po­santes asso­cia­tives autonomes.

Ce groupe était com­posé notam­ment de Lotfi Hajji, ancien pré­sident du pre­mier syn­di­cat des jour­na­listes, Ahmed Galaï, membre du comité direc­teur de la LTDH, Tarek Souissi, mili­tant asso­cia­tif de la LTDH et du Conseil Natio­nal pour les Liber­tés en Tuni­sie (CNLT ) et cinq autres mili­tants et mili­tantes actifs et connus à Bizerte. Les membres de ce groupe avaient décidé de rendre visite, à l’occasion de l’Aïd, à M. Ali Ben Salem, membre fon­da­teur de la sec­tion de Bizerte de la LTDH, membre du CNLT et de l’ALTT (asso­cia­tion de lutte contre la tor­ture en Tuni­sie) et pré­sident de l’amicale des anciens résis­tants. Cette figure emblé­ma­tique du mou­ve­ment démo­cra­tique tuni­sien est consi­déré, à juste titre, comme le doyen des dis­si­dents tuni­siens. Son domi­cile – qui héberge au niveau de son pre­mier étage la sec­tion de la LTDH à Bizerte – fait l’objet depuis deux ans d’un véri­table état de siège poli­cier, les agents de la police poli­tique en inter­di­sant l’accès à toute per­sonne étran­gère à la famille de M. Ali Ben Salem.

Ce samedi 28 novembre, le groupe qui avait l’intention de lui rendre visite en a été empê­ché par une dou­zaine d’agents de la police poli­tique très agres­sifs qui leur en ont inter­dit l’accès. Très vite les poli­ciers sont pas­sés des menaces aux voies de fait, moles­tant les membres du groupe et se déchai­nant contre les voi­tures de Lotfi Hajji et de Tarek Souissi.

Bilan de cette expé­di­tion puni­tive : outres les injures et les humi­lia­tions, trois membres du groupe vio­lem­ment agres­sés et souf­frant de mul­tiples contu­sions (Lotfi Hajji, Ahmed Galaï et Tarek Souissi) et deux voi­tures sérieu­se­ment endommagées.

Alors que [le jour­na­liste] Taou­fik Ben Brik a fait l’objet d’une véri­table pro­vo­ca­tion et qu’il a été condamné le 26 novembre, de façon scan­da­leuse, à six mois de pri­son ferme dont trois mois pour vio­lence d’une pré­ten­due vic­time qui ne s’est même pas pré­sen­tée à l’audience et deux mois pour atteinte au bien d’autrui (la voi­ture de cette dame dont le véhi­cule n’a fait l’objet d’aucun constat contra­dic­toire) ; les poli­ciers tabassent, une fois de plus en toute impu­nité, des citoyens et s’en prennent à leurs véhicules.

Deux rap­pels :

Les proches et les avo­cats de Taou­fik Ben Brik sont tou­jours sans nou­velles de lui et deux avo­cats se sont vus signi­fier qu’il aurait été trans­féré de la pri­son de la Mor­na­ghia vers une des­ti­na­tion incon­nue, ce qui sus­cite l’inquiétude et l’angoisse légi­times de sa famille et de tous ses amis.‬

• ‪Ali Ben Salem avait été agressé il y a deux ans par des agents de la police poli­tique mal­gré son âge – près de 75 ans – et  son état de santé. A la suite de cette agres­sion une plainte a été dépo­sée auprès du Comité contre la tor­ture des Nations Unies et cette pro­cé­dure a abouti à une mise en demeure du gou­ver­ne­ment tuni­sien qui a été sommé de faire état des résul­tats de l’enquête concer­nant cette agression.‬

Le CRLDHT dénonce avec vigueur l’attitude pro­vo­ca­trice et déli­bé­ré­ment vio­lente des agents de la police poli­tique tuni­sienne char­gés de l’exécution le 28 novembre 2009 de l’expédition puni­tive contre un groupe de démo­crates de Bizerte. Dans le cli­mat de cris­pa­tion exa­cer­bée et de dur­cis­se­ment de l’Etat-policier en Tuni­sie, cette nou­velle mani­fes­ta­tion de l’intolérance et de l’arbitraire de la police tuni­sienne appelle un ren­for­ce­ment de la soli­da­rité natio­nale et inter­na­tio­nale contre les agis­se­ments répres­sifs de l’Etat-RCD.

اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس‬

membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Vol­taire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

contact@crldht.orgwww.crldht.org


Une histoire d’amour et de Moore (Michael)

Vu hier soir le film de Michael Moore, Capi­ta­lism : a love story. Excellent. Avec les quelques tra­vers propres à l’outrance michael­moo­rienne – ce qui fait son charme. Le voir cer­ner Wall street à lui tout seul et d’un coup de méga­phone de poche  « leur » deman­der de se rendre et de rendre le pognon VOLÉ : une jubi­la­tion. Ces trois lignes et demie pour échan­ger deux images : 1) celle de l’affiche

1mmoore.1259244458.jpg

et 2), ces autres affiches qui m’ont sauté au nez en sor­tant du cinoche.

