Voi­ci un petit bri-col­lage facile à réa­li­ser soi-même, tout en copié-col­lé de la plus belle Toile du babil-oueb mais très made in France.

Soit donc un bout de Libé tout frais :

« Bron­zé, sou­riant et bla­gueur, Arnaud Lagar­dère a abor­dé hier son audi­tion devant les dépu­tés à pro­pos de l’affaire EADS avec un style «décon­trac­té». » [Libé­ra­tion 26/10/2007]

Un bout du Monde cette fois, mâti­né de Capi­tal, si bien nom­mé :

« LES 50 PATRONS FRANÇAIS LES MIEUX PAYÉS ONT TOUCHÉ EN MOYENNE 316 SMICS EN 2006

« Les reve­nus des patrons fran­çais ont encore pro­gres­sé en 2006 avec, pour les cin­quante mieux payés de France, un reve­nu moyen de 3,8 mil­lions d’euros sur l’année, soit l’équivalent de 316 années de smic cha­cun, indique Capi­tal dans un article paru jeu­di 24 octobre.

« « En com­pa­rai­son de la hausse du pou­voir d’achat des ménages (+ 2,3 %), ils se sont accor­dés l’an der­nier des aug­men­ta­tions de Père Noël, jusqu’à 25 % pour les mieux lotis », écrit Capi­tal dans son pal­ma­rès des plus hautes rému­né­ra­tions. Cette « envo­lée va de pair avec une explo­sion des résul­tats des entre­prises », avec notam­ment des béné­fices de près de 100 mil­liards d’euros et des cours de Bourse en hausse de 17 % pour les socié­tés du CAC 40, mais cela « n’explique pas tout », selon Capi­tal.

LOUIS SCHWEITZER NUMÉRO UN

« Ce clas­se­ment prend en compte à la fois les salaires, les bonus, les plus-values sur stock-options, mais aus­si les divi­dendes, les para­chutes et les retraites futures, indique le men­suel éco­no­mique.

« Le pré­sident du conseil d’administration de Renault, Louis Schweit­zer, arrive en tête avec des reve­nus s’élevant pour 2006 à 11,9 mil­lions d’euros, notam­ment grâce à une « belle plus-value de stock-options ». Il est sui­vi de Daniel Bou­ton (Socié­té géné­rale, 10,8 mil­lions d’euros) et de Ber­nard Char­lès (Das­sault Sys­tèmes, 10,3 mil­lions d’euros). »

Ici, un nota bene de bibi : 

La HALDE, ça veut dire « Haute Auto­ri­té pour la Lutte contre les Dis­cri­mi­na­tions et l’Exclusion ». Un truc salu­taire, vache­ment fon­da­men­tal vu le niveau des­dites dis­cri­mi­na­tions et exclu­sions dans notre belle France. D’ailleurs son pré­sident sait de quoi il parle, c’est LUI, le cham­pion toutes caté­go­ries des plus hauts reve­nus – d’où la Haute auto­ri­té de son pré­sident, qui n’est autre que, devi­nez voir, Louis Schweit­zer, l’homme qui vaut à lui tout seul 991 smic annuels ! J’espère au moins que sa pré­si­dence de la HALDE lui vaut aus­si une indem­ni­té à la hau­teur de son train de vie – y a assez de pauvres comme ça. Man­que­rait plus que le petit neveu du bon doc­teur ne voit plus minuit à sa porte. Ou qu’il ne puisse s’habiller en cro­co.

D’où ce qua­trième bout de col­lage, encore un bout du Monde [23/10/2007] … et la boucle est bou­clée :

croco-monde.1193396228.jpg« Ces pièces rares, pré­cise l’article excellent de l’excellent Joël Morio, ren­contrent un suc­cès crois­sant, et ce mal­gré leur prix astro­no­mique : 57 000 euros pour le modèle de l’hiver.

« Déjà en 1982, Zilli avait osé un pre­mier blou­son en cro­co. La marque lyon­naise de vête­ments d’homme grand luxe tra­vaille essen­tiel­le­ment des vête­ments « out­door », faits pour le grand air. Ses blou­sons, vestes et trois-quarts sont ven­dus autour de 90 000 euros pièce. » …soit seule­ment une dizaine de smic annuels. Roland Dumas doit en baver d’envie, lui qui s’était fait épin­gler pour des pompes à 11.000 balles (deux smics d’aujourd’hui) – le minable.

Pour résu­mer : « on » vit une époque vrai­ment for­mi­dable. « On », c’est nous,« les hommes [qui] s’entichent du cro­co, mal­gré son prix ». Sans Le Monde, je n’aurais rien su de mon enti­chage-cro­co. Ben flûte alors !

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