Greenpeace. La charge (nucléaire) d’EDF contre les lanceurs d’alerte

Huit membres de Greenpeace, ainsi que l’association écologiste, ont été jugés et lourdement condamnés mardi 27 février à Thionville. Motif : s’être introduits, en octobre 2017, dans la centrale de Cattenom en Moselle et avoir déclenché un feu d’artifice au pied de la piscine d’entreposage de combustible usé [Voir ici].

La poubelle nucléaire de Bure.

Ce procès s’inscrit dans une même démarche nucléariste dont le bout de chaîne conduit à Bure (82 habitants en 2015), dans la Meuse, au Centre industriel de stockage géologique (Cigéo). Ce projet est conçu pour stocker les déchets hautement radioactifs et à durée de vie longue produits par l’ensemble des installations nucléaires actuelles, jusqu’à leur démantèlement, et par le traitement des combustibles usés utilisés dans les centrales nucléaires.

Deux militants ont été condamnés à deux mois de prison ferme. Le chargé de campagne nucléaire a été jugé coupable de « complicité » dans le cadre de ses fonctions à Greenpeace et sanctionné de cinq mois de prison avec sursis. Les six autres prévenus sont condamnés à cinq mois de prison avec sursis.

De plus, l’association Greenpeace, jugée coupable, devra payer une amende de 20 000 euros et elle devra verser 50 000 euros à EDF au titre du « préjudice moral ». Concernant le « préjudice matériel », Greenpeace France doit provisionner 20 000 euros.

Thionville- Greenpeace

A Thionville, rassemblement de soutien aux militants de Greenpeace.

Selon Greenpeace, « c’est la première fois que des militants de l’association sont condamnés à une peine de prison ferme. Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France, est condamné pour « complicité » alors qu’aucun fait n’a été établi. Ces lourdes sanctions ne sont pas acceptables pour l’organisation qui a joué son rôle de lanceur d’alerte. Greenpeace France tentera d’en convaincre la Cour d’appel et ne cessera pas de dénoncer l’irresponsabilité d’EDF en matière de sécurité nucléaire. Tout comme elle continuera à participer au débat institutionnel pour démontrer la fragilité des installations nucléaires d’EDF. »

EDF réclamait à l’association et aux activistes plus de 700 000 euros en réparation dont 500 000 euros pour « atteinte à sa crédibilité ». Ces exigences exorbitantes montrent bien à quel point les lanceurs d’alerte visent juste par leurs actions. En obligeant l’électricien à améliorer la sûreté de ses installations – pour autant que cela soit possible, à défaut de rendre le nucléaire inoffensif –, les lanceurs d’alerte comme Greenpeace devraient être dûment reconnus d’utilité publique et, pour cela, justement subventionnés.

proces-centrales-nucleaires-greenpeaceOn peut signer une pétition
pour dénoncer
la politique nucléariste d’EDF.

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Agissant ainsi EDF et les autorités confirment leurs faiblesses à la manière Jacobine…

Gian

Lancer des alertes est le fait de quelques-uns, quasi solitaires par définition au départ et passablement sacrificiels à l’arrivée. De l’héroïsme à divers degrés selon l’importance des enjeux. Ce qui me frappe en l’occurrence, c’est le manque flagrant et massif de gratitude pour les lanceurs de la part de ceux qui, restés passifs car pusillanimes ou inconscients au moment de l’alerte, vont quand même en bénéficier si elle aboutit.

graille+bernadette

Ces militants qui prennent des risques, sont nos vrais héros, il faut les soutenir. Leurs actions audacieuses désintéressées, donnent de l’espoir. Nous sommes trop passifs . j’espère que nos jeunes suivront ces combats pour que leur vie sorte de ce mercantilisme et du royaume des lobbys. Il en va de leur futur.
Les militants de Greenpeace sont des exemples de courage, de détermination et de résistance intelligente. Merci à cette organisation qui fédère dans tous les pays, les gens conscients des dangers et nous alertent .
Que ferions nous sans eux !

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