222gp.1259244539.JPG

Qu’ajouter ?

1 Comment more...

Regain de tensions à La Havane. Obama répond à Yoani Sanchez sur le blog Generacion Y

Je reçois des nou­velles plu­tôt alar­mantes de Cuba. Un de mes amis cubains qui par­vient à m’envoyer des cour­riels depuis La Havane – et dont je n’avais pas de nou­velles depuis plu­sieurs semaines – vient de m’adresser quelques lignes dont j’extrais ce pas­sage : « Ici à Cuba, les choses sont super mau­vaises. La sur­veillance gou­ver­ne­men­tale est énorme ces jours-ci. Il y a beau­coup de dan­gers. Je ne peux pas t’écrire dans une telle situa­tion ». Le même, il y a quelques mois me disait sa nou­velle espé­rance dans le nou­veau régime de Raùl Cas­tro… Il a vite déchanté.

Autre sujet d’inquiétude fai­sant craindre à un retour du « fan­tôme de 1980 » lorsque de graves ten­sions avaient opposé adver­saires et par­ti­sans du régime, et que ces der­niers orga­ni­saient des « répu­dia­tions publiques » à l’encontre des pre­miers. Il s’agissait alors de dénon­cer publi­que­ment les oppo­sants repé­rés et d’organiser autour d’eux des mani­fes­ta­tions hos­tiles, voire violentes.

yoani_reinaldo.1259085801.jpgUne mani­fes­ta­tion de ce genre s’est pro­duite ven­dredi der­nier dans les rues de La Havane à l’encontre de Rei­naldo Esco­bar, le mari de Yoani San­chez [photo], cette résis­tante blo­gueuse dont j’ai parlé ici der­niè­re­ment. Rei­naldo a adressé une lettre ouverte « à l’ex-dictateur Fidel Cas­tro » au sujet des liber­tés bafouées. Il s’est ensuite rendu à l’endroit même où, la semaine der­nière, sa femme Yoani avait été enle­vée et moles­tée par des flics en civil. Il était attendu par un cor­tège hos­tile monté « spon­ta­né­ment » avec fan­fares, forces flics en civil et quelques dizaines de mani­fes­tants criant des slo­gans de sou­tien à Fidel et Raùl, pro­fé­rant des injures à l’encontre de Rei­naldo, le trai­tant comme d’habitude de ver­mine [gusano] et le mena­çant phy­si­que­ment. Fina­le­ment il a été extirpé par des flics en civil qui l’ont ensuite relâché.

De son côté, à par­tir de son blog, Gene­ra­cion Y, Yoani a adressé deux séries de sept ques­tions à Raul Cas­tro et à Barack Obama sur les condi­tions d’un rap­pro­che­ment poli­tique cubano-américain. Si l’un n’a pas répondu (devi­nez qui), l’autre si – certes en termes fort pesés, mais qui ont fait sen­sa­tion dans les milieux cubains infor­més – ceux du pou­voir, bien sûr. Les réponses du pré­sident US se trouvent sur le blog de Yoani San­chez . Elle et son mari deviennent des oppo­sants d’autant plus encom­brants que leur noto­riété est désor­mais consi­dé­rable, sur­tout à l’étranger. Cette jeune femme fait montre d’un grand cou­rage, à l’égal des oppo­sants his­to­riques qu’ont été, sous d’autres cieux du com­mu­nisme radieux, les Havel, Walesa, Pliouchtch, Bou­kovski, Gri­go­renko… sans oublier, à Cuba cette fois, les innom­brables Val­la­dares, Matos, Rei­naldo Arei­nas et jusqu’à la propre fille de Fidel, Alina Fernandez.


Émile-Parisien 4tet. Victoire au Moulin à Jazz de Vitrolles

Bien long­temps que je n’avais ici causé jazz. Nul manque d’envie mais la flemme qui laisse du temps à flâ­ner… y com­pris au Mou­lin à jazz de Vitrolles, avec les potes de Char­lie Free, haut-lieu pro­ven­çal de la plus débri­dée des musiques. « Débridé », oui, tel est bien le juste mot pour évo­quer le concert d’hier soir, magnifique.

