On n'est pas des moutons

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Alléluia Obama ! par Faber

Obama-Moïse, Faber

© Faber, 2015

L’heu­re appro­chant du pot de départ de la Mai­son blan­che, son loca­tai­re élu son­ge à y lais­ser sa mar­que. Car l’empreinte sem­ble bien pâli­chon­ne, tout jus­te enta­chée de décep­tion. Le pre­mier pré­si­dent noir des Etats-Unis n’aura donc pas cas­sé la bara­que – oui, je sais : usé le cli­che­ton. Pas su, pas pu ? Le voi­ci qui ten­te un redres­se­ment ulti­me vers le cen­tre du mon­de en érup­tion, concen­tré des inté­gris­mes clé­ri­caux et des vora­ci­tés pétro­liè­res. Kaboul, Damas, Bag­dad, Sanaa, Le Cai­re – Avec Téhé­ran et Jeru­sa­lem dans le cra­tè­re. Qui croit enco­re au mes­sie ?



Cuba-USA. Arrangements à l’amiable

Barack Obama et Raul Castro ont donc annoncé mercredi le rétablissement de relations diplomatiques entre leurs pays après un demi-siècle de guerre froide. Certes, ce réchauffement vaut mieux que les annonces d’attentats horribles et autres massacres. Mais doucement les clairons ! Les intentions des gouvernants sous tendent des manœuvres peu portées au désintéressement.

Obama tente de redorer un blason pour le moins terni. De sa présidence, l’Histoire retiendra la mise en place d’une couverture santé pour 32 millions d’Américains démunis. Pour le reste, rien de marquant, sinon de grandes déceptions. Surtout sur le plan social et racial, ainsi que l’ont rappelé les émeutes de Ferguson. Obama va donc pêcher en eaux étrangères proches : à Cuba, tout près, à 150 km de la Floride. C’est moins risqué que l’Afghanistan. Bien que Guantanamo le ramène au pire de ses renoncements. Mais ces "fiançailles" à la cubaine, célébrées en grande pompe par la médiasphère, laisseront bien quelques traces.

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Cimetière et musée des "belles américaines". Ici, à Trinidad, le gamin dans l'auto de papa tire la langue au photographe. Sur son T-shirt : "Miami Beach". [© gp-2008]

Raul Castro lui aussi espère bien tirer quelques bénéfices de cette pactisation avec l’ennemi d’un demi-siècle. Les Cubains fantasment toujours sur l’Amérique voisine, en proportion inverse de leur désillusion castriste. Entrouvrir une porte sur des espérances ne coûte pas grand chose et peut même rapporter quelques dollars. D’autant que le fameux « bloqueo » en vigueur depuis 1962, plus justement qualifié d’embargo, ne risque pas d’être officiellement levé vu qu’une telle mesure relève du Congrès, tenu par les républicains. Or ce « blocus » (qui n’en est pas un : l’embargo n’affecte que peu le commerce, y compris avec les États-Unis ! On peut se référer à ce propos à mon reportage dans Politis du 24/12/2008, lisible ici), s’il vise surtout les transactions financières internationales de Cuba*, sert d’abord les dirigeants cubains. Ceux-ci, en effet, et Fidel en tête, n’ont eu de cesse de masquer leur échec politique en le rejetant sur le méchant voisin yanqui.

Le rétablissement des relations diplomatiques cubano-étatsuniennes pourra favoriser cette libéralisation économique « à la vietnamienne » que Raul Castro met en place depuis sa présidence. Pour les Cubains, pour leur vie quotidienne, cela ne changera sans doute pas grand chose. Ce qu’exprime à sa façon Yoani Sanchez l’une des principales opposantes connues au régime castriste. Dans son blog Generacion Y, elle rappelle les grandes étapes encore à venir pour « démanteler le totalitarisme » :

« La libération de tous les prisonniers politiques et prisonniers de conscience; la fin de la répression politique; la ratification des pactes civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, la reconnaissance de la société civile cubaine à l'intérieur et à l'extérieur de l'île. »

En attendant, exhorte la blogueuse :

[…] « Gardez les drapeaux, vous ne pouvez pas encore déboucher les bouteilles et le mieux est de maintenir la pression pour arriver enfin au jour J. »

–––

* Les banques françaises Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole ont fait l'objet d'une enquête pour blanchiment d'argent et violations de sanctions américaines contre certains pays – dont Cuba (ainsi que l'Iran et le Soudan).


