Mondial de foot, suite. Poutine bat les Pussy Riot

Poutine a réussi son coup avec le mondial de foot : faire reluire un régime pourtant peu reluisant. Seule ombre à ce tableau, l’intervention sur le stade de la finale de quatre Pussy Riot[footnote]Pussy Riot (signifiant littéralement « émeute de chattes », en anglais) est un groupe de punk rock féministe russe, originaire de Moscou. Formé en 2011, le collectif organise à Moscou des performances artistiques dirigées contre toutes formes d’oppression et de répression. [/footnote], trois femmes et un homme, déguisés en policiers. [Voir ici ] Vite neutralisés par des vrais policiers et aussitôt condamnés à quinze jours de prison. Ils ont été reconnus coupables d’avoir « gravement enfreint les règles du comportement des spectateurs »…

Leur coup d’éclat, survenu à la 53e minute du match, a eu lieu devant Poutine et ses homologues français et croate. Un crime de lèse-majesté qui a valu, aux trois femmes une nouvelle arrestation ce lundi 30 juillet, immédiatement après leur sortie de prison. Un journaliste de l’AFP a vu Veronika Nikoulchina, Olga Kouratcheva et Olga Pakhtoussova célébrer leur libération, avant d’être forcées de monter quelques secondes plus tard dans un fourgon de police. Aucune explication n’a été fournie à la presse par les autorités. Le quatrième militant, Piotr Versilov, qui sortait d’un autre centre de détention moscovite, a tweeté qu’il était détenu par la police anti-émeutes et conduit à proximité du stade Loujniki, à l’endroit où le groupe avait été conduit après l’incident lors de la finale France-Croatie. « Ils (la police) disent qu’ils vont nous placer en état d’arrestation pour la nuit », a-t-il écrit dans un tweet. Pas d’autres nouvelles depuis.

Le groupe russe Pussy Riot avait revendiqué cet acte, diffusant également une liste de six requêtes, exigeant notamment la libération des prisonniers politiques en Russie – dont le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov –, la fin des arrestations lors des manifestations pacifiques et « l’autorisation de la concurrence politique dans le pays ». L’action la plus connue des Pussy Riot remonte à février 2012 lorsque plusieurs membres avaient chanté une « prière punk » contre Poutine dans une cathédrale de Moscou. Trois membres du groupe avaient été condamnées en août 2012 à deux ans de camp, notamment pour « hooliganisme motivé par la haine religieuse ». Ekaterina Samoutsevitch a été libérée en octobre 2012, tandis que Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina ont purgé 22 mois de leur peine. On peut considérer, et déplorer, que ces Pussy Riot soient dans les faits les seuls opposants visibles au régime poutinien.

Dans la vidéo ci-dessous, les Pussy Riot expliquent le pourquoi de leur action lors de France-Croatie.

Oleg Sentsov. 80 jours de grève de la faim ! Soutenu par les Pussy Riot.Pendant ce temps, Oleg Sentsov, poursuit sa grève de la faim depuis maintenant 80 jours ! Opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2015, l’Ukrainien a été condamné à 20 ans de prison pour terrorisme. Un procès jugé « stalinien » selon Amnesty International. Le cinéaste s’est vu imposer la nationalité russe et a été condamné comme un citoyen russe, alors qu’il se considère comme Ukrainien. Depuis le 14 mai, le réalisateur de 42 ans a commencé cette grève de la faim. Il réclame sa libération ainsi que celle de 70 autres prisonniers politiques.

La Cour européenne des droits de l’Homme a demandé au Kremlin d’administrer « des soins appropriés » au cinéaste emprisonné. Jour après jour, la situation devient de plus en plus urgente. Le seuil létal d’une grève de la faim se situe dès les 40 premiers jours.

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Gérard Bérilley

Merci pour tous ces articles écrits et envoyés pendant ces chaleurs caniculaires. Bravo aussi pour les “Le P’tit coin” qui sont toujours pertinents et que j’apprécie tout particulièrement.

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