Soit quatre tren­te­naires de mous­que­taires. Au ser­vice du Roi-Jazz. En gros : D’Artagnan venu du Lot, Ara­mis du Gers, Por­thos des Pyrénées-atlantiques, Athos du Lot-et-Garonne. Et vous aurez (bien sûr…) reconnu le quar­tet d’Émile Pari­sien, pas plus tête de veau que ses com­parses, donc. Des gars du sud-ouest coa­li­sés depuis cinq ou sept ans autour d’Émile, monté en pousse de talent depuis le col­lège de Mar­ciac et sa classe de jazz ; pro­pulsé par Jean-Louis Guil­hau­mon, maître d’œuvre de Jazz in Mar­ciac. C’est là qu’il a connu le pia­niste de la bande, Julien Touery (cou­sin en indé­pen­dance d’un McCoy Tiner). Un peu plus tard, les rejoin­dront Yvan Gelugne et sa grand-mère (gros son), puis Syl­vain Dar­ri­fourcq aux mar­mites (putain, la pulsation !).

imgp7223.1258971250.jpg

Atten­tion : grande musique ! Pas pour épa­ter le méfiant, bien au contraire. Voici un jazz on ne peut plus jazz et à la fois on ne peut plus accueillant. Com­pos ori­gi­nales tis­sées à l’impro – pas de par­toche, tout dans la tête et sur­tout dans le désir. Quand ils ont empoi­gné le sujet hier soir, dès les pre­mières mesures « on » a su que ce serait du balaise, pas de la tar­ti­gnole. Swing et tempo d’enfer, oh là cava­liers, fau­dra tenir sur la durée ! ­– deux bonnes heures, sacrée virée. C’était parti, en pro­fond pays jazz, racines dans les fon­da­men­taux, les fonts bap­tis­maux des quar­tets de Col­trane et du jazz his­to­rique, Min­gus dans les parages et, plus encore, appuyés sur eux et par eux pro­pul­sés, donc jetés-projetés vers la musique à venir, au delà d’Ornette C.– « the shape of jazz to come ».

imgp5468.1258971346.jpg

Tous quatre beaux musi­ciens, quar­te­ron au sens géné­tique, par­ta­geux d’une musi­cale démo­cra­tie – modèle pour la caco­pho­nie poli­tique. En com­plète écoute réci­proque, pas de coups tor­dus, le sou­rire en bouche, la joie rayon­nante. Voyez l’Émile, bat­tant des aile­rons comme un jeune coq en rut, balancé d’avant-arrière, soprano en joues (deux man­da­rines pour souf­flets), fusil du chas­seur non embus­qué, mèche en folie, che­mise au vent (sous la cra­vate bat­tant la mesure…), tirant des salves de gre­nailles ou bien, a capella et dans la bal­lade, déco­chant les plus douces flèches. Tan­dis que der­rière, enfin non, sur le même plan, plein, char­penté comme un saint-mont (du Gers), ou un arma­gnac (pas loin), les trois las­cars ne rechignent jamais à la belle ouvrage.

La cen­taine de vei­nards du Mou­lin ne s’y sont pas trom­pés hier : ova­tion debout, comme on dit en sha­kes­peare. Les Vic­toires du Jazz aussi avaient flairé le bon cru 2009 en les sacrant Révé­la­tion ins­tru­men­tale fran­çaise de l’année. Une vic­toire sans main tricheuse.

Mou­lin à Jazz à Vitrolles : deux concerts par mois. Pro­gramme ici : www.char­lie­free.com

Pho­tos © Gérard Tissier

 


CUBA. Enlèvement style camorra à La Havane

yoani_sanchez.1258734486.gif À Cuba, Yoani Sán­chez [photo] est aujourd’hui l’une des plus cou­ra­geuses résis­tantes à la dic­ta­ture cas­triste. Son blog, Gene­ra­cion Y – seule­ment lisible à l’extérieur de l’île – témoigne au quo­ti­dien des dif­fi­cul­tés de vivre des Cubains et de la répres­sion qui les frappe au moindre signe de désac­cord. Mani­fes­ter, même paci­fi­que­ment, à Cuba relève de l’héroïsme. Yoani, pré­ci­sé­ment, se ren­dait à une mani­fes­ta­tion contre la vio­lence du régime (voir la vidéo), quand elle a été enle­vée et bat­tue par des sbires en civil et en voi­ture bana­li­sée. Son récit ci-dessous est édifiant.

Yoani est deve­nue la bête noire du régime par son blog dif­fusé sur toute la toile, sauf à Cuba où l’internet se trouve des plus cade­nas­sés au monde. Trente deux ans, diplô­mée de phi­lo­lo­gie, Yoani San­chez espé­rait il y a quelques semaines obte­nir un visa pour assis­ter à la remise d’un prix de jour­na­lisme décerné par la Colum­bia Uni­ver­sity de New York. Refus caté­go­rique. Un de plus. Yoani a atteint un tel niveau de noto­riété inter­na­tio­nale qu’elle dérange vrai­ment le régime. De même que le rocker Gorki Aguila, maintes fois empri­sonné, devenu très emblé­ma­tique auprès des jeunes Cubains.

