Tan­dis que la droi­te fran­çai­se – plus pré­ci­sé­ment l’UMP, on le com­prend –, lâche sa meu­te contre les jour­na­lis­tes des «pires moments de l’Histoire»: tan­dis que les fameux «élé­ments de lan­ga­ge» clai­ron­nent du «fas­cis­me» ou du «trots­kis­me» à tout va… Eh bien, l’ensemble des médias ita­liens font aujourd’hui enten­dre un bruyant silen­ce. Cela pour pro­tes­ter contre une «loi-baîl­lon» qui doit en fai­re rêver plus d’un dans la Fran­ce du «woer­th­ga­te».

Radios, télé­vi­sions, sites et jour­naux de la pénin­su­le se sont mis en grè­ve de l’information. Ils ont décré­té une «jour­née de silen­ce» afin de pro­tes­ter contre la trop ber­lus­co­nien­ne «loi-bâillon» pré­voyant d’interdire la retrans­crip­tion des écou­tes télé­pho­ni­ques dans la pres­se... Un rêve de loi que doi­vent aus­si cares­ser, de ce côté-ci des Alpes, un régi­ment de poli­ti­ciens plus qu’écornés par l’affaire Woer­th-Bet­ten­court

Pour aler­ter sur les dan­gers de ce pro­jet, La Repub­bli­ca a pris l’habitude de signa­ler par des post-it les arti­cles qui ne pour­raient plus paraî­tre après appro­ba­tion de la loi.

Dans son édi­to titré «Le Sens du silen­ce», La Repub­bli­ca sou­li­gne que «cela peut sem­bler contra­dic­toi­re [de se tai­re] face à une loi qui entra­ve la liber­té d’information, mais en réa­li­té c’est un ges­te de res­pon­sa­bi­li­té pour atti­rer l’attention des citoyens sur une mesu­re qui por­te attein­te à la pro­tec­tion du droit, à la lut­te contre la cri­mi­na­li­té et la libre cir­cu­la­tion de l’information.»
Les quo­ti­diens Il Cor­rie­re del­la Sera, La Stam­pa, Il Sole - 24 Ore et même La Gaz­zet­ta del­lo Sport se sont joints au mou­ve­ment.
Déjà adop­tée par le sénat, cet­te «loi-bâillon» sera exa­mi­née par l’assemblée fin juillet. Elle inquiè­te aus­si vive­ment les magis­trats car elle limi­te leur capa­ci­té à ins­trui­re des dos­siers sen­si­bles. Dans L’Espresso, Rober­to Savia­no la qua­li­fie de «cadeau à la mafia».
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