Une réflexion sur “De notre envoyé spécial à l’Élysée

  • 10 janvier 2008 à 1 h 09 min
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    Les élus qu’on mérite

    Quiconque s’aviserait de se remarier, trois mois après un divorce, s’exposerait à la critique générale : « cet homme est fou » s’exclamerait-on unanimement. Or qui, aujourd’hui, veut bien reconnaître que notre gesticulateur national est un grave névrosé ? Qui veut bien admettre que ses innombrables pantomimes ne visent qu’à dissimuler un gouffre de non-sens ? Pas davantage…

    Au temps d’Andersen, il arrivait parfois que l’adulte entende la parole de l’enfant lorsqu’il lui disait : « ne sois pas dupe, ton roi est nu ». Mais aujourd’hui, pour des raisons multiples (trop longues à détailler ici), l’adulte a régressé et c’est précisément parce qu’il est infantile qu’il reste sourd à l’enfant, le vrai.

    Pour peu que l’on soit raisonnable, on admet sans mal qu’un dirigeant n’est jamais dangereux en lui-même mais seulement quand on « croit » en lui. Mais c’est précisément parce que l’usage de la raison reste rarissime que des peuples se retrouvent périodiquement guidés par des pantins. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler qu’Hitler lui-même n’est pas arrivé au pouvoir par la force mais par la seule voie des urnes.

    Notre époque n’est en rien « individualiste » comme je l’entends dire à longueur de temps. Comme depuis toujours, les individus accomplis, authentiquement libres, restent rares. En revanche, nombreux sont ceux qui ne s’étant pas « individués » (au sens jungien du terme), restent englués dans « la masse des croyants», quand bien même ils se le dissimulent à eux-mêmes, via toutes sortes de simulacres narcissiques.

    Je ris jaune lorsque j’entends dire : « Quand les gens auront compris qu’ils sont manipulés, ils réagiront ». Je pense exactement le contraire. Au mieux, la baisse du pouvoir d’achat provoquera t-elle quelques remous. Mais elle n’émoussera en rien la soif immodérée de croyance. La majorité des gens préfèrent encore croire à un pauvre type qui joue les princes en Egypte avec une starlette plutôt que de penser par eux-mêmes. C’est l’immuable réalité.

    Le chef de l’état gesticule ? Qu’à cela ne tienne, il est la parfaite expression du bougisme ambiant.

    Joël Decarsin

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