Consul­ter le blog Gene­ra­cion Y (tra­duit en fran­çais et en une dizaine de langues) serait salu­taire aux néga­tion­nistes pro-castristes. Mais ils conti­nuent, par défi­ni­tion, à ne rien vou­loir consi­dé­rer qui ébran­le­rait leur mytho­lo­gie. Cuba, à bien des égards, est com­pa­rable à l’ancienne Alle­magne de l’Est, Stasi et Mur y com­pris. Sauf que le mur cubain, océa­nique, entoure la tota­lité du pays.

Pas loin de la rue 23, juste à la rotonde de l’avenue des Pré­si­dents, nous avons vu arri­ver dans une voi­ture noire, de fabri­ca­tion chi­noise, trois incon­nus tra­pus. « Yoani, entre dans la voi­ture » m’a dit l’un d’entre eux, tan­dis qu’il me ser­rait for­te­ment le poi­gnet. Les deux autres entou­raient Clau­dia Cadelo, Orlando Luís Pardo Lazo et une amie qui nous accom­pa­gnait à une mani­fes­ta­tion contre la vio­lence. Par une de ces iro­nies de la vie, au lieu d’une jour­née de paix et de soli­da­rité, c’est une après-midi char­gée de coups, de cris et d’insultes qui nous atten­dait. Les « agres­seurs » ont appelé une patrouille qui a emmené les deux autres filles. Orlando et moi étions condam­nés à la voi­ture et ses plaques d’immatriculation jaune*, au ter­rain épou­van­table de l’illégalité et à l’impunité digne de l’Armageddon.

J’ai refusé de mon­ter dans la Geely brillante et nous avons exigé qu’ils nous montrent une iden­ti­fi­ca­tion ou un ordre judi­ciaire pour nous ame­ner. Comme c’était à espé­rer, ils n’ont mon­tré aucun papier qui jus­ti­fie­rait de la légi­ti­mité de notre arres­ta­tion. Les curieux com­men­çaient à arri­ver et j’ai crié « Au secours ! Ces hommes veulent nous enle­ver ». Mais ces hommes ont arrêté ceux qui vou­laient inter­ve­nir d’un cri qui affi­chait avec évi­dence la signi­fi­ca­tion idéo­lo­gique de l’opération : « Ne vous mêlez pas de ça, ce sont des contre-révolutionnaires ». Devant notre résis­tance ver­bale, ils ont pris le télé­phone pour deman­der à quelqu’un qui devait être leur chef « Qu’est-ce qu’on fait ? Il ne veulent pas mon­ter dans la voi­ture ». J’imagine que de l’autre côté la réponse à été tran­chante car s’en est sui­vie une rouée de coups et de bous­cu­lades. Ils m’ont por­tée, la tête en bas, et ont essayé de me four­rer dans l’auto. Je me suis agrip­pée à la porte… J’ai pris des coups sur les join­tures de mes mains… J’ai réussi à prendre un papier que l’un d’entre eux por­tait dans sa poche et l’ai mis dans ma bouche. Nou­velle rouée de coups pour que je rende le document.

Orlando se trou­vait déjà dedans, immo­bi­lisé par une clé de karaté qui le tenait avec la tête pla­quée au sol. L’un des hommes a mis son genou sur ma poi­trine pen­dant que l’autre, depuis le siège avant, me tapait sur les reins et la tête pour que j’ouvre la bouche et que je lâche le papier. Pen­dant un moment, j’ai pensé que je ne sor­ti­rai jamais de cette voi­ture. « C’est fini, Yoani », « Fini les conne­ries » disait celui assis à côté du chauf­feur qui me tirait des che­veux. Sur le siège arrière, un spec­tacle bizarre se dérou­lait : mes jambes vers le haut, mon visage rougi par la ten­sion et mon corps endo­lo­ris. De l’autre côté, Orlando réduit par un pro de la raclée. Je n’ai pu que viser ses tes­ti­cules, à tra­vers son pan­ta­lon, dans un acte déses­péré. J’ai enfoncé mes ongles, en sup­po­sant qu’il conti­nue­rait à m’écraser la poi­trine jusqu’au der­nier souffle. « Tue-moi d’une bonne fois », je lui ai crié avec ce qui res­tait de ma der­nière inha­la­tion. Celui de l’avant a alors averti le plus jeune : « Laisse-la respirer ».

