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Soumission à Ollioules. L’autre mort de Samuel Paty

Le collège d’Ollioules, dans le Var, ne sera pas baptisé « Samuel-Paty ». Le maire le souhaitait, mais pas les enseignants et parents d’élèves. Le collège des Eucalyptus gardera donc son nom guilleret, au parfum de capitulation. « C’est pour moi un symbole fort de la République, a expliqué le maire (LR) Robert Bénéventi à France Bleu Provence. À Ollioules, nous avons la place Jean-Jaurès, lui aussi assassiné, la rue Gabriel-Péri, assassiné par les nazis. Donc pour moi, c’était évident de saluer la mémoire de Samuel Paty. » Une évidence non partagée : la totalité des professeurs, 89 % des parents et 69 % des élèves ont rejeté le projet.

 

© Radio France - Sophie Glotin
Pourquoi prendre un risque inutile ? interroge Sandra Olivier, professeur de mathématiques et représentante du Snes, le principal syndicat du secondaire. Cela fait de nous des cibles. Ensuite, c’est un peu dommage de porter un nom qui n’a pas de lien avec notre commune. Nous avons déjà une rue du Colonel-Arnaud-Beltrame pas très loin du collège, cela fait beaucoup d’histoires lourdes de sens pour un établissement qui accueille un jeune public. »

C’est en effet « un peu dommage »… « Je ne leur en veux pas, commente le maire, car c’est l’état d’esprit général de notre pays. C’est la pusillanimité qui règne aujourd’hui. On ne s’en rend pas compte, mais nous sommes en train de laisser filer les valeurs de la République. »

Pour Sophie Huygen, présidente de la Peep à Ollioules, « le meilleur moyen d’honorer la mémoire de Samuel Paty, c’est d’investir dans l’éducation. » Ce qu’on appelle déplacer le sujet pour mieux le fuir. Après tout, fait remarquer une enseignante... « les eucalyptus, c’est l’histoire de la région », Oui, c’est couleur locale. Un professeur décapité par un islamiste dénote dans le paysage. C'est mauvais pour l'investissement. Pas rentable pour l'éducation ?

Je ne suis ni enseignant, ni parent d’élève ni citoyen d’Ollioules. J’ai pourtant mon mot à dire sur ce que je considère comme une lâcheté collective, cette soumission rampante – et ici flagrante – dont se nourrissent les islamistes. Car telle est bien la stratégie incluse dans la charia et le djihad, et d’ailleurs clairement exprimée dans les textes coraniques. Il s’agit d’une question fondamentale, de caractère universel, relevant d’une civilisation menacée, la nôtre. C’est en quoi cette affaire locale nous concerne globalement.

Heureusement, autres lieux autres mœurs : Ainsi, à Voreppe, en Isère, où en novembre le maire a fait voter la création d’un espace Samuel-Paty, devant le collège André-Malraux. « Après le choc, l’émoi et le recueillement, vient le temps de la prise de conscience qu’il ne faut rien lâcher sur nos valeurs fondamentales », écrit Luc Rémond dans son bulletin municipal. À Cap-d’Ail, dans les Alpes-Maritimes, c’est une école maternelle que le maire a décidé de rebaptiser. « J’ai reçu de nombreux messages de soutien, raconte Xavier Beck, mais aussi des réflexions stupéfiantes, du genre “Mais qui est ce M. Paty pour qu’on lui rende un tel hommage ?” »

Ancien inspecteur de l’Éducation nationale, auteur de Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, Jean-Pierre Obin n’est « pas surpris » par cette affaire. « Je me mets à la place de ces professeurs qui se savent la cible des islamistes. La peur progresse à vitesse grand V», s’afflige-t-il. Le récent sondage Ifop pour la fondation Jean-Jaurès, mené auprès des enseignants, est éloquent : la moitié d’entre eux disent s’être autocensurés au cours de leur carrière, sur les questions de laïcité et de religion.

« Je comprends la peur de personnes qui ont probablement des familles et qui n’ont pas signé pour prendre des risques, assure Me Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. Mais c’est ainsi que tous les fascismes progressent. Une minorité déterminée impose le silence, interdit, par la terreur intellectuelle puis physique, toute opposition. Ensuite vient la soumission, et enfin la justification de cette soumission avec de beaux arguments. Car il faut bien en trouver pour se regarder encore... »

Une « soumission volontaire devant le péril », renchérit l’historien Georges Bensoussan, qui a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République. « Demain on pourra réfléchir à tête reposée aux facteurs qui auront nourri la défaite qui s’annonce, conclut-il. Reste qu’en premier lieu figurera la lâcheté ordinaire qui fait les accommodements déraisonnables. »

Avec Stéphane Kovacs, Caroline Beyer (Le Figaro) et Sophie Glotin (France Bleu Provence)

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité mais pas inactif. Blogueur depuis 2004.