Oh, Grand Frère Sam, pourquoi as-tu de si grandes oreilles ?

yes brotherLes gran­des oreilles de l’oncle Sam – dis­crè­tes depuis quel­ques années, mais jamais au repos – sont réap­pa­rues dans leur ver­sion très aug­men­tée, « Big Bro­ther » modè­le Oba­ma. Grâ­ce soit ren­due au bra­ve sol­dat Edward Snow­den, res­pon­sa­ble des fui­tes sur les pro­gram­mes amé­ri­cains de cyber-sur­veillan­ce et aujourd’hui tra­qué com­me un vul­gai­re Ben Laden, obli­gé de quit­ter Hong­kong pour Mos­cou, avant peut-être de rejoin­dre le fon­da­teur de Wiki­leaks, Julian Assan­ge, dans son stu­dio lon­do­nien de l’ambassade d’Équateur.

Où l’on voit que les sys­tè­mes tota­li­tai­res (il s’agit bien de sur­veiller la tota­li­té des Ter­riens, ou tout au moins d’y ten­dre), y com­pris et sur­tout por­tés sur les fonts bap­tis­maux de la tech­no­lo­gie la plus éla­bo­rée, sont tota­li­tai­re­ment à la mer­ci d’un bug, qu’il soit lui-même tech­ni­que ou humain.

Humain ici en l’occurrence : Edward Snow­den n’était jamais qu’un agent de sécu­ri­té des sys­tè­mes infor­ma­ti­ques sen­si­bles des USA et employé d’un sous-trai­tant. (Même sys­tè­me, notons-le en pas­sant, que dans le sec­teur des cen­tra­les nucléai­res, en Fran­ce notam­ment – ce qui a été main­tes fois dénon­cé en ter­mes de sécu­ri­té).

Julian Assan­ge, et le cinéas­te amé­ri­cain Michaël Moo­re, consi­dè­rent Edward Snow­den com­me un héros natio­nal. Le col­lec­tif hack­ti­vis­te Ano­ny­mous a aus­si ren­du hom­ma­ge à Snow­den, le qua­li­fiant « d’un des plus grands lan­ceurs d’alerte de l’histoire ».

Une des consé­quen­ces sau­gre­nues de ce scan­da­le a été de décu­pler les ven­tes du roman 1984 de Geor­ge Orwell (+ 337% le 10 juin sur le site Ama­zon…)

A for­ce de par­ler de « Big Bro­ther » à tort et à tra­vers, la réa­li­té a dépas­sé la fic­tion, com­me sou­vent. Nor­mal qu’on cher­che à recou­per sa peti­te cultu­re avec la ver­sion ori­gi­na­le du livre d’Orwell deve­nu une réfé­ren­ce dans la lit­té­ra­tu­re anti-tota­li­tai­re.

En pas­sant, si l’envie vous en prend aus­si de lire ou reli­re 1984, pas besoin d’engraisser Ama­zon ni d’enrichir sa base de don­nées sur vos goûts, pen­chants, opi­nions et autres don­nées très inti­mes qu’ils col­lec­tent à cha­cu­ne de nos consul­ta­tions et com­man­des. Donc, pas­sez direc­te­ment au télé­char­ge­ment ici. Sans pour autant échap­per au fait que l’oncle Sam sera immé­dia­te­ment mis au cou­rant de cet­te manœu­vre plus que sus­pec­te. Déjà qu’ils savent par­fai­te­ment que vous êtes connec­té à C’est pour dire et que vous feriez bien de vous tenir à car­reau. Avant de pren­dre le maquis, pen­sez aus­si à bazar­der vos ordis, tablet­tes et machin-pho­nes, sans oublier de lour­der vos pages Face­book et autres éta­la­ges de vie pri­vée.

« Big Bro­ther » nous avait pour­tant pré­ve­nus, depuis le temps ! (paru­tion de 1984 en 1949).

Extrait de la présentation PowerPoint remise par Edward Snowden aux médias, portant sur l'échantillonnage de PRISM.