J’entendais Orlando hale­ter pen­dant que les coups conti­nuaient à pleu­voir. J’ai cal­culé la pos­si­bi­lité d’ouvrir la porte et de sau­ter dehors, mais il n’y avait pas de poi­gnée à l’intérieur. Nous étions à leur merci, mais entendre la voix d’Orlando me redon­nait du cou­rage. Il m’a dit après que cela avait été la même chose pour lui : mes mots entre­cou­pés lui disaient « Yoani est encore vivante ». On nous a lais­sés éta­lés et endo­lo­ris dans une rue de La Timba*. Une femme s’est appro­chée « Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »… « Un enlè­ve­ment », j’ai réussi à dire. Nous avons pleuré, dans les bras l’un de l’autre, au milieu de la rue. Je pen­sais à Teo. Mon Dieu, com­ment vais-je lui expli­quer tous ces bleus ? Com­ment vais-je lui dire qu’il vit dans un pays où se passent des choses pareilles ? Com­ment le regar­der et lui racon­ter que sa mère a été agres­sée en pleine rue car elle écrit un blog et met ses opi­nions en octets ? Com­ment lui décrire l’expression des­po­tique qui ani­mait ceux qui nous ont mis de force dans cette voi­ture, le plai­sir que l’on voyait sur leur visage quand ils nous bat­taient, quand ils sou­le­vaient ma jupe et me traî­naient à moi­tié nue jusqu’à la voiture.

J’ai pu voir, néan­moins, le degré de ner­vo­sité de nos atta­quants, leur peur devant ce qui leur est nou­veau, devant ce qu’ils ne peuvent pas détruire car ils ne le com­prennent pas. La ter­reur mas­quée sous la bra­vade de ceux qui savent que leurs jours sont comptés.

Notes de tra­duc­tion :

Les plaques d’immatriculation jaune sont celles des voi­tures de particuliers.

La Timba – Quar­tier chaud de La Havane, proche de l’endroit où ils ont été enlevés.

Tra­duit par Susana GORDILLO et Pierre HABERER.

Note de l’éditeur du blog: La vidéo montre la mani­fes­ta­tion à laquelle Yoani a été empê­chée d’assister


Camus au Panthéon sarkozien ? Plutôt Pétain au Museum d’histoire naturelle

Tous les jours il nous fatigue, nous esca­gasse, nous pro­voque et en un mot nous canule comme pas deux. Pour un peu on en serait encore plus fati­gué que lui-même. Le sale gamin casse sous notre nez, un à un, les plus beaux des jou­joux qu’un père Noël a dépo­sés au pied du sapin mul­ti­sé­cu­laire de la Répu­blique. Mais l’effronté pré­tend que s’il les rompt (la fameuse « rup­ture ») c’est pour mieux les « moder­ni­ser ». Et quelle est donc cette mythique déesse Moder­nité ? De quelle néces­sité exis­ten­tielle est-elle l’expression ? Tan­dis qu’autour de lui, dans la cour d’école (école supé­rieure de l’ultralibéralisme), les gar­ne­ments se sont consti­tués en bandes adou­bées, sou­mises et vouées à ser­vir le meneur, à l’égaler sans ten­ter, sauf en rêve, de le dépas­ser. Car indé­pas­sable il appa­raît. A lui sans nul doute, mais aussi à sa cour. D’où l’aveuglement feint et ser­vile qui, dans la fol­dingue aven­tu­rette du Prince Jean, son fils, faillit coû­ter au maître la maî­trise de la situa­tion. Il s’en fal­lut d’une luci­dité de der­nier sur­saut, une sorte de miracle venu d’en haut, du Très-Haut si ça se trouve.

Tous les jours et donc ce 19 novembre de l’an 2009 par lequel il annonce vou­loir faire entrer Albert Camus au Pan­théon. Ayant ré-assassiné Jean Jau­rès, re-fusillé Guy Môquet, détourné Edgar Morin, dé-historicisé l’Homme afri­cain, re-fiscalisé l’accidenté du tra­vail et ré-abattu le Mur de Ber­lin par la grâce de son petit mar­teau, pour­quoi se gêner avec l’auteur de l’Homme révolté ? L’embarquer dans sa geste pré­si­den­tielle et néan­moins vul­gaire, comme le plus com­mun de ses potes du Fouquet’s, le pan­théo­ni­ser d’un coup de poi­gnard dans le dos, lui qui dort à jamais sous les iris du cime­tière de Lourmarin.

camus-lourmarin.1258708483.jpg

Voyez comme la photo dit l’essentiel : qu’aller déran­ger dans cette quié­tude mor­tuaire pour mon­ter une énième clin­quante opé­ra­tion de com’ ? Voyez ces petits cailloux dépo­sés à main d’homme, com­bien ils sur­passent les pom­peux Panthéons !

Le Monde.fr, en annon­çant la nou­velle par un flash spé­cial et quelques lignes de cir­cons­tance croit devoir écrire sous la plume d’Arnaud Lepar­men­tier : « Ce serait le pre­mier trans­fert décidé par M. Sar­kozy, qui connaît bien l’œuvre de Camus ». Ah oui ? Info véri­fiée ? Ben non mais, argu­mente le plu­mi­tif, « il avait voulu aller sur la plage de Tipaza lors de son voyage en Algé­rie en 2007. » En effet indiscutable.