10 réflexions sur “Soumission à Ollioules. L’autre mort de Samuel Paty

  • Le cou­rage des pantouflards…
    C’est sur que, devant la télé, ça a don­né de la voix !
    Soumission, c’est certain !

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  • Bernard Nantet

    Pas de vagues, sur­tout ! Calme plat. Mer des sar­gasses et tri­angle des Bermudes. La paix. La tran­quilli­té. Jusqu’à la pro­chaine défer­lante avec, l’es­pace d’un wee­kend l’in­di­gna­tion devant l’horreur.
    Et après ? On recom­mence, comme tou­jours : pas de vagues ; calme plat… la paix … la tran­quilli­té… la bonne conscience dura­ble­ment encalminée…

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  • Emile

    La France est en plein dans la « Maison de la Guerre «  de l Islam poli­tique , elle va a terme ‚ras­su­rez vous, et, ce n est pas du Monopoly , finir «  Maison de la Paix » !
    Est ce que le SNES accep­te­rait de don­ner le Nom de PAUL DIDIER , si seule­ment un de ses repré­sen­tants muni­chois peut connaitre ce Nom peu hono­ré , en dehors de Drancy ‚du jar­din du 17 Parisien, et Carcassonne sa ville natale .
    Ça pour­rait être ‚pour un Syndicat res­pon­sable , un accom­mo­de­ment rai­son­nable comme dit notre Cousin Trudeau !
    Et Comme disait , a un moment cer­tain , Daladier «  Ah !.….…. s ils savaient « 

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    • À pro­pos de Paul Didier, je me per­mets cette pré­ci­sion : « Paul Didier (Carcassonne, 15 novembre 1889 – Paris, 22 mai 1961) est un magis­trat fran­çais. Il est le seul magis­trat à avoir refu­sé de prê­ter ser­ment de fidé­li­té à la per­sonne du maré­chal Pétain. »

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      • Emile

        Merci a notre hôte pour ce rappel !
        Salutations
        Emile

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  • Gian

    Je constate que depuis un an les liens ami­caux et sociaux se délitent, covid confi­na­toire oblige. Et par voie de consé­quence, l’i­so­le­ment-esseu­le­ment pro­gresse, qui ne peut que favo­ri­ser la couardise.
    Pourtant, la meilleure façon de la contrer, c’est le gré­ga­risme, le regrou­pe­ment, la soli­da­ri­té, l’entraide.
    Rester en lien, ne serait-ce qu’a­vec un commentaire…

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  • Pierre Nolon

    Nous aurons été pré­ve­nus ! « Nous », ceux qui veulent voir, ceux qui, entre autres, auront aus­si lu « les ter­ri­toires conquis de l’islamisme », de Bernard Rougier, une autre façon de par­ler des ter­ri­toires per­dus de cette République ain­si ouver­te­ment mena­cée dans son essence.

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  • Gian

    Prof dans ce col­lège et sol­li­ci­té par le maire, j’au­rais répon­du : « OK, mais à condi­tion que soit mise en fac­tion per­ma­nente une dou­zaine de poli­ciers ou une milice citoyenne à l’en­trée du col­lège, char­gés de fouiller les car­tables des Maghrébins, et des autres, poli­ciers et mili­ciens qui accom­pa­gne­ront sys­té­ma­ti­que­ment les profs chez eux où ils assu­re­ront une pro­tec­tion per­ma­nente ; et que soient pour­sui­vis les parents ou autres citoyens ayant pro­fé­ré des menaces à notre encontre, et que, de plus, soient sup­pri­mées les allo­ca­tions fami­liales des parents des élèves injurieux ».
    Il faut être au clair avec la lâche­té et au-delà des sen­ti­ments confus de malaise et de honte, recon­naître qu’on ne peut la sur­mon­ter que si l’on se sait dans un rap­port de forces favo­rable. Dans notre socié­té d’a­to­mi­sa­tion des indi­vi­dus tant à cause de leurs pen­chants « natu­rels » que du fait de l’i­déo­lo­gie ultra­li­bé­rale, c’est loin d’être le cas.

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