Extrait de la pré­sen­ta­tion Power­Point remi­se par Edward Snow­den aux médias, por­tant sur l’échantillonnage de Prism.


Côte d’Ivoire. Pour Jean-François Probst, « Gbagbo est plus proche de Mandela que de Mugabe »

Contre­point sur la situa­tion en Côte d’Ivoire pour ne pas embou­cher les trom­pet­tes domi­nan­tes. Ce chan­ge­ment de refrain vient d’un cer­tain Jean-Fran­çois Probst, ancien bras droit de Jac­ques Chi­rac, franc-par­leur et connais­seur de l’Afrique à sa façon. Après une car­riè­re poli­ti­que (il a notam­ment été conseiller de Jérô­me Monod au RPR, secré­tai­re géné­ral du grou­pe RPR au Sénat, conseiller d’Alain Jup­pé et direc­teur de la com­mu­ni­ca­tion de la Mai­rie de Paris pour Jean Tibé­ri…), il est aujourd’hui consul­tant inter­na­tio­nal en com­mu­ni­ca­tion et conseille des chefs d’entreprise, des poli­ti­ques et des chefs d’État afri­cains. On lui doit aus­si des chro­ni­ques vidéo sur le site d’informations poli­ti­ques en ligne Bak­chi­ch. Il était l’invité de Yan­ni­ck Urrien le 21 décem­bre sur Ker­news, une radio loca­le de droi­te qui émet en Loi­re-Atlan­ti­que. Il est bon de chan­ger de point d’observation et les pro­pos (choi­sis) de Jean-Fran­çois Probst ne man­quent pas de déca­pant, ce qui est salu­tai­re quand il s’agit de ne pas som­brer dans le mani­chéis­me si facil­le­ment ras­su­rant.

Ker­news : Pour quel­les rai­sons le gaul­lis­te que vous êtes esti­me-t-il que nos com­pa­trio­tes, par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui sont atta­chés aux sou­ve­rai­ne­tés natio­na­les, doi­vent s’intéresser aux évé­ne­ments de Côte d’Ivoire qui, selon vous, mar­que­ront l’histoire de l’Afrique ?

Ph. Bak­chi­ch

Jean-Fran­çois Probst : Pour com­pren­dre ce qui se joue aujourd’hui, il faut se repor­ter à la fin de la IVe Répu­bli­que. Les socia­lis­tes n’arrivaient pas se dépê­trer des affai­res colo­nia­les et c’est là que le géné­ral De Gaul­le a joué un coup majeur, pour l’intérêt supé­rieur de la Fran­ce et des Afri­cains : il a octroyé par réfé­ren­dum à cha­que pays la pos­si­bi­li­té de deve­nir indé­pen­dant et sou­ve­rain. La base de l’indépendance natio­na­le lors­que l’on est gaul­lis­te, c’est le 18 juin 1940. C’est le refus de l’occupant, c’est le refus de la col­la­bo­ra­tion avec l’ennemi, c’est la capa­ci­té, mal­gré la dif­fi­cul­té, à résis­ter. En Côte d’Ivoire, la flam­me d’une résis­tan­ce géné­ra­le, contre les colo­ni­sa­teurs, les anciens colo­ni­sa­teurs ou les nou­veaux colo­ni­sa­teurs que sont les États-Unis, la Chi­ne ou l’Inde, cela exis­te. Dans le mon­de entier, des cen­tai­nes de mil­liers de jeu­nes gens s’informent et voient bien qu’il y a quel­que cho­se qui ne fonc­tion­ne pas. Ce qui ne fonc­tion­ne pas, c’est un point très cher à la doc­tri­ne du géné­ral De Gaul­le : l’organisation des Nations Unies, «le machin» com­me l’appelait le géné­ral. C’est une orga­ni­sa­tion qui n’a pas lieu de s’ingérer dans les affai­res inté­rieu­res d’un pays pour régler ou annon­cer les cho­ses à sa maniè­re. Dans ce qui se pas­se, la res­pon­sa­bi­li­té de l’ONU est paten­te. Les Nations Unies ne font pas res­pec­ter leurs réso­lu­tions de maniè­re géné­ra­le, que ce soit en Israël, en Iran ou au Koso­vo après les tra­fics d’organes…

(Lire la sui­te…)


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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