L’indiscutable relève bien plu­tôt de la parenté intel­lec­tuelle, phi­lo­so­phique et poli­tique exis­tant, mais c’est bien sûr !, entre le loca­taire de l’Élysée et le Nobel de lit­té­ra­ture. Entre le héraut du Bou­clier fis­cal et l’auteur des Justes. Entre un conseiller spé­cial, plume de paille, et le ques­tion­neur du Mythe de Sisyphe. Entre un ministre de l’identité natio­nale et L’Étranger. Faire par­ler le silence des morts, voilà bien la félo­nie. Que ne continue-t-il sa col­la­bo­ra­tion avec les traîtres paten­tés et autres assoif­fés de strass et de pouvoir !

camus_amis.1258708769.jpg

Autre photo, celle-ci prise lors des grandes manifs de jan­vier der­nier contre la démo­li­tion de l’école, entre autres. Ici, à Mar­seille, une fan­fare, deux types et leur ban­de­role. Pour­quoi ces « Amis d’Albert Camus » ? Une crainte de vision­naires, celle de la récu­pé­ra­tion sar­ko­zyenne de Camus dès jan­vier 2010, cin­quan­tième anni­ver­saire de sa mort, et peu après en 2013, cen­tième anni­ver­saire de sa nais­sance. La machine rape­tis­seuse s’est donc bien mise en marche.

Chi­rac avait en son temps pan­théo­nisé André Mal­raux (1996) et Alexandre Dumas (2002) et l’affaire, pour reprendre la for­mule toute chi­ra­quienne, nous en avait tou­ché une sans faire bou­ger l’autre. Il n’y avait pas mal­donne poli­tique dans le choix des « inté­res­sés ». Idem pour la messe laïque de Mit­ter­rand à ses grands morts hono­rés en mai 1981 – Jean Jau­rès, Jean Mou­lin, Vic­tor Schoel­cher. La cohé­rence his­to­rique appa­rais­sait plu­tôt légi­time au sens com­mun répu­bli­cain. Lui, c’est Pétain et Laval qu’il devrait faire empailler et expo­ser au Museum d’histoire natu­relle. Cette nou­velle ten­ta­tive de rapt se situe sur un tout autre niveau, à l’image exacte de ce régime poli­tique et de son par­venu de monarque qui, ne vou­lant pas jouer le Bour­geois gen­til­homme, avait cru devoir kar­che­ri­ser la Prin­cesse de Clèves. Dans le même désir, très petit bour­geois, de bien paraître il vou­drait aujourd’hui se don­ner une touche intello, sau­ter de Bigard à Camus, gra­vir un éche­lon, espé­rer se his­ser à hau­teur du grand dis­paru. Mais rien n’y fait. Comme s’il confon­dait La Peste et la grippe H1N1.

© Pho­tos GP

Anniversaire… Le Mur est mort, vive les murs !

Il y a vingt ans, donc, un mur est tombé. Certes pas n’importe lequel. Le Mur, un monu­ment, avec majus­cule. C’est même pour ça qu’on s’en sou­vient – sens pre­mier du mot monu­ment : ouvrage qui trans­met un sou­ve­nir à la pos­té­rité. Pas sûr cepen­dant que ses bâtis­seurs l’aient érigé dans ce but… Ne pas confondre avec les pyra­mides, ou les cathé­drales. D’ailleurs le Mur n’avait rien d’une œuvre d’art ni d’un édi­fice sacré censé relier les hommes ; c’en est même tout le contraire : une sinistre bar­rière de triste béton conçue dans les cer­veaux atro­phiés d’exécuteurs en gris – des idéo­logues cada­vé­riques – dans le but, pré­ci­sé­ment, de sépa­rer. Un ouvrage dia­bo­lique par consé­quent, voulu aujourd’hui sym­bo­lique, au nom de la « réunification ».

Réuni­fier ou réunir ? La dif­fé­rence est de taille ; c’est celle qui carac­té­rise notre Monde en désar­roi où, pour un mur ren­versé, des cen­taines d’autres, que dis-je des mil­lions, se sont éri­gés sur la pla­nète. Au-delà des plus visibles et non moins scan­da­leux – Israël-Palestine, États-Unis-Mexique, Inde et Ban­gla­desh, et ce mur océa­nique qui enserre Cuba depuis un demi-siècle ; mais aussi les bar­rières bar­be­lées de Ceuta, Lam­pe­dusa, Chypre, Malte et jusqu’à Calais –, au-delà du visible média­tique d’innombrables et silen­cieuses murailles bien plus étanches ont surgi, en par­ti­cu­lier toutes celles qui séparent les « com­mu­nau­tés ». Jamais peut-être l’humanité ne s’est, dans l’Histoite, trou­vée aussi dépe­cée en tranches. On nous dit que les « blocs » ont sauté avec la fin de la « guerre froide ». Ils ont en fait éclaté en mil­lions de mor­ceaux, voire en mil­liards, selon que l’on consi­dère les dégâts du com­mu­nau­ta­risme ou bien ceux de l’individualisme – une affaire d’échelle. A quoi on nous oppose les créa­tions de nou­veaux agré­gats, dont cette Europe et ses 27 pièces. Mais quelle image le puzzle donne-t-il à voir ? Celle d’une com­mu­nauté… d’intérêts éco­no­miques. Une féo­da­lité moderne, si on ose dire, consti­tuée de « briques » (les murs) et de « broques » (les com­bines) et ayant rem­placé les riva­li­tés ter­ri­to­riales par les guerres finan­cières. C’est bien plus propre (« moral », « éthique » et com­pa­gnie), en tout cas pré­sen­table, et ça rap­porte autre­ment plus ! D’autant que les guerres, les bonnes, les vraies bien sai­gnantes et qui rap­portent tant, ont été seule­ment dépla­cées, par­fois avec les murs, vers d’autres « théâtres d’opérations » – l’adorable expres­sion. Voyez, comme der­nier épi­sode média­tisé, ce pro­cès dit de l’Angolagate, mêlant poli­ti­ciens et voyous dans un méli-mélo de pétro-diamants et de canons. Com­bien de morts ? Entre 500 000 et un mil­lion, dont une majo­rité de civils, sans comp­ter les autres bles­sés par cen­taines de mil­liers, le plus sou­vent estro­piés sur des mines !

Mais de ces « théâtres » là, ne pas oublier que l’endroit le plus impor­tant c’est la caisse ! Je veux dire la Caisse, s’agissant du monu­ment sym­bole du capi­ta­lisme, celui qui relie sans relâche les adeptes de la plus répan­due des sectes.. La plus uni­ver­selle, en somme – c’est bien le mot. Mais, comme dit Régis Debray, les tas ne font pas des tout, au sens d’ensembles vivants, orga­niques et à but d’humanité. L’universalité de la finance, c’est la géné­ra­li­sa­tion pla­né­taire du vol comme prin­cipe de pro­priété (Prou­dhon). C’est à qui volera le plus , ou plu­tôt le mieux : beau­coup, vite et bien. Bien, c’est-à-dire dans les formes, au sens où le capi­ta­lisme finan­cier repose sur un sys­tème de formes éta­blies entre voleurs s’auto-reconnaissant dans le res­pect des­dites formes, éga­le­ment appe­lées Lois de la Finance. Mais, comme dans le monde bio­lo­gique décrit par Dar­win, une autre Loi, plus uni­ver­selle encore, veut que les gros bouffent les petits. Ce n’est pas d’aujourd’hui que datent et sévissent les si redou­tables requins de la finance… Ni que par la sélec­tion des espèces soient appa­rus des spé­ci­mens plus ou moins démo­niaques ou monstrueux…Hier les emprunts russes, Panama et Sta­visky, aujourd’hui un Ber­nard Madoff, le plus pré­da­teur entre tous, un artiste du genre, juste un peu trop goulu pour ses copains aco­lytes qu’il a plumés.

Trois séquences radio ce matin [6/11/09] sur France Inter illus­trent au mieux la situa­tion. Un : l’humoriste Fran­çois Morel décrypte le Sys­tème à sa manière sur le thème du Grand emprunt, ou com­ment emprun­ter pour rem­bour­ser un emprunt… – on est bien au cœur de la Crise (majus­cule de rigueur). Deux : la sta­tion a invité le patron du Cré­dit agri­cole qui sort un bou­quin inti­tulé – défense de rire – « Faut-il brû­ler les ban­quiers ? » Devi­nons la réponse à l’angoissante ques­tion. Ah ah ah ! Trois : « fait divers » raconté dans les jour­naux du matin : à Lyon, un convoyeur de fonds s’est tiré avec ce qu’il trans­por­tait – plus de 10 mil­lions d’euros. Enfin un prolo qui ne se sui­cide pas sur son lieu de tra­vail ! On dirait qu’il a « tout com­pris » – tout pris sur­tout et selon sa solu­tion à lui, bien indi­vi­duelle… Retour à la case départ et à celle de la bande à Bon­not, celle de l’anarcho-individualisme, la variante du « je » sur le « nous » des révo­lu­tion­naires « cultu­rels » : brû­ler les ban­quiers, au-delà de l’esthétisme de l’acte, certes, d’ailleurs feu­tré dans le point d’interrogation –, ce n’est tou­jours pas brû­ler le pognon. Encore moins culbu­ter le Mur de l’Argent. L’invité ban­quier de France Inter de ce matin ne s’y est pas trompé avec le titre de son bou­quin. Passe de sacri­fier quelques boucs émis­saires – ils sont faits pour ça. Mais s’en prendre au dieu-Argent ? ça va pas la tête (capi­tal,du latin caput, tête, chef…) D’où la Relance annon­cée, les reprises de Pro­fit des banques, la Crois­sance implo­rée, la courte mémoire effa­cée comme l’addition sur l’ardoise – puisque ceux qui casquent, les pauvres, la ferment et baissent la tête. Jusqu’au jour où…

––––––––
PS. Mon voi­sin (de droite) a décrété de sépa­rer nos espaces, que nul litige n’oppose, par une clô­ture. Du local au glo­bal. Du « je » au « nous ». De l’universel selon Claude Levy-Strauss…


« Chronologie de l’Afrique » : un accordéon pour ne plus jouer faux sur l’air du Continent Noir

Voilà qui devrait inté­res­ser au moins un conseiller et un pré­sident : un ouvrage à la fois fon­da­men­tal et des plus enga­geants d’accès. Il s’agit de « Chro­no­lo­gie de l’Afrique », qui vient de paraître sous la plume de Ber­nard Nan­tet. Un for­mi­dable bou­quin qui, quant à la forme, tient autant de la tapis­se­rie de Bayeux que de la Toile inter­net – sans cer­tains de leurs incon­vé­nients ! Cet ouvrage, en effet, nous amène à par­cou­rir en un éton­nant pano­ra­mique l’épopée his­to­rique du conti­nent afri­cain, qua­si­ment depuis l’origine de la Terre et en tout cas depuis celle des homi­ni­dés, jusqu’à nos jours. Et, quand on n’ignore pas les décou­vertes de nos si loin­tains ancêtres Lucy et Tou­maï (- 3,5 et 7 mil­lions d’années), on réa­lise que cette chro­no­lo­gie recouvre aussi celle de l’humanité.

Le livre fait par­tie d’une col­lec­tion d’une cin­quan­taine de titres réa­li­sés selon ce même prin­cipe d’un déroulé chro­no­lo­gique se dépliant comme un accor­déon. La maquette, à la fois simple dans sa logique et com­plexe dans la richesse de ses entrées – tex­tuelles, pho­to­gra­phiques, car­to­gra­phiques –, per­met une navi­ga­tion facile et ludique. On peut ainsi vire­vol­ter dans le temps et dans l’espace du conti­nent afri­cain, tout au long d’une cin­quan­taine de pages grand for­mat et sur une impres­sion­nante lon­gueur – envi­ron quinze mètres ! C’est dire l’ampleur de la tâche pour laquelle Ber­nard Nan­tet – son auteur et néan­moins ami – a dû consa­crer pas moins de quatre années. Devraient en pro­fi­ter, outre les sus-cités de l’Élysée, ceux que l’obscurité et l’obscurantisme séparent du conti­nent que l’on dit Noir, pré­ci­sé­ment – au pre­mier rang des­quels les ensei­gnants et aussi les journalistes.

Retour en pas­sant sur le trop fameux dis­cours de Dakar par lequel un je sais-tout en mis­sion com­man­dée, répé­tant dans une feinte convic­tion la dic­tée d’un péremp­toire conseiller, avait décrété que « l’homme afri­cain [n’est] pas assez entré dans l’Histoire »… On sait le tollé pro­vo­qué. Une telle géné­ra­li­sa­tion – qu’est-ce donc que « l’homme afri­cain » ? Et de quelle « His­toire » s’agit-il ? – se trouve ici magis­tra­le­ment ren­voyée dans ses cordes, noueuses, ten­dues par la pré­ten­tion mora­li­sa­trice et l’ignorance. A l’opposé, Ber­nard Nan­tet allie l’érudition de l’africaniste che­vronné à la clarté alerte du jour­na­liste, pho­to­graphe et archéo­logue nour­ris du ter­rain – la terre afri­caine, par­cou­rue depuis un quasi demi-siècle – et aussi à la sévère exi­gence de ce « don­ner à com­prendre » qui, jus­te­ment, empêche tout juge­ment mora­liste et péremptoire.

Chro­no­lo­gie de l’Afrique, de Ber­nard Nan­tet, édi­tions TSH. 31 euros. En librai­ries et par inter­net : www.chrono-tsh.com


  • Twitter — Gazouiller

  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • iceberg

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
  • Archives

  • Catégories

  • ouah__la_poilade_-_
    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

    1emmen
  • Copyright © 1996-2010 C’est pour dire. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress